L’association Lallab était au cœur d’une vive polémique l’été dernier.
Plutôt discrète jusqu’ici, l’association organise le 11 décembre avec le cabinet de recrutement Mozaïk RH une soirée projection débat « pour une diversité religieuse en entreprise épanouie et performante ».
Fait notable, cette soirée s’inscrit dans la Semaine de lutte contre les discriminations de la Mairie de Paris. La rencontre aura d’ailleurs lieu dans le local public du Point Paris Emploi du 10ème arrondissement de la capitale.News
Il faut se frotter les yeux pour y croire. Dans une appel publié par Libération, une petite liste de communautaristes (en vérité toujours les mêmes) s’auto-proclament donc « représentants de l’antiracisme » et s’en prennent aux antiracistes universalistes, qu’ils amalgament joyeusement avec la fachosphère. A les en croire, l’Affaire Ramadan ne servirait qu’à libérer l' »islamophobie ». Mieux, Jean-Luc Mélenchon aurait rejoint ce complot facho-vallso-laïque en osant lui aussi accuser Houria Bouteldja d' »antisémitisme ». Antisémitisme qu’ils nient absolument…
Trouver les noms d’Eric Fassin et de Christine Delphy aux côtés de Nacira Guénif (sociologue des Indigènes de la République) ne surprendra que les naïfs n’ayant pas suivi leur longue et tragique dérive… Comme si ce n’était pas assez, ils signent ce texte visant à interdire la critique de l’islamisme au nom de l’antiracisme aux côtés d’Ismahane Chouder, dont on ne voit décidément en quoi consiste son engagement antiraciste.
Animatrice de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM) et intervenante vedette de Lallab, elle se bat surtout pour le voile, contre le mariage homosexuel aux côtés de la Manif pour tous, contre l’IVG aux côtés d’Alliance Vita et bien sûr contre Charlie Hebdo aux côtés des Indigènes de la République.
Ismahane Chouder sur les pas du Cheikh Yassine et de sa fille Nadia Yassine
Ismahane Chouder est sans doute une des plus actives porte-voix du mouvement islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. Ce mouvement a été fondé et guidé par le Cheikh Abdessalam Yassine. Sa fille Nadia Yassine est par la suite devenue porte parole du mouvement. Passée par le bouddhisme, différentes confréries soufies, Ismahane Chouder découvre le mouvement de cheikh Yassine en 2000. Un coup de foudre et une passion jamais éteinte depuis: « Ce maître spirituel me meut chaque jour davantage » dit-elle. Ismahane Chouder ne s’économise pas pour son maître.
Elle multiplie les interventions publiques… et les casquettes : coprésidente du Collectif Féministes Pour l’Égalité (CFPE), secrétaire générale de la Commission Islam et Laïcité, membre du collectif Une école pour tou-te-s, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Égales (MTE). Une tactique proche de l’entrisme qui lui permet d’intervenir sur les sujets les plus variés : féminisme, école, laïcité, voile, racisme, banlieues…
En mars 2015, Ismahane Chouder représente PSM à la Bourse du Travail de Saint-Denis à une conférence « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », au côté du PCF, du NPA, des Frères musulmans (de l’UOIF à Présence Musulmane)… A gauche, le rassemblement fait grincer des dents. Le Parti de Gauche ne participera pas, pas plus qu’EELV, plus divisé sur le sujet, qui se retire finalement. Ismahane Chouder apparaît régulièrement dans les débats avec des groupes racialistes post-coloniaux (Les Indigènes de la République, les Indivisibles de Rokhaya Diallo…), Pierre Tévanian et Malika Latrèche, avec qui elle publie Les Filles voilées parlent… ou donnant la réplique à Emmanuel Todd à Saint-Denis, le 26 juin 2015, avec tous les « anti Charlie ».
Main dans la main avec Alliance Vita
Ismahane Chouder se lie même avec les intégristes catholiques d’Alliance Vita avec lesquels son association a effectivement bien des points communs : avortement, gender, euthanasie, recherches sur l’embryon… Entre les deux organisations, c’est l’accord parfait sur tous les sujets ! PSM participe d’ailleurs aux Universités d’été d’Alliance Vita du 30 août au 1 septembre 2013, à Écully, près de Lyon. Participation et Spiritualité Musulmanes y présente, lors d’une séance plénière, son projet éducatif, son organisation et le « point de vue des musulmans sur le thème de la défense de la vie », (c’est bien le point de vue DES musulmans que l’association prétend ici représenter). Des deux côtés, on se réjouit de cette rencontre. Tugdual Derville, co-fondateur d’Alliance Vita, la qualifie même d’« historique ». PSM se retrouvera encore la même année aux côtés de l’association intégriste, dans des manifestations homophobes dénonçant les « dangers du mariage pour tous ».
En octobre 2015, elle est l’une des porte-paroles de la Marche de la Dignité, rassemblant tous les identitaires racialistes, post-coloniaux, du Parti des Indigènes de la République, aux afro-féministes du Mwasi, avec comme un des mots d’ordre : la lutte des races ! PSM se fait largement l’écho de cette Marche.
