MAROC : AHMED RAÏSSOUNI ET LES FRÈRES MUSULMANS ÉGYPTIENS

MAROC : AHMED RAÏSSOUNI ET LES FRÈRES MUSULMANS ÉGYPTIENS

Maroc : Ahmed Raïssouni et les Frères musulmans égyptiens

Maroc : Ahmed Raïssouni et les Frères musulmans égyptiens

10.01.2017La rédaction

Ahmed Raïssouni, théologien marocain est un des penseurs du PJD. Il est aussi vice-président de l’Union internationale des érudits musulmans, dirigée par le cheikh Youssouf Al-Qaradhawi. Une position qui le situe dans la galaxie idéologique des Frères musulmans. Lorsque l’Union internationale des érudits musulmans a été mise sur la liste des organisations terroristes par les Emirats arabes unis, Ahmed Raïssouni, a du, comme la plupart des Frères réduire la voilure et donner des gages de modération.

A l’automne 2016, dans une série d’interviews, notamment pour alayam24.com et arabi21.comil explique que les Frères musulmans égyptiens ont été trop loin.

Il déclare notamment que  les Frères musulmans égyptiens « abandonné leur mission supérieure » afin de poursuivre leurs aspirations politiques.

Ahmed Raïssouni, va même jusqu’à accepter la mise à pied de Morsi. « Allah voulait que cet homme, soit évincé ». Et de faire un parallèle avec la situation marocaine. « La logique de l’histoire est que si l’État ne nous freinait pas, nous pourrions commettre des erreurs et nous voir confier des responsabilités trop lourdes pour nous. Nous devrions avoir à nous occuper d’affaires pour lesquelles nous ne sommes pas doués. L’Etat a autre chose en tête, mais je crois qu’au bout du compte, nous en bénéficions. Le Parti de la justice et du développement en bénéficiera. »News

ANTIRACISME » ISLAMISTE À DECINES

"Antiracisme" islamiste à Decines

“Antiracisme” islamiste à Decines

28.11.2016La rédaction

Le 3 décembre, à Décines dans la banlieue Lyonnaise, les islamistes du CCIF se retrouveront pour « des assises contre l’islamophobie » dans des locaux diplomatiques de l’ambassade de Turquie sous l’égide de son ministère des Affaires religieuses et de son organisation officielle DITIB ( Diyanet Işleri Türk-Islam Birliği à savoir Union des Affaires Culturelles Turco-Islamiques).

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Comment ose-t-il, le CCIF, se présenter comme le chantre de la liberté des femmes. Quelle funeste audace de s’accaparer l’antiracisme et le féminisme pour finalement le liquider. Où sont-ils quand les hommes et les femmes se lèvent pour faire obstacle à cette loi qui a failli légaliser le viol des fillettes.

Ils se réunissent chez des activistes islamistes qui soutiennent le régime qui a souhaité promulguer cette loi. Chez ces tortionnaires qui emprisonnent et purge à tour de bras.

Quand le CCIF pourfend l’Etat d’urgence Français, sa police et sa Justice, elle noue franchement camaraderie avec le régime de Recep  Tayyip Erdogan.

L’Etat d’urgence décrété par le Président Turc suite au soulèvement d’une partie de l’armée ne dérange nullement le CCIF qui préfère s’en prendre à celui de notre pays, promulgué à la suite des attentats du 13 novembre. Pourtant, la France n’a enterrée ni les droits de l’Homme ni les droits des femmes.

La machine d’exception Turque peut donc compter sur nos islamistes pour collaborer avec les siens.

Ces « Assises contre l’islamophobie », organisées notamment par le CCIF sont soutenues par tout ce que l’AKP (parti islamiste au pouvoir en Turquie) dispose comme instruments pour contrôler et se renforcer auprès de sa diaspora. Ils ne s’en cachent d’ailleurs pas.

Par exemple MUSIAD « MUSIulman Is Adamlari Dernegi », littéralement « Association des hommes d’affaires indépendants ». Au même titre que l’AKP est à la politique l’organe islamiste d’Erdogan, MUSIAD est à l’économie au service de son projet politico-religieux.

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Exhibé comme une star sur leur tract des « assises », Bayram Celik est un chef d’entreprise lyonnais engagé… « Notre but Allah, notre guide le messager de Dieu, notre Constitution le Coran », promeut-il sur sa page Facebook avec un homme lourdement armé. Le slogan de la confrérie des « Frères musulmans ». Quelle étrange organisation patronale…

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Soutenu aussi par le Conseil de la Jeunesse Pluriculturel (COJEP), association d’étudiants Turcs au service de l’homme fort d’Ankara sur le territoire Européen et qui distribue bons ou mauvais points à certains « leaders d’opinions » Français.

