AU COEUR DE L’UOIF

Au coeur de l’UOIF

05.04.2015 Soufiane Zitouni

En avril 2015, alors que le congrès annuel de l’Union des organisations islamiques de France s’ouvre, vendredi, au Bourget autour du thème « Mohammed, prophète de miséricorde et de paix », l’organisation vit, elle, des tensions en son sein. Deux de ses anciens membres, leaders d’associations de jeunes musulmans en France pointent les dérives islamistes. Enquête des reporters de France 24, Alexandra RENARD  et  Roméo LANGLOIS

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L’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui revendique plus de 250 associations membres en France, est l’une des principales organisations structurant le paysage musulman français, mais de plus en plus de voix dissonantes en son sein se font entendre. À l’instar de deux de ses anciens membres, leaders d’associations de jeunes musulmans en France, qui pointent les dérives islamistes de l’UOIF.

Si ses représentants revendiquent une pensée conforme à l’islam, dans le respect du cadre républicain français, ses détracteurs assurent que l’organisation est la vitrine des Frères musulmans en France. Membre du Conseil français du culte musulman (CFCM), cet acteur majeur de l’islam en France a traversé plusieurs crises, à commencer par son référencement comme « organisation terroriste »par les Émirats arabes unis en novembre 2014, aux côtés de 81 autres groupes ou organisations, dont Al-Qaïda, l’organisation de l’État islamique, les Shebab somaliens ou encore Boko Haram… L’UOIF a déploré une qualification « aussi insultante que ridicule », qui porte atteinte aux musulmans de France.

Quelques mois plus tard, en février 2015, c’est le lycée musulman Averroès de Lille – lié à l’UOIF –, qui a été la cible des critiques. Dans une tribune publiée dans « Libération », un professeur de philosophie démissionnaire dénonce « une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme », ainsi que l’antisémitisme culturel des élèves. Le directeur de l’établissement scolaire a porté plainte pour diffamation.

Enfin, au lendemain des attentats de Paris, le Premier ministre Manuel Valls, en appelait à « combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays », ce qui avait été perçu comme une déclaration visant l’UOIF en France.

L’organisation est-elle une menace pour la République française ou œuvre-t-elle pour le mieux vivre ensemble ? Nos reporters ont mené l’enquête à Paris, Lille et Nantes. Ils ont rencontré le président de l’UOIF, Amar Lasfar, mais aussi d’anciens membres, qui pointent ouvertement les dérives islamistes de l’organisation.

Par Alexandra RENARD , Roméo LANGLOIS

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HASSAN AL BANNA SUR LA DÉMOCRATIE ET LE COMMUNISME

Hassan Al Banna sur la démocratie et le communisme

05.04.2015 La rédaction

« Nous avons le devoir de déclarer l’islam […] contre leur démocratie synonyme de l’anarchie et du libertinage, et contre leur communisme équivalent à l’athéisme et au despotisme international »
« Douwal al-‘urûba wa al-islâm bayn atmâ‘ al-isti‘mâriyîn wa-âmâl al-shuyû‘iyyîn» (Les pays de l’arabité et de l’islam entre les envies des colonialistes et les ambitions des communistes », Al-Ikhwân al-muslimîn, Le Caire, n°146, 1946, p. 1

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CHRISTIAN ESTROSI : 3000 EUROS POUR LES JEUNES FRÈRES MUSULMANS DE NICE

Christian Estrosi : 3000 euros pour les Jeunes frères musulmans de Nice

05.04.2015 La rédaction

Selon Nice-Matin, Christian Estrosi a fait voter une subvention de 3000 euros pour l’association Jeunes Musulmans de France (JMF), la branche jeune de l’UOIF.

L’UOIF a été inscrite par les Emirats Arabes Unis sur la liste des organisations terroristes.

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SMF – ASSOCIATION DES MUSULMANS DE SUÈDE – SVERIGES MUSLIMSKA FORBUND

SMF – Association des musulmans de Suède – Sveriges muslimska forbund

05.04.2015 La rédaction

L’association dit représenter au moins 70 000 musulmans suédois, soit la majorité des musulmans de Suède. Elle dit ne pas appartenir à la Confrérie des Frères musulmans mais uniquement de s’inspirer de ses valeurs.