Pour rappel, celle qui tient la banderole juste à ses côtés, Houria Bouteldja que défend le texte de ces soit-disant « représentants de l’antiracisme », a écrit un pamphlet bourré d’allusions antisémites : Les Blancs, les Juifs et nous. Un livre encensé par Radio Courtoisie. Il invite notamment les « racisées » à ne pas se plaindre si elle se font violées par un « racisé » pour ne pas faire le jeu des « islamophobes ». Une consigne qui ne devrait pas déplaire à Tariq Ramadan.
Camille Rigault avec l’aide de Yann Barte
Les premiers signataires :
SIGNATAIRES : Bams, artiste, militante antiraciste; Ludivine Bantigny, historienne; Maxime Benatouil , membre de l’Union juive française pour la paix; Judith Bernard, metteure en scène, enseignante et journaliste; Daniel Blondet , militant syndicaliste, anti-impérialiste; Alima Boumediene, avocate, association Femmes plurielles; Rony Brauman, enseignant, essayiste; Déborah Cohen, historienne; Ismahane Chouder, coprésidente du Collectif des féministes pour l’égalité; Thomas Coutrot, économiste; Christine Delphy, sociologue et féministe; Eva Doumbia, metteure en scène, autrice, membre du collectif Décoloniser les arts; Annie Ernaux, écrivaine; Eric Fassin, sociologue; Bernard Friot, économiste et sociologue; Sylvain George, cinéaste; François Gèze, éditeur; Nacira Guénif, sociologue; Michelle Guerci, journaliste; Eric Hazan, éditeur; Nicolas Klotz, cinéaste; Stathis Kouvelakis, philosophe; Thierry Labica, enseignant-chercheur; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire; Laurent Lévy, essayiste, militant antiraciste; Philippe Marlière, politiste; Gustave Massiah, économiste; Olivier Neveux, universitaire; Dimitri Nicolaïdis, enseignant école européenne de Bruxelles; Ugo Palheta, sociologue; Elisabeth Perceval , cinéaste; Nathalie Quintane, écrivaine; Lluis Sala Molins, philosophe et essayiste; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix; Julien Théry, historien; Rémy Toulouse, éditeur; Françoise Vergès, féministe antiraciste et Bernard Stiegler, philosophe.News
Pierre Kanuty est Conseiller régional PS Ile-de-France
En France, il a fallu plus d’un siècle pour rallier le catholicisme à la République, mais on a fini par y arriver.
A rebours des constats pessimistes, cela peut marcher avec l’islam. Dans plusieurs Etats, islam et démocratie font bon ménage depuis des décennies et le vivre ensemble comme des formes de sécularisation sont des réalités à observer et à surveiller.
Comme toutes les religions, l’islam est confronté à la tension entre tradition et modernité, entre fondamentalisme et sécularisation, entre radicalité et adaptation à une nouvelle époque.
Les pouvoirs politiques ont su s’en émanciper pour le contrôler, en en faisant un étendard ou un élément d’idéologie comme en Turquie, mais dans les pays dont la population est majoritairement musulmane, si on met de côté l’Iran ou les pétromonarchies, ce n’est pas la religion qui a poussé les dirigeants à dévoyer la démocratie, mais la corruption ou la volonté de confisquer le pouvoir.
Du côté de l’Afrique noire subsaharienne
Le Sénégal, le Mali ou le Niger sont trois exemples utiles car ces anciennes colonies françaises ont bâtit leur Etat sur le modèle français en y intégrant leurs spécificités sans tensions majeures.
Le Président du Niger, le socialiste Mahamadou Issoufou, disait dans un discours d’investiture: « la lutte contre le terrorisme peut contribuer au renforcement et à la modernisation de nos Etats. Un autre facteur peut y contribuer également : il s’agit de la modernisation sociale. Celle-ci nécessitera une renaissance culturelle de notre société qui passe par une libération de l’individu du poids du tribalisme, […] par l’affranchissement de l’individu du carcan de l’ethnocentrisme et du régionalisme et sa protection contre le sectarisme, notamment religieux et contre les risques de radicalisation. L’accent doit être mis sur la responsabilisation de l’individu, le renforcement de sa loyauté par rapport à la patrie et son attachement au bien public. C’est là des conditions nécessaires pour mieux combattre le népotisme, la concussion et la corruption, renforcer la justice, l’égalité et la cohésion sociale. L’Etat doit créer les conditions d’une rupture réelle avec l’obscurantisme en diffusant le savoir partout, à travers notamment une démocratisation poussée de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. »
Malheureusement, dans l’organisation actuelle du culte musulman en France, les musulmans d’Afrique noire sont marginalisés. Il est vrai que la pression géopolitique qui s’exerce sur les structures de l’islam de France n’a jamais été contrecarrée avec succès, car quand elle n’est pas théologique, elle est financière.
Plus près de nous : du côté de l’Europe centrale et balkanique
On l’oublie souvent, mais il y a des communautés musulmanes européennes depuis des siècles. En Albanie, au Kosovo, en Bosnie, en Macédoine ou encore en Bulgarie qui ne sont pas issus de l’immigration. Une grande partie de cette région fut sous domination austro-hongroise au cours de la seconde moitié du 19e siècle et le pouvoir impérial a légiféré en 1912, par « l’Acte de Reconnaissance » de l’islam après l’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie.
