CCIF et CIMG : un partenariat politico-religieux pro-Erdogan

Le point commun entre toutes ces affiches ? Elles mettent à l’honneur la participation du CCIF, organisation désormais bien connue, et le CIMG, association turque aussi confidentielle que dynamique.

CIMG, pour Confédération Islamique Milli Gorus, ou « vision nationale » dans sa traduction française. Son président en France, Fatih Sarikir, a obtenu en janvier 2020 le siège de secrétaire génral du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). Une place stratégique pour ce défenseur d’un islamisme à la turc, façon AKP.

La CIMG est installée en Europe depuis le début des années 70. En France, elle regroupe 71 mosquées, avec pour projet phare la construction de la grande mosquée de Strasbourg dans le quartier de la Meinau pour un budget de 32 millions d’euros.

Milli Gorus s’est rapidement développée par la diaspora islamiste turque en Allemagne, après sa fondation en 1969 par l’ancien premier ministre turc Necmettin Erbakan. C’était à l’origine en Turquie une formation politique (le Milli Nizam Partisi) fondée par le même homme, et pensée pour prôner un retour aux valeurs de l’Empire Ottoman et de l’Islam tout en défendant le développement économique. Ce parti rejettait les réformes kémalistes, notamment la laïcité, mais défendait en parallèle le modèle capitaliste. Renommé Milli Selamet Partisi (Parti du Salut National) en Turquie en 1973, il compte en 1976 dans ses adhérents le jeune Recep Tayyip Erdogan.

Erbakan s’est progressivement maginalisé dans la vie politique turque au fil des années 80 et 90. Après avoir fustigé une Europe « chrétienne et maçonnique », vilipendé l’influence « sioniste » sous la forme d’une « pieuvre » qui fabrique « le chaos » en Turquie et propagé trop bruyamment au goût des militaires une vision islamisée de la société turque, il est condamné en 1997 pour incitation à la haine raciale et religieuse. C’est à cette période qu’émerge Recep Tayyip Erdogan comme chef de file des partisans d’un islam politique en Turquie. Erdogan rendra par la suite de nombreux hommages à son mentor Erbakan, qui l’a propulsé sur le devant de la scène.

La CIMG a une histoire politico-religieuse ultra-conservatrice ancrée dans le rejet de l’Occident et de toute forme de laïcité. Elle s’incarne aujourd’hui en Turquie sous les traits de l’AKP, le parti d’Erdogan, et plus largement dans le courant de pensée des Frères musulmans, comme l’ancien président égyptien Mohamed Morsi. Son militantisme islamiste est indissociable de l’incarnation politique, sociale et religieuse.

Le CIMG s’est naturellement rapproché du CCIF depuis plusieurs années. Les deux organisations « soeurs » partagent des stands pour recueillir des adhésions mais aussi la tribune autour de conférences contre l' »islamophobie »… où parfois les femmes sont autorisées à avoir quelques « places disponibles ».

Recep Tayyip Erdogan en guest-star à Brooklyn

Recep Tayyip Erdogan en guest-star à Brooklyn

30.07.2019 Ramzi Abbas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est cette année l’invité vedette de l’organisation américaine TASC (Turkish American Steering Committee). TASC se donne pour mission d' »amplifier une voix unifiée turque aux Etats-Unis », en relayant sur son site internet et sur les réseaux sociaux un discours très orienté en faveur de l’AKP, et à la gloire du président Erdogan. Les médias qu’elle conseille et relaie sur son site internet sont dirigés par des proches de ce dernier, où bien souvent des journalistes ont été purgés (Anadolu Agency, l’agence gouvernementale, TRT World, Aksam Daily Newspaper, Hurriyet Daily News ainsi que Daily Sabah). L’organisation TASC organise le 22 septembre à Brooklyn une conférence intitulée « Uniting the Ummah, stronger together » (Unir la Oumma, plus forts ensemble) profitant de la visite d’Erdogan à l’assemblée annuelle des Nations Unies pour le promouvoir au public turcophone américain. Outre le président islamiste turc, sont également invités :

Siraj Wahhaj. Imam de la mosquée al-Taqwa de Brooklyn, leader de la MANA (Muslim Alliance in North America) et ancien vice-président de la très frèriste ISNA (Islamic Society of North America). Il a été formé par la Nation of Islam, coutumière des déclarations antisémites, complotistes et homophobes, qui l’a converti à un Islam orthodoxe. Fervent supporter de la Charia, Siraj Wahhaj défend les châtiments corporels, y compris la lapidation, et considère que « l’Islam est meilleur que la démocratie ». En août 2018, trois de ses enfants ont été accusés par la police de terrorisme et de crime après la découverte d’un camp d’entrainement djihadiste au Nouveau-Mexique.

