Cette violence physique fait suite à une violence verbale et à des menaces proférées par ce même responsable.
Contacté par Ikhwan Info, Salama Attaallah a déclaré : « ce qui m’a fait plus mal, ce n’est pas le coup de poing que j’ai reçu, mais la passivité des organisateurs. Une passivité qui a été jusqu’au dédain. »En 2011, Salama Ataallah, correspondant pour l’antenne arabophone de France 24 dans la bande de Gaza, avait été soutenu par Reporters Sans Frontières suite au harcèlement des services de sécurité du Hamas.
Pour fêter le 40ème anniversaire de la Marche verte, 4.215 détenus ont été graciés par le roi du Maroc.
Y compris 37 salafistes, dont la libération était demandée par les islamistes.
Parmi eux Hassan Khattab, alias Abou Oussama, chef du groupe Ansar Al Mahdi qui avait été démantelé en juillet 2006. Le Parquet, avait alors estimé qu’il s’agissait de « l’une des plus dangereuses cellules terroristes », liée au réseau Al-Qaïda.
Depuis sa prison, Hassan Khattab avait accumulé les lettres de repentance.
Le 8 mai 2015, en présence d’Angela Davis, Amal Bentounsi annonce la marche sous le drapeau du Parti des Indigènes de la République. Cette annonce est faite lors de l’événement intitulé « les 10 ans du PIR » (Parti des Indigènes de la République). Amal Bentounsi intervient dans les différentes publications du PIR depuis décembre 2013.
LES PROTAGONISTES MIS EN AVANT :
• Amal Bentounsi : « à l’origine de la marche »
La figure de proue mise en avant par la marche est Amal Bentounsi. Elle est même désignée par le site Streetpress* comme « la militante à l’origine de la Marche de la dignité ».
Amal Bentounsi est la soeur d’Amine Bentounsi, tué par un policier. Peu de média s’en souviennent mais elle expliquait alors que son frère avait été délibérément liquidé par la police, qui « lui en voulait » depuis plus de 10 ans. A l’en croire, il était persécuté pour avoir déclaré au commissariat de Meaux toucher de l’argent liquide de la part d’un responsable de l’office HLM local pour brûler des voitures dans les quartiers, et ce afin de justifier la politique sécuritaire de Jean-François Copé… Et Amal Bentounsi d’expliquer au Parisien : « Ils ne l’ont pas digéré ». Une théorie du complot qu’elle a longtemps défendu, notamment au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Etrangement cette interprétation complotiste a disparu des récentes interventions d’Amal Bentounsi.
En 2009, avant le mort de son frère, Amal Bentounsi a commencé un roman intitulé « Ce petit frère qu’on assassine ». Il était écrit trois ans avant la mort de son frère, condamné à plusieurs reprises pour braquage. Amal Bentounsi a ensuite produit un clip : Urgence notre police assassine.
Elle y dit notamment : « Vous voulez commettre des violences et des crimes en toute impunité, sans jamais être inquiétés par la justice. Vous êtes insultants, violents, ne respectez pas le code de la déontologie. Méprisants, arrogants, sont vos qualités. Prêt à tuer sans être en état de légitime défense. En argent de poche, pour arrondir vos fins de mois, coller des outrages à agent. La police recrute, et la justice vous protège et vous acquitte. Même si vous êtes coupables, ne vous inquiétez pas, on fera en sorte que vous ne le soyez plus. Nos syndicats sont puissants. Alors n’attendez pas, la police est le meilleur métier pour être au dessus des lois. »
Poursuivie pour ce clip, le procureur demandera et obtiendra sa relaxe.
• Hanane Karimi
Hanane Karimi apparait dès la première conférence de presse, le 7 juillet 2015. Elle est doctorante et porte-parole du collectif « Les Femmes dans la Mosquée« . Les Inrocks lui ont consacré un portrait élogieux en 2014, où elle est présentée comme une féministe qui lutte contre l’archaïsme de … la Grande mosquée de Paris.
Touchée par la violence des attentats de janvier, elle propose à ses « amis non musulmans… de se rendre aux abords des mosquées pour éviter les attaques et débordements, pour faire un pied de nez aux racistes« .
