Arrêtez de soutenir les islamistes!

L’imam Hassen Chalghoumi, dont la Conférence représente 80 imams en France, condamne sans ambiguïté l’attaque des locaux de Charlie Hebdo, et il reproche à l’Occident d’être « naïf et trop complaisant vis-a-vis des islamistes ».

Hassen Chalghoumi, Président de la Conférence des Imams de France et Imam de Drancy (région parisienne), n’est pas tendre avec les islamistes : « L’attaque contre les locaux de Charlie Hebdo est un acte très grave d’intolérance. Bien sûr, je suis je suis contre les caricatures du Prophète, je les condamne. Mais la réponse ne peut pas être la violence. La liberté d’expression implique le dialogue. Les fondamentalistes, eux, ne croient pas au dialogue, ils refusent la démocratie, et ils punissent tous ceux qui ne pensent pas comme eux ».

Interrogé par France-Soir, l’Imam de Drancy estime que l’attaque des locaux de Charlie Hebdo doit servir d’alerte : « Je dis aux Français, je dis à l’Europe et à l’Occident en général, mais je dis aussi aux journalistes : Réveillez-vous! Arrêtez de soutenir l’islam politique. Ne soyez pas naïfs, ces gens-là sont intolérants, ils menacent même des musulmans qu’ils jugent trop modérés ».

« Je connais le double langage des islamistes »

Hassen Chalghoumi s’inquiète de la « candeur » des Occidentaux, face aux succès des mouvements islamistes : « Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe est très grave. Quand le parti islamiste Ennahda accède au pouvoir en Tunisie, quand quarante pour cent des musulmans de France ont voté pour lui, je suis catastrophé. Je connais le double langage des islamistes, je suis musulman, je suis tunisien… Ces gens-là veulent instaurer la charia, et tout le monde se réjouit ».

Selon l’Imam Hassen Chalghoumi, « l’Europe doit se réveiller. Elle ne peut pas cautionner l’arrivée de partis islamistes dans les pays musulmans. Elle doit, au contraire, apporter son soutien aux seuls partis démocratiques ». L’imam franco-tunisien affirme que « les Révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye, qui au départ étaient nobles et démocratiques, sont en train d’être récupérées par les islamistes ».

Cet Imam, qui se présente comme « un homme de terrain confronté à la réalité », reproche aux politiques et aux médias occidentaux de « trop donner la parole aux islamistes, d’être trop complaisants avec les Frères musulmans » : « Les journalistes ne veulent pas voir les choses, dit-il. Mais cette attaque contre Charlie Hebdo montre qu’il y a des gens qui n’acceptent pas le point de vue des autres. Ils veulent imposer leurs lois même en France. Ce sont des fanatiques. Pour moi, tous les points de vue doivent s’exprimer, et la réponse n’est pas la violence, mais le dialogue ou le recours à la Justice ».

« Pourquoi la France a fait le jeu d’Al Qaïda en Libye ? »

L’Imam de Drancy ne comprend pas pourquoi « les Américains se sont réjouit de la victoire des Frères musulmans en Egypte, pourquoi la France a fait le jeu d’Al Qaïda en Libye, pourquoi plusieurs pays européens ont hébergé des leaders islamistes qui, aujourd’hui, rentrent dans leurs pays avec beaucoup d’argent, financés notamment par le Qatar, pour se s’approprier les Révolutions arabes ».

Selon lui, « il ne faut jamais soutenir un parti islamiste, car si les islamistes gagnent en Tunisie, en Libye et en Egypte, c’est tout le monde arabe qui va basculer, et on va le payer très cher  ».Patrick MeneyFrance Soir

4 étudiants arrêtés à l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi)

Quatre étudiants ont été interpellés et placés en garde à vue alors qu’ils manifestaient devant la mairie de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) pour la réouverture de leur école.

Le 26 avril 2011, l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi) a été fermé pour non respect des normes de sécurité. Depuis, des étudiants manifestent tous les week-ends à Boissy-Saint-Léger pour exiger sa réouverture et dénoncer le « climat d’islamophobie » en France.

Pour lire la suite :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/22/97001-20110522FILWWW00045-institut-islamique-4-etudiants-arretes.php

Tariq Ramadan ne souhaite plus participer aux prochaines RAMF

Tariq Ramadan l’a annoncé. Il ne veut plus participer aux prochaines éditions de la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF /UOIF). Selon le prédicateur controversé, l’édition de 2011 sera la dernière.

Il reproche en effet à l’organisation de ne pas avoir su organiser convenablement le débat sur l’islam de France. En effet Ahmed Jaballah, directeur de l’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris, n’était pas présent lors d’une des tables rondes organisée avec Robert Menard.

