L’EPÎTRE AUX JEUNES TOUJOURS ESSENTIEL SUR HAVRE DU SAVOIR ET CBSP-FRANCE

L’Epître aux jeunes toujours essentiel sur Havre du Savoir et  CBSP-France

25.05.2015 Mohamed Louizi

Force est de constater, effectivement, que le discours de Hassan Al Banna, prononcé, il y a presque quatre-vingts ans, dans une Égypte de l’époque, administré sous protectorat britannique, trouve toujours une résonance particulièrement intense, aujourd’hui même en France.

Sur le site « Havre du Savoir », géré par le « frère » Moncef Zenati, membre du bureau exécutif de l’UOIF et chargé de l’enseignement et de la présentation de l’islam, une traduction d’un extrait[19] sélectionné de cette épître, est disponible en accès libre. Cet extrait n’est qu’une annonce, un avant-goût. Pour plus d’informations à son sujet, il faudrait se rapprocher des « frères » chargés de la présentation de l’islam d’Hassan Al-Banna, dans chaque ville. Je ne ferais jamais ici le reproche à un « frère » de rendre publique un texte du fondateur de la confrérie, dont il fait parti, sur un site dédié à la vulgarisation de sa pensée, bien au contraire. Encore faudrait-il que cette affiliation idéologique et organique incontestable soit simplement assumée ! Je pourrais tout de même me demander pourquoi se limiter à traduire uniquement à un tout petit paragraphe, habillement choisi, d’un très long texte de dix pages, très explicite ? Pourquoi les visées stratégiques et les étapes, par exemple, n’ont pas été traduites ?

Par ailleurs, et c’est là où le constat est troublant et de nombreuses interrogations deviennent légitimes, c’est lorsque le directeur du « Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens » (CBSP-France), « frère musulman » à son tour, et membre très actif de l’UOIF, publie le 5 septembre 2014 sur son mur Facebook, un enregistrement sonore en arabe, diffusé par la chaine qatari Al-Jazeera, de l’introduction de cette épître d’Hassan Al-Banna, adressée à la jeunesse. Lorsque l’un de ses amis francophones lui demanda gentiment une « petite traduction ». Le directeur CBSP-France répondait qu’Hassan Al-Banna voulait insister sur le rôle de la jeunesse. Le directeur de cet organisme, officiellement à caractère caritatif, résumait le propos de son défunt guide-suprême en synthétisant à sa façon, je cite : « Tout simplement les jeunes, les jeunes, les jeunes, sont le ciment de toute civilisation, de toute renaissance, etc. ». Néanmoins, quel est le rapport entre le CBSP-France et Hassan Al-Banna ? Entre le CBSP-France et la jeunesse musulmane ? Entre l’humanitaire, l’idéologique et l’apologétique ?

5-_CBSP_Averroes.png éducation

 © ML

Le 14 février, après avoir partagé la photo du président turque Erdogan, faisant le signe de ralliement aux « Frères Musulmans » d’Égypte, avec ladite « main de Rabia »  – ou les quatre doigts du Tamkine – le même responsable du CBSP-France, posta un mot et un lien.

Dans son mot, il disait : « Soutenons le lycée musulman Averroès de Lille » et le lien est celui de la pétition : « Avec Averroès »[20]. Le 17 février, il republia ce même message et ce même lien de soutien au lycée lillois. Le 18 février, il publia un article du site saphirnews en faveur du lycée. Toujours le 18 février, il publia à nouveau son message de soutien et le lien vers la pétition, et ainsi de suite ! Des choses restent très confuses dans ma tête, je ne comprends pas le lien entre le CBSP-France ; l’épître d’Hassan Al-Banna adressée aux jeunes, il y a quatre-vingts ans ; la main du Tamkine d’Erdogan et le soutien répétitif au « Lycée Averroès ». Y’aurait-t-il déjà un lien, direct ou indirect, entre une association caritative, pour l’aide aux palestiniens, et un lycée privé musulman sous contrat d’association avec l’Etat ? Y’aurait-il là un quelconque conflit d’intérêts ? Un débordement de l’idéologique sur l’humanitaire ? Ou une simple bienfaisance et solidarité avec les jeunes de la « bande » du lycée Averroès ? Comprendra qui voudra, me dit-on. Moi, j’ai ma petite idée.

