Aami Hassen Bounamcha invite ses fidèles au CCIF

11.05.2013 La rédaction

Dans une video publiée sur le compte Youtube du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), Aami Hassen Bounamcha invite ses fidèles à se joindre au rendez-vous de l’association.

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Aami Hassen Bounamcha  est opposé à la mixité entre les hommes et les femmes. Dans son prêche, « La jeunesse entre vice et vertu », il explique :

« En France, le vice est une nature humaine facilitée par les médias, je le pense de tout mon cœur, comment voulez-vous vivre dans une société comme ça ?
Quand on sort dans la rue, on voit que sur les panneaux publicitaires, à la télévision, pour vendre du beurre, une culotte, ou un micro-ondes, ils mettent une femme nue ! En France, il y a 15 ans, il y avait des écoles de filles et des écoles de garçons, c’était pas mélangé. La France avait une certaine pudeur, certaines valeurs, une censure, ils ne pouvaient pas passer n’importe quoi à la télévision. Ils censuraient des choses qui, aujourd’hui, te ferais dire même que c’était des bonnes sœurs ! Alors qu’aujourd’hui, même les bonnes sœurs elles roulent en décapotable !  » (Prêche, « La jeunesse entre vice et vertu », Dailymotion depuis août 2007)

Il y justifie aussi l’usage des tremblements de terre pour éliminer les gays.

« A San Francisco, il y a 3 millions de gays, un tiers de la Tunisie ! Allah a crée un tremblement de terre pour les punir, des milliers de morts. »  (Prêche, « La jeunesse entre vice et vertu », Dailymotion depuis août 2007)

News

Journée Portes Ouvertes à l’IFESI

L’IFESI organise une journée Portes Ouvertes dimanche 28 Avril.

Deux conférenciers de l’UOIF seront présents : Hassen Iquioussen et Hamza Garrush

Le 26 avril 2011, pourtant, l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi) a été fermé pour non respect des normes de sécurité.

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«Youssef Al-Qaradawi a oublié son passé terroriste en Algérie»

06.04.2013 La rédaction

Le chef de la police de Dubaï, Wadhih Khalfan, accuse de comploter contre son pays, les Emirats arabes unis, et de servir les intérêts d’Israël et des Etats-Unis dans la région. Wadhih Khalfan annonce sur sa page officielle Twitter que la police de Dubaï s’apprêtait à lancer un mandat d’arrêt contre le prédicateur égypto-qatari Youssef Al-Qaradawi. Ce dernier avait accusé, il y a quelques semaines, les Emirats Arabes Unis de l’empêcher d’entrer sur son territoire et demandé aux autorités de ce pays, sur un ton arrogant, d’annuler la décision d’expulser des citoyens syriens qui avaient manifesté contre le régime syrien à Dubaï. Wadhih Khalfan qualifie les propos d’Al-Qaradawi d’«insolents», ajoutant : «Al Qaradawi aura insulté tout le monde et n’aura épargné personne. Il oublie son passé funeste en Algérie, où il a commis des cruautés impardonnables.» Le chef de la police émiratie fait ici allusion aux nombreuses fetwas qu’Al-Qaradawi avait émises pour autoriser le «djihad» en Algérie durant les années 1990.
Dans un de ces décrets religieux, largement répercutés à l’époque, le prédicateur intégriste avançait comme seul argument que les groupes islamistes armés «défendent leurs droits qui leur avaient été confisqués par l’arrêt du processus électoral». Une fetwa qui avait été violemment décriée par de nombreux oulémas, à leur tête le prédicateur syrien, son éternel rival, le très respecté cheikh Saïd Al-Bouti, assassiné par les fanatiques salafistes à Damas, le 28 mars dernier. Youssef Al-Qaradawi, qui tient son autorité de ses relations avec l’émirat du Qatar, est aujourd’hui accusé par des médias et politiques algériens d’avoir exhorté des islamistes algériens, dont Abassi Madani et son fils, en plus des éléments du MSP, qu’il aurait rencontrés il y a une semaine à Doha, à accompagner le mouvement de contestation dans le sud du pays.
R. Mahmoudi.

Revue de presse

L’IFESI présent au rassemblement du Bourget

19.03.2013 La rédaction

L’IFESI sera présent à 30e Rencontre Annuelle des Musulmans de France au Bourget.

L’Institut a prévu d’y tenir un stand (présentation, informations, projets, recrutement).

Le 26 avril 2011, pourtant, l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi) a été fermé pour non respect des normes de sécurité.