« Je me réjouissais d’avoir un autre type de débat avec le cheikh Ahmed Jaballah et puis j’ai été mis devant le fait accompli d’un programme et je ne trouve pas, avec tous les problèmes que j’ai eu ces dernières années, que c’était une façon de faire »

« J’ai depuis plusieurs années avalé des couleuvres. Maintenant, je le dis et je le dis publiquement. Insha Allah, ce sera ma dernière participation »

Les articles sur Tariq Ramadan : Ici

Tariq Ramadan et les Frères musulmans

Voici la version courte d’un documentaire d’une heure diffusé sur France culture le Jeudi 17 décembre : “Tariq Ramadan et son double”. L’extrait démontre l’appartenance de Tariq Ramadan aux frères musulmans.

Pour écouter le documentaire dans son intégralité en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-17.12.2009-ITEMA_20208272-0.mp3

Voir aussi
http://freretariq.wordpress.com

Le mur du Caire doit tomber

La révolution fait toujours peur. Celle du monde musulman réjouit autant qu’elle inquiète. Tout le monde pressent son caractère historique. Les uns s’enthousiasment sans penser à demain. D’autres redoutent le changement sans penser aux peuples. Quand l’actualité rejoint l’histoire, personne ne peut prédire la page que nous lirons demain. Cet élan peut déboucher sur une démocratisation et une sécularisation durable comme sur de nouvelles théocraties, déstabiliser le Proche-Orient comme pousser à la paix, raviver l’internationale islamiste comme la démoder.

Nous vivons un tournant comparable à la chute du mur de Berlin. Avec le même espoir et mille incertitudes. A l’époque, des ambassades s’accommodaient fort bien du glacis soviétique. Stable. Une vraie patinoire. Le fendre, c’était prendre un risque. Nous vivons désormais dans un monde multipolaire agité, où la liberté n’est pas allée sans poussée de fièvre, mafieuse, terroriste ou nationaliste. Mais qui regrette le mur de Berlin ?

Il y a peu de chances que nous regrettions ces régimes qui vont tomber. Quand bien même le pire en profiterait.

C’est la crainte exprimée par Benjamin Nétanyahou. Son inquiétude serait plus convaincante s’il avait su profiter de la « stabilité » de l’Egypte pour faire avancer le processus de paix. Au lieu de refuser toutes les concessions faites par l’Autorité palestinienne. Résultat, le processus de paix est enterré, l’Autorité palestinienne discréditée, le Hamas revigoré et la gauche israélienne au fond du trou. En quoi cela pourrait-il être pire ? Le conflit du Proche-Orient pourrit la géopolitique depuis trop longtemps. Il a perdu le droit de justifier qu’on diffère, en plus, la démocratisation arabe.

D’autant que, à part la stabilité, on ne voit plus bien la différence entre ces régimes et des théocraties. A force de vouloir couper l’herbe sous le pied des islamistes, leurs politiques sont tout aussi liberticides. A l’ONU, l’Egypte de Moubarak mène la guerre à la « diffamation des religions ». Dans son pays, le régime fait la chasse aux blogueurs critiquant l’Islam, à ses minorités sexuelles, et protège bien mal ses minorités religieuses. Evidemment, un régime intégriste serait pire. Mais, au moins, l’opposition égyptienne laïque pourrait s’organiser pour résister. Au lieu de devoir faire front avec les islamistes contre un régime intégriste qui ne dit pas son nom. Voilà pourquoi il faut souhaiter le changement. Pour avancer.

Cela n’interdit pas de redouter le rôle joué par les Frères musulmans en cas de démocratisation. Nous parlons d’une internationale d’inspiration totalitaire. Sa stratégie, mise au point dans les années 1930 par Hassan Al-Banna, lui a permis de gangrener l’Egypte et de se faire des alliés partout, grâce à un sens de la stratégie très élaboré. Une fois le verrou sauté, ils s’organiseront pour appliquer leur slogan de toujours : « Le Coran est notre Constitution. » En jurant sur la démocratie, ou même sur la Bible s’il le faut… Mais c’est là que les pessimistes peuvent se tromper, s’ils ne tiennent pas compte du contexte.

Nous ne sommes plus en 1979. La révolution islamiste a beaucoup déçu. Les jeunes Arabes connectés à Internet ont vu les vidéos de ces jeunes Iraniens massacrés par les sbires d’Ahmadinejad. Ils s’identifient plus à eux, ou aux jeunes Tunisiens, qu’aux « barbus ». Dans les rues, les quelques « Allah akbar »sont noyés par des cris de « liberté ». Aucun régime ne pourra plus ni les censurer ni les couper du monde.

