Les soutiens de Tariq Ramadan s’organisent

Les soutiens de Tariq Ramadan s’organisent

23.02.2018 La rédaction

Le 21 février, quelques dizaines de « personnalités » signent dans Médiapart une tribune de soutien à Tariq Ramadan, accusé de viol, violences volontaires, et menaces de mort par plusieurs plaignantes. Le texte est également publié sur le site web de Politis.

Intitulée « Tariq Ramadan : pour une justice impartiale et égalitaire », cette tribune demande sa « libération immédiate » de la prison de Fleury-Mérogis, sans un mot de soutien pour les femmes qui ont eu le courage de porter plainte. Les signataires insistent sur l’état de santé de Tariq Ramadan qui serait « alarmant », alors que le dernier rapport médical indique qu’il est tout à fait compatible avec son incarcération. L’autre argument évoqué est celui d’un supposé « traitement judiciaire d’exception » de la part de la justice française, qui obéirait à des « motivations politiques ». Aucune preuve ne vient étayer ce raisonnement aux relents complotistes.

Parmi les signataires, nous retrouvons de nombreux habitués des pétitions, tels que :

Sur les réseaux sociaux, la campagne #FreeTariqRamadan peine à convaincre en dehors du cercle des militants habituels de l’islam politique. On y retrouve, outre certains noms cités plus haut, Idriss Sihamedi (président de Baraka City) et Feiza Ben Mohamed (ex-porte parole de la Fédération des Musulmans du Sud).

La tartufferie, un principe fondateur de la confrérie des Frères musulmans

La tartufferie, un principe fondateur de la confrérie des Frères musulmans

La tartufferie, un principe fondateur de la confrérie des Frères musulmans

23.02.2018 Serenade Chafik

Abdel Hakim Abdeen (1914- 1976 AD) était un poète et un homme politique islamique égyptien, il a été secrétaire général des Frères musulmans, et conseiller de la Ligue islamique mondiale à La Mecque

Il a intégré la Confrérie des Frères musulmans, alors qu’il était étudiant.

Abdel Hakim Abdeen était membre du Bureau d’orientation des Frères musulmans, où il a été secrétaire général des Frères musulmans jusqu’à la résolution de dissolution en 1948

Abdel Hakim Abdeen avait introduit le système des visites à domicile entre membre de la confrérie. L’objectif de ces visites était c de créer une cohésion entre les membres par le lien social.

Hassan Al-Banna lui a confié la charge d’organiser ces visites. C’était aussi l’occasion d’entrer dans les maisons des Frères et d’identifier les membres de leurs familles et d’échanger avec leurs épouses.

Abdel Hakim Abdeen avait un certain charme, il était d’agréable compagnie, bon conteur, il avait la capacité de pimenter ses discussions par des anecdotes et des poèmes qui lui a valu d’être rapidement accepté par les familles des Frères musulmans et tout particulièrement par les enfants et les femmes.

Hassan al-Banna, fondateur de la Confrérie des Frères Musulmans et son épouse s’étaient beaucoup rapprochés de lui et sa femme. Sous le charme il lui avait même donné la main de sa sœur.

Le scandale a éclaté en 1945. Certaines femmes ont dévoilé avoir subi du harcèlement et agression sexuelle de la part d’Abdeen.

La colère a gagné les époux des femmes victimes du harcèlement sexuel et quatre d’entre eux ont déposé une plainte auprès du guide suprême.  Ils accusaient le beau-frère de Hassan El Banna de « pratiques honteuses et contraires à l’éthique et à la morale musulmane ».

Ils ont demandé à Hassan El Banna de former une commission du Bureau d’orientation pour mener une enquête interne.

On a confié la charge de l’enquête à  Ahmed El Sokary, Saleh Achmawui, Houssein Badre, Ibrahim Hassan, Mahmoud Labib, Hossein Abd El Razek et Amine Ismaïl.

La commission a fourni un rapport qui confirmait les agissements de Abdeen qui a tout reconnu. La commission l’a présenté au guide et l’a publié au journal Sawt al-Umma [Parti al-Wafd journal] le dimanche 19/10/1947

Les agressions sexuelles qui avaient été commises par le beau-frère de Hassan El Banna, à l’encontre des femmes, ont été à l’origine de la tenue du premier tribunal interne de la Confrérie.