Mohamed Louizi

Hassan al-Banna et la jeunesse 1/4

Ce article est également disponible en العربية.

HASSAN AL-BANNA : À L’ORIGINE D’UNE OBSESSION

Hassan Al-Banna : à l’origine d’une obsession

25.05.2015 Mohamed Louizi

Hassan Al-Banna (1906 – 1949) était professeur des écoles primaires durant presque dix-neuf ans. En parallèle avec ses fonctions dans l’enseignement, il commença sa prédication et fonda la confrérie des « Frères Musulmans » en 1928. Il quitta le chemin des écoles en 1946. L’éducation des enfants et des jeunes le préoccupait singulièrement. Cette préoccupation était excessivement manifeste chez ses « frères » contemporains. Elle l’est toujours chez ses successeurs, en Égypte, dans les pays arabes et en Occident.  S’adresser à ces tranches d’âge, à travers les parents, les instituteurs, mais aussi de manière directe, lors de rassemblements ou durant les colonies de vacances, cela représentait l’une de ses priorités capitales. Il considérait, durant toute sa vie, la jeunesse, y compris la très jeune jeunesse, comme étant l’avenir de son mouvement et de son projet islamiste.

Hassan Al-Banna et la jeunesse (1/4) dans Actualites 1-_hassan_al_banna_et_la_jeunesse.png

© ML

En effet, dans ses différentes épîtres, nombreux sont les passages dans lesquelles il abordait, longuement, la question de l’éducation de la jeunesse selon les préceptes religieux islamiques, et surtout suivant les fondamentaux de sa vision idéologique et de sa doctrine politique. Il y a même une épitre, de presque dix pages, professée vers la fin des années trente du siècle dernier, dédiée expressément à la jeunesse. Celle-ci commence ainsi :

«   Ô jeunes ! Une idée ne peut connaître le succès que si l’on y croit fortement ; que si l’on fait preuve de loyauté à son égard ; que si l’enthousiasme s’amplifie pour elle et que si l’on fait preuve d’aptitude  à se sacrifier et à œuvrer pour la concrétiser. D’ailleurs, ces quatre éléments fondamentaux, à savoir : la conviction, la loyauté, l’enthousiasme et l’action sont des qualités qui sont presque spécifiques aux jeunes. Car la base de la conviction, c’est le cœur intelligent. La base de la loyauté, c’est l’esprit sain. La base de l’enthousiasme, c’est le sentiment fort. Et la base de l’action, c’est l’ardente détermination. Toutes ces qualités ne se trouvent que chez les jeunes. C’est pour cette raison que les jeunes ont toujours été, par le passé comme aujourd’hui, dans chaque nation, le pilier central de son renouveau. Et dans chaque renouveau, ils étaient le secret de sa force. Et pour toute idée, ils sont les porteurs de son étendard. Dieu dit : « C’étaient des jeunes gens [les gens de la caverne] qui croyaient en leur Seigneur et que Nous avons fortifiés dans la bonne voie »[1] (La caverne) »[2].

Dans cette même lettre historique, Hassan Al-Banna expliqua à cette jeunesse ses devoirs et obligations, pour sauver la nation musulmane des dérives et des échecs. Il exposa, en des termes clairs, l’essentiel de sa vision stratégique lointaine, ainsi que les missions que cette jeunesse devait accomplir, pour atteindre les buts politiques recherchés par la confrérie.

2-_eleve_egypte.png Affaire Salsabil dans Associations

© ML

Ici, il rappela l’un de ses crédos essentiels, je traduis : « Nous croyons fermement qu’il n’y a qu’une seule et unique idée qui est capable de sauver ce monde tourmenté, d’orienter l’humanité perdue et de guider les gens vers le droit chemin. Une idée qui mérite que l’on y sacrifie nos vies, notre argent et tout ce que l’on possède, que ce soit des choses dérisoires ou bien très chères, pour la proclamer et l’annoncer aux gens, afin de les entraîner à l’embrasser. Cette idée est l’islam »[3].

