Recep Tayyip Erdogan en guest-star à Brooklyn

Recep Tayyip Erdogan en guest-star à Brooklyn

30.07.2019 Ramzi Abbas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est cette année l’invité vedette de l’organisation américaine TASC (Turkish American Steering Committee). TASC se donne pour mission d' »amplifier une voix unifiée turque aux Etats-Unis », en relayant sur son site internet et sur les réseaux sociaux un discours très orienté en faveur de l’AKP, et à la gloire du président Erdogan. Les médias qu’elle conseille et relaie sur son site internet sont dirigés par des proches de ce dernier, où bien souvent des journalistes ont été purgés (Anadolu Agency, l’agence gouvernementale, TRT World, Aksam Daily Newspaper, Hurriyet Daily News ainsi que Daily Sabah). L’organisation TASC organise le 22 septembre à Brooklyn une conférence intitulée « Uniting the Ummah, stronger together » (Unir la Oumma, plus forts ensemble) profitant de la visite d’Erdogan à l’assemblée annuelle des Nations Unies pour le promouvoir au public turcophone américain. Outre le président islamiste turc, sont également invités :

Siraj Wahhaj. Imam de la mosquée al-Taqwa de Brooklyn, leader de la MANA (Muslim Alliance in North America) et ancien vice-président de la très frèriste ISNA (Islamic Society of North America). Il a été formé par la Nation of Islam, coutumière des déclarations antisémites, complotistes et homophobes, qui l’a converti à un Islam orthodoxe. Fervent supporter de la Charia, Siraj Wahhaj défend les châtiments corporels, y compris la lapidation, et considère que « l’Islam est meilleur que la démocratie ». En août 2018, trois de ses enfants ont été accusés par la police de terrorisme et de crime après la découverte d’un camp d’entrainement djihadiste au Nouveau-Mexique.

Abdullah Hakim Quick, imam américano-canadien officiant dans la région de Toronto, qui soutient la peine de mort pour les homosexuels : « dans l’Islam, l’homosexualité est punie par la mort et il est impossible de changer l’Islam », déclare t’il en 2016 à propos d’El-Farouk Khaki, imam gay de Toronto. Dans plusieurs de ses prêches diffusées sur Youtube, il pourfend un complot démoniaque qui voudrait mettre en place un « Nouvel Ordre Mondial ».

Oussama Jamal, secrétaire général de l’USCMO (Conseil des organisations musulmanes américaines), qui comprend plusieurs entités représentatives des Frères musulmans, y compris la MAS (Muslim American Society), CAIR (Concil of American Islamic Relations), ou encore l’ICNA (Islamic Circle of North America).

Fait notable, trois autres invités vedettes, également proches de l’idéologie des Frères musulmans, ont indiqué sur les réseaux sociaux avoir finalement décliné l’invitation à cette conférence sensée « unir l’Oumma« , malgré leur nom inscrit sur l’affiche :
Dalia Mougahed, très complaisante avec l’application de la Charia comme décrit dans ce précédent article d’Ikhwan Info,
Yasir Qadhi, qui a tenu par le passé des propos négationnistes sur la Shoah, récemment épinglé par le Times pour ses propos tenus en 2017 : « tuer les homosexuels et lapider les personnes adultères fait partie de notre religion »
Omar Suleiman

Le journal turcophone Ahval, dont le directeur de publication a fui le régime, a interrogé Lorenzo Vidino, directeur du Centre Universitaire George Washington pour la sécurité Nationale à ce sujet. Ce dernier conclue également que les invités qui ont renoncé à l’invitation sont proches des Frères musulmans. Concernant les annulations des personnalités aux Etats-Unis Dalia Mougahed, Yasir Qadhi et Omar Suleiman, il avance l’explication d’une Turquie (non arabe) devenue encombrante à cause de son influence grandissante dans le milieu islamiste, accompagnée d’une mauvaise réputation due à ses attaques contre les droits de l’Homme. Les atteintes aux libertés opérées par Erdogan deviendraient-elles trop récurrentes, trop encombrantes ? Son idéologie islamiste deviendrait-elle trop « visible » ?

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

25.06.2019 Fiammetta Venner

Mort de Mohamed Morsi : les réactions

La mort de Mohamed Morsi a endeuillé au niveau international comme français de nombreux soutiens directs ou compagnons de route de l’ancien président égyptien représentant des Frères musulmans.

