EMF – ÉTUDIANTS MUSULMANS DE FRANCE

EMF – Étudiants musulmans de France

06.06.2015 La rédaction

Si Jeunes musulmans de France sert de modèle aux jeunes de l’UOIF, Étudiants musulmans de France a été pensé pour recruter et politiser sur les campus. C’est l’une des préoccupations premières de l’UOIF, comme de tout mouvement s’inspirant de Hassan al-Banna. Dès sa création, en 1989, elle imagine une structure tournée vers le monde estudiantin pour rivaliser avec l’AEIF. Comme elle, il s’agit en priorité d’encadrer les étudiants étrangers musulmans venus faire leurs études en France, afin qu’ils ne soient pas contaminés par la culture ambiante. Puis, l’UOIF se réoriente vers des objectifs plus nationaux (en devenant l’Union des organisations islamiques de France et non plus en France) pour mieux encadrer les étudiants français musulmans. Le 8 novembre 1996, lors d’un congrès national à Limoges, l’UIEF devient Étudiants Musulmans de France (EMF). Mais, officiellement bien sûr, EMF tient à se dire indépendant de l’UOIF. Interrogé par Cécilia Gabizon du Figaro en 2002, Abdelkrim Amine, vice-président d’EMF, déclare à propos de l’Union : « Nous partageons leur vision d’un islam contextualisé, c’est-a-dire européen. Mais nous n’avons aucun lien hiérarchique avec l’UOIF. Enfin, nous recevons environ 10 000 euros par an des Saoudiens, une somme modeste et sans contrepartie »[1].

Comme chez tout satellite de l’UOIF, un petit groupe de personnes suffit à ouvrir une antenne. Si bien qu’EMF est implanté à Lille, Besancon, Nancy, Grenoble, Limoges, Toulouse et Bordeaux. Deux de ses activités essentielles consistent à monter des listes en prévision des élections universitaires et à organiser des colloques au sein des universités. Le 26 octobre 1999, par exemple, EMF organise un colloque intitulé « Penser et intégrer l’islam en Europe ». Officiellement, il s’agit de mieux faire connaître l’islam : « L’islam aujourd’hui est bien mal perçu et ce phénomène rend difficile la coexistence entre les musulmans et leurs concitoyens », explique l’EMF dans le texte de présentation du colloque. « Sans une réflexion approfondie et la promotion d’un réel dialogue, on risque fort de laisser s’approfondir les incompréhensions et les rejets mutuels », selon l’EMF qui se fixe pour devoir « d’engager une réflexion à plusieurs niveaux afin de mieux préparer l’avenir de nos sociétés et de construire ensemble l’Europe de demain ». Plusieurs conférences et tables rondes sont prévues sur les thèmes « laïcité ou laïcités, islam ou islams », « une culture islamique européenne ? », ou encore « les Musulmans d’Europe et leurs relations avec la scène internationale ». Dans les faits, ce type d’intitulés et le cadre universitaire permettent surtout aux jeunes cadres de l’UOIF d’entrer en contact avec d’éventuels soutiens et cautions universitaires comme le sociologue Michel Wieviorka, ou Henri Leclerc (le président de la Ligue des droits de l’homme). Lesquels interviennent aux côtés du directeur du centre islamique de Strasbourg, Messaoud Boumaza, et surtout du recteur de la mosquée Adda’wa de Paris, Larbi Kechat[2]. Mais l’universitaire favori des Étudiants musulmans de France reste Vincent Geisser, l’auteur de La Nouvelle islamophobie, un ouvrage où il reproche clairement aux musulmans libéraux, aux journalistes d’investigation et aux féministes d’être racistes non pas envers les musulmans mais bien envers les islamistes ! Le 5 décembre 2003, son entremise permet à EMF d’organiser une conférence à l’Institut d’études politiques de Paris. Le 5 novembre 2004, il était invité par l’EMF de Grenoble.

Côté campus, l’entrée dans le jeu électoral universitaire se fait d’autant plus facilement que le nom, Étudiants musulmans de France, est pensé pour apparaître comme l’équivalent musulman de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Au départ, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) perçoit EMF comme un partenaire possible et même comme une association venant combler un manque. Elle-même organise des tables rondes communes avec EMF et l’UEJF. Mais après le début de la première Intifada, Yassir Fichtali, le président de l’UNEF, constate que ce type d’initiative n’est plus possible : aucune des deux parties ne veut plus se rencontrer, les Étudiants juifs de France et les Étudiants musulmans de France refusent de siéger à la même table. Après quelques initiatives avortées, l’UNEF commence à se lasser. D’autant qu’EMF n’est pas très implantée. En 2000, elle obtient moins de 1,2 % des voix. On ne voit guère sa signature que sur quelques communiqués, comme au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Elle s’associe alors avec l’Union des étudiants algériens de France pour s’élever contre les risques d’amalgames pouvant frapper les « Français d’origine arabe ou de confession musulmane » : « Nous refusons tout amalgame entre les extrémistes fanatiques et meurtriers et les musulmans, et nous nous élevons contre les actes de défiance ou de discrimination dont pourraient être victimes les Français d’origine arabe ou de confession musulmane », indique le communiqué commun publié par trois associations étudiantes (UEJF, EMF, UNEF) à l’occasion de la rentrée universitaire. Mais là aussi, la collaboration sera de courte durée. À cette époque, l’UOIF cherche à négocier sa place dans le processus d’institutionnalisation de l’islam de France et doit donc démontrer son implantation sur le terrain. Elle pousse EMF à s’occuper d’exister réellement. Fichtali raconte : « on voit à ce moment un débordement d’énergie dans une association qui jusqu’alors ne se présentait que sur quelques campus »[3]. De fait, EMF commence à faire des progrès, au moins au niveau des pourcentages. Même si le taux de participation aux élections universitaires est toujours très bas. En 2002, par exemple, seuls 100 000 étudiants sur 2 millions ont voté pour élire leurs représentants aux Conseils régionaux des oeuvres universitaires (CROUS). Dans ce contexte, la mobilisation de EMF porte assez vite ses fruits puisqu’elle obtient 8 % des voix lors de ce scrutin, contre 1,2 %, en 2000. Cette augmentation s’explique facilement : en 2000, EMF n’avait présenté des candidats presque nulle part. En 2002, elle a fait l’effort de présenter un candidat sur presque chaque campus. Le recrutement n’est pas très regardant. Toujours selon le président de l’UNEF, l’UOIF a délégué des militants pour repérer les étudiants visiblement maghrébins, leur parler en arabe et leur proposer d’être sur une liste : « le déclencheur est arrivé quand sur un campus lyonnais que je connaissais bien, je me suis fait aborder, en arabe, par un islamiste »[4] raconte Yassir Fichtali. Une pratique qui fait halluciner les militants de l’UNEF. Cette pratique est révélatrice : l’UOIF souhaite faire une démonstration de force au niveau des pourcentages universitaires, pour servir ses objectifs nationaux, et non pas influencer réellement les décisions prises au CROUS. D’ailleurs, très peu des onze élus ainsi obtenus vont se montrer assidus ou simplement préoccupés par ce qu’il s’y joue. La collaboration avec l’UNEF se détériore assez vite. Les élus d’origine maghrébine de l’organisation sont régulièrement pris à parti par ceux d’EMF, dont il ne faut pas oublier qu’ils ont pour modèle Farid Abdelkrim. Najet Boubekeur, étudiante à Villetaneuse, se fait même insulter : « Seules les étudiantes d’origine maghrébine se font insulter. On nous dit qu’on trahit notre race et nos origines si on se promène tête nue ! » Yassir Fichtali s’inquiète dans une déclaration recueillie par l’Agence France Presse. Il parle d’une « approche communautariste et confessionnelle (…) risquant de mettre à mal les valeurs de laïcité et de métissage de l’université française dont nous sommes porteurs »[5]

