Les conférenciers de la 33e RAMF de l’UOIF

L’UOIF organise depuis 33 ans une rencontre annuelle. En 2015, les invités se sont exprimés devant des Rabia, symbole du soutien aux Frères musulmans. L’organisation est sur la liste des organisations terroristes des EAU comme la plupart des organisations des Frères musulmans. L’UOIF qui a longtemps bénéficié d’une bienveillance politique et médiatique qui semble s’écorner peu à peu. Lors de son rassemblement de Lille, l’UOIF avait du décommander plusieurs prédicateurs de haine*.

L’UOIF diffuse par bribes les noms de ces conférenciers, nous mettrons donc cet article à jour dans les heures qui viennent.

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Parmi les intervenants : 

• Omar Abdelkaffy. Ce prédicateur égyptien expliquait le 18 janvier 2015 que les attaques de Paris étaient la suite du 11 septembre et ne concernait pas les musulmans. « Cette pièce de théâtre, dans laquelle les musulmans sont confinés ad nauseam dans le monde entier, est la suite de la comédie du 11 septembre. Le premier acte s’est déroulé à New York, et la suite a lieu à Paris. » (…) « Mes frères bien aimés, c’est nous qui avons enseigné la miséricorde au monde. Notre prophète Mohammad est le prophète de miséricorde. Très bientôt vous vous apercevrez que les attentats de Paris étaient une comédie, dans laquelle nous n’avons joué aucun rôle. » La notion de la miséricorde selon Omar AbdelKafi est assez floue, mais pleine de promesse comme cette vidéo titrée : « Le judaïsme, le sionisme et la maçonnerie« . Omar AbdelKafy a déclaré qu’il n’était pas Frère musulman mais qu’il les appréciait. Il fait cependant partie de l’Union des savants musulmans de Youssef Al Qaradhawi, ce qui contredit la première moitié de la phrase précédente. Comme d’autres membres plus récents de l’Union des savants musulmans, Omar AbdelKafi fait un usage peu conforme des hadiths, ce qui a amené le journal Al Chourouq à s’interroger sur les motivations du prédicateur. Pendant la présidence de Mohamed Morsi, Omar Abdelkafi a travaillé avec Mohamed Khaled (commission pour le retour des bonnes moeurs). En mai 2012, Omar Abdelkafi est intervenu à la Grande Mosquée de Lyon. Il prêche aussi la Mosquée Qatar Education City.

• Issam Al-Bachir discutera de  « Radicalisation : des concepts à corriger ». Partisan d’un loi internationale contre le blasphème de toutes les religions, Issam Al-Bachir n’hésite pas à pousser ses ouailles à un discours plus guerrier. Le cheikh a signé en février 2012 avec nombre de Frères musulmans un appel à rejoindre la lutte armée des révolutionnaires islamistes en Syrie. La même année, sa venue en Belgique avait suscité des débats mais Issam Al-Bachir avait reçu le soutien de Tariq Ramadan. Tariq Ramadan avait même qualifié le cheikh Al-Bachir de « représentant de la voie médiane » et fustigé : « L’ignorance des journalistes »

• Abdallah Ben Mansour. Cofondateur de l’UOIF, proche d’Ennahda, il est désormais président de la FOIE (Fédération des organisations islamiques d’Europe). En 1999, le Conseil d’Etat a rejeté sa demande de naturalisation, bien que on épouse était française.  « M. Ben Mansour était en 1995 l’un des principaux dirigeants d’une fédération à laquelle étaient affiliés plusieurs mouvements extrémistes prônant le rejet des valeurs essentielles de la société française » ( Extrait de la décision du Conseil d’État, 7 juin 1999, n° 178449, Ben Mansour.) Mais moins de dix ans plus tard, ce sera Abdallah Ben Mansour qui accueillera Nicolas Sarkozy au Bourget, donnant le tempo des sifflets et des applaudissements. Partisan du voile islamique, Abdallah Ben Mansour expliquera au sujet du voile : « On interdit aujourd’hui aux femmes musulmanes de porter le voile, comme on forçait naguère les juifs à porter l´étoile jaune ». Pour plus de détails sur ses discours lire le portrait qu’Isabelle Kersimon lui consacre. 