En 1979, Bruno Kreisky, a installé la Communauté des croyants musulmans d’Autriche (IGÖ) qui a pour missions de donner des cours d’éducation religieuse dans les établissements scolaires publics. Mais, si elle a le droit de recueillir une « taxe d’église » elle n’y a pas recours, pas plus qu’elle ne construit de mosquées.
En février 2015, la loi sur l’Islam, votée par la de coalition SPÖ-ÖVP interdit le financement étranger pour la construction des mosquées. Les imams seront rémunérés par l’Etat. Les principaux enseignements et prêches doivent se faire en allemand. Elle autorise la nourriture hallal et les aumôniers musulmans dans l’armée, les maisons de retraite, les hôpitaux, les prisons et y compris à l’école publique. En revanche, la loi demande aux 450 organisations musulmanes du pays de faire preuve d’une « approche positive de la société et de l’Etat » pour être agréées.
En Albanie, ce sont les élites musulmanes qui ont façonné les institutions de l’Etat avant le communisme. Si l’islam y est historiquement majoritaire, la grande majorité des Albanais de confession musulmane ne sont pas pratiquants et ils ont toujours cohabité avec les chrétiens, ce qui a fait échouer les tentatives saoudiennes ou iraniennes de détourner le renouveau musulman quand la liberté religieuse fut rétablie en 1990.
En Bosnie, la place de l’islam a diminué dans les affaires publiques ou privées. Comme en Albanie, la cohabitation avec les chrétiens a débouché à une sécularisation largement acceptée. Même si les autorités doivent y lutter contre une présence salafiste.
Ces cas européens prouvent qu’on peut conjuguer religion et sécularisation dans un ensemble démocratique. Mais cela ne peut se réussir sans mécanismes de protection qui passent notamment par l’éducation et l’intégration culturelle, économique et sociale.
Le 26 novembre 2017 au parc des expositions de Mulhouse aura lieu la 6ème édition de la Rencontre des Musulmans de l’Est (RAME). La rencontre est organisée par l’Association des Musulmans d’Alsace (AMAL, qui …News
Hani Ramadan a été expulsé de France vers la Suisse en avril 2017, voyant ainsi ses nombreuses conférences prévues sur le sol français être annulées les unes après les autres. L’Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM) s’organise pour tenter de faire entendre sa voix à tous prix en France : le 14 octobre 2017 elle met en place une conférence avec retransmission en direct d’Hani Ramadan à la gloire de son grand-père, fondateur des Frères musulmans : « Hassan al-Banna, sa vie et sa pensée ». Les bénéfices sont reversés… aux frais de justice.
L’UFCM, créée en 2011, se présente sur son site web comme une organisation de promotion de consommation « éthique », avec quelques références altermondialistes, anticapitalistes, qui côtoient une rhétorique religieuse : « Le Créateur, qui a doté l’être humain d’aptitudes exceptionnelles, l’a également responsabilisé. Il doit ainsi s’opposer à tout ce qui pourrait pervertir et voiler les signes de la présence du Très-Haut. Et ces signes sont tout aussi présents dans notre propre être et dans les Textes révélés que dans le monde qu’Il a créé. »
Son bureau se compose de Samy Debah, fondateur du CCIF, ainsi que d’Abdessamad Habib, aux côtés de Zouhair Amri, Nabil Ennasri, Fateh Kimouche aka Al Kanz et Yamin Makri.
Sur les réseaux sociaux, l’UFCM poste essentiellement des vidéos de Tariq Ramadan (parfois en conférence conjointe avec Yamin Makri), des vidéos de l’imam Mohamed Minta, des appels au boycott d’Israël par le mouvement BDS, des manifestations pro-palestiniennes aux mots d’ordre douteux, ainsi que des conseils sur le marché du Halal via notamment le site Al-Kanz de Fateh Kimouche.
Une conférence avec le professeur Oberlin est organisée par l’UFCM en novembre 2015. Christophe Oberlin est un militant bien connu des milieux « antisionistes », il est un compagnon de route de Dieudonné (en 2016 il participe à son émission en ligne) et d’Alain Soral (il apparait de très nombreuses fois sur son site Egalité et Réconciliation, notamment par le biais d’interview).
On trouve aussi sur la page Facebook de l’UFCM des propositions de stages dans une « ferme agrobiologique musulmane », l’ilot des Combes, promue également par Pierre Rabhi via son association Le Mouvement Colibris. Des stages de survie en milieu naturel sont également proposés.
Ou quand l’UFCM réussit à réunir l’idéologie dure des Frères musulmans, avec un anticapitalisme soft, un écologisme tendance confusionniste, et un antisionisme douteux…
Aujourd’hui, samedi 14 octobre 2017, se tient la 6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre. Cette rencontre est organisée par la très active association Havre de Savoir, qui relaie la prose des Frères musulmans en France. Récemment, nous avions épinglé Havre de Savoir pour avoir désigné les Yezidis comme des « adorateurs de Satan« , qualificatif utilisé par les djihadistes pour justifier leur exécution.
A la 6ème rencontre annuelle, nous retrouvons :
Ismahane Bouzidi, enseignante à l’IESH de Paris, dont l’écrasante majorité des responsables, et fondateur (Ahmed Jaballah) sont des cadres de l’UOIF.