L’alliance avec l’UNEF n’étant plus possible, EMF cherche des soutiens dans l’autre camp. Le 3 décembre 2002, en prévision des élections à venir des représentants étudiants au Conseil d’administration du CNOUS, l’organisation s’allie avec la FAGE, prouvant là aussi que le positionnement politique démocratique — de droite ou de gauche — n’a aucune importance aux yeux de l’UOIF. L’essentiel est d’être visible au nom de l’islam. Jean-Baptiste Mougel, le président de la Fage, a confirmé à l’AFP avoir reçu le soutien de l’EMF pour cette élection, mais il a tenu à rassurer son électorat en présentant ce satellite de l’UOIF comme une association laïque, travaillant aux côtés de la Ligue de l’enseignement, dans une perspective d’intégration des étudiants musulmans : « Ils ne gèrent pas de salles de prières, ne font pas de propagande et mènent des actions culturelles ou sociales de proximité en direction de tous les étudiants », a-t-il dit. Une présentation angélique qui n’empêche pas l’UNI de protester. Très à droite, l’organisation recouvre régulièrement les campus d’autocollants nationalistes rappelant le credo du Front national : « la France, aimez-la ou quittez-la ». Même s’ils étaient réellement laïques et non intégristes, les Étudiants musulmans de France lui auraient sans doute hérisser le poil. Mais ce n’est pas EMF qui porte plainte pour racisme, mais la FAGE, qui poursuit l’Uni pour les propos tenus envers EMF, l’accusant par exemple d’être islamiste. Elle sera déboutée. Mais une fois encore, sitôt élus, les représentants de l’EMF boudent les réunions du CNOUS. Contrairement aux promesses de la FAGE, les seuls sujets capables de les mobiliser sont l’obtention de salles de prières et la lutte contre la mixité sur les campus. Localement, certaines institutions cèdent. Ainsi le directeur du CROUS de Lyon, Denis Lambert, met une salle à la disposition des étudiants souhaitant faire leur prière une fois par semaine, « dans le cadre des pratiques culturelles », et à la demande de l’association des Étudiants musulmans de France. Dans les cités universitaires, EMF se rend assez populaire en distribuant de la nourriture aux élèves en collaboration avec la Banque mondiale. Un réflexe digne du tiers-monde mais qui a toujours permis aux islamistes d’exercer leur prosélytisme grâce aux moyens financiers dont ils disposent. Dans ces tracts l’EMF parle de « 1 500 colis alimentaires distribués chaque année aux étudiants au sein des résidences universitaires. 3 200 repas organisés sur les Campus dans une ambiance conviviale et chaleureuse, soit plus de 400 étudiants lors des 8 soirées ; 100 étudiants accompagnés dans leurs rentrées universitaires (accueil, démarches administratives, logements, bourses…) ; 200 étudiants ont bénéficié l’année dernière d’aides financières ponctuelles dans des moments difficiles ». Dans un autre tract on peut lire que l’EMF propose 10 000 repas gratuits chaque année.

Quand elle ne recrute pas, EMF publie des communiqués pour soutenir la position nationale de la maison-mère. Le 10 décembre 2003, elle prend position contre l’éventualité d’une loi interdisant le voile islamique à l’école, estimant qu’elle serait « vécue comme une persécution à l’endroit exclusif de la communauté musulmane. (…) Nous rappelons à l’ordre les politiciens de ce pays en les mettant en garde contre une loi discriminante à l’endroit de la communauté musulmane ». Les étudiants de de l’EMF participent activement à la campagne contre l’interdiction des signes religieux à l’école et grossissent les rangs de la manifestation du 17 janvier 2004. Bien que sa maison-mère soit officiellement en léger froid avec Tariq Ramadan, les jeunes de l’EMF sont également toujours prêts à prendre la défense de leur prédicateur préféré. En novembre 2003, un communiqué du Bureau national proteste contre la manière dont Tariq Ramadan est (mal) traité par les médias : « Pas un jour, effectivement, ne passe sans qu’un reportage télévisé ou un article ne traite du ‘coup de force’ de Tariq Ramadan au FSE, intellectuel ‘habile’, voire ‘retors’, dans tous les cas adepte du ‘double discours’. (…) Cette campagne de dénigrement apparaît donc comme émanant d’une volonté de discréditer, et de détruire un homme. Attitude inacceptable que nous condamnons. Les propos tenus à son égard n’ont de fondés que les fantasmes et l’imaginaire de ceux qui les portent. (…) Nous, Étudiants musulmans de France, soutenons Tariq Ramadan, son engagement, son discours et sa personne ». Elle réaffirme non seulement son soutien mais prouve que, malgré la brouille officielle entre l’UOIF et Ramadan à propos du CFCM, ce dernier reste son penseur de référence : « EMF quant à elle n’a pas découvert Tariq Ramadan suite à une citation d’un article d’ailleurs tirée hors propos, mais travaille avec cet intellectuel dont les propos sont de nature à promouvoir le vivre ensemble. L’association Étudiants musulmans de France tient, tout d’abord, à rappeler que M. Tariq Ramadan participe, et ce de longue date, à la réflexion concernant la présence musulmane en France et en Europe. À ce titre, EMF a d’ailleurs souvent fait appel à lui et continue, dans le cadre de conférences ou de colloques, afin de promouvoir une participation citoyenne plus grande des Français de confession musulmane. Cette relation privilégiée nous permet de témoigner que cet intellectuel a toujours appelé à une citoyenneté participative et pleinement assumée de la part de tous les Français et a toujours refusé et condamné un repli communautaire ».

Le débat sur le voile et sur Tariq Ramadan aurait dû renforcer le prosélytisme de EMF, du moins si les détracteurs de la diabolisation de l’UOIF avaient vu juste. Les chiffres des dernières élections universitaires démontrent exactement le contraire. En pleine tempête médiatique propre à encourager les réflexes identitaires, et alors qu’EMF présente cette fois des candidats dans toutes les académies, sa liste plafonne aux élections du 29 mars au 2 avril 2004. Le double discours de l’organisation semble lasser. En effet, Ammar Rouibal, président de l’EMF à Grenoble, explique à l’AFP que les élus EMF de Lyon et Grenoble n’ont jamais formulé de demande spécifique pour les musulmans. Or, tout étudiant un peu politisé a pu constater le contraire, ne serait-ce qu’en lisant les tracts de la liste. Résultats, avec plus de candidats en lisse, elle obtient le même nombre de voix. En revanche, le taux de participation ayant augmenté, elle perd des sièges. Sur les 168 553 suffrages exprimés, EMF obtient 7 512 voix et 2 sièges seulement, contre 11 l’année précédente. Quelques mois après les élections, c’est le calme plat. Sur les sites, les derniers communiqués sont ceux des résultats. Parmi les liens, en revanche, on trouve toujours les derniers délires de Thierry Meyssan : « Dans cet extrait vidéo Thierry Meyssan déballe le plan machiavélique des américano-sionistes au sujet de l’Irak et de son futur », nous dit le site de l’EMF Grenoble[6].