Hassan El Banna a rejeté le rapport présenté par la commission en déclarant qu’il allait former une  autre commission impartiale.

Afin d’innocenter son beau-frère Abdel Hakim Abdeen des accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles, le fondateur de la Confrérie des Frères Musulmans n’a pas hésité à désigner un membre de la commission d’enquête interne,  Ibrahim Hassan, qui était un membre influant et un cadre important de la confrérie à la place de Abdel Hakim Abdeen tout en l’accusant de vouloir semer la division et de ne pas se soumettre aux décisions de la majorité.

Les membres de la commission ont adressé à Hassan El Banna une lettre lui demandant de condamner Abdeen.

Pour toute réponse le guide suprême, Hassan El Banna, fondateur de la confrérie des frères musulmans et grand-père de Tariq Ramadan, les a exclus de la confrérie pour protéger son beau-frère harceleur et agresseur sexuel.

Sérénade Chafik

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

Au Maroc, Tariq Ramadan ne fait pas recette

23.02.2018 La rédaction

Une rencontre de soutien au profit de Tariq Ramadan était prévu le 17 Février 2018 au théâtre Mohammed VI de la commune de Roches Noires de Casablanca au Maroc. Le public marocain était incité à se déplacer. Une lettre ouverte exprimant un soutien total  à Tariq Ramadan était diffusée sur les réseaux sociaux marocains ainsi qu’une invitation à signer une pétition en ligne initiée par Siham Andalouci (France) et Abdourahman Kahin (Canada).

Cette initiative de soutien était portée par des associations proches du PJDAl Massar, Anwaar, Al Hidn, Espace cadres, Arri’aya et l’association marocaine de l’indépendance de la justice (*). Tous disent vouloir apporter « un soutien moral au penseur (sic !) Tariq Ramadan, de  jeter la lumière sur son affaire et de l’assister dans l’épreuve qu’il traverse ».

Faux et usage de faux

Une affiche portant les noms des intervenants, les logos des associations et le visage souriant de Tariq Ramadan accompagnait les différentes publications. Sur la liste des intervenants, figuraient deux noms connus de la scène politique et culturelle marocaine : le penseur Hassan Aourid et  Abdelali Hamieddinele leader du PJD. Problème, les deux hommes avaient décliné.

Le premier Hassan Aourid a démentit « catégoriquement » sa présence dans la conférence. « On m’a contacté et j’ai dis non (…) je n’incrimine personne, je suis neutre dans l’affaire, c’est une affaire qui devant la justice. Je vous fait donc un démenti catégorique » (*)

S’empressant de changer l’affiche pour ne pas rentrer en conflit avec cette illustre personnalité, les organisateurs ont immédiatement édité une autre affiche avec le nom de Abdelali Hamieddine. En relisant les propos du leader frériste, on sent un gêne.  « C’est une association qui a l’habitude d’organiser des conférences avec Tariq Ramadan, et donc leur solidarité à un caractère humain (…) de mon côté, j’interviendrais pour parler de la pensée de Tariq Ramadan et non pas de l’affaire. L’affaire est devant le juge, dans un pays où la justice est indépendante« . (*) On peut difficilement faire plus prudent. Abdelali Hamieddine expliqua qu’il ne voyait pas « en quoi il est inconcevable que des associations soutiennent une personnalité pareille, car leur soutien n’interfère pas avec le travail de la justice française réputée pour sa transparence« . (*)  Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère des réseaux sociaux marocains (*). «(…) Une honte ». Soutien qui est « moralement inacceptable » estime Said Lakhal, l’écrivain et chercheur dans les affaires islamiques et membre du mouvement «Damir » (conscience).  Lors de la réunion de son bureau le 14 février 2018, la Fédération de la ligue des droits des femmes au Maroc a dénoncé la campagne de solidarité et de soutien avec le prédicateur islamiste dans un communiqué adressée au chef de gouvernement marocain, estimant que ce soutien était « une tentative de légitimer la culture du viol et de peser sur la justice ».