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News

Il pleut sur le Proche-Orient

01.02.2013 Antoine Sfeir

L’Égypte est à feu et à sang depuis plusieurs jours. Si les événements se sont accélérés en raison d’un verdict judiciaire rendu contre 21 supporters du ballon rond – responsables, selon l’enquête, d’émeutes sur le stade ayant fait plus de soixante-dix morts il y a un an jour pour jour – cette décision a été un prétexte pour les révolutionnaires de plusieurs villes, dont Le Caire, de reprendre possession de la rue. Leurs slogans s’articulent de plus en plus autour de la situation socio-économique : les indécisions et les tergiversations du gouvernement en sont la cause essentielle – mesures prises par la présidence et contredites par le cerveau de Frères musulmans, Khairat Al Shater, auquel les fonctionnaires de la présidence, sinon Mohammed Morsi lui-même, semblent obéir au doigt et à l’œil.

Politiquement, Mr Morsi n’est définitivement plus Pharaon, comme il pensait pouvoir l’être en accédant au pouvoir : il a divisé le pays, oubliant que celui qui porte la double couronne doit avant tout être le symbole de l’unité nationale. Il a même réussi à provoquer l’union sacrée de l’opposition, entre l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, l’ancien directeur général de l’AIEA (Agence internationale de l’Énergie atomique), Mohammed el Baradei, et surtout l’étoile montante de cette opposition, qui a créé la surprise aux élections présidentielles, Hamdine Sabahi, qui se veut l’héritier du nassérisme et le chantre d’une Égypte redevenue le cœur battant de l’arabisme séculier. Les prochaines élections législatives, prévues deux mois après l’approbation de la Constitution, devraient rééquilibrer la représentation nationale, même si l’opposition peine à se faire entendre dans les campagnes ou les zones rurales.

La conquête du pouvoir par les islamistes se trouve aujourd’hui paralysée par l’échec à répondre aux aspirations du peuple : « pain, liberté et justice ». Car, sur le plan économique, l’Égypte est aux abois : les investisseurs étrangers ont fui, le tourisme n’engrange plus ne revenus, les prix montent et les salaires baissent deux fois plus vite. Le Fonds monétaire international n’a toujours pas libéré le prêt de 4,8 milliards de dollars qu’il doit accorder à l’Égypte ; le Qatar – encore lui – se propose de se substituer au FMI et d ‘avancer cette somme au président Morsi. Quant à ce dernier, ignorant la soixantaine de morts au cours de ces cinq derniers jours demeutes à Port Saïd, Suez et Ismaïlia, il effectue des visites à l’étranger tandis que l’armée se déploie dans la région du Canal du Suez pour protéger les installations qui assurent encore le fonctionnement de la mamelle économique la plus importante du pays. L’opposition, pour sa part, réclame un gouvernement d’union nationale – proposition à laquelle Morsi semble jusque là faire la sourde oreille.

De l’autre côté de la frontière, dans la « Libye libérée », le chaos gagne du terrain. Des milices islamistes, fuyant les forces françaises qui avancent au Nord Mali, retournent à leur base de départ sur le sol libyen et tentent d’y semer des troubles à répétition. Les députés libyens ont du mal à achever le projet de Constitution qu’ils sont chargés de rédiger. Si l’Occident – notamment la France et la Grande-Bretagne – a réussi à renverser Kadhafi, puis à l’éliminer pour l’empêcher de parler, il a totalement échoué dans la gestion de l’après-guerre.

Entretemps, le Qatar continue à déverser ses milliards en Syrie, en vue de faire tomber Bachar al Assad qu’on peut admirer de son côté en train de prendre des bains de foule à Damas. Cette guerre civile où les deux parties se renvoient les massacres perpétués, visant essentiellement des populations chrétiennes, semble devoir perdurer. Sachant que le chef de l’État syrien achève son mandat en 2014, les regards se tournent vers le général Manaf Tlass, 49 ans, exilé à Paris et fils de l’ancien ministre de la Défense Moustafa Tlass,. Porteur d’un projet d’union nationale, il pourrait constituer une voie de transition : à la fois issu du régime et s’en étant ensuite éloigné, Tlass peut prétendre représenter la communauté sunnite.