Le 15 janvier, elle écrivait sur le site islamiste Saphirnews : « Alors lorsque Charlie décide de sortir à 1, 3 puis 5 millions d’exemplaires un numéro dont la Une est une caricature du Prophète de l’islam, je m’interroge. Cet homme qu’il représente, s’appelle Mahomet. Je ne le connais pas. Il est l’archétype de l’arabe musulman, en turban et djellaba, auquel Charlie attribue tous les stigmates. Il est une projection française réductrice et contextualisée d’un homme qu’ils désignent comme nôtre. Il ne l‘est pas. Il n’est pas Muhammad. Il n’est qu’une image tronquée, une projection stylisée d’un ensemble de clichés pérennes. Charlie qui n’aime pas les symboles a son symbole de l’islam qui est Mahomet, « celui qui n’est pas béni ». Il est le symbole de l’autre : l’Arabe et le musulman caricaturés à l’extrême. » Une position qui lui permet d’être invitée à Berkeley sur l' »islamophobie » suite aux attentats de Charlie Hebdo.
Hanane Karimi est un relais du Parti des Indigènes de la République. Le 8 mai, elle retweetera :
Le 6 mars 2015, Hanane Karimi participait au meeting « Contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire ».
Le 1er novembre, elle a sous-entendu que Tariq Ramadan n’avait pas de rapport avec la marche. Sans doute Hanane Karimi a-t-elle oublié que Tariq Ramadan a été l’un des premiers à appeler à la Marche… Et que ses étudiantes motivées, dont elle même fait partie, sont mises en avant comme à l’origine de la marche.
• Mamans toutes égales : Collectif fondé pour défendre le droit des mères accompagnant les sorties scolaires à porter le voile.
• Tariq Ramadan : on ne le présente plus.
Non seulement, il appelle à la marche, depuis le début, mais il l’encourage à plusieurs reprises.
• Le rappeur Medine
Medine, auteur d’un clip appelant à « crucifier les laïques« , fournira son camion au discours et au concert de fin de journée.
Medine a expliqué avoir cofondé l’association Havre du Savoir. Un site internet qui relaie la prose des Frères musulmans en français. On y apprend qu’il faut se méfier des Chiites, Zaydites, Alaouites et Yazidis, et « comprendre pourquoi ils ne sont pas conformes à la voie du Prophète ».
A la tribune, il a été annoncé que Medine avait donné de l’argent pour la manifestation.
La manifestation sera annoncée et chroniquée par un nombre impressionnant de médias.
France 3
Arte
Itélé
BFM TV
Le Monde
Libération
Le Parisien
La dépêche
20 Minutes
La Croix
L’Obs
Le Figaro
Buzzfeed
Oumma
Safirnews
Mediapart
Quasiment aucun de ces médias ne fera une enquête sur les signataires, les organisateurs ou même le texte de l’appel se contentant de reproduire les éléments de langage fournis. Seuls quelques groupes et individus ont eu le courage de pointer les ambiguïtés de la démarche. Ici, ici, ici et ici. Ils ont immédiatement été pris en chasse par les trolls habituels.
Le battage médiatique annonçait un tsunami. Il devait renvoyer aux oubliettes de l’histoire les premières marches contre le racisme. A l’époque, 100 000 personnes avaient manifesté. Le 31 octobre 2015, selon les organisateurs, 10 000 ont battu le pavé.
LE DEROULE DE LA MARCHE :
De nombreuses personnes ont manifesté en toute bonne foi contre le racisme sans forcément adhérer aux thèses des organisateurs.
• Slogans entendus
« Et un, et deux, et trois Intifada »
« De Gaza à Jenin, liberez la Palestine »
« Les ‘je suis Charlie’, on en veut pas ! Les femens, on en veut pas ! L’islamophobie, on en veut pas ! »
• La banderole du Parti des indigènes de la République précédée par une militante arborant portrait de Morsi et signe de la Rabia.