Le blog entre ami du 360.ma signé Karim Boukhari soulignera l’indécence de ce soutien, sans détour :  « Par quelle extraordinaire aliénation mentale, sentimentale, en vient-on à soutenir massivement, aveuglément, des hommes accusés de viol? », mettant à plat tous les arguments des défenseurs de la cause de l’islamologue, il précise que « Non, nous ne sommes pas tous Tariq Ramadan ». Selon lui les fausses croyances à l’origine de ce soutien ont encore de beaux jours devant elles et pour ne citer qu’un échantillon de ces croyances il évoque la tolérance vis-à-vis du viol et des violences faites aux femmes, qu’Un bon musulman ne peut pas faire ça, en aucun cas, qu’il est beau, il peut avoir toutes les femmes, que l’homme peut (se permettre de faire des choses que) la femme ne peut pas, que la justice n’est pas indépendante ou encore que quand une célébrité de confession ou de culture musulmane est attaquée, c’est l’islam qui est attaqué ! En résumé, « la culture remise en question (qui) n’existe pas ».

Devant la polémique, Hamieddine s’est finalement rétracté pour des raisons « personnelles » justifiera-t-il en précisant qu’il « avait exprimé son accord de principe à assister à une réunion de nature intellectuelle » (*en sa qualité d’académicien, et déclare ne pas avoir été consulté en ce qui concerne l’affichage de son nom sur l’affiche.



Vice de forme

A peine une cinquantaine de « pèlerins » se sont manifestés au portail du théâtre à la demande des 7 associations. Toutes ont connu ou invité Tariq Ramadan à donner une conférence au Maroc. Le Directeur du théâtre a refusé d’ouvrir la porte pour cause d’insatisfaction de l’autorisation aux conditions d’éligibilité à l’accès et à l’utilisation des locaux du théâtre Mohammed VI. Abderrahmane Lahlou un des animateurs de cette rencontre a déclaré « nous devions organiser cette rencontre ici à l’intérieur au théâtre, mais apparemment nous n’avons pas toutes les clefs ». Il manquait un cachet sur l’avis qui devait être livré par le ministère de l’Intérieur.

D’autres participants se sont érigés en procureur comme l’avocat Abdellah Hatimi, de l’Association marocaine pour la défense de l’indépendance de la justice qui a préféré profiter de la présence de la presse pour donner le ton des objectifs visés par la rencontre « la justice française n’est pas indépendante et Tariq Ramadan n’a pas à être placé en détention provisoire vu qu’il n’y a aucune preuve des accusations pour lesquelles il est incarcéré ».

Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

15.02.2018 La rédaction

Les étranges conférences de Tariq Ramadan en Inde avant son incarcération

Le 20 décembre, Tariq Ramadan s’est rendu à la conférence « Redefining Islamic Education in the Fast Emerging World » de l’université islamique privée Al Jamia al-Islamiya de Santapuram. Al Jamia Al Islamiya est une organisation islamiste indienne qui s’est développée pour devenir une université fondamentaliste. Le lendemain, une interview privée de Tariq Ramadan pour la chaîne YouTube de l’université, al-Jamia Channel, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Toujours accusé de viol, de violence volontaire et de menaces, il a ensuite participé à une autre conférence intitulée « On Strategies for Islamic Activities in a plural society » dans le même lieu. Cette autre conférence sera diffusée sur Youtube 1er janvier 2018.

Le 23 décembre, Tariq Ramadan a posté sur sa page Facebook :

« Inde : Une si belle visite en Inde – Kerala. Rencontre avec les étudiants, les enseignants, les professeurs et les dirigeants. Des penseurs musulmans et des militants, les femmes comme les hommes, très actifs et très positifs. Rencontres intéressantes à Al Jamia Al Islamiya, Santapuram). Alors que nous vivons dans le contexte différent, nous partageons une même vision : se réformer, changer le monde, servir l’humanité. (…). Que l’Unique vous aime et vous protège ».

Alors que début novembre, l’Université d’Oxford a finalement décidé de se séparer de son encombrant professeur (dont la chaire était financée par le Qatar) suite aux multiples accusations dont il fait l’objet, quel est ce lieu qui accueille encore si chaleureusement Tariq Ramadan ? Et réciproquement, quel est ce lieu dont Tariq Ramadan se gargarise d’être si proche, et dont il se félicite aussi ardemment ?