Un peu plus bas, il dit : « Nous allons faire le Jihad pour concrétiser notre idée. Nous allons lutter pour sa cause durant toute notre vie. Nous allons appeler tout le monde à y adhérer. Nous allons tout sacrifier pour elle. Deux choix nous sont offerts, ou bien nous vivront dignes grâce à cette idée, ou bien nous mourrons dignes pour sa cause. Notre devise sera toujours : Allah est notre ultime but ; le Messager est notre exemple et guide ; le Coran est notre constitution ; le Jihad est notre voie ; mourir dans le sentier d’Allah est notre plus grand espoir »[4].

[1] Coran, 18, 13.

[2] Hassan Al BannaÉpîtres de l’imam martyr Hassan Al-Banna(en arabe), Dãr Al-Hadarah Al-Islamiyyah, p. 173.

[3] Hassan Al BannaIbid. p. 175.

[4] Hassan Al BannaIbid. p. 176.

ISLAMIC RELIEF

Islamic Relief

25.05.2015 La rédaction

Islamic Relief  est la plus grosse organisation humanitaire islamique. Son budget de 2013 est établi à 126 millions $ et elle est présente dans 30 pays.

Dès 2001, les activités de l’ONG posent question. On apprend en effet que l’ONG a accepté un chèque de Ben Laden de 50 000 $ et a accepté près de 60 000 $ d’autres groupes d’Al Qaida. L’organisation commence à avoir de sérieux soucis dans les pays ou elle intervient. Mais elle a toujours pu compter sur le Prince Charles pour légitimer son action. Le prince Charles vient régulièrement faire des interventions en faveur de l’organisation. En 20012004,  2009,

A Gaza, Islamic Relief est essentiellement composée de membres du Hamas.

A l’origine Islamic Relief a été cofondée en 1984 par Ihsan Shbib et Hany Al Banna, aussi mécène de Muslim Aid. Hany Al Banna a exprimé dans le magazine Emel son admiration pour Hassan Al Banna, le fondateur des Frères musulmans mais aussi pour Sayyid Qutb, l’homme qui revendiquait l’élimination des « tyrans apostats ». Un homme qu’il considère comme un visionnaire. Le nom de l’organisation est soufflé par Yusuf Islam, l’ancien chanteur converti. Un des administrateurs de Islamic Relief est Abdel Wahab Noorwali est aussi membre de WAMY considéré comme une organisation de financement d’Al Qaida. Mohamed Ashmawey devient le CEO de Islamic Relief en 2012. Il était auparavant directeur de Islamic Relief USA. En 2013, le directeur de Islamic Relief était ovationné à Davos.

Capture decran 2015-05-31 à 10.43.18

Parmi les administrateurs de Islamic Relief, on remarque Ibrahim El Zayat. Frère musulman allemand, il a été le représentant européen de la World Assembly of Muslim Youth impliquée à plusieurs reprises dans le financement d’Al Qaïda. Ibrahim El Zayat a co-fondé la Fédération des Organisations Islamiques en Europe, paravent des Frères musulmans. Il est aussi dans le Conseil d’administration de l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) de Chateau-Chinon.En 2013, Islamic Relief a reçu de nombreuses subventions et dons. Parmi les plus intéressant :• Commission européenne : 2,3 millions $• Secours Islamique France : 2,1 millions $• Nations Unies : 6 millions $• Bahrain Royal Charity Organisation : 4,5 millions $
• Islamic Cultural Centre Panama  : 2,7 millions $• Islamic Development Bank : 6,7 millions $• Qatar Charity : 276 000 $• World Assembly of Muslim Youth : 55 000 $ Les Emirats Arabes Unis ont inscrit Islamic Relief  sur la liste des organisations terroristes.

Ce article est également disponible en العربية.

MOUVEMENT DE LA RÉSISTANCE ISLAMIQUE – HAMAS

Mouvement de la Résistance islamique – Hamas

24.05.2015 Antoine Sfeir

Le terme « hamas«  signifie en arabe « enthousiasme, exaltation ». Ce mouvement sunnite se réclame de la mouvance des Frères musulmans, déjà influents à Gaza durant l’administration égyptienne. Toléré par les Israéliens pour faire face à l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) de Yasser Arafat, le Hamas dispose d’une forte assise religieuse.