En voici une liste non exhaustive :

Le clan Ramadan s’est exprimé par les voix de Tariq Ramadan, de sa fille Maryam Ramadan et de son frère Hani Ramadan :

Pour finir, de nombreux militants français se revendiquant de gauche, souvent proches de la mouvance indigéniste, ont rejoint la tristesse de militants… salafistes :



Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

Hakim el Karoui interpellé à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France

24.04.2019 Ramzi Abbas

Du 19 au 22 avril a eu lieu au parc des expositions du Bourget la 36ème « Rencontre Annuelle des Musulmans de France » (RAMF) organisée par l’ex-UOIF, désormais rebaptisée Musulmans de France (MF). La RAMF 2019 a reçu peu d’écho médiatique, à l’image de son déclin progressif, comme décrit dans le journal Libération qui note un « public très clairsemé » pour une rencontre « peu reluisante ». Les déboires judiciaires de son ancienne tête d’affiche Tariq Ramadan n’y sont certainement pas étrangers.

On aurait en revanche pu observer un nouvel élan à la RAMF avec la participation de Marwan Muhammad et de sa structure « L.E.S. Musulmans » créée en partenariat avec le CCIF pour peser sur l’organisation de l’Islam de France. Le pari est visiblement loin d’être gagné, Libération relevant que Marwan Muhammad « peinait à mobiliser l’assistance dans la grande salle conférence sur son thème favori de l’inclusion des musulmans dans la société française ».

Marwan Muhammad a voulu cependant marquer le coup. Profitant d’une intervention d’Hakim el Karoui, auteur du rapport largement débattu « un Islam français est possible » pour l’Institut Montaigne, il a violemment pris à partie son interlocuteur avant de poster la vidéo sur les réseaux sociaux. Hakim el Karoui avait précédemment accusé le CCIF de véhiculer un message victimaire. Marwan Muhammad lui avait reproché de « piétiner la dignité des musulmans pour cautionner l’agenda des élites dont les intérêts convergent avec les siens ». Lors de la RAMF 2019, Marwan Muhammad est donc intervenu face au consultant proche d’Emmanuel Macron pour affirmer avec véhémence que lutter contre l’islamisme et le terrorisme comme Hakim el Karoui n’est pas un besoin des musulmans présents. Après avoir pris à partie l’auditoire, rallié à son bord, Marwan Muhammad a cité le CCIF, le secours islamique, le CBSP et Musulmans de France comme seules organisations représentatives à ses yeux, contrairement à l’Association Musulmane pour l’Islam de France (AMIF), nouvellement créée par Hakim el Karoui. Sur la vidéo, on aperçoit Amar Lasfar, président de Musulmans de France, applaudir les propos de Marwan Muhammad.

L’on pourrait se demander ce qu’espérait Hakim el Karoui en se rendant au salon vedette des Frères musulmans français. Simplement présenter l’AMIF ? Tenter de rallier à son projet d’AMIF les plus « modérés » des Frères ? Pacifier le débat avec les cadres de Musulmans de France pour éviter une mise en concurrence des associations ?

Hakim el Karoui prétend connaître les méthodes d’infiltration des Frères musulmans dans la société. De fait, il a longtemps fermé les yeux sur la stratégie frériste notamment au sein de l’Institut des cultures d’Islam. Il a par la suite déclaré que les Frères musulmans étaient un « danger » pour les musulmans eux-mêmes. Mais en parallèle, il a créé en 2019 l’AMIF avec Tareq Oubrou, cadre historique de l’UOIF jusqu’en 2018, et Mohamed Bajrafil, (ancien ?) protégé de Tariq Ramadan qui affirmait en 2016 : » Voir apparaître aujourd’hui une relève de la qualité de mes jeunes frères Mohamed Bajrafil et Marwan Muhammad (..) est juste apaisant, réconfortant et énergisant ». Un autre signataire de l’appel pour la réorganisation de l’Islam de France avec Hakim el Karoui, et pré supposé à la commission Théologie et formation des imams de l’AMIF est… Abdelghani Benali, enseignant à l’IESH, antenne à Saint-Denis du centre de formation de l’UOIF de Chateau-Chinon.

