Entre 1992 et 1993 l’Egypte vivait au rythme des attentats quotidiens. Les islamistes avaient déclaré la guerre à la population. Et tous les jours nous déplorions la mort de nos concitoyens qui succombaient sous les bombes du terrorisme. Nous passions notre temps à prendre les nouvelles des uns et des autres avec la crainte qu’un proche soit parmi les victimes.
Un jour, dans la rue, j’ai été agressée, un homme avec son cutter, m’a tailladé mon pantalon en me promettant l’enfer dans l’au-delà, N’étais-je pas à ses yeux une mécréante ? Son cri me perce encore les tympans : tu ne respectes pas les préceptes de la religion ni les recommandations du Prophète.
Mais, le jour où mon fils, âgé alors de 5 ans m’a dit que je brulerai en enfer à cause de mes tenues vestimentaires, le jour où je l’ai surpris essayer de couvrir les bras de sa petite sœur âgée à l’époque de 18 mois, j’ai décidé de reprendre le chemin de l’exil.
Il fallait fuir, il nous fallait sauver nos vies. Je voulais élever mes enfants loin du spectre de cet islam politique devenu un danger pour notre mode de vie et notre pensée.
En juin 1992, ils ont assassiné l’écrivain progressiste Farag Foda parce qu’il était un libre penseur.
Début 1993, j’ai quitté mon pays. Fuir c’était survivre à l’obscurantisme qui se propagait dans la cité. Dans mon imaginaire, partir c’était survivre à la tyrannie du fondamentalisme. Partir c’était aussi retrouver mes droits de femme libre.
Dans le pays de mon enfance, on appelait ces forces obscurantistes : les Frères Musulmans, Jihad, El takfir wel Hegra, El Jammaa El Islameya. Quel ne fut pas mon désarrois en les retrouvant en France.
Pourtant en décidant de venir vivre en France, je croyais que nous étions à l’abri. La France dans notre imaginaire demeurait le pays des lumières.
En 1993 je n’avais pas imaginé un seul instant que les pouvoirs politiques allaient nous imposer une organisation telle l’UOIF, cette tribune des Frères musulmans.
Mais le 4 octobre 2016 mon désarroi a été immense. C’était comme si mon pays d’adoption me tournait le dos. Naïvement, je croyais que nous étions à l’abri.
À aucun moment je n’aurais pu imaginer que le parquet, le ministère public, aurait demandé la condamnation d’un intellectuel parce qu’il dénonce les dérives des frères musulmans ou de l’UOIF, Pourtant hier, mardi 4 octobre, le procureur a requis la condamnation de Mohamed Louizi. Je suis triste, très triste de ces dérives, triste de constater qu’un procureur valide par son réquisitoire les accusations formulées par les Frères Musulmans. Ne sait-il pas que leur unique objectif est celui de nous museler
Mardi 4 octobre se déroulait le procès de Mohamed Louizi et de Soufiane Zitouni au Tribunal de Nanterre. Soufiane Zitouni, a publié deux tribunes à la suite des attentats de janvier 2015 dans Libération. Mohamed Louizi lui, a écrit plusieurs papiers pour expliquer le contexte de l’islamisme dans le Nord.
Les nombreuses personnes venues écouter les arguments ont eu le sentiment d’un procès historique. Et regretté l’absence de retransmission des débats.
Premier témoin de la défense, Mohamed Sifaoui a rappelé à la barre que le Lycée Averroès a été créé pour servir de tribune à la pensée des Frères musulmans. Le second témoin est père de famille. Il a même été le représentant des parents d’élèves. Il raconte comment un jour sa fille se fait convoquer par l’administration. On lui explique qu’elle va ruiner la réputation d’excellence de l’établissement et on la force à démissionner.
Le procureur se permet des remarques très étranges. Il s’étonne de la différence entre la description du Lycée Averroès et les photos sur internet. Lorsque Mohamed Louizi rappelle l’UOIF est considérée comme terroriste au Emirats, le procureur soupire et marmonne. Au père de famille, il demande si sa fille a été radicalisée par le Lycée !
Amar Lasfar s’est déplacé. Sans le moindre complexe, l’imam de Lille (depuis 36 ans), multi-entrepreneur, créateur du Lycée Averroès parle de lui à la 3ème personne. Il répète sans jamais se lasser : « Amar Lasfar dit », « Amar Lasfar pense », « Amar Lasfar a eu de la peine ». Ou encore « Ce double discours , cela aurait donc échappé à tous les responsables politiques avec qui Amar Lasfar travaillé pendant trente ans? » Une question pertinente à laquelle devraient répondre Nicolas Sarkozy qui a institutionnalisé l’UOIF ou Bernard Cazeneuve qui a continué à accepter les oukases de l’organisation, lors des réunions au Ministère. Et Amar Lasfar d’insister, aucun politique n’a jamais remis en cause le bien fondé de son action. La présidente du tribunal lui fait alors remarquer que malgré son soutien initial : »La maire de Lille, Martine Aubry, semble soutenir l’idée du double discours ».
Martine Aubry a effectivement longtemps soutenu Amar Lasfar. Mais a fini par comprendre le problème lorsqu’elle a vu les multiples invités problématiques. Comme par exemple Sheikh Salah Sultan, président du Haut Conseil islamique d’Egypte, membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, et de l’Union internationale des savants musulman qui n’hésite pas à déclarer :
« J’appelle les jeunes à pratiquer des sports, et à renforcer leurs corps dans la préparation du Jihad. »
D’autres intervenants problématiques sont intervenus au lycée Averroès :
Omar Abdelkafi, longtemps interdit de résidence en Egypte a été invité à participer à un cours de sciences physiques, pas d’éthique musulmane. L’homme avait notamment déclaré sur une chaine satellite :
« celle qui sort les cheveux découverts au vu de tout le monde, celle-là aura commis un péché qui mérite le châtiment de la tombe et le châtiment au jour du jugement dernier »
Hassan Iquioussen
A propos d’Ataturk : « un Juif converti hypocritement à l’islam, toujours pour détruire l’islam et les musulmans de l’intérieur ».
« le Hamas, avec sa branche armée, fait du bon boulot ».
« Les textes aujourd’hui le prouvent. Les sionistes ont été de connivence avec Hitler. Il fallait pousser les juifs d’Allemagne, de France… à quitter l’Europe pour la Palestine. Pour les obliger, il fallait leur faire du mal »
Ou encore Cheikh Mohamed Hassan qui est intervenu en septembre 2010 et qui explique que « la grippe porcine » ou « le sida » ne sont que les conséquences des choix des infidèles. «La communauté internationale n’est infectée que parce qu’elle s’est égarée de la voix d’Allah et du prophète. » Sur ce dernier intervenant, Amar Lasfar a nié sa présence malgré les multiples éléments.
Amar Lasfar est mal à l’aise lorsque Mohamed Louizi évoque les propos antisémites de certains intervenants du lycée Averroès, et se défend en évoquant l’existence d' »un ami » rabbin. A ce propos, les extraits où Soufiane Zitouni et Mohamed Louizi évoquent cet antisémitisme ne sont pas poursuivis par Amar Lasfar.
Autre personnalité qui a mis en cause le lycée : Bernard GODARD, islamologue en charge des questions relatives à l’islam au Ministère de l’Intérieur, ayant participé à la mise en place du Conseil Français du Culte Musulman. Il indiquait dans la presse concernant le Lycée Averroès, que « le cordon ombilical avec l’UOIF existe et qu’il y a une tradition antisémite chez les frères musulmans ».
Amar Lasfar a réussi à agacer la cour à plusieurs reprises en expliquant que « Amar Lasfar ne s’autorise pas à intervenir sur le religieux » ou encore que « Amar Lasfar n’a jamais reçu le rapport de l’inspection académique ». Rapport qui n’a pas été publié par l’éducation nationale parce que mettant en cause des individus comme l’a rappelé l’avocat de Libération. Seul un communiqué de presse a été rendu public. Le rectorat y déclare que si le lycée respectait « globalement » les termes de son contrat avec l’Etat, il existait une confusion entre l’enseignement d' »éthique musulmane » et la « philosophie ».
