HASSAN IZZAOUI

Hassan Izzaoui

31.05.2015 Fiammetta Venner

Hassan Izzaoui est le délégué régional – Sud -Ouest de l’UOIF.

Des militants salutistes ont, le 17 septembre 2010, organisé un sit-in public assez violent sur la place du marché. Les orateurs se mettent à menacer les « islamophobes », les ennemis de l’islam. Dalil Boubaker, le recteur de la Grande mosquée de Paris appelé « David » Boubaker. Les « golgoths », à savoir les « non-musulmans ». Puis l’un des prédicateurs s’empare du code pénal : « j’ai pas trouvé une ligne qui protège les musulmans là-dedans. En France, être islamophobe c’est un droit. Ce livre ne nous défend pas. Donc ce livre nous ne le respectons pas. Vous comprenez mes frères ? ». Puis, jetant le Code pénal il ajoute :  « C’est ce livre qui doit être brûlé tant qu’il n’a pas été modifié ».

La réaction d’Hassan Izzaoui est une condamnation, mais en demi-teinte selon de nombreux habitants de Limoges.

Deux ans plus tard, des individus attaquent la mosquée de Limoges en déversant des excréments. Hassan Izzaoui avait alors eu l’idée d’inviter de jeunes scouts à venir visiter la mosquée mais aussi d’autres dirigeants religieux qui tous avaient parlé de l’importance du dialogue. Comme Florence Taubman, pasteur de l’Église réformée à Limoges « À Limoges, on se rencontre régulièrement, il y a un vrai contexte inter-religieux. Mais on s’est dit qu’il y avait peut-être un travail à faire sur le respect, en développant la connaissance de la pratique de l’autre. »

Après les attentats de janvier 2015, Hassan Izzaoui a ouvert son office aux autres confessions pour « condamner ensemble le fanatisme ». Il déclare : « assassiner des journalistes, c’est assassiner la liberté d’expression. Or, Charlie Hebdo était le temple de cette dernière. La liberté de la presse est fondamentale et non négociable. Ce qui s’est passé est inqualifiable, immonde ».

Contrairement à d’autres, Hassan Izzaoui n’a pas utilisé sa tribune pour condamner les couvertures de Charlie Hebdo qui ont suivi le massacre.

MOURAD DHINA

Mourad Dhina

25.05.2015 La rédaction

Mourad Dhina est né le 6 août 1961 à Blida en Algérie. Physicien, il fait sa thèse au MIT.

A partir de 1992 Mourad Dhina apparait plus fréquemment dans les action du Front Islamique du Salut (FIS). En 1993, Mourad Dhina échappe de peu à un coup de filet de la police française. Il travaille au Centre européen de recherche nucléaire (CERN) de Genève mais vit côté français. Il demande alors l’asile à la Suisse. L’asile lui est refusé, mais il a le droit de rester sur le territoire.

De 2002 à 2004, il est même le chef exécutif du FIS.

En octobre 2002, le Conseil fédéral a interdit à Mourad Dhina, chef du Bureau exécutif du FIS, parti aujourd’hui dissous en Algérie, de faire de la propagande depuis le territoire suisse, de justifier, prôner ou soutenir l’usage de la violence. L’homme avait déposé une demande d’asile en 1995, qui lui a été refusée.

Quand les journalistes cherchent à avoir la parole du FIS c’est vers lui qu’ils se dirigent. Le 19 mai 2005, alors qu’il est porte-parole du Conseil de coordination du FIS, Mourad Dhina, tout en assurant que le CCFIS « n’a aucun lien organique avec le GSPC de Hassan Hattab« , déclare à la « Tribune de Genève » que le CCFIS soutient « moralement toute action armée qui vise le régime armé algérien, dans la mesure où elle ne s’attaque pas aux civils ».

Selon plusieurs démocrates, journalistes et historiens algériens, il aurait participé au Front islamique pour le djihad armé (Fida), responsable de l’assassinat de centaines de journalistes, intellectuels, syndicalistes et personnalités politiques algériens. Lui, nie tout soutien à la violence.