Enfin et surtout, nous avons changé de génération. Le monde de la décolonisation a été celui du désenchantement et de la frustration. Cette crise identitaire a nourri le fatalisme et le fanatisme. Cette page se tourne enfin. Regardez, écoutez, tous ceux qui vous disent : « Je suis enfin fier d’être arabe. » Cette fierté retrouvée peut tout changer.

Caroline Fourest

Le Monde, samedi 5 février 2011

Séculariser puis démocratiser

Faut-il souhaiter des élections libres lorsqu’un régime totalitaire menace de triompher par les urnes ? L’élection peut-elle servir à donner les clés d’une démocratie imparfaite aux ennemis de la démocratie ? C’est le dilemme récurrent du monde arabo-musulman. Il s’est posé de façon dramatique en Algérie. Il se pose à la veille de chaque élection en Egypte. S’il était simple à résoudre, il y a longtemps qu’on l’aurait tranché. En théorie, deux tentations abstraites s’affrontent. Celle de la démocratie angélique et celle de la démocratie cynique.

L’angélique croit pouvoir réduire l’alpha et l’oméga de la démocratie au fait d’organiser des élections libres. Sans se soucier du résultat. Peu importe que ces élections portent au pouvoir des tyrans, des fascistes… qui ne rendront pas les clés. C’était le danger lorsque le Front islamique du salut (FIS) menaçait de gagner les élections en Algérie. C’est celui que fait peser la victoire d’un mouvement comme les Frères musulmans en Egypte. Leur visage avenant, le fait qu’ils soient martyrisés par le régime égyptien ne doivent tromper personne. Pour eux, la démocratie n’est qu’un moyen… En vue d’achever une révolution culturelle intégriste à vocation expansionniste et totalitaire.

Les partisans du moindre mal sont prêts à tout pour leur barrer la route. Quitte à soutenir des gouvernements cyniques ? Sous prétexte de faire barrage, les régimes arabes bâillonnent aussi bien les intégristes que les démocrates laïques. Comme Mohamed El-Baradei, empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Ce qui ferme la porte à toute alternative réelle, donc à la démocratie.

Comment en sortir ? La recette magique n’existe pas. Seul le poison est bien connu. Tenter la démocratie sans avoir au préalable sécularisé, comme en Algérie, mène à la dictature religieuse ou à la guerre civile. Séculariser tout en tardant à démocratiser, comme en Turquie, n’évite pas une poussée islamiste, mais sur un mode plus contenu. Son effet semble plutôt démocratique. Même si le risque de voir le gouvernement islamiste turc défaire les contre-pouvoirs laïques, militaires et judiciaires, est loin d’être écarté… Ce processus explique pourquoi l’islamisme de l’AKP (Parti de la justice et du développement) est incontestablement moins dangereux que celui des Frères musulmans en Egypte.

C’est aussi une question de calendrier géopolitique. Dans le puzzle des nations, l’Egypte est un foyer historique de l’intégrisme sunnite. Si son triomphe avait lieu avant l’écroulement du régime théocratique iranien, la victoire électorale des Frères musulmans égyptiens pourrait stimulerl’internationale islamiste et encourager la surenchère. Après, elle peut se limiter à la scène nationale et prendre le chemin d’un islamisme à la turque. A condition qu’entre-temps l’Egypte se soit sécularisée… Ce qui est loin d’être encouragé.

Les observateurs extérieurs doivent accepter la complexité de ce mécanisme s’ils veulent y contribuer sans jouer aux apprentis sorciers. Il n’y a pas à choisir entre un régime autoritaire et un mouvement totalitaire. Le premier se sert de la menace intégriste pour différer la démocratie. Le second prétend incarner l’alternative, mais ne rêve que de dictature au nom de la charia. Etouffés entre les deux, les démocrates laïques sont les seuls à mériter notre solidarité.

Pour les soutenir, il faut accepter que la référence à une valeur supérieure à la démocratie – la théocratie – puisse servir à disqualifier un candidat ou un parti intégriste. Tout en veillant au respect absolu des libertés politiques en dehors de cette restriction. Dans l’espoir que les citoyens du monde arabo-musulman aient un jour un autre choix… que la peste ou le choléra.

Caroline Fourest 
Paru dans Le Monde.