Youssef Cherraj, imam à la mosquée Essalam du Havre
Sofiane Meziani, enseignant au Lycée musulman Averroès de Lille développé par l’UOIF. Sofiane Meziani fait ouvertement l’éloge du fondateur des Frères musulmans (« L’Histoire a tranché en faveur de Hassan al-Banna »). Après le massacre de Charlie Hebdo, il publie une tribune pour affirmer que les premières victimes de l’attentat sont les musulmans, et accuse le journal satirique de cultiver « l’abject ».
Mohamed Minta, imam malien et enseignant au lycée al-Kindi de Décines, dont le président Nazir Hakim était à l’époque de sa fondation vice-président de l’UOIF.
Le colloque anti-« islamophobie d’état, intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » qui devait se tenir à l’université Lyon 2 le 14 octobre 2017 a t-il été annulé définitivement ou repoussé ?
Ce colloque était mis en place par la chaire “Egalité, inégalités, Discriminations” en partenariat avec l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL).
La polémique autour du colloque a enflé sur les réseaux sociaux après l’annonce de ses participants, et notamment lorsque des militants laïques ont découvert qu’il y serait lu un texte préparé par Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité. Aux côtés de quelques universitaires tels que François Burgat et Djaouida Sehili, ou d’avocat comme Gilles Devers, on retrouvait de nombreux militants associatifs habituels.
Pour n’en citer que quelques uns, nous retrouvons Khalid El Khadiri, trésorier de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM), qui se réjouissait de sa participation à l’université d’Alliance Vita sous le thème « musulmans et chrétiens pour la défense de la vie ». PSM se fait le relai sur son site internet de Tariq Ramadan et du parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. Ismahane Chouder, membre de PSM et du Collectif Féministe pour l’Egalité est aussi présente.
Abdelaziz Chaambi, président de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI) et cofondateur des Indigènes de la République, était également annoncé. Il y a quelques années, il comparait le Hamas à Jean Moulin, tout en soutenant le Hezbollah. Lors de l’affaire Salman Rushdie, il avait appelé à l’interdiction de son « livre qui insulte l’Islam« . Opposé au mariage pour tous, qu’il compare à l’inceste et à la pédophilie, il avait appelé à se rendre à la Manif Pour Tous. Aux dernières élections législatives françaises, il soutient des candidats du parti islamiste turc PEJ. Jamila Farah, responsable CRI, candidate PEJ aux élections, est également présente.
Souhail Chichah, connu pour avoir appelé à la « lapidation » de Caroline Fourest avant d’avoir saboté sa conférence à l’Université Libre de Bruxelles en organisant une « Burqa Pride », obligeant les organisateurs à annuler la conférence, devait être présent. Il a reçu une « Quenelle d’Or » de Dieudonné, avant de se brouiller avec lui, mais a toujours le soutien du PIR.
Et bien sur, le CCIF n’était pas en reste avec la présence de Yasser Louati, son ancien porte-parole, ainsi que Lila Charef, directrice exécutive du CCIF. Lorsque le CCIF a appris l’annulation du colloque, il a déposé référé-liberté pour obtenir la suspension de la décision de l’Université Lyon 2 « au motif qu’elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’expression et sa liberté de réunion ». Le juge des référés a rejeté la demande du CCIF le 9 octobre 2017.
Ce mercredi 12 octobre 2017, la présidente de l’Université Lyon 2, Nathalie Dompnier, s’est exprimée pour préciser les causes de l’annulation décidée par l’équipe de la Présidence de l’Université. Elle a reconnu que la Présidence avait du reprendre la main sur le colloque car le cadre universitaire impliquant une démarche scientifique n’était pas respecté : »un colloque universitaire suppose un certain cadre. On s’est d’abord posé la question d’amender le programme dans le sens d’un colloque de recherche. Mais c’était trop tard. On a préféré annulé ».
S’agissant des intervenants, sans rentrer dans les détails, la présidente a rappelé qu' »ils doivent être sélectionnés après un appel à communication, comme dans tout colloque ». Au delà du profil de ces militants associatifs, leur nombre important ici, et le fait qu’ils soient issus de la même nébuleuse semble être problématique. Nathalie Dompnier précise : « le colloque était porté en partie par des associations, sous la responsabilité de l’université. Ce n’est pas possible ».
Enfin, même si Nathalie Dompnier ne se prononce pas spécifiquement sur certains propos problématiques qu’ont pu tenir ces militants, elle s’interroge sur l’utilisation du terme « islamophobie » : « il faudra reposer la question de l’utilisation du terme d’« islamophobie ». Dans une démarche scientifique, il faut toujours se poser la question des catégories que l’on emploie ».
Ni annulé définitivement, ni repoussé officiellement, ce colloque aura démontré qu’il existe une volonté de la part des soutiens de l’islamisme d’investir le terrain universitaire, mais aussi une importante vigilance laïque sur le sujet.
Je l’ai cité en juin 2015 dans mon article «Mediapart, la qatarie ?»[1], non pas parce qu’il aurait une quelconque ressemblance physique avec Edwy Plenel, mais parce que c’était lui — en plus d’être ministre de la culture et des arts — qui était au commande du conseil consultatif de la revue «Doha magazine». Celle qui avait traduit en arabe et distribué gratuitement, en plusieurs milliers d’exemplaires, le plaidoyer «Pour les musulmans» du directeur de Mediapart. Son nom est Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari. Depuis 2016, il est conseiller de l’émir du Qatar et très proche du régime des mollahs iraniens. Le monde entier risque de l’avoir à la tête du temple international de la culture à Paris : l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).