• Le cortège du BDS récemment condamné par la justice, avec ici encore une militante arborant la Rabia en solidarité avec les Frères musulmans.
• L’absence de la CNT a été très remarquée. Les anars historiques ne veulent pas/plus marcher avec le PIR. Tout le long de la manifestation des stikers critiquaient les options racialistes de la marche.
• Houria Bouteldja, dont tout le monde s’est acharné a minimiser la présence était en tête de cortège.
• Karima Souid, politicienne tunisienne (ex Etakatol) était présente lors de la marche. Le 21 juillet 2015, Karima Souid avait menacé le journaliste Mohamed Sifaoui.
Et un moment nostalgie pour le dictateur Sekou Touré mort en 1984 après 26 ans au pouvoir :
• A la tribune Saïd Bouamama a déclaré « nous sommes fiers de ne pas être Charlie ».
• Une manifestante s’est émue de voir « un mec blanc » oser manifester avec elle.
La même se félicite du slogan refusant l' »intégration par le jambon », un concept développé par le prédicateur Hassan Iquioussen :
• Le Maire PCF de la Courneuve a été accusé, sur le camion de tête de la manifestation, de racisme car il a démantelé un camps de Roms.• En fin de manif, une petite centaine d’intervenants seulement écoute les leaders du mouvement.
• Bref, une manifestation sur mesure pour ravir l’extrême droite française
Cette organisation a été créée en 1981 par des membres des Frères musulmans. Plusieurs administrateurs comme Ahmed Elkadi ou Jamal Badawi ont aussi été des dirigeants officiels des Frères musulmans.
Jamal Badawi a déclaré dans cette vidéo qu’il militait pour le rétablissement d’un califat sans frontières.
Il s’agit d’une organisation parapluie qui revendique 70% des mosquées américaines.
En 2007 lors du procès pour terrorisme de la Holy Land Foundation, le Département d’Etat de Justice a désigné ISNA, CAIR,et NAIT comme « une entité qui est ou qui a été membre des Frères musulmans américains. » ISNA a alors porté plainte pour être retirée de la liste du Département d’Etat. Le juge Solis a statué que le gouvernement n’aurait pas du faire une liste d’associations ayant des liens avec les Frères musulmans mais que « le gouvernement avait produit de très amples preuves qui permettaient de lier CAIR, ISNA, NAIT avec la Islamic Association for Palestine et avec le Hamas«
Depuis 2014, le président de ISNA est Azhar Azeez. Il a longtemps travaillé dans des multinationales comme General Electric, American General Life et Capital One. Il a aussi été directeur national de Islamic Relief USA.
Le 24 octobre 2015, une manifestation »pour » la Palestine a eu lieu à Paris. On pouvait y voir des « rabia« , symboles de la solidarité avec les Frères musulmans et des portraits de Morsi. On y a réclamé « des armes » pour le Hamas, expliqué que Sissi voulait noyer Gaza d’après une idée de Mahmoud Abbas.
Ce 17 octobre 2015, une manifestation était organisée à Paris, place de la République. Le titre était : « L’intifada continue, soutien à la résistance palestinienne ».
Si certains manifestants étaient venus manifester leur sympathie et leur solidarité pour la Palestine, d’autres avaient un discours beaucoup plus offensif.
On a pu y voir, pêle-mêle, des affiches, banderoles ou autres autocollant appelant au « Boycott d’Israël », des illustrations présentant Israël comme un « pays nazi », mais aussi des portraits de l’ancien président Frère Musulman égyptien Mohamed Morsi et de nombreux drapeaux de la Rabia, symbole des Frères Musulmans.
Côté discours à la tribune, on a pu entendre des appels à « boycotter Israël », à « continuer la résistance de n’importe quelle manière », puis des incitations plus directes à « continuer les attaques au couteau » (comme déjà énoncé dans le communiqué de l’évènement sur Facebook). Israël y est décrit comme « un pays sioniste et nazi ». La possibilité de deux états vivant en paix est écartée par un intervenant qui réclame la victoire totale palestinienne.