En 2007, il co-fonde le mouvement Rachad qui plaide pour un changement pacifiste du régime algérien. Il est recruté par la toute jeune fondation Al Karama qui cherche à défendre auprès du Conseil des droits de l’homme, les victimes des régimes arabes et les victimes de l’antiterrorisme.

Il a été arrêté le 16 janvier 2012 à Orly. Il venait donner sa version du coup d’état de 1992. Il faisait alors l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en 2003 par les autorités algériennes et l’accusant d’«avoir commis des actions terroristes à Zurich en Suisse durant les années 1997-1999». Suite à une importante campagne de soutien menée notamment par les Indigènes de la République, et à la défense de Maître Antoine Comte il ne sera pas extradé. Il restera néanmoins six mois à la prison de la santé.

En 2013, la Fondation Al Karama lance un prix pour la défense des droits de l’homme, essentiellement décerné à des militants islamistes et à leurs soutiens. Parmi les bénéficiaires les plus ambigüs, AbulElah Shyea, grand admirateur des terroristes d’Al Qaïda surtout quand ils frappent en Europe.

Quelques jours avant de recevoir son prix, AbulElah Shyea a posté un tweet sur les attentats de Fort Hood et de Boston et s’est réjoui de l’âge des terroristes.

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Dans la même lancée, il a déclaré sur sa page Facebook qu’il y a les «gangs juifs qui contrôlent l’Amérique». Le journal Le Temps a essayé de savoir s’il était opportun de donner le prix Alkarama pour les droits de l’Homme à AbulElah Shyea.

Réponse de Mourad Dhina, porte-parole de la Fondation :

«Nous condamnons ces propos. Mais il est dans une situation psychologique très fragile. Nous nous sommes posé la question de lui retirer le prix, mais nous avons estimé que son combat contre les drones était plus important que ce post.»

ABDERRAHMAN AL NUAIMI

Abderrahman Al Nuaimi

25.05.2015 La rédaction

Ancien professeur d’Histoire à l’Université de Doha (Qatar).

Al Nuaimi a participé à la création d’un certain nombre d’organisations humanitaires et des droits de l’homme, ainsi qu’à des instituts de recherche dans le monde arabe.

En 1998, il est arrêté par les autorités du Qatar pour avoir critiqué la « politique permissive » du Qatar, en matière d’alcool et du droit des femmes. Dans une lettre diffusée dans plusieurs journaux il a alors affirmé : « Ceci mènera à une promiscuité non islamique entre les sexes, les femmes à perdre leur véritable rôle et à se transformer en hommes. » (1)

Il a cofondé Al Karama en 2004. Une fondation régulièrement mise en cause pour ses liens avec Al Qaïda et ses admirateurs

En 2005, il lance la Global Anti-Agression Campaign (GAACavec 300 personnalités islamiques. Leur objectif est de résister à l’agression américaine et israélienne destinée contre les deux mondes arabe et musulman, et « rappeler aux croyants leur devoir de Nosra ou de jihad pour se défendre contre l’agresseur « dans le cadre de la légalité et des moyens efficaces ». (2)

Al Qaradawi fait partie des membres fondateurs de cette campagne ainsi que les Frères Musulmans soudanais, le mouvement salafiste Koweïtien et le président du bureau politique de Hamas, Khaled Mechaal. (3)

Le 18 décembre 2013, le département américain au Trésor à désigné Abd al-Rahman bin ‘Umayr al-Nu’aymi (Nu’aymi), « terroriste global ». Il est accusé de d’avoir apporté un soutien financier à al-Qaida, Asbat al-Ansar, al-Qaida Iraq, and al-Shabaab. Selon le site Algérie Patriotique Jabhat Al-Nosra ferait partie des organisations financées.

Parmi ces organisations terroristes financées par Abdul Rahman Omeir Al-Naimi :

Abderrahman Al Nuaimi aurait, selon l’administration américaine, transféré 600 000 $, en 2013, à Al Qaida via son représentant en Syrie Abu-Khalid al-Suri. Il est l’interlocuteur entre les donateurs dans le Golfe et l’organisation. En 2003 et 2004, il assurait le transport du matériel de propagande entre les groupe d’Al Qaida et la presse en Irak.