Questionné par l’avocat de Libération, Amar Lasfar a reconnu être fidèle aux « enseignements des pieux ancêtres », et ainsi s’inscrire dans le courant salafiste.
Après l’intervention d’Amar Lasfar, il semblait acquis pour la cour que l’homme jonglait avec les casquettes pour fuir toute responsabilité. Dans les couloirs, un des responsables des Frères musulmans dans le Nord entame une très discrète prière.
Viennent alors les témoins de l’association Averroès.
Tout d’abord François Burgat. Le compagnon de toujours impressionne la cour à qui il commence par expliquer que les musulmans non islamistes ne représenteraient que 2% du monde musulman. Puis il explique qu’il est contre la criminalisation des Frères musulmans, faisant comme si les accusateurs étaient en fait les victimes ! Alors que les victimes sont sur le banc des accusés.
Vient ensuite Eric Dufour, directeur adjoint du Lycée. Il se présente comme venu de l’enseignement catholique. Personne ne rappelle sa conversion pourtant publique à l’islam ce qui aurait pu un remettre en cause son statut de spectateur au dessus de la mêlée. Malgré un début de discours empli de compassion, il charge la jeune lycéenne exclue en expliquant qu’à sa connaissance elle ne venait plus en cours et qu’elle était radicale.
Le procureur a requis la relaxe pour Soufiane Zitouni et une condamnation pour Mohamed Louizi.
Personnalité montante de l’islam en France depuis la parution de son livre Islam de France, l’an I, l’imam d’Ivry-sur-Seine Mohamed Bajrafil est rapidement devenu la nouvelle coqueluche des médias qui lui ouvrent leurs pages d’entretiens et leurs plateaux télé. (ICI, ICI)
Ancien enfant précoce (il connaît par coeur le Coran depuis l’enfance), multidiplômé, incisif et cabotin, il aime à se flatter d’avoir lu tous les livres et de parler un français châtié et précis, résultat de ses études de linguistique. Très sollicité par ses fidèles sur les réseaux sociaux et lors de ses prêches et conférences, il prône un « islam du juste milieu » et les conseille aussi bien sur leur spiritualité la plus haute que sur la longueur de leurs sourcils : « Il est très déconseillé (…) de modifier le corps (…)… Les raser complètement, non, mais peut-être les disposer de manière à ce que (sic) vous plaisiez à votre époux. »
Ce qui séduit chez ce bel homme policé, c’est aussi son talent pour les punchlines et le patriotisme à toute épreuve qu’il affiche volontiers.
Revendiquant lumineusement son salafisme, qu’il qualifie de vrai salafisme, il œuvre à la réconciliation des divers courants de l’islam dans le giron de la France qui, selon lui, applique la charia mieux que n’importe quel pays au monde, au sens où cette dernière générerait in fine le régime politique le plus sage, le plus tolérant et le plus pacifique.
Ce premier article s’attache aux figures de l’islam contemporain auxquelles il se réfère.
Coutumier depuis 2011 des conférences en duo avec Tariq Ramadan, Mohamed Bajrafil affirmait à la mosquée de Vigneux-sur-Seine que celui-ci est « un penseur musulman respectable » bien qu’il ne soit « pas d’accord avec lui sur deux ou trois choses, ou une centaine de choses ». Une prise de distance respectable et suffisamment floue pour que l’on ne sache rien de ce désaccord. Sauf à entendre une explication donnée quatre ans plus tard à l’UOIF : « L’essentiel c’est que je le porte dans le cœur, mais que je sois divergent avec lui sur le plan des idées, parce que c’est ce qui va nous faire avancer. »
Et pour être certain d’être bien compris, il ajoute : « Si vous voulez que l’on soit intellectuellement siamois, on va rester là et faire du sur-place. »
Mohamed Bajrafil ne fait pas de sur-place, effectivement. Il applique la stratégie développée par Tariq Ramadan : « gagner en visibilité ».
« Le Frère Tariq », comme il le nomme affectueusement, ne peut en effet réaliser seul cette tâche : « Il est devenu porte-drapeau (…), mais il faudrait qu’il y en ait 36 000 comme lui pour faire savoir ce qu’est l’islam », déclare-t-il en 2015.
Pourtant, il parvient à persuader du contraire. Comme l’affirme le site FMMonitor, « d’une façon plus générale, il conspue également les intégristes déguisés, l’UOIF, Tariq Ramadan et certains de ses confrères, ajoutant que les jeunes musulmans ne se reconnaissent pas dans l’UOIF. »
Mais Tariq Ramadan n’est pas le seul Frère à bénéficier des faveurs du jeune prédicateur. L’imam d’Ivry, qui engage à l’amour et au lissage des désaccords mineurs et somme toute tellement humains, rend aussi hommage à Youssef Al Qaradawi à de nombreuses reprises. En 2012, il déclare que « c’est un humaniste convaincu avec lequel on peut être d’accord ou ne pas être d’accord » qui « n’est pas contre le peuple ou la religion judaïque ». Il questionne la véracité de l’antisémitisme de Qaradawi et considère qu’il s’agit d’une erreur négligeable, simplement à la mesure du prédicateur : « S’il l’a dit, c’est une erreur. Mais les erreurs des grands hommes sont grandes. » Selon lui, Qaradawi « est un très grand savant, quelqu’un qui a fait énormément de bien à notre communauté ». Et comme à l’accoutumée, il il prêche le juste milieu (« Il n’est pas prophète, donc on prend de lui des choses et on en contredit d’autres ») et la sagesse (« Mieux vaut une mauvaise action dont émanera une prise de conscience et de la modestie qu’une bonne action dont émanera de l’orgueil. Le prophète lui-même l’a dit dans un haddith. Et c’est ça l’esprit de Qaradawi et ce que je veux retenir de lui »), conseillant de « surtout éviter d’être manichéen ».
Mohamed Bajrafil prétend condamner l’antisémitisme : « Celui qui s’oppose fermement à l’importation en France du conflit israélo-palestinien de quelque bord que ce soit, rappelle également que l’antisémitisme est une hérésie. » Mais s’oppose-t-il à cette importation ?
Au sujet de l’antisémitisme de Qaradawi, il déclare en 2012 : « C’est mal connaître Qaradawi que de dire qu’il est contre les juifs et les chrétiens. Par contre, il a des positions claires sur l’occupation des Territoires palestiniens. (…) Plus de 99% des habitants de la planète trouvent la situation palestinienne inacceptable. »
Un an plus tôt, tandis qu’il s’exprime sur la démocratie, il déclare qu’elle « est bonne quand elle opprime les Palestiniens, mais quand ces derniers veulent jouir de la démocratie on leur dit Non » et précise au sujet d’Israël et du Droit international que « des personnes nous donnent des leçons, mais elles n’existent plus dès lors qu’elles sont applicables par un groupe de personnes bien précis ».
Par ailleurs, les mots clés (tags) sur son compte Dailymotion sont les suivants : « Gaza, droit international, politique, colonisation, indigène, Gandhi, Occident … ».
Enfin, il a participé à la Fondation Kawakibi avec d’autres Frères musulmans, mais l’a quittée après qu’elle a reçu des accusations en sionisme, insulte et soupçon suprêmes.
Que doit-on en déduire ?