Evidemment les bons points sont décernés par le Cojep aux soutiens de la confrérie des Frères, de Tariq Ramadan, et évidemment de l’AKP.

Entre autre, Bariza Khiari sénatrice de Paris, Marwan MuhammadRokhaya Diallo et bien sûr Edwy Plenel sont auréolés pour tant et tant de services rendus à la cause islamiste sous couvert de lutte contre « l’islamophobie ».

Pour le Cojep, Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis, eux, sont relégués à des rôles de suppôts de l’Arménie.

L’AFD International France (Alliance for Freedom and Dignity) est aussi de la partie. Comment ne pourrait-elle pas l’être, surtout en compagnie de Ismahane Chouder. Celle-ci multiplie les casquettes pour imposer son hijab militant. Elle rêve aussi d’instaurer une République islamique au Maroc, son pays d’origine.

Pour l’AFD, l’antiracisme passe par le copinage islamiste et c’est assez crânement qu’ils s’affichent avec Tariq Ramadan. Leur boussole n’est pas les droits de l’Homme mais le droit des islamistes à contester les lois Républicaines. Comme ils l’expliquent sur leur site, quand « l’opinion internationale » fustige les lois laïques de notre pays, c’est sur les mobilisations des islamistes radicaux à travers le monde qu’ils font référence. Pas sur les arrêts de la Cour Européenne des droits de l’Homme jugeant conforme la loi interdisant les signes religieux à l’école.

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Eux non plus ne pipent mot sur le régime de répression tout azimut qui se déroule en Turquie tous les jours. Non, leur cause antiraciste à eux c’est le droit des femmes qui veulent adopter l’uniforme intégriste.

Tous sont aux abonnés absents quand l’Etat Turc purge des milliers de fonctionnaires, emprisonne les élus qui s’opposent, traque la population et les journalistes récalcitrants.

Ils n’ont rien dit et le 3 décembre, ils ne diront rien à ces complices d’Erdogan concernant le sort des fillettes, qui pour cette fois, ont été épargné grâce aux mobilisations qui ont empêché l’adoption de la loi qui voulait amnistier les auteurs de viol sur elles si elles devenaient leurs épouses.

Les Arabes, les Berbères, les Turcs, les Kurdes, les musulmans laïques et progressistes savent que l’internationale islamiste n’a qu’un seul but : celui d’instrumentaliser nos libertés pour tous nous en priver.  Car l’antiracisme islamiste c’est comme le féminisme salafiste, ça n’existe pas.

Mais il semblerait que la petite ville de Décines soit devenue leur petite Mecque où ils peuvent tout se permettre. En territoire diplomatique, tout comme dans les équipements publics qu’ils occupent régulièrement.

Nasser Ramdane Ferradj porte-parole et Ergün Toparslan du collectif « ils n’auront pas notre silence complice – les islamistes »NewsTribune

QUI SONT LES BRIGADES DE DEFENSE DE BENGHAZI QUI MENACENT LA FRANCE

QUI SONT LES BRIGADES DE DEFENSE DE BENGHAZI QUI MENACENT LA FRANCE

QUI SONT LES BRIGADES DE DEFENSE DE BENGHAZI QUI MENACENT LA FRANCE

16.11.2016Hala Abdennour

Le 17 juillet 2016, deux (ou trois selon les autorités françaises) soldats français probablement de la DGSE ont été tués en Libye quand l’hélicoptère qui les transportait a été abattu. Un groupe connu sous le nom de Benghazi Defense Brigades (Brigades de défense de Benghazi) revendique l’attaque et poste des images du corps de celui qu’il identifie comme un soldat français, ainsi que la photo de l’hélicoptère abattu.

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Le président François Hollande a confirmé, le 20 juillet que trois soldats ont été tués en Libye dans un : « accident d’hélicoptère ». La France mène « des opérations périlleuses de renseignement » ajoute-t-il [1].

Le même jour et en représailles, la France a bombardé des positions de la BDB tuant plusieurs militants et obligeant le groupe à se replier vers la ville d’Ajdabiya. BDB publie immédiatement dans leur agence de Presse, Boshra News un communiqué menaçant la France « La Libye se transformera en un cimetière pour vous comme elle l’a été pour vos soldats».

Quelques jours plus tard, Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) fait un communiqué annonçant sa solidarité avec BDB et appelant les libyens à se battre contre ceux qu’elle a qualifié « d’oppresseurs » [2]. Voir annexe

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La plupart des media français ont relayé cet évènement [3]. Le Monde a publié un article sur le sujet [4] mais aucun media n’explique qui sont les alliés des Benghazi Defense Brigades. Seuls les media anglophone ont donné des détails sur les liens entre BDB, Al Qaida et AQMI. La presse française les a simplement qualifiés d’extrémistes.