Abdullah Hakim Quick, imam américano-canadien officiant dans la région de Toronto, qui soutient la peine de mort pour les homosexuels : « dans l’Islam, l’homosexualité est punie par la mort et il est impossible de changer l’Islam », déclare t’il en 2016 à propos d’El-Farouk Khaki, imam gay de Toronto. Dans plusieurs de ses prêches diffusées sur Youtube, il pourfend un complot démoniaque qui voudrait mettre en place un « Nouvel Ordre Mondial ».

Oussama Jamal, secrétaire général de l’USCMO (Conseil des organisations musulmanes américaines), qui comprend plusieurs entités représentatives des Frères musulmans, y compris la MAS (Muslim American Society), CAIR (Concil of American Islamic Relations), ou encore l’ICNA (Islamic Circle of North America).

Fait notable, trois autres invités vedettes, également proches de l’idéologie des Frères musulmans, ont indiqué sur les réseaux sociaux avoir finalement décliné l’invitation à cette conférence sensée « unir l’Oumma« , malgré leur nom inscrit sur l’affiche :
Dalia Mougahed, très complaisante avec l’application de la Charia comme décrit dans ce précédent article d’Ikhwan Info,
Yasir Qadhi, qui a tenu par le passé des propos négationnistes sur la Shoah, récemment épinglé par le Times pour ses propos tenus en 2017 : « tuer les homosexuels et lapider les personnes adultères fait partie de notre religion »
Omar Suleiman

Le journal turcophone Ahval, dont le directeur de publication a fui le régime, a interrogé Lorenzo Vidino, directeur du Centre Universitaire George Washington pour la sécurité Nationale à ce sujet. Ce dernier conclue également que les invités qui ont renoncé à l’invitation sont proches des Frères musulmans. Concernant les annulations des personnalités aux Etats-Unis Dalia Mougahed, Yasir Qadhi et Omar Suleiman, il avance l’explication d’une Turquie (non arabe) devenue encombrante à cause de son influence grandissante dans le milieu islamiste, accompagnée d’une mauvaise réputation due à ses attaques contre les droits de l’Homme. Les atteintes aux libertés opérées par Erdogan deviendraient-elles trop récurrentes, trop encombrantes ? Son idéologie islamiste deviendrait-elle trop « visible » ?

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

25.06.2019 Fiammetta Venner

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

La mort de Mohamed Morsi a endeuillé au niveau international comme français de nombreux soutiens directs ou compagnons de route de l’ancien président égyptien représentant des Frères musulmans.

En voici une liste non exhaustive :

Le clan Ramadan s’est exprimé par les voix de Tariq Ramadan, de sa fille Maryam Ramadan et de son frère Hani Ramadan :

Pour finir, de nombreux militants français se revendiquant de gauche, souvent proches de la mouvance indigéniste, ont rejoint la tristesse de militants… salafistes :



Les conférenciers de la 33e RAMF de l’UOIF

L’UOIF organise depuis 33 ans une rencontre annuelle. En 2015, les invités se sont exprimés devant des Rabia, symbole du soutien aux Frères musulmans. L’organisation est sur la liste des organisations terroristes des EAU comme la plupart des organisations des Frères musulmans. L’UOIF qui a longtemps bénéficié d’une bienveillance politique et médiatique qui semble s’écorner peu à peu. Lors de son rassemblement de Lille, l’UOIF avait du décommander plusieurs prédicateurs de haine*.

L’UOIF diffuse par bribes les noms de ces conférenciers, nous mettrons donc cet article à jour dans les heures qui viennent.