Le système Hawala a nouveau mis en cause

Le 1er mai 2010, des commerçants alertent les autorités américaines. Une Nissan bleue abandonnée fume à proximité de Timesquare. Les démineurs désamorcent 4 bombes et parviennent à éviter un attentat à Timesquare. Le responsable, Faisal Shahzad, sera arrêté 53 plus tard alors qu’il tentait de quitter le pays.

Faisal Shahzad est né au Pakistan. Naturalisé américain, il retournait fréquemment au Pakistan ou il s’est entraîné dans le Waziristan à la fabrication de bombes. L’homme a plaidé coupable. Il a été condamné à la perpétuité sans possibilité de libération. Il a aussi expliqué qu’il avait pu monter son opération grâce au système des Hawala. Un système de paiement informel qui permet de faire circuler de l’argent presqu’instantanément. Les Hawala avaient été mises en cause après le 11 septembre pour  blanchiment d’argent.

CAIR fait campagne depuis plusieurs années pour protéger le système des Hawala. Russia Today a donc naturellement interrogé Nihad Awad de CAIR sur cette question. Réponse :

« La Commission sur le 11 septembre a exonéré les système des Hawala de toute responsabilité »

C’est un peu court. En réalité la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis

sur le 11 septembre dit l’inverse.

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On peut lire dans le rapport que les Hawala ont permis à Al Qaida de faire transiter de l’argent sans être inquiétés. Plusieurs avoirs de compagnies Hawala ont été gelés. Nihad Awad, qui représente CAIR, se sert du fait que certaines charges contre le réseau Al Barakat ont été abandonnées. Ce qui n’absout pas la totalité du système.

Tariq Ramadan sur Télé Ahmadinejad

La mairie de Rotterdam avait engagé Tariq Ramadan au poste de conseiller à l’intégration, malgré les soupçons de « double discours ». Elle l’a finalement dû le limoger. Après avoir découvert que son “médiateur” animait une émission hebdomadaire sur Press TV, une chaîne anglophone financée par le gouvernement iranien.

Contrairement à ce que Tariq Ramadan prétend, on ne trouve pas l’ombre d’une critique envers le régime dans ces émissions diffusées avant, pendant et après la fraude électorale.

Le 18 juin, alors que plus d’un million d’Iraniens bravent l’interdit pour réclamer des élections libres et non truquées, subissent une répression sanglante… Tariq Ramadan s’inquiète du score des listes populistes aux élections européennes… Son émission commence par un clip annonçant le retour du nazisme européen, comme dans les années 1930… D’après son émission, ce nouveau nazisme prendrait pour cibles les musulmans comme hier il prenait pour cibles les… immigrés (le mot “juif” n’est pas prononcé).

Le message colle parfaitement à la paranoïa anti-occidentale de Press TV, destinée à relayer la propagande iranienne auprès du monde anglo-saxon. Notamment celle minimisant la Shoah… Visiblement, la chaîne connaît mieux le message de Tariq Ramadan que la mairie de Rotterdam.

A noter, Ramadan se présente parfois comme agent de pacification auprès du monde musulman. Mais il maîtrise pas suffisamment l’arabe littéraire pour passer sur Al-Jazira, et ne parle pas persan. C’est donc en français et anglais, auprès du public musulman européen, qu’il a un impact… Celui de les politiser et de les radicaliser.

Ps : LE BNP, l’UDC et Geert Wilders tiennent en effet des discours anti-Islam qu’il faut condamner, mais de façon antiraciste. La leçon fait sourire venant d’un prédicateur salarié du gouvernement iranien !

Voir aussi un extrait de ses prèches contre le fait d’aller dans des piscines mixtes : http://www.dailymotion.com/video/xandxh_le-double-discours-de-tariq-ramadan_news

Tariq Ramadan et son double

Jeudi 17 décembre 2009, l’émission « Sur les docks » de FRANCE CULTURE diffusait « Tariq Ramadan et son double ». Un documentaire audio de Caroline Fourest.

Après des années d’enquêtes et son livre sur Frère Tariq, achève de démontrer ici son double discours et sa fidélité à la pensée des Frères musulmans, à partir d’extraits de ses propres cassettes et de ses conférences.

L’enquête sonore se base sur des extraits de ces passages médias et ces prêches, décryptés grâce à Leïla Babès et Antoine Sfeir, au directeur de recherche ayant refusé la thèse apologétique de Tariq Ramadan sur Hassan Al Banna, et à une journaliste Suisse ayant couvert ses débuts.

Elle comporte aussi une rencontre et un débat improvisés avec Hani Ramadan devant le Centre islamique de Genève, ainsi qu’une ballade à Saint Denis, à la rencontre d’habitants subissant le militantisme intégriste des partisans de Tariq Ramadan…