Selon des articles de presse publiés en août 2016, près de 30 ou 40 combattants algériens et maliens d’AQMI ont rejoint BDB dans leurs guerres contre l’Armée Nationale Libyenne au sud d’Ajdabiya. Depuis la création des Benghazi Defense Brigades, des douzaines de combattants d’AQMI sont partis en Libye combattre aux côtés de BDB.

Qui sont les Brigades de défense de Benghazi

Les BDB sont une milice créée en juin 2016 qui se bat aux côtés du Conseil de la Shura des Révolutionnaires de Benghazi, le Benghazi Revolutionaries Shura Council (qui sont associés à Al Qaida) contre le Gouvernement d’Entente Nationale et l’Armée Nationale Libyenne, conduite par le général Khalifa Hiftar.

Le Benghazi Revolutionaries Shura Council est une coalition de miliciens djihadistes en Libye. Ansar Al Sharia en font partie. Ils ont été désignés par le gouvernement américain comme Organisation Terroriste Etrangère à cause de leurs liens avec Al Qaida et leur rôle dans l’attaque contre le complexe américain à Benghazi en 2012 [5].

Ils sont également considérés comme plus proche de Daesh que d’Al Qaida [6]. Même s’ils sont alliés avec Al Qaida dans certaines villes et avec Daesh dans d’autres, selon le spécialiste français des mouvements djihadistes, David Thomson [7].

Un ancien leader d’Ansar Al Sharia Mohammad Al Zahawi était un des principaux leaders du Conseil des la Shura des Révolutionnaires de Benghazi avant sa mort en 2015 [8].

Un des commandants du Conseil des la Shura des Révolutionnaires de Benghazi, Ismail Sallabi est un membre fondateur des Brigades de Défense de Benghazi.

Dans une interview datée d’octobre 2016 le commandant des BDB Mustapha Sharkasi a réitéré le soutien de son groupe au Conseil de la Shura des Révolutionnaires de Benghazi [9].

Le soutien du Qatar aux leaders des BDB

Ismail Sallabi un leader milicien basé à Benghazi a été identifié comme « un des plus important » chefs des BDB [10] Sallabi est filmé dans la vidéo de juin 2016 annonçant la formation officielle de BDB, depuis il a été cité dans les media comme chef des BDB et d’autres groupes de militants associés à Al Qaida en Libye [11].

Sallabi est un activiste islamiste de longue date. Il été arrêté et accusé de tentative de renversement du régime puis libéré en 2004 avec l’aide du Qatar. Dans les années 80 il a combattu en Afghanistan contre les forces Soviétiques et fut un des leaders de la Libyan Islamic Fighting Group (le Groupe de Combattants Islamiques de Libye) qui a été sanctionné par les Nations Unies et par le gouvernement des Etats Unis [12].

Après la révolte de 2011 contre le régime de Kadhafi, Ismail Sallabi est devenu un des leaders de la Brigade des Martyrs du 17 Février et du Regroupement des Compagnies Révolutionnaires (Revolutionaries Companies Gathering). Ces deux milices ont reçu de l’aide et des armes du Qatar durant la révolution libyenne selon des informations relayées par le media [13].

Dans une interview à Reuters Ismail Sallabi a confirmé que ses forces ont reçu des armes du Qatar au début de la révolution libyenne [14].

A ce moment-là ils étaient également soutenus par les services de renseignements occidentaux pour qu’ils renversent le régime et ce probablement avant de se rendre compte que ces groupes islamistes avaient des liens solides avec Al Qaida et AQMI.

En 2012 des responsables libyens ont demandé au gouvernement américain d’empêcher le Qatar d’envoyer de l’argent et des armes à des extrémistes libyens, selon des informations du New York Times.

L’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton a exhorté l’administration d’Obama d’aborder « le problème Qatar » sur l’armement des groupes d’opposition, « en espérant que cela persuaderait les Qataris d’arrêter d’envoyer des armes à des factions rebelles extrémistes » [15].

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La plus grande partie de l’aide de Doha à la rébellion libyenne a été orchestrée par un religieux basé au Qatar, Ali Sallabi, le frère d’Ismail. Ali Sallabi est le principal convoyeur d’armes qatariennes à la révolte des milices libyenne en 2011. Il est resté au Qatar où il coordonne activement les dialogues politiques. Il a supervisé la conférence à Doha de plus de 80 libyens qui ont discuté de réconciliation nationale et de développement politique en Libye. Selon les media qatari le gouvernement a organisé cette conférence [16] [17].

Ali Sallabi est également membre du conseil d’administration de l’Union des Savants Musulmans dirigée par Yusuf Al Qaradawi.