Depuis lundi, se tient à Paris l’élection (à 5 tours au maximum) du nouveau directeur de cette instance onusienne très importante. 58 pays membres de son conseil exécutif[2] y participent. Le premier tour, qui s’est déroulé ce lundi à bulletin secret, a donné le candidat du Qatar en tête du scrutin, avec 19 voix, suivi de l’ex-ministre française de la culture Audrey Azoulay, 13 voix, puis la candidate égyptienne, 11 voix, puis la candidate libanaise, 9 voix et enfin le candidat chinois, avec 5 voix. Pour que le Qatar puisse prendre les commandes internationales de la culture, il lui faut 30 voix. 19 sont déjà acquis. Au deuxième tour, le candidat qatari a gagné une voix de plus [3] !
La campagne électorale semble être très rude dans les coulisses. Elle se passe aussi sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse arabe et internationale. La couverture médiatique française de cette élection à enjeux reste modeste. «Qui sera le prochain directeur ? Poker menteur à l’UNESCO» [4], titre L’Obs. «Élections à la tête de l’UNESCO sur fonds de querelles diplomatiques»[5], titre France 24. «UNESCO : l’ex-ministre Azoulay coiffée au poteau par un qatari ?», titre Le Point. «L’UNESCO est-elle à vendre ?»[6], peut-on lire aussi dans le Huffpost. Sur Twitter, plusieurs Hashtag pullulent comme celui-ci : #Save_Unesco_from_Terrorism
La candidature du Qatar ne passe pas. Par-ci, on rappelle l’implication certaine du Qatar dans le financement du terrorisme islamiste. Celui-là même qui a déstabilisé bien des régions et causé la destruction de nombreux sites culturels et monuments historiques, patrimoine de l’Humanité, en Irak, en Syrie et au Sahel. Une implication que reproche de nombreux pays arabes à l’émirat, à tel point qu’ils ont décidé de lui infliger, depuis quelques mois, des pressions diplomatiques et des sanctions économiques pour qu’il se détache de l’islamisme et surtout des Frères Musulmans.
Par-là, on rappelle la puissance financière de la diplomatie du carnet de chèques utilisée à outrance par le Qatar [7]. On craint que la machine à billet ne tourne à plein régime comme lors de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar [8]. Le nom du nouveau directeur (ou de la nouvelle directrice) sera connu dans les jours à venir. Un nom qui sera validé (ou pas) par l’ensemble des 195 membres de l’ONU. D’ici là, alors que le slogan français de l’UNESCO est «Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes», avec une direction qatarie, on peut se demander légitimement que resterait-il de ce slogan ?
Si le Qatar est aux commandes de l’UNESCO, ce sont les Frères Musulmans et les Ayatollâhs iraniens qui inspireront la politique culturelle, scientifique et artistique de ce temple universel !
La Commission Européenne a mis en place un Système de Transparence Financière qui permet à n’importe quel citoyen de savoir quels budgets ont été attribués à quels projets. Le bilan 2016 a ainsi été mis en ligne récemment sur son site internet.
On y apprend que l’Islamic Human Rights Commission (IHRC) fait partie d’un projet européen financé à hauteur de… 584 739 €. Intitulé « Countering Islamophobia Throught The Development Of Best Practice In The Use Of Counter-Narratives In EU Member States » (Contrer l’islamophobie à travers le développement de bonnes pratiques de contre-discours dans les pays membres de l’UE), il a pour bénéficiaires l’IHRC en collaboration avec cinq universités européennes (Leeds, Liège, Coimbra, Charles, et l’American College of Greece). Le but revendiqué est de collecter les discours « islamophobes » dominants dans plusieurs pays de l’UE et de comparer les contre-discours anti-« islamophobie » de ces pays pour identifier les « meilleures » pratiques. Le projet a débuté en janvier 2017 et s’achèvera en décembre 2018.
Qu’est ce que l’IHRC ?
L’IHRC est une organisation créée à Londres en 1997. Dans sa propre description, elle revendique « s’inspirer des injonctions coraniques qui obligent les croyants à se lancer en défense des opprimés », et cite la sourate 4 :75 du Coran.
En Angleterre, l’IHRC organise chaque année à Londres les al-Quds Day, instaurées en 1979 par l’ayatollah Khomeini. Ces journées, créées officiellement pour dénoncer le contrôle d‘une partie de Jérusalem par Israël, sont en réalité en Europe les plus importants ralliements des partisans du gouvernement iranien et du Hezbollah. Sur son site web, l’IHRC ne cache pas l’omniprésence de drapeaux du Hezbollah et des cris de ralliements « we are all Hezbollah », aux côtés des appels au boycott d’Israël. L’aile militaire du Hezbollah est pourtant considérée comme terroriste en Grande-Bretagne. En 2017, l’IHRC rassurait même directement sur son site web les participants en affirmant qu’il est possible de s’y rendre avec un drapeau du Hezbollah.
Ici, Massoud Shadjareh, président de l’IHRC, avec une écharpe du Hezbollah en 2002 :
Massoud Shadjareh n’hésite pas à rappeler son attachement à l’ayatollah.