Il a aussi remis 250,000 à deux membres des Shebab Mukhtar Robow and Sheikh Hassan Aweys Ali.

Dans le communiqué de l’administration américaine on peut lire :

« Nuaimi est un terroriste financier basé au Qatar qui a fourni du matériel et de l’argent à Al Qaida en Syrie, en Irak, en Somalie et au Yemen depuis plus de 10 ans. (…) Il est (avec Humayqani) au centre d’un réseau de soutien qui finance et soutient le terrorisme ».

En 2014, la Fondation Al Karama est inscrite sur la liste des organisations terroristes par les Émirats Arabes Unis.  Abderrahman Al Nuaimi figure toujours dans l’organigramme de la Fondation en tant que membre fondateur.

  1. Qatar Frees Religion Scholar – AP 08/04/ 2001
  2. La Campagne contre l’agression mondiale – le message de la campagne – http://goo.gl/cG1Pq
  3. 300 personnalités islamiques ont lancé à partir du Qatar « la Campagne contre l’agression mondiale » – Al Bawaba en arabe 24/20/2005 – http://goo.gl/kTce

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HABIB ELLOUZE

Habib Ellouze

22.05.2015 La rédaction

Habib Ellouze a été élu le 23 octobre 2011 au sein de l’Assemblée constituante tunisienne sur la liste du parti Ennahda.

Il est né à Sfax en 1953. Travaillant comme entrepreneur dans les années 1970, il est connu pour son activisme dans les mosquées de Sfax. Il est un des membres fondateurs du mouvement Ennahda. Il préside l’organe de décision, le Conseil de la Choura, entre 1988 et 1991, puis le mouvement lui-même de juin à septembre 1991. Il sera condamné par contumace à dix ans de prison.

A aucun moment Habib Ellouze n’a regretté les pratiques du parti islamiste de la fin des années 80. Notamment l’affaire Bab Souika : un gardien de nuit du siège du parti au pouvoir immolé par le feu. Ou encore la campagne d’attaques à l’acide.

Dans de ses articles, Martine Gozlan, spécialiste de la Tunisie rappelle que Habib Ellouze n’est pas un anonyme dans la mouvance islamiste. Il dispose d’une grande influence au sein du Conseil de la Choura. « Lors de la crise politique qui a divisé le parti, il a été le plus brûlant supporter de la tendance hard regroupée autour de Rached Ghannouchi. Ellouze n’a pas eu de mots assez durs pour flétrir la proposition de l’ex-Premier ministre Hamadi Jebali qui réclamait un nouveau gouvernement apolitique. Jebali, pour lui, c’était un  » contre-révolutionnaire »! »

Habib Ellouze est même, toujours selon Martine Gozlan, cité à comparaitre devant un juge pour avoir menacé directement le leader du Front populaire Chokri Belaid, peu de temps avant son assassinat? Sans se démonter le moins du monde, il lance à nouveau un appel au meurtre contre un autre député du PDU, Mongi Rahoui en janvier 2014 en l’appelant «  ennemi de l’islam ». Suite à ces déclarations, Mongi Rahaoui a été mis sous protection policière.

« Je suis musulman, ma mère est musulmane, mon père est musulman, mon grand-père est musulman (…) et je n’ai pas besoin de vous pour le savoir. Vous êtes le cheikh des menteurs, comme disait le martyr Chokri Belaïd » (Mongi Rahaoui)

Suite à cette affaire, l’ANC à révisé l’article 6 portant sur la liberté de conscience en y ajoutant un amendement qui avait pourtant été rejeté. Par 131 voix pour, 23 contre et 28 abstentions, l’interdiction de porter des accusations d’apostasie (« takfir ») y est désormais inscrite dans la Constitution. L’accusation d’apostasie est un des éléments essentiel de la propagande des Frères musulmans.