Sa véritable percée sur le front palestinien remonte à la première Intifada (1987). Son leader spirituel, Cheikh Ahmad Yassine, emprisonné en Israël, est libéré le 1er octobre 1997. Les membres fondateurs du Hamas qui ont une importance dans son développement sont : Abd el-Fattah Dukhan, Mohamed Chamaa, Ibrahim al-Yazouri, Issa Al-Najjar, Salah Chehadeh et Abdel-Aziz al Rantissi. En 1988, le Hamas déclare que la Palestine est une terre de musulmans, sur laquelle doit s’édifier un État islamique et où doit s’appliquer la châri‘a. Il ne conteste cependant pas le rôle historique du Fatah et ne remet pas en cause le rôle international de l’OLP en tant que représentant des Palestiniens.

Durant les deux Intifadas, le Hamas développe une influence religieuse et sociale prépondérante en venant à l’aide de la population palestinienne, démunie de tout et devant parfois faire face à la destruction de ses habitations. Le mouvement devient ainsi un opposant au Fatah, même si la collaboration entre les deux organisations durant cette période existe réellement. Ainsi, en décembre 1987, un « Commandement unifié de l’Intifada », qui comprend un tiers de membres du Hamas et deux tiers appartenant à l’OLP, est mis sur pied. Le Hamas s’en retire pour continuer le combat seul en mai 1988.

Les alliés militaires du Hamas sont les brigades Izz el Din Al Qassam, qui s’attaquent régulièrement aux troupes israéliennes depuis 1994 mais font l’objet d’une répression de la part de l’Autorité nationale palestinienne. Se prononçant contre le processus d’Oslo, le Hamas se joint par la suite à l’« Alliance des Forces palestiniennes », un ensemble de mouvements opposés à la paix. Le bouclage des Territoires palestiniens par les Israéliens, malgré les accords d’Oslo, les retards dans les négociations de paix et les tendances peu démocratiques de l’Autorité palestinienne, ont conduit le Hamas à trouver une assisse certaine et précieuse auprès de la population locale. En 1996, Palestiniens et Israéliens observent une trêve de dix-huit mois, négociée par l’OLP pour le compte du Hamas, à laquelle met fin l’assassinat ciblé par les Israéliens de Yahya Ayache, responsable d’une série d’attentats en Israël. Sa mort provoque en réplique une série d’attentats suicides à Tel-Aviv et Jérusalem, et précipite ainsi la victoire de Benyamin Netanyahou aux élections législatives d’avril 1996.

Le déclenchement de la seconde Intifada va conduire à l’assassinat du dirigeant spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, en mars 2004, puis de son successeur Abdelaziz Al Rantissi le mois suivant. Le 25 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes (74 sièges contre 45 sièges au Fatah, sur un total de 132). Le nouveau gouvernement est boycotté par Israël, qui refuse de traiter avec des « terroristes ». Les subventions internationales cessent et la situation se dégrade entre les deux mouvements palestiniens. Une escalade s’ensuit, culminant avec le souhait de Mahmoud Abbas de dissoudre l’Assemblée palestinienne et l’éclatement d’une guerre civile entre le Fatah, installé en Cisjordanie, et le Hamas, implanté à Gaza. La partition du territoire palestinien laisse alors craindre un pourrissement du conflit israélo-palestinien, malgré les efforts des Égyptiens pour rapprocher les deux antagonistes, privant les Palestiniens de représentant légitime dans les négociations internationales. L’accord de réconciliation entre les deux factions, intervenu en mai 2011 sous l’égide de l’Égypte, prévoit notamment des élections et une réforme de l’OLP.

Le chef de file du Hamas est aujourd’hui Khaled Mechaal.

Source : Dictionnaire du Moyen-Orient, sous la direction d’Antoine Sfeir, Bayard, 2011.

Ce article est également disponible en العربية et English.

LARBI KECHAT AU RASSEMBLEMENT DE L’UOIF

Larbi Kechat au rassemblement de l’UOIF

23.05.2015 Fiammetta Venner

Larbi Kechat, ancien recteur* de la Mosquée Addawa faisait partie des intervenants lors du rassemblement de l’UOIF.

Sa conférence était intitulée « Comment profiter du mois Béni dans nos jours ».

Larbi Kechat a longtemps favorisé les Frères musulmans dans sa mosquée, même si ses prêches étaient plus radicaux.