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Parmi les intervenants : 

• Omar Abdelkaffy. Ce prédicateur égyptien expliquait le 18 janvier 2015 que les attaques de Paris étaient la suite du 11 septembre et ne concernait pas les musulmans. « Cette pièce de théâtre, dans laquelle les musulmans sont confinés ad nauseam dans le monde entier, est la suite de la comédie du 11 septembre. Le premier acte s’est déroulé à New York, et la suite a lieu à Paris. » (…) « Mes frères bien aimés, c’est nous qui avons enseigné la miséricorde au monde. Notre prophète Mohammad est le prophète de miséricorde. Très bientôt vous vous apercevrez que les attentats de Paris étaient une comédie, dans laquelle nous n’avons joué aucun rôle. » La notion de la miséricorde selon Omar AbdelKafi est assez floue, mais pleine de promesse comme cette vidéo titrée : « Le judaïsme, le sionisme et la maçonnerie« . Omar AbdelKafy a déclaré qu’il n’était pas Frère musulman mais qu’il les appréciait. Il fait cependant partie de l’Union des savants musulmans de Youssef Al Qaradhawi, ce qui contredit la première moitié de la phrase précédente. Comme d’autres membres plus récents de l’Union des savants musulmans, Omar AbdelKafi fait un usage peu conforme des hadiths, ce qui a amené le journal Al Chourouq à s’interroger sur les motivations du prédicateur. Pendant la présidence de Mohamed Morsi, Omar Abdelkafi a travaillé avec Mohamed Khaled (commission pour le retour des bonnes moeurs). En mai 2012, Omar Abdelkafi est intervenu à la Grande Mosquée de Lyon. Il prêche aussi la Mosquée Qatar Education City.

• Issam Al-Bachir discutera de  « Radicalisation : des concepts à corriger ». Partisan d’un loi internationale contre le blasphème de toutes les religions, Issam Al-Bachir n’hésite pas à pousser ses ouailles à un discours plus guerrier. Le cheikh a signé en février 2012 avec nombre de Frères musulmans un appel à rejoindre la lutte armée des révolutionnaires islamistes en Syrie. La même année, sa venue en Belgique avait suscité des débats mais Issam Al-Bachir avait reçu le soutien de Tariq Ramadan. Tariq Ramadan avait même qualifié le cheikh Al-Bachir de « représentant de la voie médiane » et fustigé : « L’ignorance des journalistes »

• Abdallah Ben Mansour. Cofondateur de l’UOIF, proche d’Ennahda, il est désormais président de la FOIE (Fédération des organisations islamiques d’Europe). En 1999, le Conseil d’Etat a rejeté sa demande de naturalisation, bien que on épouse était française.  « M. Ben Mansour était en 1995 l’un des principaux dirigeants d’une fédération à laquelle étaient affiliés plusieurs mouvements extrémistes prônant le rejet des valeurs essentielles de la société française » ( Extrait de la décision du Conseil d’État, 7 juin 1999, n° 178449, Ben Mansour.) Mais moins de dix ans plus tard, ce sera Abdallah Ben Mansour qui accueillera Nicolas Sarkozy au Bourget, donnant le tempo des sifflets et des applaudissements. Partisan du voile islamique, Abdallah Ben Mansour expliquera au sujet du voile : « On interdit aujourd’hui aux femmes musulmanes de porter le voile, comme on forçait naguère les juifs à porter l´étoile jaune ». Pour plus de détails sur ses discours lire le portrait qu’Isabelle Kersimon lui consacre. 

• Mohamed Ghamgui (Iesh de Paris) : « la citoyenneté et l’histoire musulmane ». Il a été correspondant en France d’une émission de la chaîne Iqraa.

• Hassan Iquioussen. Dans une cassette,  « Palestine, histoire d’une injustice »,  Hassan Iquioussen comparait le Hamas à Jean Moulin et que «Les Juifs ne cesseront de comploter contre l’islam». Des juifs décrits comme «ingrats» et«avares» et qui «ont toujours méprisé les êtres humains». Mis à l’écart pendant quelques mois (en 2004) suite à la révélation du contenu de cette cassette par Cecilia Gabizon (Le Figaro), Hassan Iquioussen est rapidement redevenu une valeur sûre de l’UOIF. La cassette, elle, est devenu un collector, elle n’est plus diffusée. Les magnetos à cassette non plus. En revanche, on la trouve facilement en mp3. Pour lire le décryptage.

• Père Michel Lelong. Très vieux compagnon de route, il expliquait déjà en 1995 dans les colonnes du Monde que les islamistes algériens étaient des interlocuteurs dignes de confiance.

• Mahinur Ozdemir, femme politique belge controversée. En mai 2015 elle a été exclue de son parti (CDH) pour avoir refusé de reconnaître le génocide arménien.

•  Sayida Ounissi, députée d’Ennahda en Tunisie, elle n’hésite pas à propos du statut des femmes, à parler de « mythologie bourguibiste » et de « l’instrumentalisation benaliste ».