Le 10 mars 2013, dans les colonnes du quotidien arabophone « Al Maghreb », Habib Ellouze déclare que l’excision des filles est une affaire d’esthétique.

 « On excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez les femmes, c’est l’Occident qui a exagéré le sujet. L’excision est une opération esthétique pour la femme »

L’excision n’est pas du tout une pratique tunisienne. Ses propos déclenchent un tollé. Très vite, on apprend que Habib Ellouze s’appuye sur les théories du prédicateur Wajdi Ghonim, Frère musulman égyptien qui vit alors au Qatar.

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HAMMAM SAÏD

Hammam Saïd

18.05.2015 La rédaction

Hamman Saïd, d’origine palestinienne vit en Jordanie.

Homme clef des Frères musulmans, il soutient activement la branche armée des Frères musulmans, le Hamas.

Hamman Saïd est un des opposants les plus farouches au roi Abdallah a qui il reproche de ne pas soutenir le Hamas. A plusieurs reprises, il a repris la rhétorique qotbiste et à réclamé la destitution des dirigeants qui auraient des relations avec les Etats-Unis.

Pour le leader des Frères musulmans jordaniens, tout pour-parler de paix est une hérésie.

A l’occasion de la loi française sur les signes religieux à l’école publique, le chef des Frères musulmans jordanien, Hammam Saïd, a estimé qu’elle était « contraire aux principes des droits de l’homme dont se targue la France ». « Pour nous, cette décision porte atteinte à l’islam et à tous les musulmans dans le monde » (Le Monde, 4 décembre 2011)

Autre orthographe : Hamman Saeed

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HASSAN AL-TOURABI

Hassan al-Tourabi

16.05.2015 Michaël Prazan

Hassan al-Tourabi est certainement la figure la plus intéressante et la plus charismatique de la mouvance jihadiste des années 90. Né en 1932 à la frontière de l’Erythrée dans une famille de tradition soufie, Tourabi connaît bien l’occident, parle plusieurs langues, dont l’anglais et le français. Après un premier cycle en droit à l’université de Khartoum, il a obtenu un master à la London School of Economics de Londres, et passé une thèse à la Sorbonne où il a étudié de 1959 à 1964. A l’instar de Sayyed Qutb, son maître à penser, c’est au cours d’un périple aux Etats-Unis, alors qu’il était encore étudiant à Paris, qu’il a forgé son rejet de la laïcité et du capitalisme, et dans la Confrérie, l’idéologie islamiste qu’il a su imposer à la tête de l’Etat. Son radicalisme religieux est néanmoins tempéré par le pragmatisme du politicien habitué à composer avec la réalité parlementaire. Il n’est pas non plus étranger à une forme d’humanisme qui déplaira d’ailleurs fortement à Ben Laden (Tourabi parle par exemple de réconcilier l’islam avec les arts et la musique), mais dont on ne sait trop s’il est motivé par de véritables convictions ou de tortueux calculs politiques.

Dans la foulée d’une guerre civile entre le nord musulman et le sud chrétien qui fait 2 millions de mort, le général Omar al-béchir, un militaire ayant fait ses armes dans l’armée égyptienne pendant la guerre du Kippour, prend pouvoir par un coup d’Etat militaire en 1989. Hassan al-Tourabi, à la tête des Frères musulmans soudanais, lui a prêté main forte dans le but d’instaurer la charia. Devenu le principal conseiller d’al-Béchir, il impulse dans l’ombre des réformes qui imposent le crime de blasphème, l’amputation pour les voleurs, la lapidation des femmes infidèles, la peine de mort pour les homosexuels.