Plus largement, l’intervention de Tsahal contre un convoi syrien à la frontière avec le Liban est-elle le signe d’une volonté israélienne d’intervenir dans cette guerre civile, ou plutôt d’empêcher l’alimentation du Hezbollah en armes en provenance de Syrie ? Au Liban, les métastases syriennes se multiplient et les Libanais sont entraînés dans une spirale de menaces et d’anathèmes autour de la loi électorale, en prévision des élections législatives qui devraient se dérouler en 2013 et, étonnamment, autour du mariage civil. Le débat a été lancé sur un réseau social par le président de la République lui-même, le général Michel Sleiman, déclenchant ainsi l’ire des sunnites dont celle du mufti Kabbani, ce dernier allant jusqu’à menacer d’apostasie ceux qui feraient un bon accueil à une telle proposition.

Décidément, il pleut à verse sur les peuples arabes !

Antoine Sfeir Tribune

L’armée reste en embuscade

31.01.2013 Tewfik Aclimandos

La peur du chaos prévaut dans le pays, d’où l’appel lancé mardi par le ministre de la Défense à toutes les forces politiques pour trouver une issue à la crise. L’armée rechigne à intervenir. Pour le moment

L’armée égyptienne sort de l’ombre. Alors que le pays s’enfonce dans un tourbillon de violence, l’institution militaire a mis en garde, mercredi, contre «un effondrement de l’Etat». Rompant avec son habituelle discrétion, Abdel Fattah al-Sissi, le ministre de la Défense, a appelé «toutes les forces politiques» à trouver une issue aux «problèmes politiques, économiques, sociaux et de sécurité» de l’Egypte, tout en insistant sur la protection des «infrastructures vitales et stratégiques», à commencer par le canal de Suez, affecté par le climat d’instabilité qui règne dans les villes de Suez et Port-Saïd.

Faut-il y voir un retour en force des militaires? «Pas vraiment», observe le chercheur égyptien Tewfik Aclimandos. Entachée par un an et demi de transition post-Moubarak sous l’égide du Conseil suprême des forces armées, l’armée a, dit-il, «largement perdu de son prestige». De plus, ajoute-t-il, «les militaires sont conscients que le pays est aujourd’hui ingérable et ne tiennent pas à en hériter». Ainsi, depuis l’élection de Mohamed Morsi, en juin dernier, et l’éviction deux mois plus tard du maréchal Tantaoui au profit d’une nouvelle génération d’officiers, ces derniers ont rechigné à intervenir directement dans le jeu politique qui divise le pays. Seule exception: cet appel au dialogue lancé en décembre dernier, lors de la crise suscitée par l’adoption du projet controversé de Constitution.

Par ailleurs, précise ce spécialiste de l’Egypte, «tant que Washington continuera à appuyer les Frères musulmans, la probabilité d’un coup d’Etat militaire est nulle». Les Etats-Unis, qui fournissent à l’Egypte une aide militaire annuelle d’environ 1,5 milliard de dollars, semblent vouloir garder une position relativement neutre face à la crise actuelle, dans le souci de ménager leurs intérêts régionaux, et notamment ceux d’Israël.

De l’avis de certains observateurs, la mise en garde d’Abdel Fattah al-Sissi est néanmoins révélatrice de tensions dans les relations entre l’armée et les Frères musulmans, historiquement en dents de scie, et qu’on disait plutôt au beau fixe depuis le départ de Tantaoui. «Les Frères musulmans veulent une armée à la pakistanaise pour réprimer leurs opposants. Ils attendent que le général Al-Sissi finisse sa mission pour s’en débarrasser», avance le journaliste Ibrahim Issa, du quotidien Tahrir. Mais, précise-t-il, «Al-Sissi, qui est plus intelligent que ses prédécesseurs, a accompli sa mission en laissant ses officiers jouer au football avec les manifestants». Il fait là référence à ces surprenants tournois de football improvisés, en pleines manifestations, entre protestataires et soldats dans les rues de Port-Saïd, en prise à des affrontements meurtriers depuis quatre jours: un signe flagrant d’une détermination de l’armée à se distinguer de la répression menée par la police.

Plus que tout, l’avertissement du général Al-Sissi, aux allures de SOS, illustre la peur du chaos qui prévaut aujourd’hui en Egypte, et le peu de confiance qu’inspire la gestion désastreuse du pays par le président Morsi. Mercredi, deux nouveaux manifestants ont perdu la vie au Caire, où les protestataires continuent à dénoncer le «pouvoir du guide» des Frères musulmans – dont est issu le président. Sans compter le risque latent d’une guerre des milices, renforcé par l’annonce de la création, par les jeunes Frères musulmans, de White Blocs pour contrer le mouvement anarchiste des Black Blocs.