Ilhan Omar, une élue qui divise

Ilhan Omar, une élue qui divise


Ilhan Omar, une élue qui divise

28.02.2019 Ramzi Abbas

Ilhan Omar a été élue représentante du Minnesota au Congrès américain en novembre 2018 après une campagne axée sur la défense de l’écologie et du modèle multiculturaliste. D’origine somalienne et portant le voile islamique depuis 2001, elle devient la première femme voilée à siéger au Congrès. En effet, dès son arrivée elle exige de faire modifier la législation interdisant le port de tout couvre chef distinctif depuis 181 ans. Elle apparait alors avec un voile couvrant son cou alors que son staff préférait un bandeau couvrant ses cheveux pendant la campagne

Elle est au cœur d’une polémique aux Etats-Unis depuis le 10 février 2019 après deux tweets du même jour qui ont suscité de nombreuses accusations d’antisémitisme, jusque dans les rangs démocrates. Répondant au journaliste de Glenn Greenwald, qui critiquait les personnalités politiques s’opposant à un boycott d’Israël, Ilhan Omar a cité une chanson du rappeur Puff Daddy : “It’s all about the Benjamins baby.”, évoquant ainsi « une affaire de dollars » qui motiveraient ces politiques à refuser le boycott de l’état hébreu (Benjamins désigne les billets de 100 dollars à l’effigie de Benjamin Franklin). Elle a dans un autre tweet explicité sa réponse en affirmant qu’elle parlait bien de l’AIPAC, un lobby pro-israélien aux États-Unis.

La présidente du groupe démocrate à l’Assemblée, Nancy Pelosi, a condamné une « rhétorique antisémite et d’accusations préjudiciables sur les partisans d’Israël ». Plus d’une dizaine de parlementaires de tous bords ont demandé que l’élue soit sanctionnée. L’association représentative des Frères musulmans aux USA et connue du FBI pour ses liens avec le Hamas, CAIR, lui a en revanche apporté son soutien en niant tout antisémitisme dans ses propos. La section CAIR de Californie a d’ailleurs confirmé la présence d’Ilhan Omar à son dîner annuel de levée de fonds à Los Angeles le 23 mars 2019. Après avoir présenté le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël) comme pouvant être contre-productif dans un discours dans une synagogue pendant sa campagne, elle lui a depuis réitéré son « soutien » dans un entretien sur le forum Muslim Girl comme le révèle le quotidien Haaretz.

En 2012, elle tweetait : « Israel has hypnotized the world, may Allah awaken the people and help them see the evil doings of Israel.”, usant cette fois-ci encore d’une rhétorique complotiste et bigote.

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

Un camp islamiste découvert aux États-Unis

12.08.2018 Ramzi Abbas

Vendredi 3 août, les forces d’intervention américaines, après une alerte du shérif du comté de Taos dans le Nouveau-Mexique au sud des États-Unis, découvrent un campement sordide où vivent onze enfants sans nourriture ni eau potable. Siraj Wahhaj et Lucas Morten, préalablement suspectés d’avoir mis en place ce camp, sont effectivement sur place et lourdement armés. Ils sont arrêtés en possession d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs ainsi que quatre revolvers. Trois femmes sont également sur place. Des restes d’enfant sont retrouvés près du camp : il s’agirait du fils de Siraj Wahhaj.

Depuis leur interpellation, les cinq adultes sont tous accusés de chefs de maltraitance d’enfants. Siraj Wahhaj est également accusé d’avoir enlevé son fils à sa mère en Géorgie en décembre 2017. Les enfants ont depuis été pris en charge par les services sociaux. Le procureur du Nouveau-Mexique a indiqué qu' »un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé (Siraj Wahhaj) avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire ». Le camp pourrait donc avoir servi à entrainer au moins un enfant à préparer une tuerie de masse. Lors d’une conférence de presse, le shérif a décrit la famille de Siraj Wahhaj comme des « extrémistes de la croyance musulmane ».

Le père de Siraj Wahhaj, le beau-père de Lucas Moten, et le grand-père des onze enfants présents est un imam de Brooklyn, l’imam Siraj Wahhaj. Ancien prédicateur de Nation of Islam, ce dernier est également leader de la Muslim Alliance in North America (MANA), et ancien vice-président de l’Islamic Society of North America (ISNA).