L’imam d’Ivry défend et promeut des prédicateurs radicaux violemment antisémites.dnan Ibrahim est imam à la mosquée Shura de Vienne (Autriche). Il tente de se bâtir une réputation de personnalité progressiste, alors qu’il est le disciple de Saïd Ramadan al Boutih, l’un des plus violents Frères musulmans syriens prônant le djihad et la haine d’Israël. Adnan Ibrahim est accusé par Al Hayat TV d’avoir, le 16 septembre 2012, qualifié les Juifs de « nains bâtards » ayant empoisonné le prophète de l’islam et provoqué finalement sa mort des années plus tard, enjoignant à « venger Muhammad ». Dans ce prêche, Adnan Ibrahim maudit les Juifs qui « ne savent que faire vile infamie, meurtre, assassinat et trahison ». (Voir ici et ICI)
Mohamed Bajrafil s’étonne de l’indignation suscitée par ces propos : « Pourquoi se fait-il attaquer autant ? Ce qu’il dit, c’est pas lui qui l’invente. »
Comment, dès lors, interpréter son affirmation selon laquelle « il n’y a pas de verset poussant à tuer dans le Coran » ?
Mohamed Bajrafil fait la promotion, sur son compte Dailymotion, du blog de Tariq Ramadan et de celui de Zakir Naik, un télé-prédicateur conspirationniste et suprémaciste interdit de séjour au Royaume-Uni et au Canada depuis 2010, qui préconise la peine de mort pour les apostats, les musulmans qui renient leur foi et les homosexuels. Il a été accusé par des terroristes notamment de l’attentat de Dakha de les avoir radicalisés, bien qu’il condamne publiquement avec la plus grande fermeté l’État islamique, qu’il juge anti-islamique, et bien qu’aucune preuve n’ait pu être retenue contre lui. Pour lui, seul l’islam peut apporter la paix dans le monde.
Est-ce parce qu’il a « lu Ibn Salah avec lui » qu’il ne renie pas son maître Safwat Hegazy, figure majeure des Frères musulmans d’Égypte, mais que, bien au contraire, il s’en réclame ? Celui-ci fut nommé en 2012 candidat à la présidence de la Jamaa Islamiya, une branche dissidente et armée de la puissante Confrérie, créée en 1970, dont l’ancien président, Omar Abdelramane, est soupçonné d’avoir participé à l’attentat de 1993 contre le World Trade Center. La Jamaa El-Islamiya est également tenue responsable de l’attentat de Louxor en novembre 1997. Considérée comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, la Jamaa El-Islamiya a affirmé renoncer à la terreur en 2003 et s’est convertie à la politique en créant en 2011 le Parti de la Construction et du Développement qui prône l’établissement de la charia.
Quant à Safwat Hegazy, il a été arrêté près de la frontière libyenne par les autorités égyptiennes pour avoir incité à la violence au Caire en 2013. Il tentait de fuir le pays, déguisé en femme sous un niqab.
Comment, dès lors, interpréter son affirmation selon laquelle « en islam, même en temps de guerre, tu n’as pas le droit de tuer quelqu’un sans l’avertir » ?
« Je ne suis pas frériste », assure-t-il. « Je suis universitaire, je n’ai pas une pensée post-it. Il y a des gens parmi les Frères musulmans qui ont des convictions qui ne sont pas différentes de celles que moi je partage. Mais il y en a d’autres, qui ont été exclus, qui ont des positions pas très loin de celles de Daech. »
Invité jeudi 15 septembre 2016 sur France 2, Mohamed Bajrafil a repris le discours prononcé la veille par Amar Lasfar sur Europe 1, selon lequel les terroristes ne fréquentent pas les mosquées. Un discours type des Frères musulmans en France et dans le monde.
Pas frériste, mais favorable à Tariq Ramadan et Nabil Ennasri, qu’il cite comme s’ils étaient des (et comme s’ils étaient les seuls) représentants légitimes des Français musulmans en raison de leur connaissance de la culture occidentale et, surtout, comme s’ils étaient des représentants potentiels que les médias refuseraient d’entendre. Il ironise sur le frérisme : « On nous dit, c’est la franc-maçonnerie ! » Car ces Frères musulmans sont, selon Mohamed Bajrafil, bien plus légitimes que l’imam Chalghoumi, leur bête noire. Ce pourquoi l’imam d’Ivry clame à qui veut l’entendre que l’imam de Drancy n’est pas imam et qu’il n’a pas de mosquée.
Pas frériste, mais présent au congrès de l’UOIF en 2014, en compagnie de Abdallah Benmansour , Tariq Ramadan, Hani Ramadan, Amar Lasfar, Ahmed Jaballah, Nabil Ennasri… Cette même année, il invite dans sa mosquée Nabil Ennasri, Abdallah Benmansour et Mohamed Ashaini.
Mohamed Bajrafil se rendra de nouveau au Bourget en 2015 et en 2016. En 2015, il est aussi présent à la Foire musulmane de Bruxelles, où se trouve également l’Égyptien Omar Abdelkafi, Frère musulman violemment antisémite délivrant par ailleurs des prêches violents contre les femmes non voilées. On retrouve Mohamed Bajrafil en compagnie de Moncef Zenati et Hassan Iquioussen (et Tareq Oubrou) à la première Rencontre annuelle des musulmans de Rouen.
Pas frériste, mais ne dédaignant pas disserter au côté d’Hassan Iquioussen, il défend le « prêcheur des cités » des « dénigrements » dont celui-ci serait victime. Membre de l’UOIF, Iquioussen affiche un antisémitisme et un négationnisme décomplexé. Selon lui, « les sionistes ont été de connivence avec Hitler » car « il fallait pousser les Juifs d’Allemagne, de France à quitter l’Europe pour la Palestine. Pour les obliger, il fallait leur faire du mal ». Il estime que Hamas, la branche palestinienne des Frères musulmans responsable de nombreux attentats et de vagues de terreur dans Gaza même, « fait du bon boulot ».
Pas frériste, mais partie prenante du Conseil théologique des musulmans de France (CFTM), dont l’UOIF a annoncé la création le 5 mai 2015 dans un communiqué de presse. Le CFTM rassemble une cinquantaine de théologiens, imams et prédicateurs gravitant dans la mouvance des Frères musulmans. Le Bureau exécutif se compose de neuf membres, dont Mohamed Bajrafil et quatre professeurs de l’IESH, inclus Ahmed Jaballah. Le CFTM s’inscrit selon celui-ci « dans une vision de modération » et a pour but demettre des avis juridiques (fatawas) sans les imposer sur la citoyenneté, l’enseignement, le ramadan…
Pas frériste, mais ardent défenseur du concept d’islamophobie et du CCIF , dont il loue les mérites et pour lequel il appelle aux dons le 20 janvier 2015, quelques jours seulement après les attentats de Charlie et de l’HyperCasher.
Presque tous les 6 mois, Amar Lasfar a « pignon sur rue » chez Elkabbach (Europe 1). Ce matin, il était l’invité de la matinale. Je l’ai trouvé sur la défensive. Plus hésitant que d’habitude. Quelques éléments de langage, préparés à l’avance, ont eu beaucoup de mal à s’ insérer entre des réponses laborieuses. Ça sent la fatigue et la fin de regne !
A l’écouter, tout le monde est responsable : les politiques, les médias, les enseignants, les juges, les forces de l’ordre, les artistes, les agriculteurs, les femmes, les hommes, les terrestres, les extraterrestres … Tout le monde, sans exception, y compris Amar Lasfar lui-même. Un tout petit peu ! car il semblerait que grâce à lui, une dizaine de milliers de jeunes sont sauvés de « l’islamisation de la radicalité » : « Ouf ! On est sauvé ! Heureusement, il est là le Amar » comme dirait l’autre.
Mais à aucun moment, l’idéologie des Frères musulmans, que diffuse Amar Lasfar et ses « frères » et « soeurs » n’a été évoquée. Ni par lui (normal !) ni par Elkabbach (pas normal !) …
J’aimerais croire le « frère » Amar sur parole. Mais les faits sont les faits. Je ne vais pas refaire tout de même l’histoire du « frère » Amar, depuis que je le connais. Depuis 1999 ! Il y a de quoi écrire un deuxième livre au moins. Je rappelle simplement les faits de cette année :
– Qui a invité au RAMN de l’UOIF de Lille, en février 2016, des islamistes internationaux : jihadistes, homophobes et antisémites ? C’est … Amar Lasfar !