[1] Cécilia Gabizon, « Les étudiants musulmans entrouvrent les portes du Cnous », Le Figaro, 19 décembre 2002.

[2] Personnalité de l’AEIF, Larbi Kechat est censé être en froid avec l’UOIF puisqu’il représente plutôt la branche des Frères musulmans égyptiens. Néanmoins on peut s’interroger sur la nature réelle du froid lorsque l’on voit les militants de l’UOIF intervenir sans discontinuer à la mosquée Addawa. Le 6 décembre 2003, Farid Abdelkrim intervenait au Centre socioculturel de la mosquée sur le thème : « Citoyen à part entière ou entièrement à part ? ». Parmi les exemples de la radicalité de la mosquée Addawa, notons cette amusante apologie de la burqa, « la burqa afgane est un vêtement nécessaire du fait des conditions climatiques afin de protéger la beauté des femmes de l’aridité de la région », Nacéra Hammouche, 1er mars 2003. La mosquée Addawa est aussi le lieu principal de prédication de Said Ramadan al Boutih. En janvier 2005, plusieurs islamistes formés à la mosquée Addawa ont rejoint les djihadistes irakiens.

[3] Entretien avec Yassir Fichtali

[4] Idem

[5] AFP, 29 mars 2002.

[6] Site Emf de Grenoble.

LE LYCÉE AVERROÈS

Le lycée Averroès

06.06.2015 Fiammetta Venner

Le lycée Averroès se veut l’emblème de l’école privée musulmane. Créé en 2003, il devient lycée sous contrat en 2008. C’est le deuxième établissement musulman sous contrat en France, et le premier proche de l’UOIF

Sur les plaquettes distribuées en 2010, le lycée justifie son existence du fait de la loi interdisant les signes religieux à l’école publique. En réalité, le lycée existe depuis 2003, soit un an avant son vote… Après trois refus d’agrément de l’Education Nationale. Son concepteur, Amar Lasfar, est membre de l’UOIF et imam de la mosquée de Lille-Sud.

Dès 1987, il organise des groupes de soutien scolaire. Une activité qu’il déléguera plus tard au jeune Hassan Iquioussen, un prédicateur connu pour ses propos intégristes. Amar Lasfar est souvent présenté comme le référent à Lille pour les adolescentes voilées. En 1990, il défend une élève voilée au lycée Sévigné à Tourcoing. En 1994, il soutient 15 élèves voilées du Lycée Faidherbe à Lille. Mais Amar Lasfar est aussi un homme d’affaires. Selon Infogreffe, il possède deux sociétés. La première, Salam Tours, est une agence de voyage généraliste dont le chiffre d’affaire se monte à 535 563 € en 2009, avec un bénéfice de 39 000 €. Il a compté jusqu’à 12 employés grâce à des succursales à Lyon et à Caen. Amar Lasfar possède aussi une société de location de logements, qui gère son patrimoine immobilier. Toute son énergie d’entrepreneur est mise au service de la construction du Lycée. D’abord hébergé dans la mosquée, il est prévu que l’établissement déménage ailleurs. Une promesse verbale, faite il y a 2 ans.

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Des enseignants-prédicateurs 

Au lycée Averroès, les enseignants sont bien souvent… des prédicateurs. Hassan Iquioussen fait partie des personnalités qui y donnent des cours d’éthique. Disciple de Cheikh Abdelhamid Kichk, l’idole des Frères musulmans égyptiens, il est très porté sur les formation politique des jeunes militants. Dans certaines de ses cassettes, il met en garde contre ce qu’il appelle l’« intégration par le jambon ». Rien n’est plus détestable à ses yeux que ces Français d’origine maghrébine souhaitant s’intégrer au point de ne plus respecter les interdits de l’islam, comme le fait de ne pas manger de porc. Il compare d’ailleurs ceux qui souhaitent s’intégrer à des prostitués :

«Il y a un frère, il fait beaucoup de politique. Ben vous savez, il mange du jambon, il boit du vin. Il a tout fait. Et là, après 20 ans. 20 ans d’intégration jambon, vous savez ce qu’il a dit. Il l’a dit avec amertume. Il regrette. Il dit : ‘Regarde Hassan. J’ai tout fait, j’ai tout fait pour qu’ils m’acceptent. Tout ? Ça veut dire quoi tout. Ça veut dire, tout ce qui faisait ma personne, mon charme, je l’ai sacrifié. Je me suis prostitué culturellement, intellectuellement, culinairement, vestimentairement. J’ai tout renié. J’ai tout avalé. Et malgré ça, ils m’ont quand même dit : ‘vous n’avez pas votre place en France’’ ».

Iquioussen fait partie de ces prédicateurs qui ont traumatisé les relations homme-femme au sein des quartiers populaires, à force de mettre en garde contre la mixité en dehors du cercle familial : « Une mixité sans limite est haram puissance dix ». Autrement dit, c’est un péché puissance dix. Iquioussen prévient :

« nous sommes responsables devant Dieu avant d’être responsables devant les autres humains et Dieu va nous questionner sur notre comportement. (…) On sera questionné sur le positif et sur le négatif. Et c’est ça qui fait de vous un citoyen extraordinaire ». Or un citoyen « extraordinaire », c’est-a-dire islamiste, ne doit pas aller en boîte de nuit, ni au café, ni même réviser avec des filles : « Ce que font nos jeunes aujourd’hui… ils vont vers le contact. Tu les trouves dans les cafés, dans les boîtes de nuit…. ils vont à la chasse… beaucoup de jeunes vont à l’école pour ça… tout est fait pour attirer l’attention… c’est mauvais, c’est dangereux… aujourd’hui il y a des jeunes qui contournent les interdits islamiques »