Sur son site internet, pour se présenter, Al Jamia Al Islamiya ne cache pas ses ambitions : « l’islamisation des connaissances humaines », ainsi que la formation de « prédicateurs, activistes, écrivains, intellectuels, personnalités médiatiques pour guider la communauté »… selon sa vision de l’islam.

On trouve également sur le site internet de Al Jamia Al Islamiya un mot de félicitations du Cheikh Yusuf al-Qaradawi sur la page d’accueil. Ce dernier se réjouit des liens entre l’Université indienne et le Qatar. Depuis 2003, ce qui n’était qu’un collège islamique s’est en effet transformé en université islamique, sous le « leadership » revendiqué de Qaradawi. Mais les liens entre Al Jamia Al Islamiya et la branche dure des Frères musulmans sont encore plus profonds.

L’université Al Jamia Al Islamiya entretient des liens actifs avec le Qatar, mais également la Turquie. Son recteur a été invité plusieurs fois à Ankara lors de conférences et réunions officielles, aux côtés de députés de l’AKP et de membres du gouvernements.

Plusieurs fois courant 2017, Al Jamia Al Islamiya a organisé des opérations de promotion de Sayyid Qutb. Penseur d’un islam radical et totalitaire, il est connu pour ses écrits en faveur de la création d’un état islamique, ses propos antisémites et complotistes dans son ouvrage Notre combat contre les Juifs, ou encore sa théorisation d’un jihad offensif ayant recours à la force armée, qui inspirera des générations de jihadistes. De nombreux leaders d’al-Qaïda revendiqueront son héritage quelques années plus tard.

L’université indienne promeut également Maududi, théologien pakistanais fondamentaliste fondateur de la Jamaat-e-Islami. Infatigable promoteur d’un état islamique au Pakistan qui s’étendrait par la suite dans tout le sous-continent indien, sa pensée pourrait se résumer par cet extrait de son livre Jihad in Islam :

« L’islam cherche à détruire tous les états et les gouvernements opposés à l’idéologie et au programme de l’islam où qu’ils soient sur terre. (…) Le but de l’islam est d’instaurer un état fondé sur son propre programme et sa propre idéologie. (…) L’objectif du jihad islamique consiste à éliminer les systèmes non-islamiques et à les remplacer par un système islamique de gouvernement. L’islam n’entend pas limiter cette révolution à un seul état ou à quelques pays; le but de l’islam c’est de provoquer une révolution universelle. »

En 2004 dans Frère Tariq, Caroline Fourest avait déjà exposé les connexions entre Tariq Ramadan, et les promoteurs de Qutb et Maududi. Tariq Ramadan a été logé gratuitement et avait bénéficié d’une bourse d’étude à l’âge de 36 ans dans le campus de la fondation islamique de Leicester, bien connue pour sa radicalité. Deux de ses allées avaient été baptisées « Maududi » et « Qutb » en leur hommage. Un des QG de Tariq Ramadan, la librairie Tawhid de Lyon, a longtemps proposé leurs ouvrages à la vente.

Voici donc une rapide présentation des idéologues radicaux de l’Université Al Jamia Al Islamiya, dont les organisateurs sont présentés par Tariq Ramadan comme des personnes « très positives », et avec qui il dit partager « une même vision ».

LALLAB ET LA « DIVERSITÉ RELIGIEUSE EN ENTREPRISE »

Lallab et la "diversité religieuse en entreprise"

Lallab et la “diversité religieuse en entreprise”

10.12.2017Mathilde Lambert

L’association Lallab était au cœur d’une vive polémique l’été dernier.

Plutôt discrète jusqu’ici, l’association organise le 11 décembre avec le cabinet de recrutement Mozaïk RH une soirée projection débat « pour une diversité religieuse en entreprise épanouie et performante ».