– Qui a récidivé, encore une fois, en invitant au RAMF de l’UOIF, en mai 2016, d’autres internationaux jihadistes et antisémites ? C’est … Amar Lasfar !
– Qui a dit, face à des journalistes en février 2016, au sujet de ces invités radicaux et sulfureux : « Ce sont des savants ! Je continuerai, je vous regarde dans les yeux à les inviter » ? C’est … Amar Lasfar !
– Qui a voulu faire « l’union », sous forme de conférence conjointe à côté de l’imam salafiste de Brest, Rachid Abou Houdayfa, en mars 2016 dans une mosquée à Roubaix ? C’est … Amar Lasfar !
– Qui élève Youssef Al-Qaradawi – celui qui a appelé au jihad armé en Syrie en juin 2013 et qui appelle dans son nouveau livre à appliquer ladite charia islamique – au statut de référence religieuse absolue et inégalée ? C’est … Amar Lasfar !
Enfin, qui continue à tendre le micro au « déni » personnifié pour « causer », de manière irresponsable, d’une triste réalité qu’il a contribué à envenimer, et à en entretenir le climat anxiogène ? C’est … Elkabbach et bien d’autres « éditocrates » … « fabricants du consentement » ! Quant à Amar Lasfar, il peut prétendre que son organisation islamiste « immunise » les jeunes et les familles. La vérité est toute autre. Un exemple parmi tant d’autres, le fameux Sid Ahmed Ghlam, poursuivi pour assassinat et terrorisme enseignait la langue arabe dans une mosquée UOIF. Plus que ça, Le Canard Enchaîné avait même confirmé ses liens avec l’EMF (Étudiants Musulmans de France), la branche étudiante des Frères musulmans de l’UOIF à l’université ! D’autres exemples peuvent être cités qu’Amar Lasfar ne peut ignorer. A moins que …
Adnan Oktar et Mouloud Achour, l’image est magnifique.
Adnan Oktar est assez connu dans le monde enseignant français. En janvier 2007, les établissements scolaires reçoivent son « Atlas de la création » contre la théorie de l’évolution. Des volumes de 770 pages richement illustrés publié par ce chantre du créationnisme turc qui signe sous le nom d’Harun Yahya.
Contrairement aux créationnistes chrétiens qui tiennent à ce que le monde ait été créé en sept jours, Harun Yahya /Adan Oktar explique que le monde est plus vieux mais que « les espèces n’ont jamais changé« .
L’Atlas de la Création, contient des reproductions de fossiles et d’animaux vivants, ainsi que de nombreuses citations du Coran, dans le but de prouver que les animaux n’ont pas évolués au fil du temps. Malgré les multiples incohérences et confusions d’espèces, le caractère religieux et non-scientifique, Oktar y conclue : « la création est un fait » et « l’évolution une imposture ». Sous la photo des tours du World Trade Center embrasées, il précise « ceux qui perpétuent la terreur dans le monde sont en réalité des darwinistes ». Suivent des démonstrations étonnantes sur les liens existant entre le darwinisme, le fascisme, le communisme et le terrorisme.
« Quelle que soit l’idéologie qu’ils épousent, ceux qui perpétuent la terreur dans le monde sont en réalité des darwinistes. Le darwinisme est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit. »
Malgré une importante mobilisation du corps enseignants, les thèses du prédicateur circulent parmi les jeunes. Le 16 janvier 2011, il fait même salle comble au Théâtre du Gymnase avec un duplex d’Istanbul. Néanmoins, Adnan Oktar a un peu de mal à convaincre son public francophone en expliquant que «La fin du temps est pour bientôt. Toute l’humanité va bientôt voir, dans les dix années à venir, le retour du messie Jésus et de l’imam Mahdi.»
Qu’importe, Adnan Oktar ne renonce pas à radicaliser les jeunes français. Une nouvelle occasion lui est donnée le 16 octobre 2014. Mouloud Achour décide d’interviewer Adnan Oktar pour Canal+. Pourquoi ? Mystère. Ce dernier accepte, à condition que l’interview ait lieu en direct sur sa propre chaine A9 TV. Ce que Mouloud Achour accepte, servant de prétexte à un show de propagande. Sa présence n’est qu’un instrument à l’intérieur du monde merveilleux créé par Adnan Oktar, où Mouloud Achour joue le rôle d’objet de curiosité et de caution, en présence de Kim Chapiron et Elsa Scetbon.
Il ne faut pas hésiter à regarder ce moment dans son ensemble.
L’entretien est incroyablement partisan, ponctuée de compliments et de remerciements. Et ce, alors que les réponses d’Adnan Oktar font froid dans le dos. Extraits :
Mouloud Achour : quel est votre avis sur ce qu’il se passe à la frontière syrienne ?
Adnan Oktar : il n’y a pas de Kurdistan qui existe. La solution au conflit, c’est de suivre le Coran à la lettre.
Mouloud Achour : êtes-vous antisémite ? J’ai lu ça sur internet.
Adnan Oktar : non.
Mouloud Achour : sur Wikipedia, j’ai lu (…) que vous êtes anti-sioniste et anti-maçon, et que vous pensez que sionisme et franc-maçonnerie sont connectés ?
Adnan Oktar : je suis moi-même grand maître franc-maçon (…) je protège les juifs en Turquie. L’origine de l’antisémitisme est le darwinisme, qui rejette Dieu, qui est primitif et païe
On reste ahuri par le niveau des relance. Au delà du fait que Mouloud Achour, qui se présente comme journaliste, puise ses questions sur Wikipedia sans lire les nombreuses enquêtes sur Adnan Oktar, il ne rebondit ni ne cherche jamais à contredire ses réponses. Adnan Oktar nie par exemple ici les différentes sources d’antisémitisme, qui peuvent être d’ordre religieuses, ou politiques comme le nazisme. A l’entendre, la mission des juifs et des francs-maçons de Turquie est de saper les valeurs morales, religieuses et spirituelles du peuple turc et de transformer ainsi les musulmans en animaux. Une théorie qu’Oktar développe dans des colloques, dans des livres ou sur Al Jazeera.
Oktar a même été plus loin en 1996 : sa fondation pour la recherche scientifique, la Bilim Araştırma Vakfı (BAV), publie alors « le mensonge de l’Holocauste », ouvrage ouvertement révisionniste qui explique que « ce qui est présenté comme Holocauste est la mort de certains Juifs à cause de la peste typhoïde pendant la guerre et la famine à la fin de la guerre provoquée par la défaite des Allemands ». Les jeunes qui regardent l’émission de Mouloud Achour n’en seront nullement informés.
Mouloud Achour : vous dites que juifs et francs-maçons veulent détruire la morale religieuse et la spiritualité pour changer les hommes en animaux. Adnan Oktar : il s’agit là d’une mauvaise pratique du judaïsme, comme Isis pour l’islam et les croisades pour la chrétienté. La violence, c’est de détruire des civils, des enfants.
Mouloud Achour ne demandera malheureusement pas de quelle « mauvais pratique du judaïsme » parle Adnan. Il ne s’offusquera pas non plus de sa réponse, qui confirme l’accusation envers les juifs et les francs-maçons. Il ne sera pas non plus très curieux sur son placement en psychiatrie.
Mouloud Achour : en 1986, après votre livre Judaïsme et Franc-maçonnerie, vous êtes allé en hôpital psychiatrique ? Adnan Oktar : : j’y ai passé 19 mois, avec des tueurs (…) sans être autorisé à y voir mon docteur. Mouloud Achour : selon un témoignage, vous seriez le Mahdi ? C’est incroyable, comment pouvez-vous vivre avec cette pression ?