Dans une cassette audio sur « La Palestine, histoire d’une injustice », diffusée par les Éditions Tawhid (également éditrice des cassettes de Tariq Ramadan), Iquioussen se répand pendant plus d’une heure sur la vilenie et l’ingratitude constitutives des Juifs depuis l’Antiquité : « Il y a eu beaucoup de prophètes chez les enfants d’Israël car ils oublient souvent. Ce sont des ingrats, un peuple qui a besoin d’être rappelé à l’ordre vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». Qu’importe que l’Islam, par la voix du chroniqueur musulman Tabari, chiffre lui même à 1, 2 millions le nombre de prophètes (dont Moïse), Iquioussen n’est visiblement pas là pour faire un cours d’histoire sur les religions… Il explique notamment qu’Abraham, Moïse et David « étaient des musulmans »… et ce plusieurs siècles avant la naissance de Mahomet ! Il poursuit en expliquant que les Juifs ont provoqué Nabuchodonosor et les Romains par leur arrogance. « La théorie des Juifs dit qu’ils sont le Peuple élu et que Dieu a créé les êtres humains pour les servir comme des moutons, des esclaves ». Mais le meilleur est à venir. La tradition musulmane raconte qu’une juive de la communauté de Médine a tenté d’empoisonner Mahomet (lequel cherche alors à convertir la communauté juive en question). Dieu le protège et le sauve. Et Iquioussen commente : « La femme s’est-elle convertie ? Non. Voyez l’entêtement. Retenez ça parce que vous allez comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Les Juifs n’ont cessé, depuis ce temps, de comploter contre l’islam et les musulmans ». Le prédicateur impute tous les malheurs du monde, en particulier ceux des musulmans, aux Juifs. La scission entre sunnites et chiites serait due « à un Juif yéménite converti pour détruire l’islam de l’intérieur ». La fin du califat, l’âge d’or imaginaire des fondamentalistes, à Mustapha Kemal… décrit comme « un Juif converti hypocritement à l’islam, toujours pour détruire l’islam et les musulmans de l’intérieur ». Ici la paranoïa rejoint le goût de la métaphore : les expressions être « juif » ou « vendu aux Juifs » servent à désigner les traîtres de la communauté musulmane. Ce qui l’amène à évoquer Nasser. Le leader de la cause arabe est qualifié de « traître des traîtres, l’ennemi de la Palestine et de la cause arabe, un suppôt de l’Occident ». Arafat, qui incarne la résistance laïque au détriment des islamistes, en prend aussi largement pour son grade. Le sionisme est d’ailleurs l’occasion de marteler que les Juifs n’ont pas le droit de se plaindre de la Seconde Guerre mondiale puisqu’ils sont directement responsables… de la Shoah. Laquelle ne serait qu’un complot entre les Juifs et Hitler pour justifier l’occupation de la Palestine.

« Les textes aujourd’hui le prouvent. Les sionistes ont été de connivence avec Hitler. Il fallait pousser les Juifs d’Allemagne, de France… à quitter l’Europe pour la Palestine. Pour les obliger, il fallait leur faire du mal ». Heureusement, « le Hamas, avec sa branche armée, fait du bon boulot ».

Dévoilée par Cécilia Gabizon dans Le Figaro du 28 octobre 2004, l’affaire porte un coup à la volonté de l’UOIF de paraître respectable. Iquioussen est prié de se faire discret. Pas au lycée Averroès. Amar Lasfar indique : «c’est une affaire close, car M. Iquioussen a présenté ses excuses et s’est expliqué sur ce dérapage. Il a d’ailleurs enseigné après cela au Lycée Averroès car c’est quelqu’un qui maîtrise bien son sujet ».

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Iquioussen a été chargé les premières années de délivrer le cours Ethique musulmane. Par faute de temps, en 2006, il a démissionné. Il a été remplacé par Fatiha Ajbli. Diplômée d’un DEA de sociologie sur les « convertis », elle est intervenue au congrès de l’UOIF sur le statut de la femme. De 2003 à 2005, elle faisait partie des personnalités qualifiée au CFCM, poussée par l’UOIF. Lors de la crise des otages français en Irak, le 28 août 2004, elle déclare — toute de rose voilée — : « Je refuse que mon foulard soit tâché de sang !» Les images feront le tour du monde. Lors de l’attaque israélienne sur Gaza, elle a publié un poème sur Oumma.com. Fatiha Ajbli est aujourd’hui chargée des cours d’éthique au Lycée Averroès.

D’autres prédicateurs, non moins problématiques, passent par le lycée Averroès pour une conférence occasionnelle. Hani Ramadan, par exemple, est venu faire un cours. Il est le rédacteur de plusieurs brochures de la collection Islam, le saviez-vous ?, des prospectus édités par l’UOIF pour être distribués au Congrès du Bourget et servir de corpus théorique aux militants de base. L’une d’elles, Le Sens de la soumission, insiste sur le fait qu’un bon musulman est totalement soumis à Dieu. L’autre, Islam et démocratie, explique que l’islam est incompatible avec la démocratie telle que l’entendent les occidentaux[1]. Hani Ramadan est hanté par l’idée d’être contaminé par la décadence de l’Occident :

« N’observons-nous pas aujourd’hui encore en effet, que dans nos sociétés modernes, malgré le progrès des sciences et le confort matériel, nous sommes envahis par toutes sortes de maux qui traduisent une dérive constante vers l’adoration du Taghut sous tous ses aspects ? Ne serait-ce qu’au niveau d’une sexualité débridée qui s’exprime dans les relations hors mariage, dans la prostitution, l’homosexualité, le harcèlement, le viol, la pédophilie, l’inceste ? »[2]

Le spectre de la libération des moeurs fait partie de ses obsessions. Dans ses interviews, le directeur du Centre islamique de Genève ne perd jamais une occasion de rappeler qu’en islam « l’homosexualité est une impasse, aussi bien du point de vue de la loi révélée que de la logique : on n’ouvre pas une porte avec deux clés »[3]. En 1998, il a publié un livre, la Femme en Islam, dans lequel il défend le droit à la polygamie comme le meilleur moyen de lutter contre le risque d’adultère et manifeste sa haine vis-a-vis des laïques souhaitant interdire le voile à l’école :

« Le voile, en Islam, est le signe de la soumission de la croyance aux commandements divins. Pourquoi donc vouloir empêcher une jeune lycéenne d’exprimer sa conviction ? La contraindre à se dévoiler, n’est-ce pas refaire le geste de l’inquisition impitoyable et des bourreaux communistes ? (…) Contre les extrémistes laïcs, l’islam restera en tous les cas une école de sagesse et de tolérance : ‘Pas de contrainte en religion’, dit le Coran. Leçon que les tortionnaires laïcs ne nous ont pas apprise ! »[4]

Hani Ramadan a été congédié de l’Éducation nationale suisse qu’après avoir publié une tribune dans le journal Le Monde, dans laquelle il justifie la lapidation comme « une punition, mais aussi une forme de purification » et le sida comme un châtiment divin :

« Qui a créé le virus du sida ? Observez que la personne qui respecte strictement les commandements divins est à l’abri de cette infection, qui ne peut atteindre, à moins d’une erreur de transfusion sanguine, un individu qui n’entretient aucun rapport extraconjugal, qui n’a pas de pratique homosexuelle et qui évite la consommation de drogue ». Moralité : « Les musulmans sont convaincus de la nécessité, en tout temps et tout lieu, de revenir à la loi divine »[5].

Autre intervenant, Cheikh Mohamed Hassan. En septembre 2010, il est venu parler aux élèves d’éthique musulmane. Le contenu du cours est confidentiel. Mais quand on écoute les prêches de Cheikh Mohamed Hassan il y a de quoi s’interroger. Il explique par exemple que « la grippe porcine » ou « le sida » ne sont que les conséquences des choix des infidèles.