• Tariq Ramadan (désormais présenté comme « théologien ») et Ahmed Jaballah discuteront de « Comment être bien ensemble? »

• Nisrine Zaibi, élue du Parti Socialiste a été vice-présidente de la région Bourgogne. Elle est aujourd’hui membre de la Commission finances. Elle a relayé le meeting du 6 mars 2015 contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire, moins de deux mois après les massacres de Charlie Hebdo. En avril 2015, dans un tweet elle notait que BFM et Itélé parlaient du FN et que M6 parlait des banlieue et en déduisait : « Ces chaînes sont des succursales du FN ».

• Moncef Zenati, prédicateur de Havre du Savoir a traduit plusieurs textes de Hassan Al Banna.

Mais aussi : 

• Amar Lasfar

• A. Nihad

• A. Gaci

• A. Gessoum

• C. Roucou

• Coexister

• F. Adjebli

• G. Bencheikh

• H. Khomsi

• H. Seniguer

• J. Rayyan

• L. Kechat

• M. Bajrafil

• M. Ngazou

• Medine

• Mgr Dubost

• Nabil Ennasri

• N. Addou

• O. Guegah

• Pascal Boniface

• Pierre Conessa

• Raphaël Liogier

• S. Lacroix

• S. Assbague

• Tareq Oubrou

• Vincent Geisser

• Yasser Louati

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Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

24.04.2019 Ramzi Abbas

Du 19 au 22 avril a eu lieu au parc des expositions du Bourget la 36ème « Rencontre Annuelle des Musulmans de France » (RAMF) organisée par l’ex-UOIF, désormais rebaptisée Musulmans de France (MF). La RAMF 2019 a reçu peu d’écho médiatique, à l’image de son déclin progressif, comme décrit dans le journal Libération qui note un « public très clairsemé » pour une rencontre « peu reluisante ». Les déboires judiciaires de son ancienne tête d’affiche Tariq Ramadan n’y sont certainement pas étrangers.

On aurait en revanche pu observer un nouvel élan à la RAMF avec la participation de Marwan Muhammad et de sa structure « L.E.S. Musulmans » créée en partenariat avec le CCIF pour peser sur l’organisation de l’Islam de France. Le pari est visiblement loin d’être gagné, Libération relevant que Marwan Muhammad « peinait à mobiliser l’assistance dans la grande salle conférence sur son thème favori de l’inclusion des musulmans dans la société française ».

Marwan Muhammad a voulu cependant marquer le coup. Profitant d’une intervention d’Hakim el Karoui, auteur du rapport largement débattu « un Islam français est possible » pour l’Institut Montaigne, il a violemment pris à partie son interlocuteur avant de poster la vidéo sur les réseaux sociaux. Hakim el Karoui avait précédemment accusé le CCIF de véhiculer un message victimaire. Marwan Muhammad lui avait reproché de « piétiner la dignité des musulmans pour cautionner l’agenda des élites dont les intérêts convergent avec les siens ». Lors de la RAMF 2019, Marwan Muhammad est donc intervenu face au consultant proche d’Emmanuel Macron pour affirmer avec véhémence que lutter contre l’islamisme et le terrorisme comme Hakim el Karoui n’est pas un besoin des musulmans présents. Après avoir pris à partie l’auditoire, rallié à son bord, Marwan Muhammad a cité le CCIF, le secours islamique, le CBSP et Musulmans de France comme seules organisations représentatives à ses yeux, contrairement à l’Association Musulmane pour l’Islam de France (AMIF), nouvellement créée par Hakim el Karoui. Sur la vidéo, on aperçoit Amar Lasfar, président de Musulmans de France, applaudir les propos de Marwan Muhammad.

L’on pourrait se demander ce qu’espérait Hakim el Karoui en se rendant au salon vedette des Frères musulmans français. Simplement présenter l’AMIF ? Tenter de rallier à son projet d’AMIF les plus « modérés » des Frères ? Pacifier le débat avec les cadres de Musulmans de France pour éviter une mise en concurrence des associations ?