• Mohamed Ghamgui (Iesh de Paris) : « la citoyenneté et l’histoire musulmane ». Il a été correspondant en France d’une émission de la chaîne Iqraa.

• Hassan Iquioussen. Dans une cassette,  « Palestine, histoire d’une injustice »,  Hassan Iquioussen comparait le Hamas à Jean Moulin et que «Les Juifs ne cesseront de comploter contre l’islam». Des juifs décrits comme «ingrats» et«avares» et qui «ont toujours méprisé les êtres humains». Mis à l’écart pendant quelques mois (en 2004) suite à la révélation du contenu de cette cassette par Cecilia Gabizon (Le Figaro), Hassan Iquioussen est rapidement redevenu une valeur sûre de l’UOIF. La cassette, elle, est devenu un collector, elle n’est plus diffusée. Les magnetos à cassette non plus. En revanche, on la trouve facilement en mp3. Pour lire le décryptage.

• Père Michel Lelong. Très vieux compagnon de route, il expliquait déjà en 1995 dans les colonnes du Monde que les islamistes algériens étaient des interlocuteurs dignes de confiance.

• Mahinur Ozdemir, femme politique belge controversée. En mai 2015 elle a été exclue de son parti (CDH) pour avoir refusé de reconnaître le génocide arménien.

•  Sayida Ounissi, députée d’Ennahda en Tunisie, elle n’hésite pas à propos du statut des femmes, à parler de « mythologie bourguibiste » et de « l’instrumentalisation benaliste ».

• Tariq Ramadan (désormais présenté comme « théologien ») et Ahmed Jaballah discuteront de « Comment être bien ensemble? »

• Nisrine Zaibi, élue du Parti Socialiste a été vice-présidente de la région Bourgogne. Elle est aujourd’hui membre de la Commission finances. Elle a relayé le meeting du 6 mars 2015 contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire, moins de deux mois après les massacres de Charlie Hebdo. En avril 2015, dans un tweet elle notait que BFM et Itélé parlaient du FN et que M6 parlait des banlieue et en déduisait : « Ces chaînes sont des succursales du FN ».

• Moncef Zenati, prédicateur de Havre du Savoir a traduit plusieurs textes de Hassan Al Banna.

Mais aussi : 

• Amar Lasfar

• A. Nihad

• A. Gaci

• A. Gessoum

• C. Roucou

• Coexister

• F. Adjebli

• G. Bencheikh

• H. Khomsi

• H. Seniguer

• J. Rayyan

• L. Kechat

• M. Bajrafil

• M. Ngazou

• Medine

• Mgr Dubost

• Nabil Ennasri

• N. Addou

• O. Guegah

• Pascal Boniface

• Pierre Conessa

• Raphaël Liogier

• S. Lacroix

• S. Assbague

• Tareq Oubrou

• Vincent Geisser

• Yasser Louati

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CCIF : SAINT MARWANE DANS LES COLONNES DU MONDE

CCIF : saint Marwane dans les colonnes du Monde

CCIF : saint Marwane dans les colonnes du Monde

03.11.2016La rédaction

Lundi 31 octobre, ma consoeur Cécile Chambraud, chargée de la rubrique
religion et laïcité au Monde, a livré  une hagiographie de Marwan Muhammad,
actuellement directeur exécutif du CCIF, dans laquelle elle adoube comme
porte-voix des musulmans un islamiste patenté. Un exemple de journalisme à
ne pas suivre.

Envoyée spéciale à Strasbourg pour un  « dîner de gala » sur lequel elle
s’attarde longuement, tout à son admiration des formes, C. Chambraud oublie
de préciser avec quels fonds l’association invitante a pu dresser
« richement » les tables pour « des élégants et des élégantes » venus
assister à l’un des séminaires de « défense intellectuelle » dispensés dans
tout l’Hexagone par Marwan Muhammad. Défense intellectuelle contre quoi ?
Ma consoeur a peut-être oublié de poser la question. Je peux lui fournir la
réponse.