Adnan Oktar serait persécuté pour ses idées. Pas pour incitation au meurtre, détention massive de cocaïne ou pour violences sexuelles !
Mouloud Achour : comment êtes vous traité à l’université ? Adnan Oktar : je suis menacé par des gauchistes, des marxistes qui ont des couteaux. C’est de la propagande pour dire que une maladie mentale. Ils ont d’ailleurs cessé après mon rapport médical.
Mouloud Achour ne dira pas un mot des nombreux professeurs et scientifiques enseignant ou étudiant l’évolution de Darwin ayant été menacés ou harcelés sur leur lieu de travail. Des prospectus de l’organisation d’Adnan Oktar les présentant comme maoïstes, athées, séparatistes, voire terroristes ont été également distribués. En 1999, six professeurs ont gagné un procès en diffamation contre l’organisation d’Oktar, la BAV, et ont reçu chacun 4 000 dollars.
Mouloud Achour : Vous avez été condamné pour organisation illégale ? Adnan Oktar : non, j’ai été acquitté. Mouloud Achour : en France, lorsque tu es suspect, tu es coupable. Comme Sarkozy, qui est tout le temps obligé de dire qu’il n’est pas coupable.
On ne voit pas bien le rapport. Prendre l’exemple de Nicolas Sarkozy pour défendre l’innocence présumée est pour le moins surprenante. Oktar était accusé d’avoir créé une organisation avec intention de commettre un crime, de chantage et d’extorsion.
Mouloud Achour : en 1991, vous avez été arrêté avec de la cocaïne ? Adnan Oktar : j’ai été acquitté, la cocaïne a été introduite dans mon repas au poste de police. Mouloud Achour : vous ne vous en êtes pas rendu compte ? Adnan Oktar : c’était un kebab très épicé. Mouloud Achour : wahou ! Votre page Wikipedia est folle ! (…) ce serait peut être à la police d’aller en hôpital psychiatrique ! (…) François Hollande, tu dois rencontrer cet homme !
Toujours cette fameuse enquête Wikipédia… S’ensuit une série de questions, presque digne d’un dialogue de secte :
Mouloud Achour : le darwinisme est la cause de Daesh ? Adnan Oktar : oui, le PKK est un groupe violent.
Les djihadistes, les décapitations, les esclaves sexuelles, les exécutions, les spoliations du groupe terroriste islamiste… ont manifestement disparu. En revanche l’émission roule avec tambour, trompettes et gros blancs sur de drôles de blondes un petit peu trop maquillées, faisant partie partie du décor de l’émission. Lors de l’entretien Adnan Oktar expliquera d’ailleurs que que la chirurgie esthétique ne pose pas de problème en Islam quand elle est nécessaire : « si quelqu’un a un nez cabossé il faut pouvoir le réparer ».
Mouloud Achour : vous me dites si c’est bon ou mauvais. Le communisme ? Adnan Oktar : il nie Dieu, les valeurs, l’homme… Il ne peut pas être accepté. Le PKK est une organisation terroriste. Mouloud Achour : le capitalisme ? Adnan Oktar : il va aussi à l’encontre de l’homme, qu’il considère comme matériel. Mouloud Achour : le bouddhisme ? Adnan Oktar : c’est de l’idolâtrie (…) mais nous respectons les personnes. Mouloud Achour : wahou, vous respectez toujours les autres ! J’aime être là car vous êtes très tolérants, c’est bien !
En réalité, Oktar considère le bouddhisme comme une fausse religion fondée sur l’idolâtrie et le mensonge, aux rituels« insignifiants » et « vides ». Ce qui pourrait passer pour de la liberté d’expression, si ce n’était qu’Oktar considère que l’Islam est la seule vraie religion.
Mouloud Achour : vous pensez qu’il y aura un choc des civilisations, une 3ème guerre mondiale ? Adnan Oktar : non. Mouloud Achour : que pensez vous d’ebola, du sida ? Adnan Oktar : on va trouvez un traitement. Mouloud Achour : quelle est la meilleure façon de s’amuser ? *musique*. Mouloud Achour : merci ! Merci ! Et où est l’amour ? Adnan Oktar : dans Dieu.
Adnan Oktar est une sorte de gourou. En 1999, le parquet affirme que la Fondation créationniste d’Adnan Oktar utilise des jeunes femmes pour attirer des chercheurs à des événements créationnistes en échange de faveurs sexuelles. Plusieurs de ces relations sexuelles ont également été filmées pour faire du chantage aux personnes souhaitant quitter le groupe. Adnan Oktar se présente lors de ses interviews souvent en compagnie de ces jeunes femmes blondes, ultra-maquillées, avec des robes de haute-couture, qu’il nomme ses « kittens », ses « chatons » ou même son harem. Oktar considère que les femmes musulmanes n’ont pas besoin d’être couvertes. Il s’agit ici de femmes le plus souvent issues de riches familles, qui rejoignent ses enseignements.
Subjugué par le charme d’Adnan Oktar, l’équipe de Canal plus n’a pas non plus été troublée par la déclaration concernant Elsa Scetbon.
Babuna Oktar : (assistant d’Adnan Oktar) : Elsa est l’assistante (de l’équipe)
Adnan Oktar : : Vous êtes une très jolie fille Masha Allah. (…) Vous êtes très douce Elsa, vous avez un joli visage et des de très beaux yeux.
Babuna Oktar : Elle est juive.
Adnan Oktar : C’est une personne juive ! J’aime le peuple juif. J’ai eu des juifs ici. Des rabbins. Les juifs sont beaux et elle en est la preuve.
Vous pensez que ce show hallucinant allait se conclure par une petite prise de distance, un soupçon d’esprit critique… Pas du tout.
Mouloud Achour : on a parlé de darwinisme toute la nuit, votre interprète est génial, il m’a appris tant de choses cette nuit, merci beaucoup, vous êtes venus nous chercher à l’hôtel, sans nous dire où on irait, en nous parlant de darwinisme pendant 2,3,5 heures ! Merci !
Que d’enthousiasme… pour une théorie anti-darwinienne anti-scientifique islamiste !
Jamaat-e-Islami est un de plus important parti islamiste au Bangladesh .
Jamaat-e-Islami est actif et possède des succursales dans le monde entier d’ou il propage l’islam politique.
Ses membres coopèrent étroitement avec les Frères musulmans.
Une de leur principales campagnes a consisté à exonérer les responsable des massacres de 1971. 3 millions de civils, 200 000 viols et le déplacement en Inde de 8 à 10 millions de réfugiés ont été les victimes de la guerre menée par le Pakistan pour empêcher le Bangladesh d’accéder à son indépendance.
Un Tribunal pour les crimes de droit international a été instauré en 2010 par le gouvernement bangladais pour enquêter sur les violations des droits humains de grande ampleur commises durant la guerre d’indépendance de 1971 dans le pays. Pour les islamistes, ces procès n’ont aucun lieu d’être. Amnesty International se félicite alors de ce tribunal et espère que personne en sera condamné à mort.
Maulana Motiur Rahman Nizami, le chef of Jamaat-e-Islami, était aussi, pendant la guerre d’indépendance l’instigateur de la milice al Badr. Un groupe ultraviolent et pro-Pakistanais responsable, entre autres du massacre d’intellectuels. Plusieurs dizaines d’écrivains, d’enseignants, de réalisateurs, de médecins et de journalistes ont été raflés par la milice le 15 décembre 1971 et exécutés. Ils ont ensuite été retrouvés dans un marécage les yeux bandés et les mains attachées derrière le dos.
Condamné à mort pour crime contre l’humanité, Maulana Motiur Rahman Nizami bénéficié d’une campagne de soutien d’Amnesty International. Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. L’organisation milite en faveur de l’abolition totale de ce châtiment. Néanmoins, la déclaration de l’ONG, a été interprétée par Jamaat-e-Islami comme la preuve de l’innocence de leur leader.