Mahmoud Aldebe est pendant longtemps un des représentants de l’Association des musulmans de Suède.

Il envoie en avril 2006, une lettre aux différents partis politiques suédois ou il demande des droits spécifiques pour les élèves musulmans et demande à ce que le code suédois du divorce ne s’applique pas aux musulmans.

Le 30 janvier 2009, Youssef Al Qaradawi, chef spirituel de la Confrérie, déclare sur Al Jazira que  l’extermination des juifs par les nazis est une « punition divine »  et que si « Allah le veux, la prochaine fois ce sera par la main de croyants. (Al-Jazeera TV, January 30, 2009)

L’affaire fait grand bruit en Scandinavie. La plupart des cadres religieux se distancient de ces déclarations.

Sauf Mahmoud Aldebe qui déclare que « les musulmans voient la différence entre les musulmans comme Juifs et Israël comme Etat ».  (Dagens Nyheter; 16 février 2009)

Une réponse qui n’a aucun rapport avec la polémique mais qui pointe la fidélité absolue de Mahmoud Aldebe envers le chef spirituel de la Confrérie

Depuis 2010, le nouveau représentant de l’association est Tahir Akan.

En novembre 2014, les Emirats Arabes Unis déclaraient Muslim Association of Sweden / Sveriges muslimska forbund , organisation terroriste.

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PRIX ALKARAMA POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

Prix Alkarama pour les défenseurs des droits de l’homme

04.04.2015 La rédaction

Le Prix Alkarama est décerné chaque année à une personne ou une organisation qui a, selon l’organisation, « contribué de manière significative à la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde arabe ».

La cérémonie de remise des prix a lieu à Genève à l’occasion de la Journée des droits de l’homme (10 Décembre).

Parmi les anciens lauréats figurent

Shireen Issawi Éminente avocate et Défenseure des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés (2014)

En l’absence de Shireen toujours détenue en Israël Le Prix sera remis à ses parents Layla et Tarek Issawi Par Ruth-Gaby Vermot-Mangold ancienne membre du Conseil National Suisse et Présidente de Femmes de Paix Autour du Monde parmi les intervenants confirmés figurent : Dr Norman Finkelstein Politologue et écrivain américain Haneen Zoabi première femme arabe israélienne élue à la Knesset Dr Richard Falk ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967 Maître de Cérémonie : Guy Mettan Directeur exécutif du Club Suisse de la Presse Député du Grand Conseil de Genève

Abdulelah Haider Shaye (Yémen, 2013),

Quelques jours avant la cérémonie il a publié un post sur sa page Facebook faisant l’apologie du terrorisme et mettant en cause les «gangs juifs qui contrôlent l’Amérique».

Saud Al Hashimi & Dr Mohamed Al Roken (Arabie Saoudite & Émirats Arabes Unis, 2012),

Aida Seif Al Dawla et Saïd bin Zair (Égypte et Arabie Saoudite, 2011),

Haithem Al Maleh (Syrie, 2010),

Ali Yahia Abdennour (Algérie, 2009). Avocat qui a notamment défendu Ali Belhajj.

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RACHID MESLI

Rachid Mesli

04.04.2015 La rédaction

Avocat en Droit Criminel en Algérie, Rachid Mesli a défendu de nombreux détenus suite à l’arrêt du processus électoral législatif dans le pays en janvier 1992.

Selon sa biographie, le 31 juillet 1996, il a été kidnappé par les forces de sécurité et détenu pendant trois ans après avoir été battu à répétition, reçus plusieurs menaces de mort, et condamné lors d’un procès qui avait « clairement violé les normes internationales pour un procès équitable » selon Amnesty International. Il sera ensuite condamné à vingt ans d’emprisonnement par contumace en Algérie.

Le site Rue 89 lui a consacré un post élogieux. Il explique pourquoi l’Algérie le poursuit.