La mise en garde du ministre de la Défense intervient également au moment où la crise politique touche en plein coeur deux piliers de l’économie du pays: le canal de Suez et le tourisme – ce dernier risquant d’être encore plus affecté par l’attaque menée mardi contre le Semiramis, un hôtel de luxe situé sur la Corniche du Caire. Cet état de déliquescence a même poussé hier Mohamed El Baradei, figure de l’opposition, à appeler, sur son compte Twitter, à une réunion d’urgence «entre le président, les ministres de la Défense et de l’Intérieur, le parti au pouvoir, le courant salafiste et le Front du salut national» (dont il fait partie). «Et si les différentes forces échouent à éviter la guerre civile, alors l’armée pourrait intervenir, mais en dernier recours», précise Tewfik Aclimandos.

Delphine Minoui Le Temps, 31 janvier 2013

Revue de presse

Le frère musulman égyptien Issam Al-’Aryan appelle les Juifs égyptiens à revenir en Egypte « pour faire de la place aux Palestiniens »

27.12.2012 La rédaction

Ci-dessous des extraits d’une interview d’Issam Al-’Aryan, vice-président du parti égyptien Liberté et Justice, diffusée sur Dream 2 TV le 27 décembre 2012:

Issam Al-’Aryan: La plupart des Egyptiens sont des musulmans. Notre culture arabo-islamique est partagée par les chrétiens, les musulmans, et même les juifs qui vivaient ici. Je souhaite que les juifs reviennent en Egypte pour laisser de la place aux Palestiniens. Les Palestiniens reviendront dans leur pays, et les juifs arabes reviendront dans leur pays.

Journaliste: Accueilleriez-vous les juifs égyptiens…

Issam Al-’Aryan: Les juifs déportés par Abd Al-Nasser doivent revenir. Pourquoi les a-t-il expulsés ?

Journaliste: Alors, ils devraient récupérer leurs biens ?

Issam Al-’Aryan: Ils ont soutenu l’occupation. Tout Egyptien a le droit de revenir, surtout s’il fait de la place à un Palestinien. Je veux que les Palestiniens puissent revenir sur leurs terres. Le droit au retour ne peut être ignoré ou abandonné.

Journaliste: Mais le droit au retour est inconditionnel, n’est-ce pas ? Un Egyptien qui a quitté son pays a le droit d’y retourner.

Issam Al-’Aryan: Je fais appel à eux: l’Egypte est plus digne de vous qu’Israël. Pourquoi vivez-vous dans une entité raciste, occupante ? Pourquoi acceptez-vous d’être souillés par des crimes de guerre, pour lesquels les dirigeants de l’occupation seront punis ? Ils n’échapperont pas à la punition.

Source Memri

Vidéos

Égypte : savoir raison garder

19.12.2012 La rédaction

Les résultats du premier tour du referendum sur la Constitution en Égypte ont donné un léger avantage aux islamistes des Frères musulmans. Sauf surprise, le second tour s’inscrira dans la même veine. Malgré un faible taux de participation (moins du tiers des électeurs inscrits), ce résultat est déjà fortement significatif : le peuple égyptien est d’ores et déjà coupé en deux. C’est en cela que le président Morsi a échoué. Depuis des millénaires, le chef de l’État égyptien doit revêtir la stature de pharaon, avec la double couronne qui relie la Haute et la Basse Égypte, et la population rurale à celle des villes.

Il faut dire Mohammad Morsi n’a pas précisément brillé durant la première année de son mandat : preuve en sont les quolibets dont on l’affuble dans la presse égyptienne. Le dernier couac en date est sans aucun doute le plus significatif : le Fonds monétaire international avait enfin décidé d’accorder un prêt de 4,8 milliards de dollars à l’Égypte à condition que le gouvernement entame des réformes structurelles. Le chef de l’État a donc décidé d’imposer des taxes importantes sur les boissons alcoolisées, le tabac de narguilé (chicha) et autres denrées alimentaires de base, les taux de crédit, le logement, le matériel de construction et les téléphones mobiles, sans parler des augmentations d’impôts pour les revenus moyens. Ces mesures de premier ordre n’ont toutefois pas été annoncées par un communiqué officiel ou au cours d’une conférence de presse, comme tout gouvernement digne de ce nom l’aurait fait ; non, M. Morsi a choisi de les publier subrepticement dans le quotidien politique Al Ahram. Mieux : devant l’ampleur de la contestation populaire, à peine quelques heures plus tard– dans la nuit – c’est la page Facebook du président, relayant celle du parti Liberté et Justice (formation politique des Frères musulmans), qui a annoncé le report des dites taxes jusqu’à leur soumission devant le nouveau Parlement…