Au début des années 90, non content de diriger le Soudan, Tourabi s’est lancé dans un projet qui aura de graves conséquences durant la décennie suivante. Il avait été très attentif à la guerre livrée par les djihadistes arabes contre le communisme en Afghanistan. Il avait observé l’ascension de Ben Laden et de Zawahiri, et déploré le désœuvrement des combattants qui, quand ils rentraient chez eux, finissaient inévitablement en détention. Il fallait canaliser cette énergie, offrir aux soldats de l’islam un havre de tranquillité et une plateforme qui leur permettrait d’échanger leurs vues et de poursuivre leurs entrainements militaires. Ce que voulait créer Tourabi, c’était un « komintern » islamiste, une internationale terroriste dont il aurait pris le contrôle comme il avait pris en main les destinées du Soudan. Le mouvement avait perdu sa guidance ; il lui fallait un nouveau chef. Ben Laden était important, mais il n’avait pas (encore) l’aura de son prédécesseur, Abdullah Azzam. Qui d’autre que Tourabi pouvait le mieux l’incarner ? C’est ainsi qu’il adressa des lettres d’invitation aux principaux chefs des organisations les plus radicales de l’islam politique. Zawahiri, Ben Laden, d’autres leaders d’Al Jihad, de la Gamaa al-islamiya, et même du Hezbollah chiite libanais en accusèrent réception. Tous répondirent positivement à son invitation et le rejoignirent à Khartoum au milieu des années 1990. Ben Laden y passera ses plus belles années. Il y fait des affaires et des rencontres déterminantes. Au contact du Hezbollah, il apprend des techniques nouvelles ; à savoir la conception et la réalisation des attentats suicides et simultanés (pratiquées la première fois au Liban en 1981 par le Hezbollah d’Imad Moughnieh) qui seront bientôt sa marque de fabrique. En tant qu’organisation du terrorisme international, c’est au Soudan que se forme et devient opérationnelle Al Qaïda. Mais en 1996, le « paradis soudanais » s’effondre sous la pression américaine. Le 25 juin 1995, un commando de la Gamaa al-islamiya avait tenté d’assassiner le président Egyptien Hosni Moubarak. Or, les dirigeants de la Gamaa al-Islamiya, comme de toutes les organisations islamistes inscrites sur la liste noire des Etats-Unis étaient à Khartoum. Tourabi est certes une autorité religieuse, c’est aussi un politique avisé à l’instinct de survie démesuré. Accusé d’être le principal soutien du terrorisme international, il cède aux Américains : Ben Laden, Zawahiri, et les autres sont expulsés du Soudan. Deux ans plus tard, conséquence directe du séjour de Ben Laden à Khartoum, les ambassades américaines de Nairobi et Dar es Salam sont soufflées par des attentats à la voiture piégée ; les deux premières attaques frontales d’Al Qaïda contre les Etats-Unis.

De son côté, l’homme fort des milieux politiques soudanais tombe en disgrâce en 1999. Malgré de nombreux séjours en prison, Tourabi est parvenu à se maintenir dans les cercles décisionnels. Ces dernières années, il a considérablement atténué son radicalisme islamique, poussant à l’ouverture religieuse – difficilement acceptable aux yeux des Frères musulmans – , qui prône par exemple la tolérance aux mariages interreligieux. Même entre Juifs et musulmans.

Michaël Prazan

LHAJ THAMI BREZE

Lhaj Thami Breze

01.05.2015 La rédaction

Lhaj Thami Breze a été président de l’UOIF. Il est aujourd’hui membre de BE de l’UOIF chargé de l’éducation et de la formation. Sa présidence est considéré comme une période de notabilisation de l’organisation.

Titulaire d’un DEA en sciences politiques  Lhaj Thami Breze, préfère présenter l’UOIF comme « fondementaliste » : « nous ne sommes pas des fondamentalistes mais des ‘fondementalistes’. Toute religion a des fondements. Nous disons : il faut lire les textes dans leur intégralité et dans leur finalité »[1]. À noter, cette précision ne veut rien dire. Elle a simplement le mérite d’éviter le rapprochement avec les fondamentalistes chrétiens. Ce qui suffit à rassurer certains observateurs dont l’esprit critique se montre paralysé dès que l’on invoque un différent culturel. Les cadres de l’UOIF n’ont plus qu’à insister sur les mots « réforme », « moderne » et « juste milieu » pour achever de convaincre. Ainsi lorsque l’AFP demande à Lhaj Thami Breze « Que répondez-vous à ceux qui vous taxent de fondamentalistes ? », sa réponse fuse : « Ce sont des mensonges. (…) Nous sommes un mouvement moderne et modéré. Nous nous situons dans le juste milieu, entre une lecture laxiste de l’islam, un islam à la carte, peu exigeant spirituellement, qui ne se réfère à rien, et un islam intransigeant qui fait fi de la nécessaire adaptation au contexte dans lequel nous vivons, qui dresse un mur de Berlin, qui incite les gens à la haine et à la rupture. Nous travaillons à la paix sociale »[2].