« J’ai toujours gêné les autorités de mon pays en m’occupant des prisonniers politiques. Ce qui les a rendus fous, c’est lorsque j’ai soumis en 2001 les dossiers de Abbassi Madani et Ali Belhadj au Groupe de travail sur les détentions arbitraires qui a reconnu que les deux leaders du FIS (Front islamique du salut) étaient détenus suite à un procès inéquitable. L’année dernière, le Comité des droits de l’homme a également condamné l’Algérie pour ces mêmes cas. » (Rue 89)

Rachid  Mesli s’est installé à Genève en 2000.

Il est longtemps le porte-parole de la Commission arabe des droits humains qui co-édite une brochure antisémite diffusée depuis 2002 : le « Manifeste judéo-nazi d’Ariel Sharon« .

Il a cofondé Al Karama en 2004. Une fondation régulièrement mise en cause pour ses liens avec Al Qaïda et ses admirateurs.

En 2014, la Fondation Al Karama est inscrite sur la liste des organisations terroristes par les Emirats Arabes Unis.

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ANAS HAJJAR

Anas Hajjar

04.04.2015 La rédaction

Anas Hajjar est né à Damas (Syrie) en 1969.

Il s’installe en Finlande en 1988 et poursuit des études de médecine.

Il a été élu imam de la Société islamique de Finlande, le 9 Novembre 2010, à la mort de l’imam Khodr Chehab.

Selon l’imam, les actes sexuels hors mariage sont un péché. Il dit aussi qu’il ne voit aucun inconvénient à couper la main d’un voleur. Interrogé sur la formation des imams, il déclare que les musulmans ne peuvent pas recevoir un enseignement religieux prodigué par des non-musulmans. Il déclare condamner certains aspects de l’Etat islamique mais sans expliquer lesquels.

Des positions qui ne l’empêchent pas d’être décrit par les média comme modéré et ouvert au dialogue inter-religieux.

En novembre 2014, les Emirats Arabes Unis déclaraient Suomen Islam-seurakunta (Finnish Islamic Association), son organisation, terroriste.

En 2015, Yle, la télévision publique finnoise a confié une série de 60 épisodes à Anas Hajjar et Jaakko Hameen-Anttila (qui a traduit le Coran en finnois). Il s’agit de lire le Coran de la première à la dernière page et de le « discuter ». Interrogé par la BBC qui songe a racheter la série Jaakko Hameen-Anttila explique : « L’iman Hajjar trouve dans le texte le côté pratique et son importance contemporaine, là ou je vois un travail historique, lié à l’époque ou il a été créé ».

En confiant cette gigantesque mission pédagogique au leader des Frères musulmans, la Finlande rompt le lien avec sa communauté musulmane vieille de 500 ans qui n’a pas une vision politique de l’islam.

Fiammetta Venner

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AVERROÈS : UN LYCÉE «DEMI-ÉCRÉMÉ»?

Averroès : un lycée « demi-écrémé » ?

01.04.2015 Mohamed Louizi

Depuis le 30 mars dernier, différents palmarès 2015 des lycées publics et privés sont disponibles. A partir de données statistiques fournies par le Ministère de l’Education Nationale, de nombreux quotidiens, hebdomadaires et journaux numériques ont établi des classements de ces établissements scolaires, en tenant compte de divers critères. Ces palmarès, et selon les critères de classement adoptés, arrivent à des conclusions relativement différentes. Pour ne citer que l’exemple du « Lycée Averroès », celui-ci occupe le 15ème rang dans le classement national du journal « Le Parisien », le 116ème rang dans celui du journal  « Le Point » et le 373ème rang dans le classement établi par « L’Express ». Les données brutes du ministère sont exploitées différemment d’un journal à l’autre. Ce qui explique, en partie, ces dissemblances relatives.