Le 5 août, l’imam Siraj Wahhaj appelait sur son profil Facebook ses « frères et sœurs » à faire des invocations pour ses enfants et petits-enfants :

“Dear Brothers and Sisters, please make duas for the safe return of our children and grandchildren: Siraj, Hujrah, Subhanah Wahhaj, son in law Luqman (Lucas) Morton, and daughter in law Maryam (Jany) Leveille and their children (our 12 grandchildren). We believe they may be traveling together”.

Cet imam est connu pour être un fervent supporter de la Charia, qui devrait l’emporter contre la démocratie :

« Islam is better than democracy. Allah will cause his deen. Islam as a complete way of life, Islam to prevail over every kind of system, and you know what? It will happen. ». A ce titre, il défend les châtiments corporels : « If Allah says 100 strikes, 100 strikes it is. If Allah says cut off their hand, you cut off their hand. If Allah says stone them to death, through the Prophet Muhammad, then you stone them to death, because it’s the obedience of Allah and his messenger—nothing personal ».

L’imam Siraj Wahhaj a également été cité dans l’enquête sur les attentats du World Trade Center de 1993 comme étant un « co-conspirateur » probable. S’il a toujours nié sa participation, il s’est présenté comme témoin pour défendre le Cheikh aveugle Omar Abdel-Rahmane, chef de l’organisation terroriste égyptienne, Gama’a al-Islamiyya, et reconnu coupable dans ces attentats.

En 2017 lors d’une conférence commune, Linda Sarsour, une des leaders de la Women’s March, parlait de l’imam en ces termes :

« My favorite person in this room, that’s mutual, is Imam Siraj Wahhaj, who has been a mentor, and motivator and encourager of mine, someone who has taught me to speak truth to power and not worry about the consequences, someone who has taught me we are on this earth to please Allah, and only Allah, that we are not here to please any man or women on this Earth, so I’m grateful to you, Imam Siraj … I’m grateful to you Imam Siraj, God bless you and protect you for a long time because we need you now more than ever. ».

Médine : les vidéos compromettantes

Médine : les vidéos compromettantes

Médine : les vidéos compromettantes

13.06.2018 La rédaction

Le rappeur Médine est au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours. L’annonce de son concert au Bataclan en octobre prochain a fait réagir les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités politiques, ainsi que l’association de victimes de l’attaque terroriste qui a eu lieu dans ce même lieu, « 13onze15, fraternité et vérité ».



Au delà des paroles de ses chansons qui ne laissent aucune ambiguïté sur son idéologie (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha, Le polygame vaut bien mieux que l’ami Strauss-Kahn », « Si j’applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante », « Je scie l’arbre de leur laïcité avant qu’on le mette en terre », « Je me suffis d’Allah, pas besoin qu’on me laïcise »,…), de ses multiples quenelles et de son soutien au suprématiste noir Kémi Séba plusieurs fois condamné pour antisémitisme, intéressons-nous à deux vidéos qui sont réapparues sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Dans cette première vidéo, Tariq Ramadan décrit Médine : « quelqu’un que je connais personnellement, et de très très proche, qui suit mes enseignements, et avec lequel on a beaucoup discuté » (à partir de 5 min 52 sec).

Interrogé hier par Libération sur ses liens avec Havre de Savoir, Médine affirme ne pas être un de ses ambassadeurs. Néanmoins, dans cette seconde vidéo, il se réjouit d’être « officiellement ambassadeur d’Havre de Savoir ». Il affirme « toujours placer un mot pour promotionner l’association » dans ses concerts et déplacements, car « le travail qu’ils font vient compléter tout ce qu'[il a] pu faire dans le cadre de [son] artistique ». En juin 2013, il participe à une de ses conférences aux côtés de Tariq et Hani Ramadan, Marwan Muhammad, ou encore Nabil Ennasri.

Les liens entre Tariq Ramadan, Havre de Savoir (qui fait directement la promotion du Cheikh Youssef al-Qaradawi), l’UOIF et les Frères musulmans ont été maintes fois démontrés sur Ikhwan Info.

« Bandung du Nord » : nouveau colloque indigéniste et islamiste à Saint Denis

« Bandung du Nord » : nouveau colloque indigéniste et islamiste à Saint Denis

« Bandung du Nord » : nouveau colloque indigéniste et islamiste à Saint Denis

24.04.2018 La rédaction

Du 4 au 6 mai 2018 se tiendra à la Bourse du Travail de Saint-Denis (93) une conférence organisée par le « Réseau Décolonial International », intitulée « Bandung du Nord, vers une Internationale Décoloniale ». Elle réunit pour une nouvelle fois dans ce lieu les mouvances indigéniste et islamiste (tendance Frères musulmans et Hezbollah), accompagnées de quelques têtes d’affiche internationales comme Angela Davis.