Fait notable, cette soirée s’inscrit dans la Semaine de lutte contre les discriminations de la Mairie de Paris. La rencontre aura d’ailleurs lieu dans le local public du Point Paris Emploi du 10ème arrondissement de la capitale.News

L’ANTIRACISME SELON ISMAHANE CHOUDER : ANTI-CHARLIE, ANTI-MARIAGE HOMO ET ANTI-IVG

L'antiracisme selon Ismahane Chouder : anti-Charlie, anti-mariage homo et anti-IVG

L’antiracisme selon Ismahane Chouder : anti-Charlie, anti-mariage homo et anti-IVG

24.11.2017La rédaction

Il faut se frotter les yeux pour y croire. Dans une appel publié par Libération, une petite liste de communautaristes (en vérité toujours les mêmes) s’auto-proclament donc « représentants de l’antiracisme » et s’en prennent aux antiracistes universalistes, qu’ils amalgament joyeusement avec la fachosphère. A les en croire, l’Affaire Ramadan ne servirait qu’à libérer l' »islamophobie ». Mieux, Jean-Luc Mélenchon aurait rejoint ce complot facho-vallso-laïque en osant lui aussi accuser Houria Bouteldja d' »antisémitisme ». Antisémitisme qu’ils nient absolument…

Trouver les noms d’Eric Fassin et de Christine Delphy aux côtés de Nacira Guénif (sociologue des Indigènes de la République) ne surprendra que les naïfs n’ayant pas suivi leur longue et tragique dérive… Comme si ce n’était pas assez, ils signent ce texte visant à interdire la critique de l’islamisme au nom de l’antiracisme aux côtés d’Ismahane Chouder, dont on ne voit décidément en quoi consiste son engagement antiraciste.

Animatrice de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM) et intervenante vedette de Lallab, elle se bat surtout pour le voile, contre le mariage homosexuel aux côtés de la Manif pour tous, contre l’IVG aux côtés d’Alliance Vita et bien sûr contre Charlie Hebdo aux côtés des Indigènes de la République.

Ismahane Chouder sur les pas du Cheikh Yassine et de sa fille Nadia Yassine

Ismahane Chouder est sans doute une des plus actives porte-voix du mouvement islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. Ce mouvement a été fondé et guidé par le Cheikh Abdessalam Yassine. Sa fille Nadia Yassine est par la suite devenue porte parole du mouvement. Passée par le bouddhisme, différentes confréries soufies, Ismahane Chouder découvre le mouvement de cheikh Yassine en 2000. Un coup de foudre et une passion jamais éteinte depuis: « Ce maître spirituel me meut chaque jour davantage » dit-elle. Ismahane Chouder ne s’économise pas pour son maître.

Elle multiplie les interventions publiques… et les casquettes : coprésidente du Collectif Féministes Pour l’Égalité (CFPE), secrétaire générale de la Commission Islam et Laïcité, membre du collectif Une école pour tou-te-s, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Égales (MTE). Une tactique proche de l’entrisme qui lui permet d’intervenir sur les sujets les plus variés : féminisme, école, laïcité, voile, racisme, banlieues…

En mars 2015, Ismahane Chouder représente PSM à la Bourse du Travail de Saint-Denis à une conférence « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », au côté du PCF, du NPA, des Frères musulmans (de l’UOIF à Présence Musulmane)… A gauche, le rassemblement fait grincer des dents. Le Parti de Gauche ne participera pas, pas plus qu’EELV, plus divisé sur le sujet, qui se retire finalement. Ismahane Chouder apparaît régulièrement dans les débats avec des groupes racialistes post-coloniaux (Les Indigènes de la République, les Indivisibles de Rokhaya Diallo…), Pierre Tévanian et Malika Latrèche, avec qui elle publie Les Filles voilées parlent… ou donnant la réplique à Emmanuel Todd à Saint-Denis, le 26 juin 2015, avec tous les « anti Charlie ».

Main dans la main avec Alliance Vita

Ismahane Chouder se lie même avec les intégristes catholiques d’Alliance Vita avec lesquels son association a effectivement bien des points communs : avortement, gender, euthanasie, recherches sur l’embryon… Entre les deux organisations, c’est l’accord parfait sur tous les sujets ! PSM participe d’ailleurs aux Universités d’été d’Alliance Vita du 30 août au 1 septembre 2013, à Écully, près de Lyon. Participation et Spiritualité Musulmanes y présente, lors d’une séance plénière, son projet éducatif, son organisation et le « point de vue des musulmans sur le thème de la défense de la vie », (c’est bien le point de vue DES musulmans que l’association prétend ici représenter). Des deux côtés, on se réjouit de cette rencontre. Tugdual Derville, co-fondateur d’Alliance Vita, la qualifie même d’« historique ». PSM se retrouvera encore la même année aux côtés de l’association intégriste, dans des manifestations homophobes dénonçant les « dangers du mariage pour tous ».