«La communauté internationale n’est infectée que parce qu’elle s’est égarée de la voix d’Allah et du prophète. »[6]

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Un lycée « inspiré de l’orthodoxie musulmane » 

Dans ses propres brochures, le ton est donné :

« Le caractère propre du lycée Averroès est circonscrit à un ensemble de valeurs et de comportements inspirés de l’orthodoxie musulmane. »

La mosquée Al Imane est la mosquée de référence du lycée. On y trouve des liens vers l’UOIF et vers le site de Tariq Ramadan. On ne peut pas être plus clair. Ce qui fait dire au groupe d’experts réunis par le PS en vue de rédiger une brochure sur les « inquiétantes ruptures de Nicolas Sarkozy » que le Lycée Averroès est le « premier lycée privé musulman fondamentaliste ». La citation exacte est : «Le projet sarkozyste réjouira l’UOIF dont le représentant lillois, Amar Lasfar, a créé le premier lycée privé musulman fondamentaliste, le lycée Averroès. Après avoir soutenu les jeunes filles voilées dans les collèges et lycées publics, cette organisation a désormais l’ambition de créer des établissements islamistes pour les accueillir.» Interrogé par 20 minutes, Amar Lasfar fulmine « On ne va pas se laisser faire (…) En période préélectorale, les politiques se permettent les coups les plus bas, poursuit-il. L’islam devient un enjeu électoraliste. » Martine Aubry, qui connaît bien Amar Lasfar en tant que maire de Lille (elle s’est rendue aux meetings de la Ligue islamique du Nord qu’il dirige), refuse de s’exprimer publiquement. Au journal local de France 3, la présentatrice dira tout de même qu’elle désapprouve le qualificatif donné par le rapport national du PS. Bernard Roman, cité par Marianne, déclare : «Je ne vois pas sur quoi on se base. Je connais la mosquée de Lille Sud et je n’ai pas le sentiment qu’elle soit noyautée par des Islamistes. Alors quels indices pour le lycée Averroes ? C’est un peu osé». Il s’agit de Gilles Pargneaux, premier secrétaire fédéral du Nord qui s’exprime publiquement. Il parle de « maladresse » et appelle à « dissocier l’enseignement donné [à Averroès] et les positions de l’UOIF qui, elles, sont incompatibles avec l’esprit laïque ».

Difficile à suivre. Amar Lasfar est le représentant de l’UOIF. Certains enseignants du lycée sont à l’UOIF. On y diffuse « un ensemble de valeurs et de comportements inspirés de l’orthodoxie musulmane ». Mais il ne faut pas amalgamer le lycée avec l’UOIF[7]!

Visiblement, certains élus du Nord ne demandent qu’à jouer sur les mots… Il est vrai que les créateurs de l’école, affiliés à l’UOIF, font tout pour montrer un visage tolérant. Les photos des élèves montrent des jeunes filles voilées et d’autres pas. Dans sa plaquette, le lycée explique son existence par la volonté de permettre à « leurs enfants de vivre harmonieusement leur double identité : française et musulmane » Filles et garçons sont séparés pour les moments de détente. Il existe un réfectoire pour les filles, un autre pour les garçons. Pour le reste, le lycée est un succès. En 2008, il obtient 100% au bac. L’occasion pour la préfecture et la mairie de Lille d’adresser un message de félicitation au directeur qui a, comme de nombreux directeurs d’établisssements privés, choisi de ne présenter que ceux qui réussiraient… Makhlouf Mamèche, directeur adjoint le dit avec délicatesse. « Ce qui fait notre fierté, c’est le suivi de tous nos élèves jusqu’à leur réussite. » Des louanges que reproduiront les sites islamistes.

Sur l’un d’entre eux, safirnews, un commentaire est plus désabusé. « Mr Makhlouf présente un discours erroné et faux, concernant le recrutement des élèves; il n’est pas dans la même vision que son directeur, en l’occurrence monsieur El hassan O. En 2007, j’étais reçu par ce dernier, suite à une démarche de mes enfants (jumeaux), qui souhaitaient vivement intégrer le lycée Averroès, ils avaient tout juste la moyenne ce qu’il les a pénalisé » et «cette moyenne ne permet pas à un élève d’intégrer cette structure », selon Mr E.O, directeur du lycée… »

Qu’importe. Suite aux « impressionnants » résultats, HEC proposera immédiatement un partenariat. Le 16 Juin 2008, le lycée devient sous contrat et donc doit accepter des enseignants de l’éducation nationale. Problème, à partir de là, les enseignants seront des professeurs titulaires recrutés et payés par l’Etat. Amar Lasfar rappelle tout de même qu’il faudra rester dans la ligne : « Aujourd’hui, nos enseignants vont être recrutés par l’Education Nationale. Le rectorat va nous envoyer une liste d’enseignants titulaires. Il s’agira pour le directeur de l’Etablissement de veiller à ce que cette nouvelle donne n’affecte pas le lycée ».

Fiammetta Venner

[1] Prospectus édités par l’UOIF et distribués au Congrès du Bourget en 2003.

[2] Hani Ramadan, Aspects du monothéisme musulman, Tawhid, Lyon, 1998, p. 98.

[3] « L’impasse de l’homosexualité », interview réalisée par Yann Gessler pour Le Nouvelliste

du 25 janvier 2003.

[4] Hani Ramadan, La Femme en Islam, Lyon, Tawhid, 2000.

[5] « La Charia incomprise », publié par Le Monde le 10 septembre 2002.

[6] 1 http://fr.truveo.com/video-detail/cheikh-mohammed-hassan-la-grippe-porcineah1n1/

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[7] Comprenant le problème de logique, le politicien tentera de minimiser : «il s’agit

d’une maladresse car le lycée privé a eu les autorisations de l’Education Nationale. Il conviendra de vérifier si son fonctionnement est conforme à la séparation de l’église et de l’Etat et à la laïcité et à ce moment là, les autorités prendront leur décision sur la signature ou non d’un contrat d’association. Mais il s’agit, je le répète, d’une maladresse rédactionnelle. »

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LE DISCOURS DE L’UOIF EST-IL COMPATIBLE AVEC LA DÉMOCRATIE ?

Le discours de l’UOIF est-il compatible avec la démocratie ?

01.06.2015 Emmanuel Razavi

L’Organisation des Frères Musulmans fut créée en 1928 en Egypte par Hassan Al Banna, un enseignant. Ce mouvement, qui prône l’organisation de la société autour des valeurs de la charia, serait présent dans 70 pays d’après son Guide. Bien qu’elle s’inscrive originellement dans une historicité Moyen-Orientale, l’Organisation est également présente aux Etats-Unis et en Europe. Mais L’Islam qu’elle prône est-elle compatible avec nos démocraties ? Eléments de réponse.