Le colloque veut s’inscrire dans l’esprit de la conférence de Bandung de 1955, qui a marqué l’entrée des pays décolonisés du Tiers-Monde dans la scène internationale, et ambitionne de sceller « une alliance politique entre les mouvements décoloniaux d’Occident ». Qui seraient les nouveaux Nasser, Nehru, ou encore Soekarno présents en 2018 à la Bourse du Travail de Saint-Denis ?

Voici les intervenants annoncés :

  • Elie Domota, porte-parole du parti politique guadeloupéen LKP. En février dernier, il rencontre le militant suprématiste noir Kémi Seba, leader de la milice Tribu Ka dissoute en 2006 pour son antisémitisme. Kemi Seba évoque alors sur son compte facebook un « coup de foudre affectif » avec Elie Domota.
  • Houria Bouteldja, membre fondatrice du PIR. Une obsession « antisioniste » la poussera à écrire en 2015 que « Les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe ». Dans son dernier ouvrage, « Les Blancs, les Juifs et nous », elle se distingue par des propos antiféministes et essentialistes : « J’en viens à préférer les bons gros machos qui s’assument. Je vous le dis mes sœurs, il faut trancher dans le vif. Quand les hommes de chez nous se réforment sur injonction des Blancs, ce n’est pas bon pour nous. Parce qu’en fait, ils ne se réforment pas. Ils font semblant. », ou encore homophobes : « Il n’y a pas d’homosexuels en Iran.” C’est Ahmadinejad qui parle. Cette réplique m’a percé le cerveau. Je l’encadre et je l’admire. (…) Ahmadinejad, mon héros ».
  • Nacira Guénif, sociologue et enseignante à l’Université Paris 8. Lors du procès de George Bensoussan, elle affirme en qualité de témoin que « espèce de juif » n’est pas une insulte.
  • Stella Magliani-Belkacem, éditrice aux éditions La Fabrique. En 2013, elle créé la polémique en affirmant dans son livre « Les féministes blanches et l’empire » que « l’homosexualité, comme identité » est « une notion » occidentale qui n’est pas adaptée au monde arabo-musulman et africain. Par « analogie », l’homosexualité ne serait pas non plus une « notion » adaptée aux habitants des « quartiers populaires ». Elle dénonce alors un prétendu « impérialisme gay », alors même que les rapports des associations anti-homophobie dans les quartiers populaires sont alarmants.
  • Arzu Merali, cofondatrice de l’Islamic Human Rights Commission (IHRC). Reconnue comme un promoteur du khomeinisme iranien en Angleterre et en Europe, cette commission a fait campagne pour la libération du cheikh Omar Abdel Rahmane, condamné pour son rôle dans les attentats du World Trade Center en 1993. A la mort du Cheikh en février 2017, l’IHRC publie une lettre de condoléances intitulée « Le monde a perdu un homme de principes et de foi inébranlable ». Deux mois après les attentats de Charlie Hebdo qui ont décimé une conférence de rédaction, l’IHRC délivre au journal satirique le « prix de l’islamophobe de l’année ».
  • Hatem Bazian, enseignant à l’Université de Berkeley sur la théologie islamique et militant pro-palestinien. En 2017, il doit s’excuser après que l’Université de Berkeley ait condamné plusieurs de ses retweets de dessins antisémites sur le réseau social Twitter.
  • Amal Bentounsi, fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine ». En 2015, le collectif est au cœur d’une polémique après avoir affirmé sur son compte Facebook : « nous refusons de nous positionner sur la question de l’homosexualité d’une manière ou d’une autre (….) on ne peut pas en vouloir à un croyant d’être homophobe si sa religion l’est ».
  • Ramon Grosfoguel, enseignant à l’Université de Berkeley, et militant pour une « décolonisation » de l’universalisme.
  • Muntadhar al-Zaidi, journaliste irakien rendu célèbre en 2008 après avoir lancé ses chaussures sur le président américain George W. Bush.
  • Norman Ajari, enseignant à l’Université de Toulouse et membre du PIR.
  • Azzedine Badis, militant toulousain pro-palestinien et anti- « islamophobie ».
  • Hourya Bentouhami, maître de conférence à l’Université de Toulouse en philosophie politique sur l’apport des théories post-coloniales.
  • Redouane Ikil, membre du collectif « Justice pour Redouane Ikil ».
  • Andre-Yanne Parent, élue dans plusieurs commissions d’organismes autochtones au Canada.
  • Michèle Sibony, membre de l’Union Juive Française pour la paix (UJFP), compagnon de route du PIR.
  • Françoise Vergès, intervenante régulière aux côtés du PIR, présidente du Comité nationale pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage.