En octobre 2015, elle est l’une des porte-paroles de la Marche de la Dignité, rassemblant tous les identitaires racialistes, post-coloniaux, du Parti des Indigènes de la République, aux afro-féministes du Mwasi, avec comme un des mots d’ordre : la lutte des races ! PSM se fait largement l’écho de cette Marche.

Pour rappel, celle qui tient la banderole juste à ses côtés, Houria Bouteldja que défend le texte de ces soit-disant « représentants de l’antiracisme », a écrit un pamphlet bourré d’allusions antisémites : Les Blancs, les Juifs et nous. Un livre encensé par Radio Courtoisie. Il invite notamment les « racisées » à ne pas se plaindre si elle se font violées par un « racisé » pour ne pas faire le jeu des « islamophobes ». Une consigne qui ne devrait pas déplaire à Tariq Ramadan.

Camille Rigault avec l’aide de Yann Barte

Les premiers signataires :

SIGNATAIRES : Bams, artiste, militante antiraciste; Ludivine Bantigny, historienne; Maxime Benatouil , membre de l’Union juive française pour la paix; Judith Bernard, metteure en scène, enseignante et journaliste; Daniel Blondet , militant syndicaliste, anti-impérialiste; Alima Boumediene, avocate, association Femmes plurielles; Rony Brauman, enseignant, essayiste; Déborah Cohen, historienne; Ismahane Chouder, coprésidente du Collectif des féministes pour l’égalité; Thomas Coutrot, économiste; Christine Delphy, sociologue et féministe; Eva Doumbia, metteure en scène, autrice, membre du collectif Décoloniser les arts; Annie Ernaux, écrivaine; Eric Fassin, sociologue; Bernard Friot, économiste et sociologue; Sylvain George, cinéaste; François Gèze, éditeur; Nacira Guénif, sociologue; Michelle Guerci, journaliste; Eric Hazan, éditeur; Nicolas Klotz, cinéaste; Stathis Kouvelakis, philosophe; Thierry Labica, enseignant-chercheur; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire; Laurent Lévy, essayiste, militant antiraciste; Philippe Marlière, politiste; Gustave Massiah, économiste; Olivier Neveux, universitaire; Dimitri Nicolaïdis, enseignant école européenne de Bruxelles; Ugo Palheta, sociologue; Elisabeth Perceval , cinéaste; Nathalie Quintane, écrivaine; Lluis Sala Molins, philosophe et essayiste; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix; Julien Théry, historien; Rémy Toulouse, éditeur; Françoise Vergès, féministe antiraciste et Bernard Stiegler, philosophe.News

L’ISLAM N’EST PAS UN DANGER POUR LA DÉMOCRATIE (PIERRE KANUTY)

L’islam n’est pas un danger pour la démocratie (Pierre Kanuty)

L’islam n’est pas un danger pour la démocratie (Pierre Kanuty)

05.11.2017OpEd

Pierre Kanuty est Conseiller régional PS Ile-de-France

En France, il a fallu plus d’un siècle pour rallier le catholicisme à la République, mais on a fini par y arriver.

A rebours des constats pessimistes, cela peut marcher avec l’islam. Dans plusieurs Etats, islam et démocratie font bon ménage depuis des décennies et le vivre ensemble comme des formes de sécularisation sont des réalités à observer et à surveiller.

Comme toutes les religions, l’islam est confronté à la tension entre tradition et modernité, entre fondamentalisme et sécularisation, entre radicalité et adaptation à une nouvelle époque.

Les pouvoirs politiques ont su s’en émanciper pour le contrôler, en en faisant un étendard ou un élément d’idéologie comme en Turquie, mais dans les pays dont la population est majoritairement musulmane, si on met de côté l’Iran ou les pétromonarchies, ce n’est pas la religion qui a poussé les dirigeants à dévoyer la démocratie, mais la corruption ou la volonté de confisquer le pouvoir.