La mosquée Addawa a longtemps abrité le groupe de femmes de Meherzia Laabidi dans les années 80. Une brouille contraindra le groupe à partir. En 2011, Meherzia Laabidi sera élue à l’Assemblée constituante tunisienne pour le mouvement Ennahdha et deviendra la première vice-présidence de l’Assemblée.

Larbi Kechat a reçu des dons de nombreux Frères musulmans pour sa mosquée, notamment :

Youssef Al Qaradawi

Saïd Ramadan Al-Bouthi

• Omar Abdelkafy

* Une bataille est en cours au sein de la Mosquée Addawa pour savoir si Larbi Kechat est, ou non, le leader de la Mosquée.

Ce article est également disponible en العربية et Anglais.

HABIB ELLOUZE

Habib Ellouze

22.05.2015 La rédaction

Habib Ellouze a été élu le 23 octobre 2011 au sein de l’Assemblée constituante tunisienne sur la liste du parti Ennahda.

Il est né à Sfax en 1953. Travaillant comme entrepreneur dans les années 1970, il est connu pour son activisme dans les mosquées de Sfax. Il est un des membres fondateurs du mouvement Ennahda. Il préside l’organe de décision, le Conseil de la Choura, entre 1988 et 1991, puis le mouvement lui-même de juin à septembre 1991. Il sera condamné par contumace à dix ans de prison.

A aucun moment Habib Ellouze n’a regretté les pratiques du parti islamiste de la fin des années 80. Notamment l’affaire Bab Souika : un gardien de nuit du siège du parti au pouvoir immolé par le feu. Ou encore la campagne d’attaques à l’acide.

Dans de ses articles, Martine Gozlan, spécialiste de la Tunisie rappelle que Habib Ellouze n’est pas un anonyme dans la mouvance islamiste. Il dispose d’une grande influence au sein du Conseil de la Choura. « Lors de la crise politique qui a divisé le parti, il a été le plus brûlant supporter de la tendance hard regroupée autour de Rached Ghannouchi. Ellouze n’a pas eu de mots assez durs pour flétrir la proposition de l’ex-Premier ministre Hamadi Jebali qui réclamait un nouveau gouvernement apolitique. Jebali, pour lui, c’était un  » contre-révolutionnaire »! »

Habib Ellouze est même, toujours selon Martine Gozlan, cité à comparaitre devant un juge pour avoir menacé directement le leader du Front populaire Chokri Belaid, peu de temps avant son assassinat? Sans se démonter le moins du monde, il lance à nouveau un appel au meurtre contre un autre député du PDU, Mongi Rahoui en janvier 2014 en l’appelant «  ennemi de l’islam ». Suite à ces déclarations, Mongi Rahaoui a été mis sous protection policière.

« Je suis musulman, ma mère est musulmane, mon père est musulman, mon grand-père est musulman (…) et je n’ai pas besoin de vous pour le savoir. Vous êtes le cheikh des menteurs, comme disait le martyr Chokri Belaïd » (Mongi Rahaoui)

Suite à cette affaire, l’ANC à révisé l’article 6 portant sur la liberté de conscience en y ajoutant un amendement qui avait pourtant été rejeté. Par 131 voix pour, 23 contre et 28 abstentions, l’interdiction de porter des accusations d’apostasie (« takfir ») y est désormais inscrite dans la Constitution. L’accusation d’apostasie est un des éléments essentiel de la propagande des Frères musulmans.

Le 10 mars 2013, dans les colonnes du quotidien arabophone « Al Maghreb », Habib Ellouze déclare que l’excision des filles est une affaire d’esthétique.

 « On excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez les femmes, c’est l’Occident qui a exagéré le sujet. L’excision est une opération esthétique pour la femme »

L’excision n’est pas du tout une pratique tunisienne. Ses propos déclenchent un tollé. Très vite, on apprend que Habib Ellouze s’appuye sur les théories du prédicateur Wajdi Ghonim, Frère musulman égyptien qui vit alors au Qatar.

IMG_4581

Ce article est également disponible en العربية et English.

HAMMAM SAÏD

Hammam Saïd

18.05.2015 La rédaction

Hamman Saïd, d’origine palestinienne vit en Jordanie.

Homme clef des Frères musulmans, il soutient activement la branche armée des Frères musulmans, le Hamas.