Le Collectif contre l’islamophobie en France, par la voix de son directeur
exécutif, qui fut aussi son porte-parole, est on ne peut plus clair sur les
intentions qui l’animent. Depuis que l’association ADDH existe,
c’est-à-dire depuis 2000, fondée par le président Samy Debah, président,
donc, du CCIF – le nom et l’objet de l’association ont été changés en 2012,
mais le nom CCIF est employé depuis 2003 -, le CCIF n’a eu de cesse de
créer de fausses statistiques de l’islamophobie en France, dans le but de
faire reconnaître ce concept – diffusé par les Frères musulmans en Europe –
et non pas dans celui de défendre les musulmans dans leur ensemble des
agressions qu’ils peuvent subir.

Le CCIF n’a jamais pris la défense de femmes musulmanes agressées pour
avoir refusé le voilement, ou d’hommes attaqués pour n’avoir pas respecté
scrupuleusement le ramadan.

Il prétend, depuis son association communicationnelle avec CoExister,
défendre toutes les victimes de racisme ou d’antisémitisme, mais pas un
article sur ce thème n’apparaît sur son site, ni sur les pages des réseaux
sociaux du CCIF ou de Marwan Muhammad. Peut-être faut-il alos considérer
que la présence de ce dernier au « camp décolonial » organisé l’été dernier
par la mouvance des « racisés », Indigènes de la République en tête,
justifie une telle promotion ?

Pour être « défendu » par le CCIF, il faut être une musulmane portant hijab
ou niqab, un musulman orthopraxe, ou rien. Ce pourquoi la stratégie du CCIF
a consisté, depuis 2003, lors des premiers débats sur le voilement des
mineures qui allait déboucher sur la loi du 15 mars 2004, à affirmer que
les femmmes musulmanes sont victimes en France à 80% au moins d’agressions
physiques et psychologiques. Ce pourquoi le CCIF, après les tueries de
Charlie et de l’Hyper Casher, a concentré ses tirs sur le ministère de
l’Éducation nationale, qui se serait livré selon lui à des violences
juridiques et policières contre des enfants musulmans. Ce pourquoi le CCIF
a bataillé, après les tueries du 13 novembre, contre les perquisitions
administratives.

Ma consoeur ignore probablement que le CCIF a frémi à la fin des années
1990, lors de réunions orchestrées sous l’égide de Tariq Ramadan, l’homme
qui prône un « moratoire sur la lapidation », qui fut l’invité d’honneur de
son premier gala, en 2012, en compagnie de son frère Hani, l’homme pour qui
une femme non voilée vaut deux euros.

C. Chambraud dresse un portrait si orienté du propagandiste Muhammad qu’il
en est ridicule. Ainsi, l’applaudimètre est au beau fixe. Ainsi, M.
Muhammad est rigolo. On croirait lire le compte rendu d’une émission de
divertissement. Comment peut-on rester sérieux en apprenant que Monsieur
CCIF renverrait à nos compatriotes musulmans une « image restaurée »
d’eux-mêmes, lorsque l’image qu’il donne est celle de l’intégrisme ?

Oui, celle de l’intégrisme, car les liens sont établis entre le CCIF et des
figures connues du frérisme et du salafisme à la française. Que penser,
donc, d’une professionnelle spécialisée en « religion et laïcité » qui
méconnaît les idéologie à l’oeuvre dans ces courants de l’islam de France ?

Pour être confortée dans son jugement, ma consoeur interroge… Marwan
Mohammed, un sociologue proche… du CCIF, dont le constat qu’il semble faire
correspond tout simplement au turn-over médiatique des Frères musulmans :
« Il prend peu à peu la place de leadership de l’islamologue Tariq
Ramadan ». Outre que Tariq Ramadan n’a d’islamologue que le titre usurpé,
oui, Marwan Muhammad (le directeur du CCIF), notamment, est amené à
remplacer Tariq Ramadan auprès des médias, un peu grillé, sans doute, par
les révélations de Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Assurer la vente
du frérisme dans les médias ne signifie pourtant pas représenter les
musulmans, sans quoi, n’hésitons pas à affirmer que Robert Ménard
représente les Français, ou Civitas les catholiques de France.