Du côté de l’Afrique noire subsaharienne

Le Sénégal, le Mali ou le Niger sont trois exemples utiles car ces anciennes colonies françaises ont bâtit leur Etat sur le modèle français en y intégrant leurs spécificités sans tensions majeures.

Le Président du Niger, le socialiste Mahamadou Issoufou, disait dans un discours d’investiture: « la lutte contre le terrorisme peut contribuer au renforcement et à la modernisation de nos Etats. Un autre facteur peut y contribuer  également : il s’agit de la modernisation sociale. Celle-ci nécessitera une renaissance culturelle de notre société qui passe par une libération de l’individu du poids du tribalisme, […] par l’affranchissement de l’individu du carcan de l’ethnocentrisme et du régionalisme et sa protection contre le sectarisme, notamment religieux et contre les risques de radicalisation. L’accent doit être mis sur la responsabilisation de l’individu, le renforcement de sa loyauté par rapport à la patrie et son attachement au bien public. C’est là des conditions nécessaires pour mieux combattre le népotisme, la concussion et la corruption, renforcer la justice, l’égalité et la cohésion sociale. L’Etat doit créer les conditions d’une rupture réelle avec l’obscurantisme en diffusant le savoir partout, à travers notamment une démocratisation poussée de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. »

Malheureusement, dans l’organisation actuelle du culte musulman en France, les musulmans d’Afrique noire sont marginalisés. Il est vrai que la pression géopolitique qui s’exerce sur les structures de l’islam de France n’a jamais été contrecarrée avec succès, car quand elle n’est pas théologique, elle est financière.

Plus près de nous : du côté de l’Europe centrale et balkanique

On l’oublie souvent, mais il y a des communautés musulmanes européennes depuis des siècles. En Albanie, au Kosovo, en Bosnie, en Macédoine ou encore en Bulgarie qui ne sont pas issus de l’immigration. Une grande partie de cette région fut sous domination austro-hongroise au cours de la seconde moitié du 19e siècle et le pouvoir impérial a légiféré en 1912, par « l’Acte de Reconnaissance » de l’islam après l’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie.

En 1979, Bruno Kreisky, a installé la Communauté des croyants musulmans d’Autriche (IGÖ) qui a pour missions de donner des cours d’éducation religieuse dans les établissements scolaires publics. Mais, si elle a le droit de recueillir une « taxe d’église » elle n’y a pas recours, pas plus qu’elle ne construit de mosquées.

En février 2015, la loi sur l’Islam, votée par la de coalition SPÖ-ÖVP interdit le financement étranger pour la construction des mosquées. Les imams seront rémunérés par l’Etat. Les principaux enseignements et prêches doivent se faire en allemand. Elle autorise la nourriture hallal et les aumôniers musulmans dans l’armée, les maisons de retraite, les hôpitaux, les prisons et y compris à l’école publique. En revanche, la loi demande aux 450 organisations musulmanes du pays de faire preuve d’une « approche positive de la société et de l’Etat » pour être agréées.

En Albanie, ce sont les élites musulmanes qui ont façonné les institutions de l’Etat avant le communisme. Si l’islam y est historiquement majoritaire, la grande majorité des Albanais de confession musulmane ne sont pas pratiquants et ils ont toujours cohabité avec les chrétiens, ce qui a fait échouer les tentatives saoudiennes ou iraniennes de détourner le renouveau musulman quand la liberté religieuse fut rétablie en 1990.

En Bosnie, la place de l’islam a diminué dans les affaires publiques ou privées. Comme en Albanie, la cohabitation avec les chrétiens a débouché à une sécularisation largement acceptée. Même si les autorités doivent y lutter contre une présence salafiste.

Ces cas européens prouvent qu’on peut conjuguer religion et sécularisation dans un ensemble démocratique. Mais cela ne peut se réussir sans mécanismes de protection qui passent notamment par l’éducation et l’intégration culturelle, économique et sociale.