En France, les disciples des Frères Musulmans sont à l’origine de la polémique sur le voile. Ils comptent aussi parmi ceux qui, les premiers, ont jeté l’anathème sur les dessinateurs de Charlie Hebdo lorsqu’en 2006, l’Union des Organisation Islamiques de France (UOIF), dont les responsables se réclament de la pensée « Frériste » attaquèrent en justice l’hebdomadaire dans lequel avait été publiées des caricatures du prophète. En judiciarisant l’affaire, les clercs français de la confrérie comptaient sans doute imposer au pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression leur vision d’un Islam politique et « prescrire » aux journalistes et dessinateurs de presse les limites à ne pas franchir.

Bien que l’UOIF ait perdu le procès qui l’opposait à nos confrères de l’hebdomadaire satirique, cette tentative d’imposer sa vision de l’Islam fondamentaliste en attaquant tous ceux et celles qui la critiquaient ou osaient la parodier commença à faire peur, tant les débats avaient été passionnés. L’UOIF et ses alliés mettaient en effet au rang d’islamophobes les caricaturistes qui avaient l’outrecuidance de « moquer » la religion musulmane, mais aussi ceux qui, plus sérieusement, se permettaient de débattre de ses dérives sectaires au sein de la société française. Combien de journalistes, combien de responsables politiques eurent alors peur de se trouver affublés de l’étiquette « islamophobe » parce qu’ils pointaient du doigt cette structure, où tout simplement l’islamisme politique dont elle se réclame ? 

L’attitude des responsables de l’UOIF eut alors pour effet de diaboliser toute forme de débat critique sur des thèmes tels le port du voile ou la non mixité dans les piscines.

Aujourd’hui, l’UOIF, en se disant « proche » du courant de pensée incarné par la mouvance des Frères musulmans égyptiens, revendique sa proximité avec une organisation islamiste dont la doctrine semble bien loin de nos valeurs démocratiques. Contrairement aux affirmations de ses dirigeants, elle ne semble pas davantage représenter l’Islam – ou la majorité des citoyens de confession musulmane – de France.

A toutes fins utiles, il est important de préciser que l’organisation égyptienne des Frères Musulmans, qui prône l’organisation de la société autour des valeurs de l’Islam et le retour au califat, a compté parmi ses proches des éléments liés à Al Qaïda, à commencer par Oussama Ben Laden qui eut pour mentor Abdallah Azam, véritable égérie des Frères, perçu dans les années 80 comme « l’imam du Jihad ». Autre précision : Selon la charte du Hamas – la branche palestinienne de l’organisation égyptienne – les croyants doivent « porter le drapeau du jihad contre tous les oppressants pour débarrasser la terre et le peuple de leur impureté, de leur bassesse et de leurs plaies ». Cette même charte explique qu’il  n’existe pas de solution à la question palestinienne, excepté le jihad. Enfin, elle assume pleinement le fait « que le jihad devient le devoir individuel de chaque musulman » et que « l’invasion sioniste (…) s’appuie sur les organisations qu’elle a créées, à savoir les francs-maçons, les clubs Lions, le Rotary, pour les opérations d’infiltration et d’espionnage. (…) ».  

Dans l’hexagone, l’Union des Organisations Islamiques de France dispose d’un centre de formation à l’Islam dans la Nièvre, lequel compta comme membre de son conseil scientifique, des années durant le cheikh islamiste Youssef Al Qardawi, prédicateur qui, en pleine intifada, encourageait les jeunes palestiniens à se faire sauter dans les bus israéliens !

Autant dire qu’il est difficile de voir la compatibilité de l’UOIF (et des dizaines de structures associatives proches de celle-ci) avec notre démocratie, son fondement et sa filiation étant contraires au principe de laïcité qui régit le rapport au fait religieux.

Surtout, cette association – placée sur la liste des organisations terroristes par les Emirats Arabes Unis en 2014 ! – assume une historicité qui prouve qu’elle situe son action bien au-delà de la seule pratique religieuse, et qu’elle porte un projet d’islamisation de la société à laquelle elle veut imposer son dogme.

Il est toutefois utile de na pas faire porter à l’UOIF la seule responsabilité du discours et de la méthode islamiste. D’abord parce que d’autres courants islamistes existent en France et plus largement en Europe, à commencer par le salafisme, lequel revendique la pratique d’un islam fidèle à celui des origines, exclusivement fondé sur la sunna, incarnant la « pratique » de l’Islam des premiers siècles. Un salafisme bien loin d’être, lui aussi, compatible avec les valeurs républicaines et démocratiques, qui a conduit des centaines de jeunes sur la voie du Jihad. Sans qu’on l’interdise pour autant.

Ainsi, le mal est fait. Et le ras-le bol de nos contemporains a pour effet de déplacer le curseur de la bien-pensance vers l’extrême droite, le temps des amalgames entre islam et terrorisme ayant remplacé celui du discours complaisant. Une situation d’autant plus dommageable à la cohésion de notre société que la majeure partie des citoyens français de confession musulmane, parfaitement intégrés, ne doivent pas être assimilés aux fondamentalistes, encore aux assassins qui ont commis les attentats contre Charlie Hebdo.

Alors que faire ?

La réponse est au fond assez simple. Pour protéger ses concitoyens (y compris musulmans), l’Etat, comme l’a justement dit le premier ministre français Manuel Valls, doit « combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays (…) combattre les groupes salafistes dans les quartiers ».

Mais comment combattre ce « discours » et ces idées d’un autre temps ? La France doit-elle interdire les organisations se revendiquant de l’Islam prôné par les Frères Musulmans ?

Le gouvernement ne devrait-il pas confier cette réflexion à une commission d’experts indépendants composée de théologiens musulmans, de responsables du renseignement, de juristes, de sociologues et bien sûr de spécialistes de la mouvance Frériste qui étudieraient le fonctionnement de cette organisation, ainsi que le fond de son discours?

On ne peut en effet prétendre combattre cette mouvance islamiste sans à un moment se poser la question de son interdiction.

Avis au Premier Ministre français…

AMAR LASFAR

Amar Lasfar

01.06.2015 La rédaction

Dans son costume cravate bleu, Amar Lasfar, ressemble à un Français de classe moyenne, au dirigeant d’une agence de voyage— qu’il est par ailleurs[1]. Ce n’est que dans sa mosquée de Lille, en djellaba, lorsqu’il monte sur son prétoire pour diriger la prière du vendredi, qu’il est vraiment identifiable comme l’une des figures emblématiques de la troisième communauté musulmane de France. Grâce aux généreux donateurs de l’UOIF, sa mosquée, en tout cas, est l’une des plus grandes. Un immense local de plusieurs centaines de mètres carrés, une grande salle de prière et, à l’étage, des salles de classes pour le soutien scolaire et les réunions. Le seul fait que sa mosquée soit la plus grande de la région a permis à Lasfar de se présenter comme le leader de la communauté musulmane du Nord auprès des journalistes. Et sa visibilité dans les médias a fini par en faire, effectivement, une figure incontournable de la communauté musulmane. Lasfar déclarait à la presse avoir rassemblé près de 9 000 musulmans pour la prière de la fin du ramadan de 1996 : 5 500 hommes et 3 500 femmes.