En 2014, le « Lycée Averroès » avait présenté 86 élèves aux examens du baccalauréat, toutes séries confondues (L, ES, S, STMG). 97% des candidats présents aux examens ont obtenu leur diplôme. Avec un tel taux de réussite, l’on est tenté de considérer cet établissement comme étant un lycée d’excellence. D’ailleurs, c’est bien l’argument de « l’excellence » qui a été le plus souvent utilisé par ses responsables pour discréditer les propos de Soufiane Zitouni, suite à sa deuxième tribune dans Libération. La direction, tout comme certains notables de l’UOIF et certains soutiens aussi, ont brandi cet argument pour alimenter l’idée de l’existence d’un « complot islamophobe » contre une expérience « musulmane » qui réussit. Mais qu’en est-il vraiment de « l’excellence » averroessienne ?

Suite à la publication de mon livre-témoignage, un ex-président de l’ « Association des Parents d’Elèves », qui a exercé ses fonctions pendant deux années au sein du « lycée Averroès », m’a contacté pour me féliciter et pour m’apporter son propre témoignage circonstancié et argumenté, validant, de part son expérience et son regard de l’intérieur, l’ensemble des thèses que j’ai développées dans mon livre-témoignage.

Ainsi, les thèses concernant l’instrumentalisation des élèves, et de certains professeurs aussi, dans un projet d’islamisation visant le fameux Tamkine, selon l’idéologie des « Frères Musulmans », et utilisant la « question palestinienne », en particulier, comme outil privilégié de renforcement du sentiment identitaire d’appartenance communautariste et d’endoctrinement idéologique précoce, financé hélas par l’argent du contribuable, toutes ces thèses sont validées sans l’ombre d’une hésitation.

Au cours de nos discussions, l’argument de « l’excellence » a été évoqué aussi. Cet ex-président m’a expliqué qu’au sein du « Lycée Averroès », il y a bel et bien une véritable première sélection, sur dossier, avant l’inscription. Ce que font de nombreux établissements privés. Mais il y a surtout une deuxième véritable sélection, quelques mois seulement avant les examens du baccalauréat, opérée parmi les élèves déjà scolarisés au sein de l’établissement pour ne présenter, sous les couleurs du « Lycée Averroès » que les élèves brillants ou très au-dessus de la moyenne. Ainsi, les dirigeants se débarrasseraient, sans état d’âme, des élèves considérés comme « déchets » !

En effet, cet ex-président de l’association des parents d’élèves, rapporte que le « Lycée Averroès » organise en début d’année des examens blancs. Après la correction des copies, certains élèves, qui n’ont pas eu des moyennes générales satisfaisantes, se voient convoqués par la direction de l’établissement. Lors de cet entretien, le directeur, ou son adjoint, expliquerait à l’élève qu’il ne pourrait pas faire  parti de la liste des candidats au baccalauréat du « Lycée Averroès ». Ensuite, le directeur, ou son adjoint, proposerait à l’élève de signer un papier – préparé préalablement par la direction – signifiant sa démission « volontaire » et sa sortie définitive des effectifs de l’établissement. On lui proposerait de s’inscrire dans un autre établissement ou de passer les examens en « candidat libre ». On lui suggérerait également un accompagnement éducatif pour mieux préparer ses examens. Cela permettrait à cet établissement de se débarrasser de certains élèves, à faibles moyennes générales, et de ne présenter aux examens nationaux que ceux qui ont la capacité de décrocher le bac sans difficulté, et d’assurer, surtout, un taux de réussite au baccalauréat avoisinant les 100 % !

Cet ex-président atteste que sa propre fille – inscrite, il y a quelques années, en série ES – était victime de cette procédure d’exclusion, voire de discrimination par la note aux examens blancs. Elle avait très mal vécu cette démission forcée et cette expulsion inhumaine à peine voilée, à l’aube du baccalauréat. Il y aurait, selon ses dires, une cinquantaine d’élèves, dans le même cas, qui, depuis la création du « Lycée Averroès » en 2003, se sont vus encouragés, par la direction, à démissionner, juste avant les examens du baccalauréat. Par ce procédé étonnant, la direction assurerait, à juste temps, un « demi-écrémage » parfait qui garantirait une apparente « excellence », mais à quel prix humain ?