Pierre KanutyNewsTribune

HANI RAMADAN EN LIVE GRÂCE À UNE ASSOCIATION DE CONSOMMATEURS MUSULMANS, L’UFCM

Hani Ramadan en live grâce à une association de consommateurs musulmans, l'UFCM

Hani Ramadan en live grâce à une association de consommateurs musulmans, l’UFCM

15.10.2017Carla Parisi

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Hani Ramadan a été expulsé de France vers la Suisse en avril 2017, voyant ainsi ses nombreuses conférences prévues sur le sol français être annulées les unes après les autres. L’Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM) s’organise pour tenter de faire entendre sa voix à tous prix en France : le 14 octobre 2017 elle met en place une conférence avec retransmission en direct d’Hani Ramadan à la gloire de son grand-père, fondateur des Frères musulmans : « Hassan al-Banna, sa vie et sa pensée ». Les bénéfices sont reversés… aux frais de justice.

L’UFCM, créée en 2011, se présente sur son site web comme une organisation de promotion de consommation « éthique », avec quelques références altermondialistes, anticapitalistes, qui côtoient une rhétorique religieuse : « Le Créateur, qui a doté l’être humain d’aptitudes exceptionnelles, l’a également responsabilisé. Il doit ainsi s’opposer à tout ce qui pourrait pervertir et voiler les signes de la présence du Très-Haut. Et ces signes sont tout aussi présents dans notre propre être et dans les Textes révélés que dans le monde qu’Il a créé. »

Son bureau se compose de Samy Debah, fondateur du CCIF, ainsi que d’Abdessamad Habib, aux côtés de Zouhair Amri, Nabil EnnasriFateh Kimouche aka Al Kanz et Yamin Makri.

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Sur les réseaux sociaux, l’UFCM poste essentiellement des vidéos de Tariq Ramadan (parfois en conférence conjointe avec Yamin Makri), des vidéos de l’imam Mohamed Minta, des appels au boycott d’Israël par le mouvement BDS, des manifestations pro-palestiniennes aux mots d’ordre douteux, ainsi que des conseils sur le marché du Halal via notamment le site Al-Kanz de Fateh Kimouche.

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Une conférence avec le professeur Oberlin est organisée par l’UFCM en novembre 2015. Christophe Oberlin est un militant bien connu des milieux « antisionistes », il est un compagnon de route de Dieudonné (en 2016 il participe à son émission en ligne) et d’Alain Soral (il apparait de très nombreuses fois sur son site Egalité et Réconciliation, notamment par le biais d’interview).

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On trouve aussi sur la page Facebook de l’UFCM des propositions de stages dans une « ferme agrobiologique musulmane », l’ilot des Combes, promue également par Pierre Rabhi via son association Le Mouvement Colibris. Des stages de survie en milieu naturel sont également proposés.

Ou quand l’UFCM réussit à réunir l’idéologie dure des Frères musulmans, avec un anticapitalisme soft, un écologisme tendance confusionniste, et un antisionisme douteux…

Carla Parisi

6ÈME RENCONTRE ANNUELLE DES MUSULMANS DU HAVRE

6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre

6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre

14.10.2017Carla Parisi

Aujourd’hui, samedi 14 octobre 2017, se tient la 6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre. Cette rencontre est organisée par la très active association Havre de Savoir, qui relaie la prose des Frères musulmans en France. Récemment, nous avions épinglé Havre de Savoir pour avoir désigné les Yezidis comme des « adorateurs de Satan« , qualificatif utilisé par les djihadistes pour justifier leur exécution.

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A la 6ème rencontre annuelle, nous retrouvons :

  • Ismahane Bouzidi, enseignante à l’IESH de Paris, dont l’écrasante majorité des responsables, et fondateur (Ahmed Jaballah) sont des cadres de l’UOIF.
  • Youssef Cherraj, imam à la mosquée Essalam du Havre
  • Bachar El Sayadi, délégué régional Ouest de l’UOIF
  • Sofiane Meziani, enseignant au Lycée musulman Averroès de Lille développé par l’UOIF. Sofiane Meziani fait ouvertement l’éloge du fondateur des Frères musulmans (« L’Histoire a tranché en faveur de Hassan al-Banna »). Après le massacre de Charlie Hebdo, il publie une tribune pour affirmer que les premières victimes de l’attentat sont les musulmans, et accuse le journal satirique de cultiver « l’abject ».
  •  Mohamed Minta, imam malien et enseignant au lycée al-Kindi de Décines, dont le président Nazir Hakim était à l’époque de sa fondation vice-président de l’UOIF.
  • Ismail Mounir, prédicateur et youtubeur.

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