Un chiffre étonnamment précis, invérifiable, mais largement repris dans les médias. Et qui ne signifie absolument pas que tous ces musulmans soient à l’UOIF. Fort de ce type de démonstrations, Lasfar a joué des coudes pour devenir président du Conseil islamique régional du Nord-Pas-de-Calais préfigurant les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM). En janvier 1995, il exprime son désaccord à l’encontre de la Charte du culte musulman qui, selon lui, « participe à la division des musulmans de France » (et) « prend parti pour la mosquée de Paris au détriment des autres instances de l’Islam en France ». En réalité, ce que reproche alors l’UOIF à la Charte, c’est qu’elle demande aux institutions musulmanes de France de se prononcer pour la possibilité d’une personne née musulmane de changer de religion. Inconcevable pour le recteur de la mosquée de Lille. Et pourtant, l’homme a su se faire une réputation de modéré, en tout cas d’agent de pacification.

Lors de la guerre du Golfe en 1991, on fait appel à lui pour participer à des tables rondes sur le thème du dialogue interreligieux, aux côtés du vice-président du consistoire israélite de France, Charles Sulman, dans l’espoir d’apaiser les tensions intercommunautaires. Mais la foi n’est pas une assurance anti-violence. En 1995, les membres d’un gang suspecté de vouloir commettre un attentat à la voiture piégée devant le commissariat de Lille sont tués dans un assaut du RAID. Deux d’entre eux fréquentaient régulièrement la mosquée de l’UOIF. À propos de l’un d’eux, Amar Lasfar se dit stupéfait : « c’était quelqu’un de très calme et discret » ou encore « Nous avons été les premiers surpris, avec ses parents, de ce qui lui est arrivé »[2]. Mais puisque tous les regards se tournent vers lui, l’imam en profite pour exprimer sa colère : « Chaque fois qu’il y a un problème, un attentat en France, il y a un suspect qui est l’Islam. Cela scandalise la communauté musulmane de France », a-t-il déclaré avant de souhaiter la fin de l’amalgame « musulmans et terroristes » : « Ce sont des bandits et c’est tout »[3].

Lui-même contribue toutefois à entretenir la confusion des genres en posant l’islam comme un moyen de lutter contre la délinquance auprès des médias et des décideurs politiques. Il est aussi régulièrement invité à calmer la colère des quartiers réputés sensibles chaque fois qu’une bavure risque de mettre le feu aux poudres. En avril 2000, il gagne même ses galons de médiateur. Riad Hamlaoui, un jeune homme de 25 ans, est tué d’une balle dans la nuque par un policier alors qu’il s’apprête à voler une voiture avec un complice. L’auteur du coup de feu est aussitôt placé en garde-a-vue, auditionné par l’Inspection générale de la police nationale et une information judiciaire est ouverte. Mais cela n’apaise pas la colère des habitants du quartier : 150 personnes se réunissent pour lui rendre hommage devant la mosquée, après une marche dans les rues de Lille-Sud. Le père de Riad est en larmes : « J’ai travaillé trente ans en France et j’ai eu un beau cadeau : un policier qui a tué mon fils ». À ses côtés, Amar Lasfar explique que ce rassemblement vise à « dénoncer un geste irresponsable qui a coûté la vie à un frère. Tous les responsables doivent faire en sorte que la mort de ce martyr de Lille-Sud soit élucidée », poursuit-il devant l’assemblée en train de scander « Justice pour Riad », avant d’appeler au calme : « La première leçon à retenir, c’est le sang-froid et le calme, c’est notre devise numéro un. (…) Face à l’émotion, il faut faire preuve de maturité »[4]. Un geste salué par le ministre de l’intérieur de l’époque Jean-Pierre Chevènement qui souligne le « sens civique » des responsables musulmans de Lille. Au cabinet du préfet de Lille, on ne se cache pas d’éprouver une certaine admiration pour le personnage : « Lasfar est connu de nos services, c’est un personnage charismatique qui a le mérite d’être écouté par sa communauté »[5].

Amar Lasfar a relayé des actions peu honorables au nom de la cause palestinienne, comme l’appel au boycott d’un concert d’Enrico Macias dans le cadre du festival des Transculturelles de Roubaix. Le tract qui circulait alors pour justifier cette action disait : « Nous considérons Enrico Macias à Roubaix comme ambassadeur de l’État sioniste d’Israël »[6]. À part ça, Amar Lasfar proclame volontiers, comme lors d’une manifestation en avril 2002, qu’il « n’est pas question d’importer un conflit »[7]. Ce jour-là, les manifestants venus de toutes sortes d’horizons politiques, non plus seulement musulmans, seront au maximum 5 000. Mais cela n’empêche pas les journalistes de continuer à décrire les différentes communautés musulmanes de la région comme étant « fortes de 450 000 membres »[8]. Un chiffre qui ne repose sur rien, si ce n’est sur les déclarations de Lasfar lui-même. Lors des élections du CFCM notamment, il a volontiers expliqué à l’AFP : « Les musulmans qui sont 450 000 dans le Nord-Pas-de-Calais et environ dix fois plus dans l’ensemble du pays »[9]. Une estimation qui englobe volontiers de force tous les Français d’origine maghrébine (juifs et chrétiens compris), lesquels ne se reconnaissent pas forcément comme partie prenante de la communauté « musulmane ». Mais ce chiffre est bien entendu utile au recteur de la mosquée de Lille car il contribue à lui donner du poids, jusqu’ici fondé uniquement sur la taille de sa mosquée.

Amar Lasfar est surtout connu pour être le patron du lycée Averroes.

En juin 2013, Amar Lasfar est  élu président de l’UOIF. Il est présent dans l’organisation depuis sa création au début des années 80. A La Voix du Nord, il n’est pas peu fier de la manière dont les Frères musulmans ont influencé les pays du Maghreb grâce à lui : « Nous avons formé à Lille une bonne partie de l’élite du Maghreb. »

Après les attentat de Paris

Amar Lasfar fait partie des manifestants du 11 janvier contre les attentats.

« Nous, nous manifestons, le drapeau français à la main contre le terrorisme. À Lille, j’ai vu ces slogans portés par des musulmans: «Touche pas à ma France», «Non au terrorisme». Et croyez-moi, cela fait chaud au cœur. (…) L’écrasante majorité de la communauté musulmane se sent mal. Ils n’ont pourtant rien à se reprocher. Je leur dis: «Vous êtes Français. Eux sont des terroristes. Vous dites “Allah akbar” pour prier. Eux disent “Allah akbar” pour tuer. Vous n’avez rien à voir avec cela! Vous ne devez pas vous sentir salis par ces terroristes qui vous sont étrangers. » (Le Figaro)

Dès la parution de la nouvelle couverture de Charlie Hebdo, il estime sur Europe 1 : que le principe même d’une caricature, est « offensant pour tous les musulmans de France » et parle de « provocation ». Peu de temps après, Amar Lasfar est confronté à la démission de Soufiane Zitouni. Interrogé par France 3 il explique que l’UOIF n’a aucune espèce de lien avec les « Frères Musulmans ». Une phrase qui fait bondir l’ancien Frère, Mohamed Louizi

Fiammetta Venner

* Une partie de ce texte est paru dans l’ouvrage de OPA sur l’islam de France. Les Ambitions de l’UOIF

[1] Outre Altlas Tour, Amar Lasfar est, selon Eurilide, aussi gérant d’une société qui loue des logements.