Il s’agit au final de réunir pour une nouvelle fois la même nébuleuse associative et militante « décoloniale » à la Bourse du Travail de Saint-Denis. Mise à part la présence de quelques personnalités étrangères, dont la présence sert à attirer un public plus large, souvent peu informé, il n’y a pas de renouvellement des intervenants. Notons que le milieu universitaire est très représenté : environ un tiers des intervenants en sont issus (enseignants, chercheurs, chargés de cours…). Au-delà des militants décoloniaux et indigénistes, plusieurs alliés issus de deux grandes mouvances de l’Islam politique sont présents. La tendance issue des Frères musulmans se retrouve avec des participants tels que Ismahane Chouder ou le CCIF, tandis que la tendance islamiste chiite se retrouve avec la présence de l’IHRC, qui promeut ouvertement le Hezbollah (organisation classée terroriste par l’Union Européenne).

Les soutiens de Tariq Ramadan s’organisent

Les soutiens de Tariq Ramadan s’organisent

23.02.2018 La rédaction

Le 21 février, quelques dizaines de « personnalités » signent dans Médiapart une tribune de soutien à Tariq Ramadan, accusé de viol, violences volontaires, et menaces de mort par plusieurs plaignantes. Le texte est également publié sur le site web de Politis.

Intitulée « Tariq Ramadan : pour une justice impartiale et égalitaire », cette tribune demande sa « libération immédiate » de la prison de Fleury-Mérogis, sans un mot de soutien pour les femmes qui ont eu le courage de porter plainte. Les signataires insistent sur l’état de santé de Tariq Ramadan qui serait « alarmant », alors que le dernier rapport médical indique qu’il est tout à fait compatible avec son incarcération. L’autre argument évoqué est celui d’un supposé « traitement judiciaire d’exception » de la part de la justice française, qui obéirait à des « motivations politiques ». Aucune preuve ne vient étayer ce raisonnement aux relents complotistes.

Parmi les signataires, nous retrouvons de nombreux habitués des pétitions, tels que :

Sur les réseaux sociaux, la campagne #FreeTariqRamadan peine à convaincre en dehors du cercle des militants habituels de l’islam politique. On y retrouve, outre certains noms cités plus haut, Idriss Sihamedi (président de Baraka City) et Feiza Ben Mohamed (ex-porte parole de la Fédération des Musulmans du Sud).

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

23.02.2018 La rédaction

Une rencontre de soutien au profit de Tariq Ramadan était prévu le 17 Février 2018 au théâtre Mohammed VI de la commune de Roches Noires de Casablanca au Maroc. Le public marocain était incité à se déplacer. Une lettre ouverte exprimant un soutien total  à Tariq Ramadan était diffusée sur les réseaux sociaux marocains ainsi qu’une invitation à signer une pétition en ligne initiée par Siham Andalouci (France) et Abdourahman Kahin (Canada).

Cette initiative de soutien était portée par des associations proches du PJDAl Massar, Anwaar, Al Hidn, Espace cadres, Arri’aya et l’association marocaine de l’indépendance de la justice (*). Tous disent vouloir apporter « un soutien moral au penseur (sic !) Tariq Ramadan, de  jeter la lumière sur son affaire et de l’assister dans l’épreuve qu’il traverse ».

Faux et usage de faux

Une affiche portant les noms des intervenants, les logos des associations et le visage souriant de Tariq Ramadan accompagnait les différentes publications. Sur la liste des intervenants, figuraient deux noms connus de la scène politique et culturelle marocaine : le penseur Hassan Aourid et  Abdelali Hamieddinele leader du PJD. Problème, les deux hommes avaient décliné.