Au passage, il est à saluer une remarque objective : les hauts cris de cet
été sur l’interdiction du burkini n’auront conduit à rien, sauf à asseoir
la notoriété du CCIF et à remplir ses caisses. Sur ce point, je rejoins C.
Chambraud : les arrêtés et les discours enflammés ont produit un miracle
que le collectif n’attendait sans doute pas.

« On a reproché, écrit-elle aussi, à Marwan Muhammad d’avoir tenu – ce
qu’interdit l’article 26 de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et
de l’Etat – une réunion à caractère politique dans la mosquée de
Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), fin août, le lendemain du jour où
deux jeunes femmes voilées ont été refoulées du restaurant Le Cénacle. » La
réponse de l’intéressé vaut son pesant : « Je n’ai rien dit de différent de
ce que je dis depuis six ans, commente-t-il. L’islamophobie n’est pas
seulement une question juridique. C’est aussi une question de participation
politique. »

Si l’on s’en tient à l’absence de commentaire de C. Chambraud à la suite de
cette réponse, peu importe la fin pourvu qu’on ait la liesse. Si Marwan
Muhammad déclare que l’islamophobie est aussi une question de
« participation politique », alors la politique a droit de cité dans les
mosquées !

Quant à la « sphère musulmane militante » à laquelle est affilié le CCIF,
il s’agit d’une sphère islamiste, celle du blogueur Al Kanz et de
l’association salafiste BarakaCity, tristement célèbre pour avoir honoré de
sa présence le Salon de Pontoise en septembre 2015, recueillant le fruit de
ventes sans tenir de caisse, selon des témoins sur place, et effaçant du
trombinoscope sur son site le visage de ses collaboratrices.

Tenue de donner un tantinet la parole à la contradiction, ma consoeur note
que les « détracteurs s’étranglent », considérant que nous serions en
quelque sorte des fous furieux avalant leur médisance de travers, alors
même que les discours dangereux et les manipulations nocives du CCIF sont
attestés et circonstanciés. Mais mieux vaut en effet considérer les laïques
qui informent, ou le préfet Clavreul, si malmené dans cet article alors
même que son travail de terrain apporte une lumière indispensable sur les
réalités en France, et alors même qu’il traite avec autant de sévérité les
actes antimusulmans que les autres, comme, au fond, de grands jaloux.

L’État français aussi doit être un grand jaloux, que conspue Marwan
Muhammad – tout en déclarant chez Thierry Ardisson que la France n’est pas
islamophobe -, rappelant l’existence d’une « islamophobie d’État » dont
tous les indicateurs enseignent qu’elle est totalement fantasmée.

Le danger d’un tel discours est tel que même Adballah Zekri, pourtant peu
avare de critiques envers l’autorité publique, alerte, et ce, dans des
propos rapportés dans ce même article : « En ajoutant aux actes
antimusulmans les discriminations, on affole les musulmans et on fait
passer tous les Français pour des antimusulmans, assure Abdallah
Zekri. Attention de ne pas mettre feu à la baraque ! » Le « feu à la
baraque », telle est en effet l’ambition du CCIF. Et si A. Zekhri le dit,
c’est que le torchon brûle, en raison même de la propagande du CCIF.

Comment s’expliquer, alors, que ce portrait donne de l’intégriste l’image
d’un mec sympa, d’un humaniste ? La manoeuvre est aisée : effacez la zebiba
(cette marque au front prouvant votre assiduité aux prières) d’un coup de
gomme Photoshop, apprenez à vos lecteurs que votre protégé déteste Zemmour
ou Copé, et votre protégé sera considéré comme un défenseur des droits de
l’homme. Le tour est joué.

Isabelle Kersimon

Voir aussi

«Islamophobie» : les chiffres du CCIF ne sont pas fiables

CCIF : mensonges et suprémacismeEnquêteNews