Cet ex-président m’a expliqué que ce procédé a très bien servi et fonctionné durant, au moins, les cinq premières années de cet établissement. Et c’est, principalement, grâce à cette politique d’ « écrémage » systématique, qu’il aurait su affiché, habilement, d’excellents taux de réussite au baccalauréat, à la veille de la signature de son contrat d’association avec l’Etat. Serait-on désormais, en droit, de demander que toute la lumière soit faite autour de cette question ? Peut-on réclamer une enquête académique examinant les cas d’élèves qui au départ – et durant les années de seconde et de première – étaient scolarisés au sein de cet établissement mais qui se sont inscrits au baccalauréat comme « candidats libres » ? Si cette pratique inhumaine s’avère fréquemment utilisée, que reste-t-il de l’argument de ladite « excellence » ? Que sont devenus ces élèves poussés à la démission ? Comment ont-ils vécu cette séparation ? Quels impacts aurait eu cette discrimination sur leurs parcours ultérieurs ?

Michel Soussan, conseiller pédagogique de la direction du « Collège-Lycée Averroès », conseiller municipal au sein du groupe UMP d’opposition à Martine Aubry à la Mairie de Lille et rédacteur des statuts de la « Fédération Nationale des Etablissements Scolaires Musulmans » – domicilié au « Lycée Averroès » et présidé par un « frère musulman » Makhlouf Mamèche – avait justement écrit en 2010, sur son blog, un article intitulé « La violence à l’Ecole » dans lequel il dit, je cite : « Les jeunes ont à apprendre de la société les repères et les valeurs pour grandir, se structurer et se construire ».

L’on est pressé de savoir si Michel Soussan, de part son poids et son importance magistrale au sein de cet établissement, avait eu connaissance, ou pas, de ce procédé discriminatoire ? Si ce procédé est toujours adopté, sacrifiant l’honneur de certains élèves sur l’autel des chiffres de « l’excellence », quel repère et quelle valeur leurs apprend-t-on alors ? Cela ne peut-il pas être considéré comme une vraie violence produisant des dégâts insondables ? Que penserait l’Inspection Académique de cette pratique ?

J’ai vraiment du mal à croire que les choses se passeraient de cette façon, surtout lorsque les responsables ne jurent que par « l’éthique musulmane ». J’ai du mal à admettre qu’il y aurait au moins une cinquantaine d’élèves, filles et garçons, à qui l’on aurait demandé de signer un papier pour être « licencié » et lâché dans la nature, après des mois et des années de scolarité et des milliers d’euros payés par les familles. J’ai du mal à croire qu’un élève, qui serait jugé faible scolairement, puisse être mis à part et exclu sur la base du seul critère de sa note dans un examen blanc. J’ai du mal à croire que l’on pourrait sacrifier une part de la jeunesse, juste pour figurer parmi les premiers établissements dans des palmarès publiés à titre indicatif mais sans aucune autre valeur. J’ai envie de ne pas croire mon interlocuteur mais, hélas, force est de constater que pour atteindre le Tamkine, l’on peut se sacrifier soi-même, ou sacrifier d’autres, pourvue que la marche avance.

La République se doit de protéger ses enfants contre l’infamie. La République, sera-t-elle au rendez-vous ce vendredi 3 avril ?

Annexes :

Ci-après :

1- Un tableau récapitulatif de l’évolution des effectifs du « Lycée Averroès » selon les promotions, de l’année 2007/2008 à 2013/2014 ;

2- Un graphique représentatif de cette évolution ;

3- Quelques constats et interrogations.

Les chiffres sont issus des données statistiques du site du Ministère de l’Education Nationale.

Quelques constats et interrogations :

1- Toutes promotions confondues, le nombre d’élèves présentés aux examens du bac est toujours inférieur aux effectifs à la rentrée en classe de seconde.

2- Toutes promotions confondues, le nombre d’élèves présentés aux examens du bac est toujours inférieur aux effectifs à la rentrée en classe de première.