Autre soutien du criminel contre l’Humanité, Tariq Ramadan, qui reprend les éléments de langage l’organisation islamiste comme « soi-disant tribunal ». A aucun moment le prédicateur n’a un mot pour les 3 millions de civils, 200 000 viols et le déplacement en Inde de 8 à 10 millions de réfugiés. Il faut dire qu’il étaient considérés par les Pakistanais et leurs auxiliaires bengalis comme des sous hommes à éradiquer.
En 2012 Jamaat-e-Islami publie un texte expliquant qu’il n’y avait aucun lien entre l’organisation et le terrorisme. Une déclaration tournée en ridicule par une génération de bloggeurs bangladeshi.
En marge du procès, Jamaat-e-Islami a été interdite au Bangladesh en 2013. Outre le fait que la plupart de ses cadres étaient responsables des massacre de 1971, plusieurs jeunes militants ont été impliqués dans des meurtres de bloggeurs. Jamaat-e-Islami bénéficie toujours d’une assise importante grâce à son empire médiatique et peut déclencher de grandes manifestations qui peuvent bloquer le pays. En mai 2013, on assiste ainsi à des batailles rangées entre islamistes et forces de l’ordre.News, Organisations
Le CCIF (Collectif contre l’Islamophobie en France) interpelle ses followeurs depuis le 30 août à propos du cas d’une école confessionnelle musulmane toulousaine hors-contrat, l’école Al-Badr, qui n’ouvrira pas ses portes à la rentrée. Le 20 juillet 2016, l’Education Nationale a mis en demeure les parents d’inscrire la centaine d’enfants dans un autre établissement. Le CCIF affirme :
« Aucun élément à charge valable ne justifie cette mise à l’index des autorités, si ce n’est que le directeur de l’école, Abdelfattah Rahhaoui, prend des positions critiques en direction des autorités locales, en tant que simple citoyen »
Le CCIF publie même une vidéo du directeur sur sa page Facebook. Le 5 septembre 2016, le CCIF demande à ses followers de mener une campagne de pression pour que l’école d’Abdelfattah Rahhaoui ouvre ses portes :
1) Relayez massivement cette information autour de vous, en partageant cet article.
2) Sur twitter, interpellez courtoisement et précisément l’académie de Toulouse (@actoulouse), l’Education Nationale (@EducationFrance) et la Ministre de l’Education Nationale , Najat Vallaud-Belkacem (@najatvb)
3) Contactez directement par téléphone le ministère de l’Education Nationale pour leur demander, dans un esprit constructif et de dialogue, des éclaircissements à ce sujet. (01 55 55 10 10)
Un imam adepte des prêches sexistes et homophobes sur Youtube
A la fois directeur de l’école Al-Badr et Imam, Abdelfattah Rahhaoui est hyper actif sur les réseaux sociaux. Il multiplie les vidéos Youtube.
Abdelfattah Rahhaoui développe une vision ultra-conservatrice de la famille. Dans une vidéo de 2013, il fustige la « théorie du genre », qui permet de « choisir son orientation sexuelle », ainsi que le « lobby LGBT ». Avec des propos homophobes et transphobes, il accuse le gouvernement et même les non-musulmans de « pervertir les enfants », dans « un contexte social déjà pervers » et de présenter l’homosexualité comme une chose « normale », alors qu’ « Allah a détruit [les homosexuels] ». Il compare homosexualité et zoophilie, présente les ouvrages de Christine Boutin et Alain Escada. Il jure devant Allah de ne pas laisser faire le gouvernement, et invite ses auditeurs à en faire de même dans son prêche exalté.
Il intervient à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France de l’UOIF au Bourget en 2015, dans une vidéo disponible en ligne, et est également présent à celle de 2016.
Dans un sermon à la mosquée de Meaux en mai 2015, il affirme que les femmes sont obligées de se voiler :
« la femme [selon les autorités françaises] doit être épanouie, à l’école, mais puisque à l’école, on ne peut pas effectivement amener la femme avec son hijab, elle a le droit d’enlever son hijab. Quel droit puisque Allah lui avait donné cette [obligation] ? Et je le dis à tous ceux qui écoutent, à tous ceux qui regardent : le hijab est une obligation qui ne changera jamais ».
Il explique également que la seule religion qui n’a pas été inventée est l’Islam :
« Tout ce qui est christianisme ou judaïsme, comme beaucoup le disent, ce sont des religions qui sont descendues du haut des cieux, c’est faux, c’est faux. Ce sont des religions qui ont été inventées, qui n’ont pas été révélées. La seule religion qui a été, ou qui est, agréée par Allah c’est l’islam. C’est la première des choses avec laquelle je voulais commencer et entrer dans le sujet ».
Un imam surveillé pour des liens terroristes
L’une des raisons pour laquelle Abdelfattah Rahhaoui est surveillé, c’est qu’il est l’ancien professeur de religion de Souad Merah, sœur du terroriste Mohamed Merah, partie en mai 2014 avec son mari et ses enfants faire le djihad en Syrie. En 2012, elle se disait « fière » des actes de son frère Mohamed, et « penser du bien de Ben Laden ». D’après le Midi-Libre, sa radicalisation commence en 2001. Elle suit « assidûment » les cours de l’imam Abdelfattah Rahhaoui, qui la décrit en 2012 comme « une femme intelligente soucieuse d’apprendre sa religion, une mère attentionnée qui essaie de trouver sa place dans le pays dans lequel elle vit, préoccupée par l’éducation de ses enfants, et une grande soeur responsable ». Interrogé à propos des allusions à Ben Laden et à son frère, Abdelfattah Rahhaoui répond alors : « Ces mots ne montrent que le côté noir de cette personne (…) c’est une femme d’une grande humanité, qui ne supporte pas les injustices. Elle est engagée pour la cause palestinienne et je suis d’accord avec beaucoup de ses engagements ». L’autre frère de Souad, Abdelghani Merah, dit voir en elle « une terroriste en puissance », qui lui a affirmé vouloir commettre un « attentat suicide dans le métro toulousain ».
L’ancien chef de la DCRI Bernard Squarcini indique que Souad et son autre frère Abdelkader Merah étaient perçus comme « plus dangereux que Mohamed » par les services de renseignement, avant qu’elle ne rejoigne la Syrie en 2014.
Abdelfattah Rahhaoui est mis en garde à vue du 30 au 31 mars 15 à la SRPJ de Toulouse pour « travail dissimulé dans son établissement » et « outrages aux inspecteurs du travail ». Il met cette garde à vue sur le compte de ses propos sur l’attentat de Charlie Hebdo qui déplairaient aux autorités, et annonce sa collaboration avec Alain Soral.
« Une interview sera réalisée très prochainement par ÉGALITÉ ET RÉCONCILIATION afin de mieux informer notre communauté et l’opinion publique sur ces différentes affaires en cours, et en la même occasion dénoncer des attitudes d’intimidation faites à l’encontre de beaucoup parmi les citoyens français de confession musulmane. Enfin de compte, et ceci reste mon intime conviction : Le citoyen musulman en France aujourd’hui a pris la place du juif d’hier ».
Le site d’Alain Soral publie alors son communiqué sur son site internet ainsi que son appel à un rassemblement devant le commissariat, non sans quelques accents complotistes « je vous invite tous chères sœurs, chers frères à diffuser très largement mon histoire pour la faire connaître à celles et ceux qui ne sont pas encore au courant car nous ne devons plus servir de bouc émissaire aux injustices électoralistes. Pour celles et ceux qui le peuvent, venez Allah y jazikum bil Kheyr affirmer votre indignation devant le commissariat de l’Embouchure à Toulouse et pour les autres invoquez ardemment le Tout-Puissant pour que je triomphe de cette oppression ».