Et Jeremy Corbyn, actuel leader du Parti Travailliste anglais, à l’al-Quds Day 2012 :
Depuis 2003, l’IHRC organise également les Annual Islamophobia Awards. En 2015, seulement deux mois après les attentats de Charlie Hebdo où douze personnes ont été massacrées, le journal satirique a reçu le prix de l’ « islamophobe de l’année ». Ayaan Hirsi Ali a déjà reçu ce prix de l’IHRC, tandis que l’académicien Richard Dawkins et l’ex islamiste repenti Maajid Nawaz ont été nominé.
En ce qui concerne la France l’IHRC a tout de même une favorite : Houria Bouteldja. Patronne du Parti des Indigènes de la République elle reçoit en 2014 le prix de la lutte contre l’islamophobie.
A la mort du Cheikh aveugle Omar Abdel Rahmane, chef spirituel de la Gamaa al-Islamiya, en février 2017, l’IHRC publie une lettre de condoléances intitulée « Le monde a perdu un homme de principes et de foi inébranlable ». Depuis plusieurs années, elle menait une campagne pour obtenir la libération du terroriste emprisonné depuis 1995 pour son rôle d’inspirateur dans les attentats du World Trade Center en 1993 et pour d’autres projets d’attentats à New York ou contre Hosni Moubarak.
En 2006, l’IHRC avait également exprimé des propos plus qu’ambigus à propos d’un autre islamiste, Abou Hamza al-Masri, figure historique du Londonistan qui a soutenu le GIA algérien puis al-Qaïda. Après sa condamnation, l’IHRC publie un communiqué de presse où elle se dit « attristée » du verdict, et se plaint d’un deux poids deux mesures entre la condamnation du terroriste et la relaxe d’un leader d’extrême-qui avait affirmé que le « Coran autorise le viol des non-musulmans ». En 2014, l’IHRC publiera un nouveau communiqué de presse en faveur d’Abou Hamza al-Masri pour s’opposer à son extradition au Etats-Unis où il sera également condamné.
En 2015, l’organisation pourtant plus favorable au Hezbollah affiche un soutien sans réserve au trésorier des Frères musulmans condamné pour incitation au meurtre : Khairat Al-Shater.
Récemment, le directeur de l’IHRC Nazim Ali a déclaré à propos de l’incendie de la Grenfell Tower de Londres :
« As we know in Grenfell, many innocents were murdered by Theresa May’s cronies, many of which are supporters of Zionist ideology », « It is the Zionists who give money to the Tory party, to kill people in high rise blocks…. Careful, careful, careful of those rabbis who belong to the Board of Deputies, who have got blood on their hands ».
(« Comme nous le savons à Grenfell, beaucoup d’innocents ont été assassinés par les amis de Theresa May, dont beaucoup sont des supporters de l’idéologie sioniste », « Ce sont les sionistes qui ont donné de l’argent au Parti Conservateur, pour tuer des gens dans ces immeubles… attention, attention, à ces rabbins qui appartiennent aux Conseils d’Administration, qui ont du sang sur les mains ».)
La Commission Européenne a tout de même accepté de collaborer avec l’IRHC pour un projet contre l’ « islamophobie » à hauteur de 584 739 €. On se demande bien quels coupables d’ « islamophobie » l’organe d’influence khomeiniste, pro-Hezbollah, anti- contre terrorisme, aux propos antisémites, anti-Charlie,… va accuser. Peut-être n’était-il tout simplement pas nécessaire de la part de la Commission Européenne d’introduire l’IHRC dans une instance aussi respectable et importante ?
Lallab est une très jeune association créée en 2016 par Sarah Zouak et Justine Devillaine, qui bénéficie néanmoins d’une promotion conséquente : du plateau de France 2 lors de l’Émission Politique, aux articles élogieux du Monde, de La Croix, de Streetpress, de Konbini, ou encore de Glamour. Lallab présente son objectif comme étant de « faire entendre les voix des femmes musulmanes qui sont au cœur d’oppressions racistes et sexistes ».
Un précédent article d’Ikhwan Info avait déjà mis en lumière que les deux fondatrices sont d’anciennes étudiantes de Pascal Boniface, qui consacre d’ailleurs un billet sur le site de l’institut IRIS dont il est le directeur à Sarah Zouak et à son film, Women Sense Tour in Muslim Countries. En 2016, Lallab a reçu un prix de l’association Coexister de la main de Jean-Louis Bianco. Lallab a participé à un congrès contre l’ « islamophobie » de l’ENAR (European Network Against Racism) avec Marwan Muhammad du CCIF et Malika Hamidi, directrice générale de l’EMN (European Muslim Network) que préside Tariq Ramadan. Une membre active de Lallab, Maïssa Leroy, partage des contenus à visée islamiste sur les réseaux sociaux, en y rêvant d’une Europe en « position de soujoud (prosternation) pour le Seigneur de l’Univers ».
Mais Lallab ne se contente pas de recycler les vieilles lunes du féminisme islamique. L’association vise à représenter l’avant-garde du féminisme.