Hamman Saïd est un des opposants les plus farouches au roi Abdallah a qui il reproche de ne pas soutenir le Hamas. A plusieurs reprises, il a repris la rhétorique qotbiste et à réclamé la destitution des dirigeants qui auraient des relations avec les Etats-Unis.

Pour le leader des Frères musulmans jordaniens, tout pour-parler de paix est une hérésie.

A l’occasion de la loi française sur les signes religieux à l’école publique, le chef des Frères musulmans jordanien, Hammam Saïd, a estimé qu’elle était « contraire aux principes des droits de l’homme dont se targue la France ». « Pour nous, cette décision porte atteinte à l’islam et à tous les musulmans dans le monde » (Le Monde, 4 décembre 2011)

Autre orthographe : Hamman Saeed

Cet article est également disponible en العربية et Anglais.

HOJATOL ESLAM HADI KHOSROSHAI TRADUCTEUR DE SAYYED QOTB

Hojatol Eslam Hadi Khosroshai traducteur de Sayyed Qotb

18.05.2015 Ladan Boroumand

Hojatol Eslam Hadi Khosroshai, un des idéologues de la révolution islamique d’Iran, et un des traducteurs des écrits de Qutb en persan, ancien ambassadeur de la RII au Vatican et chef de la représentation iranienne au Caire pendant 3 ans, dans un symposium organisé le 15 février 2015 à la bibliothèque principale de l’université de Téhéran et qui avait pour objet « La relecture et l’analyse des points de vue de Sayyed Qutb ». Dans son discours Khosroshahi développe en les approuvant les points de vue de Qutb sur la justice sociale et le gouvernement islamique et récuse toute tendance anti-Chi’ite de Qutb. Il accuse les Saoudiens d’avoir censuré lors de la réédition des œuvres de Qutb, ses apologies d’Ali le premier Imam Chi’ite et le quatrième calife des musulmans.

Capture decran 2015-06-02 à 10.19.42

Cet article est également disponible en English.

ASSOCIATION ISLAMIQUE FINNOISE

Association Islamique Finnoise

17.05.2015 La rédaction

La Finlande compte une population musulmane depuis cinq siècles. La Suomen Islam-seurakunta est créée en 1925. Déjà de nombreux musulmans, plutôt Tatars, étaient opposés à toute forme d’institutionnalisation. En 2010, Anas Hajjar prend la tête de l’organisation.

Il est né à Damas (Syrie) en 1969 et vit en Finlande depuis 1988. Son discours est très éloigné du discours de tolérance des musulmans traditionnels finlandais.

Selon Anas Hajjar, les actes sexuels hors mariage sont un péché. Il dit aussi qu’il ne voit aucun inconvénient à couper la main d’un voleur. Interrogé sur la formation des imams, il déclare que les musulmans ne peuvent pas recevoir un enseignement religieux prodigué par des non-musulmans. Il déclare condamner certains aspects de l’Etat islamique mais sans expliquer lesquels.

En novembre 2014, les Emirats Arabes Unis déclaraient Suomen Islam-seurakunta (Finnish Islamic Association), son organisation, terroriste.

QUAND ABDALLAH SCHLEIFER PARLAIT DE HASSAN AL TOURABI

Quand Abdallah Schleifer parlait de Hassan Al Tourabi

16.05.2015 Michaël Prazan

Abdallah Schleifer est l’ancien ancien directeur du bureau moyen-oriental de la chaîne NBC

Au début des années 90, après une interview à Khartoum de Hassan al-Tourabi, le journaliste américain, un juif New yorkais converti à l’islam soufi entame avec lui une longue interview sur l’islam politique :