Hakim el Karoui prétend connaître les méthodes d’infiltration des Frères musulmans dans la société. De fait, il a longtemps fermé les yeux sur la stratégie frériste notamment au sein de l’Institut des cultures d’Islam. Il a par la suite déclaré que les Frères musulmans étaient un « danger » pour les musulmans eux-mêmes. Mais en parallèle, il a créé en 2019 l’AMIF avec Tareq Oubrou, cadre historique de l’UOIF jusqu’en 2018, et Mohamed Bajrafil, (ancien ?) protégé de Tariq Ramadan qui affirmait en 2016 : » Voir apparaître aujourd’hui une relève de la qualité de mes jeunes frères Mohamed Bajrafil et Marwan Muhammad (..) est juste apaisant, réconfortant et énergisant ». Un autre signataire de l’appel pour la réorganisation de l’Islam de France avec Hakim el Karoui, et pré supposé à la commission Théologie et formation des imams de l’AMIF est… Abdelghani Benali, enseignant à l’IESH, antenne à Saint-Denis du centre de formation de l’UOIF de Chateau-Chinon.

Ilhan Omar, une élue qui divise

Ilhan Omar, une élue qui divise


Ilhan Omar, une élue qui divise

28.02.2019 Ramzi Abbas

Ilhan Omar a été élue représentante du Minnesota au Congrès américain en novembre 2018 après une campagne axée sur la défense de l’écologie et du modèle multiculturaliste. D’origine somalienne et portant le voile islamique depuis 2001, elle devient la première femme voilée à siéger au Congrès. En effet, dès son arrivée elle exige de faire modifier la législation interdisant le port de tout couvre chef distinctif depuis 181 ans. Elle apparait alors avec un voile couvrant son cou alors que son staff préférait un bandeau couvrant ses cheveux pendant la campagne

Elle est au cœur d’une polémique aux Etats-Unis depuis le 10 février 2019 après deux tweets du même jour qui ont suscité de nombreuses accusations d’antisémitisme, jusque dans les rangs démocrates. Répondant au journaliste de Glenn Greenwald, qui critiquait les personnalités politiques s’opposant à un boycott d’Israël, Ilhan Omar a cité une chanson du rappeur Puff Daddy : “It’s all about the Benjamins baby.”, évoquant ainsi « une affaire de dollars » qui motiveraient ces politiques à refuser le boycott de l’état hébreu (Benjamins désigne les billets de 100 dollars à l’effigie de Benjamin Franklin). Elle a dans un autre tweet explicité sa réponse en affirmant qu’elle parlait bien de l’AIPAC, un lobby pro-israélien aux États-Unis.

La présidente du groupe démocrate à l’Assemblée, Nancy Pelosi, a condamné une « rhétorique antisémite et d’accusations préjudiciables sur les partisans d’Israël ». Plus d’une dizaine de parlementaires de tous bords ont demandé que l’élue soit sanctionnée. L’association représentative des Frères musulmans aux USA et connue du FBI pour ses liens avec le Hamas, CAIR, lui a en revanche apporté son soutien en niant tout antisémitisme dans ses propos. La section CAIR de Californie a d’ailleurs confirmé la présence d’Ilhan Omar à son dîner annuel de levée de fonds à Los Angeles le 23 mars 2019. Après avoir présenté le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël) comme pouvant être contre-productif dans un discours dans une synagogue pendant sa campagne, elle lui a depuis réitéré son « soutien » dans un entretien sur le forum Muslim Girl comme le révèle le quotidien Haaretz.

En 2012, elle tweetait : « Israel has hypnotized the world, may Allah awaken the people and help them see the evil doings of Israel.”, usant cette fois-ci encore d’une rhétorique complotiste et bigote.

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

12.08.2018 Ramzi Abbas

Vendredi 3 août, les forces d’intervention américaines, après une alerte du shérif du comté de Taos dans le Nouveau-Mexique au sud des États-Unis, découvrent un campement sordide où vivent onze enfants sans nourriture ni eau potable. Siraj Wahhaj et Lucas Morten, préalablement suspectés d’avoir mis en place ce camp, sont effectivement sur place et lourdement armés. Ils sont arrêtés en possession d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs ainsi que quatre revolvers. Trois femmes sont également sur place. Des restes d’enfant sont retrouvés près du camp : il s’agirait du fils de Siraj Wahhaj.

Depuis leur interpellation, les cinq adultes sont tous accusés de chefs de maltraitance d’enfants. Siraj Wahhaj est également accusé d’avoir enlevé son fils à sa mère en Géorgie en décembre 2017. Les enfants ont depuis été pris en charge par les services sociaux. Le procureur du Nouveau-Mexique a indiqué qu' »un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé (Siraj Wahhaj) avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire ». Le camp pourrait donc avoir servi à entrainer au moins un enfant à préparer une tuerie de masse. Lors d’une conférence de presse, le shérif a décrit la famille de Siraj Wahhaj comme des « extrémistes de la croyance musulmane ».