Car, dans le cas où la Constitution serait définitivement adoptée, il est prévu de prochaines élections législatives pour élire cette nouvelle Assemblée. Il est peu ou prou certain que les suffrages des islamistes et des salafistes (61 % en 2011) fondront comme neige au soleil ; cela démontre qu’il est difficile aux extrêmes de prétendre rester connectés aux réalités de la vie et à celles du pouvoir en ayant recours aux moyens utilisés lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Il est plus malaisé de vouloir manger le raisin de la vigne que d’en tuer le gardien… il faut pour cela savoir raison garder, et non vouloir appliquer à la lettre une idéologie surannée.

Antoine Sfeir

Tribune

Le devoir de Pharaon

08.12.2012 Antoine Sfeir

Pour la première fois de leur histoire, les Frères musulmans font, à grande échelle, l’expérience du pouvoir. Comme beaucoup de partis extrémistes avant eux, ils sont passés sans transition du droit de contestation, souvent clandestin, au devoir indéniable de responsabilité. Par la position de leur représentant à la tête de l’État, Mohammad Morsi, ils sont enfin en train d’apprendre la difficile équation de l’autorité, en même temps que cette maxime de l’Égypte éternelle : le pouvoir n’est pas une fin en soi.

Dans le pays où elle est née, il y a 84 ans, la Confrérie, prenant en marche le train de la révolution de la place Tahrir – avant de la confisquer, faute d’autre parti assez structuré – a eu beau jeu d’utiliser à son avantage le jeu démocratique. À peine l’ancien président Moubarak évincé, à peine la victoire (serrée) de Morsi célébrée, à peine le projet de Constitution rédigé à la hâte par une assemblée déséquilibrée, voilà que l’ivresse du pouvoir est montée à la tête du nouveau président. Mohammad Morsi a commis la faute atavique de tous les zaïms arabes : se croire invincible, inébranlable, inattaquable. Il paraît plus pressé, par le décret du 22 novembre, de s’arroger impunément des pouvoirs démesurés que de répondre aux attentes d’un peuple miné par le chômage et la privation de libertés publiques. Parce que légitimement élu par la voie des urnes, Morsi ne peut une seule seconde s’imaginer éjectable à l’instar d’un Moubarak.

Las, il doit aujourd’hui essuyer les mêmes reproches, les mêmes manifestations, les mêmes slogans (« Dégage ! ») qui avaient ébranlé ce dernier il y a près de deux ans. En interdisant toute contestation judiciaire de la légalité de son assemblée constituante – déjà discréditée par l’omniprésence des islamistes et l’absence de femmes et de coptes – le chef de l’exécutif n’a réussi qu’à attiser les foudres de ses opposants, réunissant ainsi contre lui aux côtés des juges, outrés qu’on veuille outrepasser leurs fonctions, un aréopage allant des partisans de l’ancien régime aux jeunes révolutionnaires libéraux, des nostalgiques du nassérisme aux théologiens d’Al Azhar, pilier de l’islam sunnite en Égypte et au-delà.

anti-Morsi_palais (Nasser Nasser / Sipa)

Après s’être trouvé confronté à l’exercice périlleux qui consiste à devoir honorer, bien que les ayant longtemps contestés, les engagements de l’État que l’on préside, notamment face à Israël, Mohammad Morsi sous-estime à présent la puissance des foules. Quoique disparate et désorganisé, le peuple égyptien a pourtant déjà fait tomber un régime autoritaire. Il n’a que faire d’un report éventuel de referendum. Ayant pour lui le nombre et la jeunesse, il ne craint plus de camper dans la rue pour résister à la dictature.

À vouloir aller trop loin, trop vite, le président tout juste élu pourrait être, tout aussi vite, débordé par la force d’une houle assoiffée de droits et de libertés. Il a seulement oublié, dans sa précipitation, que le rôle de tout Pharaon est d’incarner le ciment national d’un peuple divisé.

Antoine SfeirTribune

Jacques Vergès à l’IFESI

02.12.2012 La rédaction

Jacques Vergès fera une conférence à l’IFESI le 2 décembre 2012.

Les liens entre Jacques Vergès et les Frères musulmans sont anciens.

Le mécène de Jacques Vergès, le banquier François Genoud était un ami de Saïd Ramadan, gendre de Hassan Al Banna.

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Le 26 avril 2011, pourtant, l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi) a été fermé pour non respect des normes de sécurité.News