Le premier Hassan Aourid a démentit « catégoriquement » sa présence dans la conférence. « On m’a contacté et j’ai dis non (…) je n’incrimine personne, je suis neutre dans l’affaire, c’est une affaire qui devant la justice. Je vous fait donc un démenti catégorique » (*)

S’empressant de changer l’affiche pour ne pas rentrer en conflit avec cette illustre personnalité, les organisateurs ont immédiatement édité une autre affiche avec le nom de Abdelali Hamieddine. En relisant les propos du leader frériste, on sent un gêne.  « C’est une association qui a l’habitude d’organiser des conférences avec Tariq Ramadan, et donc leur solidarité à un caractère humain (…) de mon côté, j’interviendrais pour parler de la pensée de Tariq Ramadan et non pas de l’affaire. L’affaire est devant le juge, dans un pays où la justice est indépendante« . (*) On peut difficilement faire plus prudent. Abdelali Hamieddine expliqua qu’il ne voyait pas « en quoi il est inconcevable que des associations soutiennent une personnalité pareille, car leur soutien n’interfère pas avec le travail de la justice française réputée pour sa transparence« . (*)  Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère des réseaux sociaux marocains (*). «(…) Une honte ». Soutien qui est « moralement inacceptable » estime Said Lakhal, l’écrivain et chercheur dans les affaires islamiques et membre du mouvement «Damir » (conscience).  Lors de la réunion de son bureau le 14 février 2018, la Fédération de la ligue des droits des femmes au Maroc a dénoncé la campagne de solidarité et de soutien avec le prédicateur islamiste dans un communiqué adressée au chef de gouvernement marocain, estimant que ce soutien était « une tentative de légitimer la culture du viol et de peser sur la justice ».

Le blog entre ami du 360.ma signé Karim Boukhari soulignera l’indécence de ce soutien, sans détour :  « Par quelle extraordinaire aliénation mentale, sentimentale, en vient-on à soutenir massivement, aveuglément, des hommes accusés de viol? », mettant à plat tous les arguments des défenseurs de la cause de l’islamologue, il précise que « Non, nous ne sommes pas tous Tariq Ramadan ». Selon lui les fausses croyances à l’origine de ce soutien ont encore de beaux jours devant elles et pour ne citer qu’un échantillon de ces croyances il évoque la tolérance vis-à-vis du viol et des violences faites aux femmes, qu’Un bon musulman ne peut pas faire ça, en aucun cas, qu’il est beau, il peut avoir toutes les femmes, que l’homme peut (se permettre de faire des choses que) la femme ne peut pas, que la justice n’est pas indépendante ou encore que quand une célébrité de confession ou de culture musulmane est attaquée, c’est l’islam qui est attaqué ! En résumé, « la culture remise en question (qui) n’existe pas ».

Devant la polémique, Hamieddine s’est finalement rétracté pour des raisons « personnelles » justifiera-t-il en précisant qu’il « avait exprimé son accord de principe à assister à une réunion de nature intellectuelle » (*en sa qualité d’académicien, et déclare ne pas avoir été consulté en ce qui concerne l’affichage de son nom sur l’affiche.



Vice de forme

A peine une cinquantaine de « pèlerins » se sont manifestés au portail du théâtre à la demande des 7 associations. Toutes ont connu ou invité Tariq Ramadan à donner une conférence au Maroc. Le Directeur du théâtre a refusé d’ouvrir la porte pour cause d’insatisfaction de l’autorisation aux conditions d’éligibilité à l’accès et à l’utilisation des locaux du théâtre Mohammed VI. Abderrahmane Lahlou un des animateurs de cette rencontre a déclaré « nous devions organiser cette rencontre ici à l’intérieur au théâtre, mais apparemment nous n’avons pas toutes les clefs ». Il manquait un cachet sur l’avis qui devait être livré par le ministère de l’Intérieur.

D’autres participants se sont érigés en procureur comme l’avocat Abdellah Hatimi, de l’Association marocaine pour la défense de l’indépendance de la justice qui a préféré profiter de la présence de la presse pour donner le ton des objectifs visés par la rencontre « la justice française n’est pas indépendante et Tariq Ramadan n’a pas à être placé en détention provisoire vu qu’il n’y a aucune preuve des accusations pour lesquelles il est incarcéré ».