« J’étais estomaqué par son intelligence et par sa connaissance de la culture occidentale, ce qui est très rare parmi les dirigeants de la Confrérie des frères musulmans ; surtout ceux de sa génération. Les jeunes frères qui émergent actuellement en Europe sont certainement plus au fait de la culture occidentale que ne le sont ceux de l’âge de Tourabi. Lui, avait fait ses études à Londres, et il avait passé sa thèse de doctorat à Paris, à la Sorbonne. Il avait lu les auteurs anglophones et français dans leur langue d’origine. En plus de la littérature européenne, il connaissait parfaitement le corpus des auteurs islamistes contemporains. Hassan al-Banna, bien sûr, mais aussi Sayyid Qutb, ou le pakistanais Abu’l-A’la Mawdudi. Beaucoup de Frères viennent d’un milieu laïc, et ils ne sont pas aussi bien formés qu’on pourrait le croire à cette littérature. Tourabi m’a paru très différent des chefs traditionnels de la confrérie que j’avais rencontrés jusqu’alors, et dont Ayman al-Zawahiri est en quelque sorte le prototype – des gens ayant fait des études médicales, qui ont, soit grandi dans un milieu totalement religieux, soit dans un milieu laïc, et qui se sont radicalisés à la suite d’un accident de parcours dans leur vie privée. Tourabi était quelqu’un d’intimidant, mais comme il était aussi sympathique, j’ai osé une question dont je savais qu’elle allait lui déplaire. Je lui ai dit : ‘J’ai adopté l’islam parce que je suis tombé amoureux, au Maroc, de la culture traditionnelle que j’ai rencontrée là-bas. La chaleur, la tolérance des gens, la dimension universelle de leur relation à l’islam. Or, chaque fois que j’ai discuté avec des Frères musulmans, j’ai davantage reconnu dans leur discours mon passé de militant marxiste, au sein de la Nouvelle gauche révolutionnaire, que la chaleur, la douceur des émotions que j’ai gardées de mon séjour au Maroc, et qui représentent pour moi le véritable islam. Quand je parle avec les Frères musulmans, j’ai souvent l’impression de me retrouver avec mes anciens compagnons révolutionnaires, avec des membres du ‘parti’.’ Pour moi, l’idéologie de la Confrérie avait plus à voir avec le léninisme qu’avec l’islam.

Il s’est mis à rire, et il a dit :

« Vous avez raison, et vous n’êtes pas le premier à le penser. Il n’y a pas de différence entre nous et les marxistes. Même en comparant nos slogans, il vous sera possible de trouver des points communs. La seule différence, c’est que nous sommes ceux qui ont chassé les communistes de Khartoum. »

« Au fond, l’islamisme est une sorte de dérivé de l’aile droite du léninisme. Et qu’est-ce que l’aile droite léniniste, sinon le fascisme ? Le fascisme n’est pas un mouvement conservateur. Il a toujours été un mouvement révolutionnaire tout autant opposé au conservatisme qu’au communisme ou à d’autres formes de socialisme. Beaucoup de choses ont été introduites dans la politique moderne par le marxisme-léninisme. Des notions telles que le mouvement de masse, le drapeau, le salut ; tout cela a été renouvelé, et de la manière la plus efficace par le léninisme dont le fascisme est une version un peu moins utopique que le communisme. Dans le cas du nazisme, la vision idéale d’un monde débarrassé des Juifs remplace celle, communiste, d’un monde débarrassé de la bourgeoisie. Le salut fasciste, d’un point de vue émotionnel, est plus puissant qu’un poing fermé. Aujourd’hui, nous sommes bien sûr horrifiés par cela, nous l’associons au nazisme et à toutes les choses terribles qu’il a produites. Mais il suffit de regarder le drapeau nazi pour comprendre qu’il parle directement aux gens. La croix gammée symbolise la vie depuis des milliers d’années en Inde. C’est un symbole très fort, alors que la faucille et le marteau ne résonnent que pour une fraction du peuple. C’est seulement le symbole des ouvriers et paysans. Aujourd’hui, si j’avais la chance de revoir Tourabi, je lui dirais : « Je sais maintenant pourquoi votre mouvement a été capable de stopper le communisme – tout comme le fascisme, que ce soit en Italie ou en Allemagne, avait naguère vaincu les communistes. Les Frères musulmans ont été touchés par le léninisme, comme ils ont été touchés par de nombreux autres phénomènes européens, mais en termes d’organisation, en tant que parti, en tant que mouvement de masse, son plus proche cousin, c’est le fascisme. » C’était beaucoup plus facile à comprendre pour un frère musulman formé dans les années 30, comme Hassan al-Banna, et bien d’autres, que ça ne l’est aujourd’hui. Le Léninisme a en fait été absorbé par les Frères musulmans à travers leur romance avec le fascisme. »

Michaël Prazan

Cet article est également disponible en English.