C’est Lhaj Thami Breze qui reçoit Nicolas Sarkozy lors du congrès de l’UOIF, et lui aussi qui ne demande pas à la salle de se calmer quand elle hue le ministre.

« Nous recevons aujourd’hui un ami, avant de recevoir le ministre de l’intérieur que vous êtes. Un ami que nous avons découvert, et qui nous a découvert en quelques mois. Un ami envers lequel nous exprimons notre reconnaissance et notre sympathie pour tous les efforts qu’il a déployés pour faire réussir le processus de mise en place du Conseil Français du Culte Musulman. Votre engagement dans ce processus a été exemplaire. Vous avez toujours été soucieux du respect de vos interlocuteurs musulmans, même si la tâche, reconnaissons le n’a pas été facile. Avoir choisi l’UOIF comme interlocuteur, nous savons que ce choix a été courageux de votre part mais nous sommes convaincu qu’il est le bon choix. Vous n’avez pas cédé à la campagne de stigmatisation et de diabolisation de l’UOIF et nous vous disons que vous ne le regretterez pas. L’histoire montrera que votre choix a été bon. Le choix de reconnaître l’UOIF en tant que composante incontournable de l’Islam de France et le choix de la reconnaissance de l’islam citoyen, qui trouve sa légitimité dans son indépendance, son authenticité, son ouverture et sa proximité avec l’ensemble des musulmans au-delà de leurs origines ou de leur obédiences.  » avril 2003.

[1] Lhaj Thami Breze, Journal du dimanche, 27avril 2003

[2] Lhaj Thami Breze, AFP, 17/04/2003

[3] Le Figaro, 12 septembre 2003.

SYED ABUL ALA MAWDUDI

Syed Abul Ala Mawdudi

28.04.2015 La rédaction

Syed Abul Ala Mawdudi est né en 1903 à Awrangabad près d’Hyperbarabad, en Inde.

Enfant précoce, il apprend l’urdu, le persan et l’arabe et plus tard l’anglais. Ayant perdu son père à seize ans et devant subvenir à ses besoins, il débute une carrière de journaliste à Delhi, notamment en qualité de rédacteur, de 1924 à 1927, d’al-Djam’iyyat, organe de la Djam’iyyat-i ‘ulama’-i Hind. Durant cette époque, et à la suite de l’abolition du califat (politique et spirituel) par Atatürk en 1924, Mawdudi participa au mouvement ayant tenté de le restaurer.

Pour Maudoudi, la séparation d’avec l’Inde est une entrave à sa conception d’une état islamique universel. Il finit par se résoudre à l’idée d’une partition entre le Pakistan et l’Inde au début des années 40, à la condition que l’état musulman soit strictement islamique. Afin de se renforcer avant de reconquérir le monde.

Mawdudi développe une pensée de l’intégrisme. Il distingue le culte auquel il voue une importance moindre, puisqu’elle diffère selon chaque région. Et l’islam politique dont le but est la conquête.

« L’islam cherche à détruire tous les états et les gouvernements opposés à l’idéologie et au programme de l’islam où qu’ils soient sur terre. (…) Le but de l’islam est d’instaurer un état fondé sur son propre programme et sa propre idéologie. (…) L’objectif du jihad islamique consiste à éliminer les systèmes non-islamiques et à les remplacer par un système islamique de gouvernement. L’islam n’entend pas limiter cette révolution à un seul état ou à quelques pays; le but de l’islam c’est de provoquer une révolution universelle. »

Sayyid Abul Ala Mawdudi (1903 – 1979)
[Jihad in Islam, Beirut, The Holy Koran Publishing House, pp. 6 et 22

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Pour Mawdoudi, la charia devait d’abord se bâtir à l’intérieur des frontières du Pakistan puis se répandre sur la totalité du sous contient indien.