Plusieurs manifestants portaient le signe de ralliement des Frères musulmans, la Rabia (aussi orthographiée Rabaa). Ce symbole est apparu après la violente répression contre les Frères musulmans place Rabi’a al Adawiyya, le 14 Août 2013.
Le Collectif Cheikh Yassine (CCY) a également donné de la voix. Avec un camion, des enceintes, des portraits géants du cheikh Yassine, fondateur du Hamas, les moyens étaient mis en œuvre. Leur chef, Abdelkrim Sefrioui, est présent et n’hésite pas à téléphoner en live avec un haut parleur à un « résistant palestinien », qu’il décrit comme un membre éminent du Hamas, pour que celui-ci donne l’instruction au public de continuer à manifester pour la Palestine et à s’opposer aux dirigeants français « sous la mainmise sioniste ». Tout comme le seraient l’ « Europe » ou l’ « ONU ». Le Collectif Cheikh Yassine n’a pas hésité à relativiser la Shoah en ironisant sur le camp d’extermination d’Auschwitz, et en désignant les « sionistes » comme les véritables nazis.
La théorie de la destruction de la mosquée Al-Aqsa par les israéliens est également développée, par le biais de la construction de « souterrains pour provoquer sa destruction dans un but Talmudique ».
S’en est suivi une prière de rue, la récitation de la chahada par le CCY et la foule, quelques « Allah u Akbar », et un appel aux manifestants à devenir des « moujahidines » sous les applaudissements. Sefrioui entonne alors « Sionistes Fascistes, Hamas résistance, Djihad résistance » avec la foule, ainsi que des appels à « armer le Hamas ».
Le thème était : « J’aime mon Prophète ». Ce slogan avait déjà été utilisé dans les premières manifestations contre Charlie Hebdo, après les attentats. Dans leur tract d’appel à la rencontre, les organisateurs ont écrit :
« En effet, depuis plusieurs années, l’image de notre Prophète (saws) ne cesse d’être bafouée à travers diverses polémiques et mensonges. Au-delà de l’émotion légitime que cela suscite, nous souhaitons répondre de manière rationnelle à ces attaques. »
Qui sont les intervenants ?
Linda Bendjafer : Conférencière et Psychologue spécialiste de l’enfant et de l’adolescent. Linda Bendjafer est titulaire d’un DESS (Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées) de Psychologie Clinique, d’un Diplôme d’État de « Conseiller d’Orientation-Psychologue » et d’un Master de Recherche en « Psychologie Différentielle ».
Vues de ce côté de la Méditerranée, la complaisance et la cécité des élites occidentales à l’égard des islamistes laissent pantois. Les camps de ceux qui les combattent ici, qu’ils soient musulmans laïques, musulmans conservateurs, musulmans bigots, musulmans libéraux, musulmans nationalistes, musulmans athées, ou non musulmans ne parviennent pas à comprendre qu’il y a cécité – vues d’ici, les choses sont tellement évidentes ! La cécité et la surdité ne sont pas retenues comme principe d’explication – après tout, les sourds muets sont une minorité. La clé de la posture dénoncée est cherchée ailleurs – dans la peur du Moloch, qu’on tente d’apaiser en sacrifiant les humains du sud, ou dans la mauvaise foi intégrale, ou dans d’hypothétiques complots, avec différentes variantes de cette explication.
Je ne vais pas les décliner ici, je n’ai pas assez de place. Je me contente de souligner deux choses qui dans notre malheur d’arabes m’amusent : quand le premier crétin venu vivant dans la région sait que tel type d’action « A » aura la conséquence « B », il est impossible de lui expliquer, à lui et à ceux qui sont moins bêtes que lui, qu’un homme politique occidental, aussi nain soit il, qui est juché sur un capital scientifique et sur les géants du savoir humain, ne l’ait pas vu. Et c’est pourtant le cas… Autre chose : un politique occidental « avisé » dira qu’il parle avec tous ceux qui comptent dans la région, avec les forces politiques réelles ayant une présence sur le terrain. Un théoricien du complot oriental dira que cet homme politique occidental parle aux forces de destruction et que ce faisant, il cautionne voire encourage voire suscite ladite destruction – et en fait les deux désignent la même « médaille ».