Le père de Siraj Wahhaj, le beau-père de Lucas Moten, et le grand-père des onze enfants présents est un imam de Brooklyn, l’imam Siraj Wahhaj. Ancien prédicateur de Nation of Islam, ce dernier est également leader de la Muslim Alliance in North America (MANA), et ancien vice-président de l’Islamic Society of North America (ISNA).

Le 5 août, l’imam Siraj Wahhaj appelait sur son profil Facebook ses « frères et sœurs » à faire des invocations pour ses enfants et petits-enfants :

“Dear Brothers and Sisters, please make duas for the safe return of our children and grandchildren: Siraj, Hujrah, Subhanah Wahhaj, son in law Luqman (Lucas) Morton, and daughter in law Maryam (Jany) Leveille and their children (our 12 grandchildren). We believe they may be traveling together”.

Cet imam est connu pour être un fervent supporter de la Charia, qui devrait l’emporter contre la démocratie :

« Islam is better than democracy. Allah will cause his deen. Islam as a complete way of life, Islam to prevail over every kind of system, and you know what? It will happen. ». A ce titre, il défend les châtiments corporels : « If Allah says 100 strikes, 100 strikes it is. If Allah says cut off their hand, you cut off their hand. If Allah says stone them to death, through the Prophet Muhammad, then you stone them to death, because it’s the obedience of Allah and his messenger—nothing personal ».

L’imam Siraj Wahhaj a également été cité dans l’enquête sur les attentats du World Trade Center de 1993 comme étant un « co-conspirateur » probable. S’il a toujours nié sa participation, il s’est présenté comme témoin pour défendre le Cheikh aveugle Omar Abdel-Rahmane, chef de l’organisation terroriste égyptienne, Gama’a al-Islamiyya, et reconnu coupable dans ces attentats.

En 2017 lors d’une conférence commune, Linda Sarsour, une des leaders de la Women’s March, parlait de l’imam en ces termes :

« My favorite person in this room, that’s mutual, is Imam Siraj Wahhaj, who has been a mentor, and motivator and encourager of mine, someone who has taught me to speak truth to power and not worry about the consequences, someone who has taught me we are on this earth to please Allah, and only Allah, that we are not here to please any man or women on this Earth, so I’m grateful to you, Imam Siraj … I’m grateful to you Imam Siraj, God bless you and protect you for a long time because we need you now more than ever. ».

Médine : les vidéos compromettantes

Médine : les vidéos compromettantes

Médine : les vidéos compromettantes

13.06.2018 La rédaction

Le rappeur Médine est au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours. L’annonce de son concert au Bataclan en octobre prochain a fait réagir les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités politiques, ainsi que l’association de victimes de l’attaque terroriste qui a eu lieu dans ce même lieu, « 13onze15, fraternité et vérité ».



Au delà des paroles de ses chansons qui ne laissent aucune ambiguïté sur son idéologie (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha, Le polygame vaut bien mieux que l’ami Strauss-Kahn », « Si j’applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante », « Je scie l’arbre de leur laïcité avant qu’on le mette en terre », « Je me suffis d’Allah, pas besoin qu’on me laïcise »,…), de ses multiples quenelles et de son soutien au suprématiste noir Kémi Séba plusieurs fois condamné pour antisémitisme, intéressons-nous à deux vidéos qui sont réapparues sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Dans cette première vidéo, Tariq Ramadan décrit Médine : « quelqu’un que je connais personnellement, et de très très proche, qui suit mes enseignements, et avec lequel on a beaucoup discuté » (à partir de 5 min 52 sec).

Interrogé hier par Libération sur ses liens avec Havre de Savoir, Médine affirme ne pas être un de ses ambassadeurs. Néanmoins, dans cette seconde vidéo, il se réjouit d’être « officiellement ambassadeur d’Havre de Savoir ». Il affirme « toujours placer un mot pour promotionner l’association » dans ses concerts et déplacements, car « le travail qu’ils font vient compléter tout ce qu'[il a] pu faire dans le cadre de [son] artistique ». En juin 2013, il participe à une de ses conférences aux côtés de Tariq et Hani Ramadan, Marwan Muhammad, ou encore Nabil Ennasri.

Les liens entre Tariq Ramadan, Havre de Savoir (qui fait directement la promotion du Cheikh Youssef al-Qaradawi), l’UOIF et les Frères musulmans ont été maintes fois démontrés sur Ikhwan Info.