3- Promo A : Sur 45 élèves inscrits en seconde (en 2007), seulement 30 élèves sont présents, trois ans plus tard (en 2010), aux examens du baccalauréat. 15 élèves – c.à.d. 33 % – manquent à l’appel. Pourquoi ? S’agit-il de redoublements ? De réorientations ? D’abandons ? Ou d’écrémage ? En somme, cela reflète-t-il une quelconque « excellence » ?

4- Promo B : Sur 56 élèves inscrits en seconde (en 2008), seulement 34 élèves sont présents, trois ans plus tard (en 2011), aux examens du baccalauréat. 22 élèves – presque 40 % – manquent à l’appel. Pourquoi ? S’agit-il de redoublements ? De réorientations ? D’abandons ? Ou d’écrémage ? En somme, cela reflète-t-il une quelconque « excellence » ?

5- Promo E : Sur 118 élèves inscrits en seconde (en 2011), seulement 86 élèves sont présents, trois ans plus tard (en 2014), aux examens du baccalauréat. 32 élèves – presque 40 % – manquent à l’appel. Pourquoi ? S’agit-il de redoublements ? De réorientations ? D’abandons ? Ou d’écrémage ? Cela reflète-t-il une quelconque « excellence » ?

6- Promo D : Sur 100 élèves inscrits en première (en 2011), seulement 55 élèves sont présents, deux ans plus tard (en 2013), aux examens du baccalauréat. 45 élèves – c.à.d. 45 % – manquent à l’appel ! Pourquoi ? S’agit-il de redoublements ? De réorientations ? D’abandons ? Ou d’écrémage intensif ? Cela reflète-t-il une quelconque « excellence » ? Bizarrement, c’est en 2013 que cet établissement a été placé en tête de plusieurs palmarès, à l’échèle nationale.

Ces chiffres bruts, bien qu’ils renseignent, objectivement, sur l’évolution des effectifs, par promotion, depuis 2007/2008 jusqu’à 2013/2014, suscitent plutôt des interrogations quant à cette « excellence » fanfaronnée et peuvent éventuellement accréditer, en l’absence d’explications tangibles et argumentées, la thèse d’un « écrémage », plus ou moins, intensif depuis, au moins, la signature du contrat d’association avec l’Etat. Chacun tirera ses conclusions.

Mohamed Louizi

MOHAMED-TAÏEB SAGHROUNI

Mohamed-Taïeb Saghrouni

01.04.2015 La rédaction

Mohamed-Taïeb Saghrouni est Délégué Régional – Nord de l’UOIF.

Il est aussi président de l’association Tunisiens des deux rives.

Selon Mohamed Louizi qui a longtemps fait partie des Frères musulmans dans le Nord de la France, Mohamed-Taïeb Saghrouni est l’homme derrière Amar Lasfar. Il en est d’ailleurs le socle idéologique.

« (Derrière) Amar Lasfar, se cache en vérité, un autre visage qotbiste grave et renfrogné, d’un certain Mohammed-Taïeb Saghrouni, de sérieuses inquiétudes devraient être exprimées. Cet homme est une mémoire vivante et très active du courant qotbiste. Il était aussi le « garde du sceau de l’allégeance » dans la région. Rien ne me permet de confirmer qu’il ne l’est plus. D’ailleurs, jusqu’en 2006, l’on ne pouvait pas être coopté pour adhérer à la confrérie qu’après sa totale bénédiction. En Egypte, derrière l’ex-guide-suprême Mohammed Badie, il y avait  Mahmoud Ezzat. En France, derrière Amar Lasfar, il y a naturellement, en arrière-plan idéologique, Mohammed-Taïeb Saghrouni, depuis toujours ! « 

La prise de position quotbiste de l’association de Mohamed-Taïeb Saghrouni ne se cache même pas.

L’association Tunisiens des deux rives fait régulièrement des actions spectaculaires de soutien aux Frères musulmans. Dans celle ci-dessous, elle amalgame les détenus des Frères musulmans avec les prisonniers en tenue orange. Une tenu qui est portée par les prisonniers américains et par les futurs décapités de l’Etat islamique.

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