Abdelfattah Rahhaoui déclare à propos de Charlie Hebdo : « je reconnais la barbarie des attentats sans pour autant valider les ignobles caricatures fanatiques de ce journal. Par le Créateur, je ne me mettrai jamais à genoux, je ne céderai pas aux tentatives d’humiliation et je continuerai inchAllah à employer mes forces pour que les droits et l’expression des musulmans soient respectés ». Dans une vidéo Youtube, il interpelle « le recteur », qu’il décrit comme asservi, à condamner Charlie Hebdo :« quand Dieudonné a critiqué les juifs, il en a vu de toutes les couleurs ». Il prend également la défense de Siné : « quand on dessine contre les juifs c’est antisémite, mais quand on dessine contre les musulmans (…) c’est une liberté d’expression, avec les musulmans il n’y a aucune ligne rouge (…) le fait de dessiner [le prophète] c’est des kuffars, ce que a fait Charlie est condamnable ». Il continue dans sa rhétorique d’un deux poids, deux mesures : « allez dire aux historiens s’ils peuvent remettre en cause le chiffre de 6 millions de juifs massacrés ? ».
Fin 2013, Abdelfattah Rahhaoui publie une vidéo sur son compte Youtube, visionnée plus de 15 000 fois, intitulée « IL ETAIT UNE FOIS EN FRANCE, JUIFS ET MUSULMANS… POURQUOI LES JUIFS SONT SI PUISSANTS ET LES MUSULMANS SI IMPUISSANTS? LA RÉPONSE VOUS ÉTONNERA… »
Il liste alors une série de personnalités juives ou supposées juives, dans les domaines scientifique et financier, et compare le nombre de prix Nobel reçus par des juifs et par des musulmans. Un extrait de Dieudonné sur le plateau de Thierry Ardisson alors qu’il vient d’être condamné pour son sketch antisémite est également diffusé, avec la question qui revient incessamment : pourquoi les juifs sont si puissants ? Rahhaoui donne sa réponse : les musulmans ont besoin d’être éduqués. La suite de sa vidéo est alors… un appel au don pour la construction de son école Al-Badr, avec des images de fillettes voilées.
Abdelfattah Rahhaoui est aussi à l’affiche d’une conférence d’Egalité et Réconciliation le 26 avril 2015, aux cotés d’Alain Soral et de Jacob Cohen sur le thème : Juifs, chrétiens et musulmans, comment aller vers la réconciliation nationale ? Il annonce finalement qu’il ne pourra pas s’y rendre quelques jours avant.
Soutien de l’association salafiste Sanâbil
Abdelfattah Rahhaoui n’hésitera pas à apporter son soutien à l’association salafiste Sanâbil, dont le président est assigné à résidence à partir du 17 novembre 2015, en ces termes : « pourquoi le musulman en France aujourd’hui prend la place du juif d’hier ? Soutien à notre cher frère Bilal. A partager s’il vous plaît pour dénoncer l’injustice ».
Sanâbil est une association créée en 2007 et présidée par Antho (Bilal) Bonamba, qui se présente comme une association de soutien moral, spirituel et financier aux détenus musulmans. Bilal Bonamba a étudié à l’Institut Qordoba du Caire, un Institut contraint de fermer en 2005 et nommé dans les rapports du renseignement français. Lorsque Fabien Clain, l’un des principaux bourreaux français de Daesh, était emprisonné en 2009, il communiquait avec « son ami »Bilal Bonamba. Lorsque Mehdi Nemmouche, terroriste du musée juif de Bruxelles, était emprisonné en 2011, c’est à Sanâbil qu’il s’était adressé pour obtenir des textes religieux à propos de la taille de sa barbe et du voile intégral. Bilal Bonamba rend également visite en prison à Sabri Essid, demi-frère de Mohamed Merah, emprisonné en 2009 pour quatre ans pour avoir tenté de rejoindre le djihad en Irak en 2006. A sa sortie de prison, Bilal Bonamba l’interviewe et poste une longue vidéo où il déclare « Notre frère Sabri a vécu l’épreuve de la prison. (…) Une pensée pour tous nos frères et nos sœurs emprisonnés en France et dans le monde. Tous nos savants derrière les barreaux… » Depuis, Sabri Essid a rejoint Daesh et apparaît dans ses vidéos de propagande, couteau à la main. L’association Sanâbil apparaît également dans le dossier des attentats de janvier 2015 : Amédy Coulibaly, sa compagne Hayat Boumedienne, ainsi que le djihadiste Mohamed Belhoucine et sa compagne se retrouvent notamment à l’automne 2014 lors d’un pique-nique organisé par l’association, alors que Mohamed Belhoucine avait déjà été condamné pour son rôle dans une filière djihadiste vers la région afghano-pakistanaise.
La page Facebook de Sanâbil propose de faire la connaissance de « Wali » : « Connaissez-vous Wali ? Sans doute que non, c’est un de nos frères détenu depuis 1995 aux USA et à qui il reste encore neuf années à passer derrière les barreaux. L’un de ses fils est malentendant et n’a pu suivre une scolarité pour cause de paperasse administrative, une de ses filles est muette, et il a une grande de seize ans, Maryam. (…) On espère que ses messages vous pousseront à vous souvenir de nos frères sous les verrous et ne pas oublier d’invoquer Allah pour qu’Il les aide, et pourquoi pas, leur apporter votre soutien, Sanâbil en est un moyen. ». Sanâbil oublie de préciser que « Wali » s’appelle en réalité Wali Khan Amin Shah, est emprisonné pour terrorisme pour avoir participé à l’attentat manqué de Bojinka en 1995 qui devait faire exploser 11 avions de lignes, lancer un avion sur le siège de la CIA et tuer le pape Jean Paul II.
Bonamba est selon les services antiterroristes comme un « théologien et figure emblématique du salafisme en Ile-de-France, impliqué dans une filière d’acheminement vers la Syrie et mis en cause dans plusieurs affaires d’association de malfaiteurs, financement du terrorisme et apologie du terrorisme ».
Ce qui n’empêche pas Abdelfattah Rahhaoui d’apporter total soutien à Sanâbil, ni le CCIF d’appeler ouvertement à soutenir Abdelfattah Rahhaoui.
Farag Foda, militant des droits de l’Homme était l’auteur de plusieurs livres. Il défendait l’idée d’une société laïque ou le religieux et l’Etat seraient séparés et ou chrétiens et musulmans seraient égaux. Victime de campagnes de harcèlement de la part des islamistes, il a été assassiné le 8 juin 1992.
Farag Foda avait été accusé de « blasphème » le 3 juin 1992 par un conseil d’oulémas de l’Université al-Azhar. Peu après, Sheikh Gad al-Haq et Mohammed al-Ghazali lancent une fatwa et le qualifient d’ «ennemi de l’islam». Mohammed al-Ghazali, théologien déclare « si le gouvernement peine à condamner les apostats, n’importe qui peut se charger de le faire »
Cinq jours plus tard, l’écrivain Farag Foda était assassiné par des extrémistes islamistes du groupe El Jamaa El-Islamiya.
Dans le communiqué de El Jamaa El-Islamiya, on trouve une référence à la fatwa d’al-Azhar. L’écrivain Farag Foda y est qualifié d’apostat à cause de son refus d’instauration de la charia.
Lors du procès des assassins, Mohammed al-Ghazali, n’hésite pas à intimider les juges en déclarant « il n’est pas mal de tuer un apostat ». Aujourd’hui Mohammed al-Ghazali est décrit en Europe par les prédicateurs fréristes comme un mélomane.
Abou El Alla Abd Raboh, leader du mouvement El Jamaa El Islamiya sera condamné à 52 années de prison pour ce meurtre et différents actes de terrorisme. A son arrivée au pouvoir, Mohamed Morsi , libèrera par décret Abou El Alla Abd Raboh le meurtrier de Farag Foda ainsi que 45 membres d’autres organisations islamistes impliqués dans des actes terroristes.