Sur les réseaux sociaux et sur son site web, Lallab présente Asma Lamrabet comme une « féministe musulmane de la troisième voie », et comme « une de nos plus grandes sources d’inspirations ». Cette dernière est également la marraine du festival « Lallab Birthday » en 2017. Asma Lamrabet a publié la plupart de ses livres aux éditions Tawhid, éditions islamistes et principaux promoteurs de Frères musulmans voire de propagandistes du Hamas en France. Tariq et Hani Ramadan sont publiés chez les éditions Tawhid depuis de nombreuses années, sous forme de livres ou de cassettes éditées à des dizaines de milliers d’exemplaires. Tariq Ramadan a d’ailleurs préfacé un ouvrage d’Asma Lamrabet, « Musulmane tout simplement ». Elle y évoque les relations maritales, l’ « hystérie » des femmes, et le droit de « frapper » sa femme :
» Il est à noter ici que nombreuses sont les femmes qui finissent, lors d’une scène conjugale, par sombrer dans l’hystérie. Par conséquent, l’expression « frappez-les » signifie donner une tape légère sur le corps, sans aucune violence et comme dernier recours. Précisons que la « tape légère » est le terme que l’on trouve dans tous les ouvrages de tafsîr (explication du Coran) et cela, quelle que soit la date de leur rédaction.
Cette mesure décrite plus précisément dans le tafsîr comme étant une petite tape sur le corps est en fait une mesure plus symbolique que punitive. La loi musulmane précise qu’y recourir est exceptionnel et est soumis à des restrictions claires. Il est bien entendu que s’agissant d’une petite tape, elle ne doit en aucun cas être sévère au point de causer des blessures ou même laisser une marque sur le corps » (Asma Lamrabet, Musulmane tout simplement. Préface de Tariq Ramadan. Tawhid p.72-73)
Toujours dans ce livre Asma Lamrabet, voue aux gémonies les intellectuels musulmans qui critiquent l’intégrisme :
« Ils font serment d’allégeance aux médias occidentaux et pratiquent la surenchère, oubliant par la même occasion que c’est e leur culture qu’il s’agit et que c’est leur histoire qu’ils bafouent ». (Asma Lamrabet, Musulmane tout simplement. Préface de Tariq Ramadan. Tawhid p.126)
Asma Lamrabet se situe clairement dans un refus des mouvements de libération des femmes qui, rappelons-le ont émergé aussi dans les pays musulmans.
« Avec la libération de la femme, se sont développés parallèlement une libération des moeurs, une perte des valeurs morales et un éclatement de la cellule familiale, aboutissant à une société occidentale désignée désormais comme permissive ». (Asma Lamrabet, Musulmane tout simplement. Préface de Tariq Ramadan. Tawhid p.144-145)
L’une des « plus grandes sources d’inspirations » de l’association « féministe » Lallab, dont il faudrait lire et relire « tous ses livres »…
Il arrive à Asma Lamrabet de tenir des propos en apparence beaucoup plus progressistes,mais c’est toujours pour défendre l’idée que le vrai féminisme doit venir de la référence religieuse. Cette complexité, parfois même le don pour l’ambiguïté contradictoire, n’est pas sans rappeler l’école de son mentor Tariq Ramadan, qui a préfacé son livre.
Une autre « féministe islamique » présentée dans l’onglet « portrait » sur le site web de Lallab est Meherzia Labidi. Cette dernière est en Tunisie une députée du parti politique islamiste Ennahdha, issu des Frères musulmans. En Tunisie, Meherzia Labidi avait déclenché une vive polémique en préconisant d’inscrire dans le texte de la nouvelle constitution la «complémentarité entre l’homme et la femme» et rejetant le terme d’«égalité».
On trouve aussi Fatma Benli, membre de l’AKP d’Erdogan.
Lors du festival Lallab Birthday, l’on retrouvait entre autres parmi les intervenantes Ismahane Chouder et Fania Noël. Ismahane Chouder est membre de PSM (Participation et Spiritualité Musulmane), qui relaie sur son site web ou lors de conférence la parole du Cheikh Abdessalam Yassine, fondateur du parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. PSM a également appelé à manifester avec la Manif pour Tous contre le mariage pour les couples de même sexe, et a participé aux universités d’été d’Alliance Vita, l’association anti-IVG fondée par Christine Boutin. Fania Noël est une militante qui se revendique « anti-mixité », co-organisatrice du camp d’été décolonial aux conférences réservées à certaines couleurs de peau.
Lallab n’hésite pas à se montrer virulente envers d’autres associations luttant pour les droits des femmes, et à racialiser les différentes problématiques féministes. Parmi ses pancartes, on trouve entre autres « Remballe ton féminisme blanc ».
Le plus révélateur concernant les ambitions politiques de Lallab est certainement son article sur l’héritage de Mai 68 :
» Pour revendiquer leur libération, les féministes soixante-huitardes ont cherché à définir LA liberté « .
Il s’agit de remettre en cause la libération du corps, libre de son environnement, le slogan « mon corps m’appartient », comme une liberté féministe :
» Comme si le corps n’appartenait pas lui-même à son histoire (située dans une période, un héritage, un lieu, un environnement, une culture, une famille…) « .
L’article précise :
» Il faut une certaine humilité et un courage certain pour se percevoir à travers un contexte déterminant (et d’avoir la force de s’y opposer, de le nuancer, de se l’approprier…) « .