[2]AFP, « Roubaix : information judiciaire ouverte, peut-être un autre Français converti parmi les morts », 3 avril 1996.

[3]AFP, 30 mars 1996.

[4] AFP, 16 avril 2000.

[5] Djaffer Ait Aoudia, Marianne, 19 janvier 2004.

[6] AFP, « Un concert d’Enrico Macias à Roubaix pris dans la tourmente du Proche-Orient », 21 novembre 2000

[7] AFP, « Les musulmans du Nord se mobilisent dans la dignité pour les Palestiniens », 12 avril 2002

[8] Idem

[9] AFP, « 90% des mosquées du Nord inscrites pour l’élection au CFCM ».20 février 2002

ALI KHAMENEI ET SAYYED QOTB

Ali Khamenei et Sayyed Qotb

01.06.2015 Ladan Boroumand

Le guide suprême iranien est un admirateur de Qutb qu’il a lu dès sa jeunesse . Ali Khamene’i a traduit en persan :

Fî Zilâl al-Qur’ân(en) (A l’ombre du Coran)

Il a également traduit et un article de Qutub dont le titre en persan est « Réquisitoire contre la civilisation occidentale ».

Dans un procès qui lui est fait sous l’ancien régime et où on lui reproche d’avoir traduit un texte de Qutb, il défend son maître égyptien.

(voir article « la fructueuse interaction intellectuelle des révolutionnaires iraniens et des Frères musulmans, avant la révolution », Rasul Ja’farian, publié par le site de la bibliothèque, musée et centre de documentation de l’Assemblée Consultative Islamique –le parlement iranien-)

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MONCEF ZENATI

Moncef Zenati

01.06.2015 La rédaction

Moncef Zenati est membre du BE de l’UOIF chargé de « l’enseignement et de la présentation de l’Islam »

Moncef Zenati est né en France et a grandi en Tunisie.

Il a une licence en mathématiques puis a décidé de se réorienter vers des études en sciences islamiques à l’IESH de Château-Chinon.

Il est enseignant en droit musulman et également responsable des études à distances en sciences islamiques, à l’IESH. Il a traduit plusieurs textes important pour les Frères Musulmans comme ceux de Hassan Al Banna ou Youssef Al Qaradawi.

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ABDELKEBIR KOTBI

Abdelkebir Kotbi

01.06.2015 La rédaction

Abdelkebir Kotbi est membre de BE  de l’UOIF chargé des délégations régionales et locales

A la suite des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, Abdelkebir Kotbi a réclamé que l’on criminalise le blasphème :

« Insulter les symboles sacrés de toutes les religions devrait être un crime en France. Je demande au gouvernement de criminaliser l’insulte aux religions. » (Anadolu)

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HELA KHOMSI

Hela Khomsi

01.06.2015 La rédaction

Hela Khomsi est membre de BE de l’UOIF chargée de la famille. Elle est aussi présidente de la Ligue Française de la Femme Musulmane (LFFM).

Le 8 mars 2013, elle expliquait ses réticences par rapport à la laïcité :

« Alors que la laïcité est censée garantir la liberté de conscience et les libertés individuelles de tout un chacun, et permettre à tout citoyen de s’épanouir sereinement dans la société, c’est au nom de cette même laïcité que la femme musulmane est devenue, à coups de lois et de décrets injustes, à coups de déclarations « farfelues » et d’accusations non fondées, « l’ennemi public numéro un » des politiques ou encore la protagoniste du « feuilleton de la discrimination » mis en scène par ces derniers.
Une instrumentalisation de la laïcité, dont le seul but est d’exclure la femme musulmane de la société, de la spolier de ses droits les plus élémentaires et d’étouffer sa voix.  » (Saphirnews)

L’association Hela Khomsi fait partie des mouvements qui se sont opposés à l’enseignement de l’égalité hommes/femmes préconisé par Najat Vallaud Belkacem. Elle est totalement opposée à un enseignement qui lutterait contre les discriminations :

« A la tête d’’une association qui défend les intérêts de la femme, je suis pour l’’égalité homme-femme ! Ce qui m’’a inquiété, avec les ABCD de l’’égalité, c’’est que l’’on mêle les enfants à tout ça. Ce n’’est pas leur combat. » (Le Monde)

Entendons-nous bien. Il y a eu dans tous les courants de la société française des personnes qui se sont opposées aux ABCD de l’’égalité. Mais ces personnes ne revendiquent pas l’’égalité homme-femme. Ils ne militent pas non plus avec l’extrême gauche pour stigmatiser les partisans de l’égalité qui seraient opposés au voile à l’école publique. Depuis près de 10 ans, la Ligue Française de la Femme Musulmane participe avec des associations féministes, LGBT à de nombreuses manifestations.  Le 15 mars 2014, la Ligue Française de la Femme Musulmane fait un colloque à l’IRIS intitulé : « Musulmanes, des femmes comme les autres ? » Parmi les intervenants, Sylvie Tissot trouve que les ABCD ne vont pas assez loin.

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BACHAR EL SAYADI

Bachar El Sayadi

31.05.2015 La rédaction

Bachar El Sayadi est le Délégué Régional – Ouest de l’UOIF.

Bachar El Sayadi est président de l’Union des musulmans de Rouen, créée en 2005. Il déclare être le représentant de « la pensée du juste milieu ».

 « L’association a été créée en septembre 2005 par des hommes et des femmes jeunes, étudiants ou acteurs dans le secteur associatif et travaillant à Rouen. Elle compte actuellement 150 membres. Nous souhaitons mener des actions dans le domaine cultuel mais aussi culturel et éducatif afin de défendre un islam du juste milieu. » (Paris Normandie)

Le  28 avril 2013, l’Union des musulmans de Rouen organise sa Rencontre annuelle. Parmi les invités :

Médine

Hassan Iquioussen

Mahmoud Doua

Moncef Zenati

Mohamed Bajrafil

Tareq Oubrou

Hamza Garrush

Sur sa page Facebook, l’Union des musulmans de Rouen n’hésite pas à se référer à Sayyid Qutb et à Hassan Al Banna.

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Lorsque Manuel Valls annonce en 2015, une augmentation du nombre d’aumôniers dans les prisons, Bachar El Sayadi est appelé à s’exprimer. Certes il s’en réjouit mais prévient. Seuls les aumôniers formés par le réseau des Frères musulmans seront acceptables.

« Nous veillerons à ce qu’ils soient très bien formés aux niveaux linguistique, culturel et religieux, avec un discours « du juste milieu » qui refuse tout autant le laxisme que l’extrémisme. Il faut qu’il y ait un équilibre entre le texte et le contexte, entre l’islam et la société française. Ceux qui sont formés à l’Institut Européen des Sciences Humaines à Paris et à Château-Chinon, où la formation religieuse est accompagnée de cours de droit, psychologie, institutions européennes, culture française, sociologie, me paraissent offrir toutes les garanties  » (Paris Normandie, 21 janvier 2015)