Il est le premier, dès 1939 à lancer des campagnes contre les Ahmadis. Un mouvement de terreur qui a aboutit à la loi expulsant les Ahmadi de la communauté des croyants

L’éducation occidentale visait à corrompre, selon Mawdûdî, les mœurs musulmanes:

« des programmes furent établis pour que toutes les valeurs islamiques soient anéanties, pour que les mœurs et la morale des musulmans soient viciés, pour qu’ils s’éloignent des mœurs hérités. » (L’islam aujourd’hui p.49)

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Une « démocratie » qui doit s’établir en « concordance avec les principes, les buts et la civilisation islamique » (L’islam aujourd’hui p.53).

En Europe, ces ouvrages sont d’abord diffusés par la Islamic Foundation de Leicester puis par les Editions Tawhid grâce à Tariq Ramadan.

Mort en 1979, Mawdoudi était un théogien fondamentaliste très écouté au Pakistan. Il est le fondateur de Jamaat e Islami.

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BADR AL-NASHI

Badr Al-Nashi

10.04.2015 La rédaction

Badr Al-Nashi a été, entre 2003 et 2009, le secrétaire général de Hadas حدس, le parti Koweitien lié aux Frères musulmans.

Bader Al-Nashi apparait souvent dans les correspondances de la diplomatie américaine divulguées par Wikileaks. Il est en effet très écouté de l’ambassade qui reprend textuellement ses analyses. Notamment sur le fait que Hadas serait un facteur de modération dans la région. Il revendique notamment la possibilité de pouvoir influencer les décisions des sunnites radicaux en Irak.Le frère de Bader Al-Nashi, Salem Al-Nashi est le porte parole de la  Salafi Islamic Grouping.Un autre membre de sa famille Hamad Al-Nashi se bat contre les femmes non voilées Le 28 octobre 2009, la Cour constitutionnelle a rejeté la plainte déposée par l’avocat Hamad Al-Nashi contre les deux députées non voilées ; il demandait à ce qu’elles soient définitivement exclues du parlement pour infraction de la Charia. Le tribunal a décrété que « les individus ne sont pas tenus de respecter les régulations de la Charia islamique au même titre que les lois fondamentales [de l’Etat], à moins que le législateur n’intervienne pour stipuler le contraire… La constitution koweïtienne ne stipule pas que la Charia soit la seule source de législation, et elle n’interdit pas au législateur de recourir à d’autres sources [de législation], au nom du respect des [besoins] du peuple. En outre, la constitution garantit une totale liberté religieuse et individuelle et interdit la discrimination… sur des considérations de religion ou de sexe ».

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JAMAL BADAWI

Jamal Badawi

06.04.2015 La rédaction

Né en Egypte, Jamal Badawi vit au Canada.

Jamal Badawi est directeur de la Fondation de l’information islamique au Canada. Il enseigne le management à l’Université Saint Mary (Halifax).

Il a écrit plusieurs livres et participé a de nombreux films pour expliquer l’islam aux canadiens.

Jamal Badawi est membre du conseil de Islamic Society of North America (ISNA) et de Fiqh Council of North America. Cette organisation a été mise sur la liste des organisations terroristes en 2014 par les Emirats arabes Unis.

De 2001 à 2013, Jamal Badawi a été un des directeurs de CAIR-CAN.

Il est aussi membre de  l’Union Internationale des Savants Musulmans de Youssef Al Qaradhawila haute instance de la Confrérie sur la charia et de jurisprudence (fiqh). Cette organisation a été mise sur la liste des organisations terroristes en 2014 par les Emirats arabes Unis.

Jamal Badawi a déclaré dans cette vidéo qu’il militait pour le rétablissement d’un califat sans frontières.

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