Bien sûr, un facteur complique la donne : l’ordre que voulaient et veulent détruire les islamistes n’est pas du tout sympathique. Il ne l’était pas à sa naissance et il n’a cessé de muer et d’empirer. Mais les islamistes n’en veulent pas uniquement à ses défauts. Et surtout mettre dans le même panier le régime de Mr Moubarak et celui des Assad, ou encore, sur un autre registre, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, comme beaucoup le font, est plus qu’une faute. Une faute qui ne voit pas, d’ailleurs, que la grille de lecture islamiste met dans le même sac les autoritarismes et tyrannies arabes et les démocraties occidentales : des régimes qui croient que les hommes ont le droit de faire ce que seul Dieu est habilité à faire : légiférer.
Les sophistes vous diront qu’il y a un islamisme démocratique, comme il y avait auparavant un marxisme occidental. C’est à la fois vrai et faux. Vrai : des intellectuels islamistes recherchent la synthèse. Mais ce n’est pas parce que Luckacks, Adorno, Habermas sont de grands intellectuels qu’il faut excuser le communisme est-européen. Et d’ailleurs l’islamisme, loin s’en faut, n’a pas produit de penseurs de cette stature. Pis, le militant islamiste moyen a souvent une haine viscérale pour toute culture, dominante ou dominée : par définition, toute parole humaine empêche d’entendre le message divin, ou au mieux le brouille. Vrai aussi : beaucoup de militants (la plupart sont admirables, ce qui ne doit pas empêcher de les combattre) ne voient pas l’incompatibilité entre démocratie et islamisme, ou ont des doutes et comprennent que l’argumentaire démocratique a peut être une validité. Mais les logiques organisationnelles, la fidélité à l’engagement, les passions qui animent les militants et les soudent, les dynamiques de groupes et enfin les arbitrages que fait chacun règle les tensions, au détriment de l’aspiration démocratique. Vrai enfin : beaucoup de secteurs des opinions publiques musulmanes veulent à la fois davantage d’islam et davantage de démocratie, sans voir les tensions potentielles – et donc la formule faisant la synthèse peut être trouvée un jour – mais elle ne l’a pas été, n’en déplaise aux admirateurs de Tourabi, Ghannouchi et autres Erdogan.
Faux, archifaux, car l’islamisme est par nature et PEUT ETRE irrémédiablement, un projet intrinsèquement agressif et oppresseur. Son discours dit qu’il faut islamiser la réalité – ce qui implique qu’elle ne l’est pas et les conséquences de cet acte de langage sont très lourdes : la réalité doit être guerroyée. Ses pratiques, c’est imposer une homogénéisation intrusive et pis, humilier les pécheurs. C’est un projet « total », même ses partisans et ses compagnons de route le reconnaissent, quitte à glapir quand on dit « totalitaire ». Ceux qui le défendent vous diront qu’il représente les « valeurs de la communauté ». Cela a une part de vrai, évidemment entre « islam » et « islamisme » il y a des points communs et évidemment aussi certaines mauvaises passions qui le meuvent sont partagées par d’autres acteurs : les islamistes ne sont pas les seuls bons croyants (musulmans, chrétiens ou juifs) à se juger supérieurs au reste de l’humanité et à croire qu’ils ont le droit d’emmerder les autres. Mais c’est radicalement faux et je vais me contenter de parler de ceux, dans la communauté, qui ressemblent aux islamistes sans l’être. Vous pouvez partager les mêmes valeurs et estimer ne pas avoir de leçons à recevoir ou à donner et être plus tolérants pour les faiblesses de la nature humaine. Vous pouvez vouloir plus d’islam sans éprouver le besoin de guerroyer tout ce qui ne vous semble pas islamique dans l’environnement. Vous pouvez même vouloir un programme ressemblant aux leurs mais sans croire que vous revivez la Geste Prophétique et la Fondation de la Communauté de l’islam qui entretemps a disparu. J’arrête là.