Les féministes de Mai 68 n’ont jamais nié le rôle de chaque histoire qui peut influencer le corps, elles ont au contraire désignés les « chaînes » qu’il faut briser dans une perspective révolutionnaire ! Au contraire de Lallab, qui critique la position de ces féministes pour évoquer la possibilité de se rapprocher de ces « chaînes », et qui rappelle des postures réactionnaires proches de la droite dure, ou d’Houria Bouteldja qui déclarait : « J’appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à mon quartier, à l’islam, à l’Algérie ».
De toutes façons, pour Lallab, plus que la patriarcat, ce sont les féministes de Mai 68, « Blanches défendeuses de l’à-poil-pour-tou·te·s », qui ont des pratiques brutales :
» Décortiquer le pourquoi du rapport d’une femme à son propre corps et à sa séduction est une pratique brutale « .
L’auteur du texte ajoute :
» Quand on me dit « féministe », la première image qui m’est toujours venue en tête, c’est celle d’un polaroïd : une femme blanche qui lève le poing dans une tenue très échancrée, avec des poils sous les bras. Et elle n’a pas l’air content. Du tout « .
C’est tout naturellement que Lallab promeut dans un autre de ses articles la « mode pudique » pour les femmes.
Au final, nous avons ici une posture racialiste, crypto-réactionnaire, finalement Père-la-pudeur et anti-féministe envers l’apparence physique et le comportement soi-disant « agressif » des féministes de Mai 68. Une rhétorique, anti- « féminisme blanc », qui se mord la queue.
Malgré un ancrage clairement problématique Lallab bénéficie de nombreux soutiens. Le CCIF, Enar, Etudiants musulmans de France. Mais aussi Open Society, le Conseil général du Val de Marne ou encore Ivry sur Seine. Lallab a bénéficié de la réserve parlementaire d’Esther Benbassa sous le motif que l’association luttait contre les préjugés liés à la religion.
En août 2017, Lallab annonce recruter trois personnes en Service civique, bénéficiant ainsi d’argent public. Une déclaration qui pose question en effet, les Contrats de Services Civiques ne sont pas accessibles aux association cultuelles afin de respecter la neutralité de l’État :
« La personne morale agréée est un organisme sans but lucratif de droit français ou une personne morale de droit public. Une association cultuelle, politique, une congrégation, une fondation d’entreprise ou un comité d’entreprise ne peuvent recevoir d’agrément pour organiser le service civique » ( Loi no 2010-241 du 10 mars 2010 relative au service civique. Article 8)
Lallab, association clairement inscrite dans les réseaux des Frères Musulmans, qui combat la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires rentre clairement dans la catégorie qui ne peut pas bénéficier de Service Civique.
D’autant que dans ces textes, outre l’interdiction d’associations cultuelles et politique, Service Civique parle de laïcité.
« La mission proposée doit répondre à l’exigence de neutralité et de laïcité que doit revêtir toute mission confiée au titre d’une politique publique et dans un objectif d’intérêt général. Ainsi la participation à un mouvement ou à une manifestation politique, à un enseignement religieux ou à la pratique d’un culte sont autant d’activités qui ne peuvent pas être intégrées dans une mission de Service Civique » Loi no 2010-241 du 10 mars 2010 relative au service civique.
Reste à savoir s’il existe une volonté politique pour faire appliquer la loi.
Mathilde Lambert
*PS -1 Suite à la parution de l’article, Service Civique est interpellé par des centaines d’internautes dont le Préfet Gilles Clavreul. Le 17 août 2017 à 8h15, Service Civique répond à Sofia Izbak.
« La mission proposée ne correspond pas aux principes fondamentaux du@ServiceCivique, elle n’est plus en ligne sur notre site. »
De fait, l’article 8 ne permet pas à Service Civique de prendre en compte une telle association. Les partisans de Lallab démarrent une campagne médiatique de taille. Il s’agit de faire croire que les personnes qui s’opposent à Lallab sont du FN. Le Nouvel Obs en fait un titre (rectifié) suivi de Libération sous la plume de Franck Durupt. Libération prétend que c’est sous la pression du FN que Service Civique à cédé. Pourtant la chronologie est assez claire. La première personne apparentée au FN à qui apparait, l’est après le message de Sofia Izbak. Sous la pression médiatique, le community manager de Service civique tente un rétropédalage en précisant :
« Les missions proposées correspondaient plus à une fiche de poste pour salariés qu’à une annonce de service civique« .
Néanmoins cette affaire a permis de lever le voile sur les missions de Service Public et a révélé plusieurs missions problématiques. Voir ici. Les associations à visée religieuse et politique qui flirtaient avec la loi peuvent remercier Lallab d’avoir attiré l’attention sur leurs pratiques.
PS -2 La Fondation de France, interpellée par les internautes a déclaré : « nous ne soutenons pas l’association Lallab. Merci de nous avoir informé de la présence de notre logo. » En effet Lallab se targue d’être partenaire de la Fondation de France sous la mention « Ils nous font confiance », sous prétexte qu’une des fondatrices de Lallab a reçu un prix de la Fondation de France avant même la création de Lallab.
PS- 3 Lallab a publié un « droit de réponse » à la polémique. L’association y explique qu’elle n’a pas de liens avec les Frères musulmans. Comment expliquer la présence parmi les « héroïnes » de Lallab de Fatma Benli et de Meherzia Labidi toutes deux adeptes du signe de la Rabia signe de ralliement des Frères musulmans.