Interrogé à sa sortir de prison, Abou El Alla Abed Rabbo refuse d’exprimer ses regrets pour avoir tué l’écrivain. Il profite de sa nouvelle liberté pour haranguer les foules, notamment à la Place Rabia qu’il quitte avant la macabre dispersion. Il fuit l’Egypte pour s’installer au Soudan avec huit autres dirigeants d‘El Jamaa El Islameya, et commence à structurer des groupes terroristes contre l’Egypte.
En janvier 2015, le leader du mouvement El Jamaa El Islameya, Abou El Alla Abd Raboh a appelé les forces islamistes à faire partie de ce qu’il a qualifié du « jeu de violence » contre l’état égyptien et « ne pas laisser seule Daesh mener cette bataille, » qui selon lui « a réussi à infliger de grosses pertes à l’état.»
Dans une de ses publications sur les réseaux sociaux, Abou El Alla Abd Raboh explique :
« DAECH comme vous la nommez a agi et est entré dans le jeu au cœur de la capitale. Vous restez statique, vous vous contentez à l’instar de vos dirigeants, de vous lamenter, de condamner, sans inviter à l’action … Vous voulez échapper aux massacres bougez et faites le djihad. Les jeunes sont en colère et opprimés, DAECH, cette organisation de nos frères, représente pour eux le salut contre l’oppression et la servitude. Otez vos habits d’humiliation et agissez. »
L’assassin de Farag Foda, incite régulièrement à la violence.
Le 5 février 2016 il écrivait sur sa page Facebook :
« Une idée me vient à l’esprit… !
À mes frères qui disent que ceux qui incitent aux djihad en Egypte ne sont pas en phase avec la réalité
En réponse, je ferais l’hypothèse qu’ils ont raison…
Mais j’ai une question
Il y a un djihad qui est un devoir dans d’autres pays, son objectif est celui de défendre la croyance.
As-tu compris pour défendre la croyance.
As-tu émigré pour faire triompher ta religion ?
T’es-tu décidé pour répondre à l’appel du djihad ?
Je te dis, as-tu simplement eu une pensé à propos du djihad ou pour le djihad.
Je te dis sans flatterie ou détour, tu mens à toi-même. Tu es attaché à ta vie et non à l’au-delà.
La religion se fait insulter, on viole l’honneur, les corps sont maltraités, les orphelins meurent de faim, les veuves souffrent de la séparation et des regrets, les dépossédés pleurent des larmes de sang et toi tu es heureux et tu jouis ici.
(Ô vous qui croyez, craignez Allah et soyez avec les véridiques) «
Le 18 juin 2016, dans une interview avec JournalMasr il déclare qu’il ne rentrera en Egypte que si l’on appellait au djihad et affirme mener le djihad en Syrie. Le 29 août 2016 une vidéo postée sur Youtube confirme sa présence en Syrie auprès de DAECH.
Il précise qu’il ne fait plus partie de l’organisation El Jamaa El Islameya. En effet, l’organisation El Jamaa El Islameya prétend qu’elle a abandonné le recours à la violence. Pourtant nombreux sont ses anciens membres qui y ont succombé. L’émir de l’ancienne branche armée d’El Jamaa El Islameya, Refaii Taha, est mort en Syrie. Comme de nombreux membres de l’organisation, il avait rejoint Abou El Alaa Abd Raboh
Le parcours de Mawlawi, leader religieux sunnite et homme politique né à Tripoli (Liban nord) en 1947, témoigne de son ambition et de son combat pour promouvoir l’islamisme radical au Liban et en Europe.
Fayçal Mawlawi obtient sa licence en droit de l’Université Libanaise en 1967 et poursuit ses études à Damas en sciences islamiques pour être nommé magistrat des tribunaux musulmans à Beyrouth dans les années 1970.
Son projet se précise : Mawlawi part en France en 1980 faire son DEA en droit et y demeure 5 ans où il devient guide spirituel et l’un des piliers de l’Union des Organisations Islamistes de France (UOIF) « mouvance intégriste de l’Islam ».
De retour au Liban, il est, en 1988, conseiller à la Cour suprême de Beyrouth jusqu’à sa démission en 1996. Il entre en politique en 1992, lorsqu’il est nommé secrétaire général d’Al Jama’a al islamiya à Beyrouth, branche libanaise des Frères Musulmans, qui remporte 3 sièges aux législatives. Mawlawi veut renforcer la présence sunnite radicale au Liban en appelant au jihad et en envoyant ses « moujaheddines » combattre auprès du Hezbollah au sud-Liban contre l’armée israélienne. Ses combattants se positionnent à la frontière israélo-libanaise et notamment à Chaba’a après le retrait israélien en 2000.
C’est avec Ahmed Jaballah et d’autres qu’il fonde l’Institut européen des Sciences islamiques (IESH) à Château-Chinon et y enseigne, recevant une récompense honorifique de l’Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAYN) pour être le meilleur prédicateur musulman.
Son travail politique se poursuit en 1997 au moment où il contribue à la création du Conseil Européen de la Fatwa à Dublin et devient vice-président et bras droit de Yusuf al Qaradawi, leader du CEF. Ce Conseil a pour objectif d’unifier les avis jurisprudentiels des ulémas d’Europe et demettre des fatwas en se référant au Coran. Mawlawi est un disciple et un fervent admirateur de Sayyed Qotb, théoricien du djihad pour les Frères Musulmans dont il suit la doctrine fondamentaliste.
Mawlawi justifie le djihad des palestiniens et fait paraître une fatwa après l’attentat suicide d’un palestinien en Israël tuant 40 civils. Le djihad n’est pas un suicide (interdit par l’Islam) dit-il, mais une « mission » et celui qui l’accomplit devient martyre. Cette fatwa figure dans le recueil publié par l’UOIF et préfacé par Tariq Ramadan. Mawlawi joue un rôle déterminant auprès d’Al Qaradawi dont il partage le projet de faire de la France « un lieu où des militants islamistes trouvent refuge…et de mettre au pas les musulmans de France ». Ils y réussissent puisque Sarkozy (ministre de l’intérieur en 2003) fait de l’UOIF « un interlocuteur privilégié de l’Etat français » sans se rendre compte de l’instrumentalisation de l’Islam au profit de leur projet politique. Le débat sur le voile en France continue à faire couler de l’encre. Pour Mawlawi, les femmes doivent adopter le voile en France, soutenant qu’il s’agit d’un commandement divin, ce qui n’est pas le cas selon un imam de Bordeaux (évincé depuis sa déclaration).
Lors de la conférence annuelle tenue par l’Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAYN)- Organisation saoudienne liée aux frères Musulmans- en 2008, Mawlawi critique le « Memorandum of understanding » entre le Hezbollah et les salafistes arguant qu’il existe des conflits entre sunnites et shiites qui doivent être réglés par un véritable dialogue, pour éviter d’autres erreurs à l’avenir de la part des deux communautés.
En 2009, Mawlawi se retire de la vie politique pour des raisons de santé, mais son combat se poursuit à travers Ibrahim al Masri qui le remplace à la tête d’Al Jama’a al islamiya. Cependant, le mouvement ne remporte aux législatives qu’un siège et doit faire face aux accusations des sunnites qui lui reprochent ses relations avec le Hezbollah
Le décès de Mawlawi en 2011 est suivi d’un hommage qui lui est rendu par l’UOIF et d’une journée de recueillement à l’IESH de Château-Chinon. L’Union internationale des Ulémas, le Hezbollah et le Hamas ont salué ce « leader de la résistance » qui a défendu la cause palestinienne. Il est inhumé à Tripoli en présence de nombreuses personnalités religieuses et politiques.
Alice Boustany
Sources :
OPA sur l’Islam de France, les ambitions de l’UOIF, Fiammetta Venner, Calmann-Lévy, 2005