Ceux qui vous disent que le président Morsi est tombé suite à un complot des élites et de l’État profond ratent l’essentiel – la partie s’est jouée dans les quartiers pauvres. Les classes moyennes ont bien sûr eu très peur, mais elles peuvent, jusqu’à un certain point, se protéger contre les intrusions des emmerdeurs. Les pauvres, non. Surtout s’ils dépendent desdits emmerdeurs pour les services essentiels, santé, éducation. Ces pauvres, les frères les ont perdus. Mais rien ne dit qu’ils ne les regagneront pas.
Car force est de reconnaître que les autres projets ont leurs immenses défauts et qu’il y a de fortes chances qu’ils se plantent. Force aussi est de reconnaître que dans le monde misérable qui est celui de la société égyptienne, l’utopie restera possible et séductrice. A condition de faire oublier sa première « incarnation » – heureusement, la violence islamiste la rappelle constamment … pour l’instant.
L’homme accusé d’incitation à la haine et au meurtre ainsi que de corruption par l’Egypte est recherché par Interpol (ici).
Depuis quelques mois l’Arabie Saoudite envoie des signaux contradictoires concernant les Frères musulmans, rappelant qu’elle les combat, mais continuant à les recevoir.
Le 11 octobre 2015, il fera une conférence au Centre communautaire d’Otawa Gatineau.
Bechir Ben Hassen est un des prédicateurs incitant à la haine contre les musulmans non sunnites. En décembre 2014 il déclarait :
« Je le dis haut et fort. Haut et fort. Les chiites n’ont rien à faire en Tunisie. Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour les affronter, car nous sommes fondamentalement convaincus que la menace qu’ils représentent pour l’islam et les musulmans est supérieure à celle posée par les juifs et des chrétiens. Nous les attendons de pied ferme, avec tous les moyens à notre disposition. » (Transcription ici)
Le 14 août 2015, un groupe de femmes a porté plainte contre le prédicateur Béchir Ben Hassen, pour incitation à la discrimination et l’appel à la discorde et à la zizanie suite à un post violent.
Alors que le 13 août marque la fête nationale de la femme, le prédicateur Béchir Ben Hassen a choisi de marquer le coup en publiant sur sa page un violent réquisitoire contre le principe même de cette fête. Il écrivait notamment « mais qui est cette femme que vous fêtez ? ». La femme « que vous avez déshabillée, rendue semblable à l’homme, qui se mesure à son mari, qui n’obéit plus à son père et ne reconnait plus les principes de sa religion sous couvert de liberté et d’égalité ». Et poursuivait en attaquant Bourguiba qui a « libéré la femme de l’esclavage de Dieu en lui enlevant son voile avec ses sales mains alors que les gens applaudissaient ».
Béchir Ben Hassen, salafiste, a été proche du mouvement Ennahdha, avertissant les fidèles que ne pas voter Ennnahdha signifiait éradiquer l’islam en Tunisie. Béchir Ben Hassen n’exerce plus en Tunisie suite à ses prêches radicaux. Son limogeage a été annoncé au lendemain de l’attaque terroriste de Sousse, du 26 juin 2015 (38 morts et 39 blessés). Mais le limogeage avait déjà été décidé par la Troïka et bloqué suite à ses soutiens.
Suite à cette annonce, Nathalie Roy, députée de Montarville a déclaré « L’Université Laval laisse entrer le loup dans la bergerie. La feuille de route de l’imam radical Béchir Ben Hassen nous permet de mettre en doute ses réelles intentions. Il est tout de même stupéfiant d’apprendre que cet homme, interdit de prêche en Tunisie, révoqué d’une mosquée et arrêté en 2013 par Interpol, a le droit de venir dire à nos universitaires comment prévenir la radicalisation. Pour nous, c’est clair : Béchir Ben Hassen n’a aucune crédibilité et il n’est pas le bienvenu au Québec! » (…) «Cet homme-là s’en vient à Montréal et à Ottawa, il a approuvé les attentats de Charlie Hebdo dans une conférence publiée le 10 janvier 2015 sur Internet en disant: La punition pour quiconque insulte le prophète Mahomet est la mort et devra être puni et exécuté»