Le 23 juillet 2016 après les frappes françaises contre des cible des Brigades de Défense de Benghazi ; l’Union des savants musulmans a publié un article par le Grand Mufti de Libye, Sadiq Al Ghariani qualifiant l’attaque de « crime contre la patrie dans tous les sens du terme » [18].

Al Ghariani est considéré par les BDB comme le Marja (guide) spirituel du groupe [19][20]. Il a aussi fait les louanges d’AQMI qui a publié une déclaration dans laquelle elle soutient BDB suite aux attaques aériennes de juillet 2016. AQMI appela les révolutionnaires à attaquer les forces françaises et se rallier aux Oulémas comme Al Ghariani qui ajoute-t-elle « est le champion des savants en disant la vérité face au diable et ses cohortes ».

En octobre 2014 Sadiq Al Ghariani est interdit de séjour au Royaume Uni suite à des révélations indiquant qu’il soutenait directement la prise de pouvoir de Tripoli par Fajr Libya (l’Aube de Libye) [21]. Il est parti au Qatar avant de s’installer en Turquie.

En 2012 les réseaux sociaux ont montré une réunion entre le prince héritier du Qatar à l’époque, Tamim Bin Hamad Al Thani et le religieux radical Sadiq Al Ghariani [22].

Hala Abdennour

Annexe

Communiqué Al Qaida au Maghreb Islamique
24.07.2016

« Franchement, votre détermination a humilié la campagne flagrante de l’occident et l’intervention militaire française en Libye, quand les jeunes révolutionnaires, les Moudjahidine des Brigades de Défense de Benghazi ont tué trois officiers français, ces morts sur le territoire Libyen que le gouvernement français a reconnu plus tard. Ces événements ont montré la profondeur de la trahison de l’agent étranger Haftar, celui qui tue les enfants de Derna et les vieillards de Benghazi, contre lesquels il mène une guerre pour exterminer tous ceux qui ont quoi que ce soit à avoir avec la révolution….

Nous appelons les révolutionnaires en Libye, et tout le peuple libyen de poursuivre sa révolution contre les oppresseurs. Nous les appelons à se rallier autour de leurs Oulémas qui disent la vérité sur la campagne d’agression contre l’identité et la foi des musulmans. Nous apprécions également les positions courageuses du leader Cheikh Al Sadiq Al Ghariani, qu’Allah le protège, lui, qui a la connaissance et qui dit la vérité face au diable et ses cohortes.

Nous demandons à Allah de le garder ainsi que ces frères sur la voie de la justice, et en faire un rempart pour la charia. »

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[1] Reuters – 20.07.2016 – France says soldiers killed in Libya during intelligence operation

[2] L ibyas Channel – 24.07.2016 – “تنظيم قاعدة الجهاد ببلاد المغرب الإسلامي” يعلن تأييده لـ”سرايا الدفاع عن بنغازي”

[3] BFMTV – 21.07.2016 – Libye: le gouvernement d’union nationale accuse Paris de « violation » du territoire

[4] Le Monde – 20.07.2016 – Trois membres de la DGSE tués en Libye, le gouvernement libyen proteste

[5] U.S. Department of State – 02.01.2014 – Terrorist Designations of Three Ansar al-Shari’a Organizations and Leaders

[6] Rfi – 06.10.2014 – Aaron Zelin: en Libye, Ansar al-Charia n’a «pas subi de défaite»

[7] Twitter – 30.11.2015 – David Thomson

[8] Reuters – 23.01.2016 – Leader of Libyan Islamists Ansar al-Sharia dies of wounds

[9] Twitter https://twitter.com/Ghanem3Salem/status/784413510868537344

[10]  Al Jazeera – 07.06.2016 – سرايا بنغازي.. لغم جديد بطريق حفتر

[11]  YouTube – 02.06.2016 – بيان رقم ( 1 ) لسرايا الدفاع عن بنغازي

[12] Albawabh News – 25.03.2015 – التنظيمات المتربصة ببوابة مصر الغربية

[13] WSJ – 17.10.2011 – Tiny Kingdom’s Huge Role in Libya Draws Concern

[14] Reuters 04.09.2011 – مقابلة- اسلامي ليبي يطالب اللجنة التنفيذية بالاستقالة

[15] New York Times – 27.02.2016 – A New Libya, With ‘Very Little Time Left’

[16] Akhbar Libya – 03.05.2016 – من يقف وراء مؤتمر المصالحة الليبي في الدوحة ؟

[17] Raya – 04.05.2016 – مؤتمر المصالحة الليبي بالدوحة يدعو لنبذ العنف

[18] IUMS – 23.07.2016 – لمن يكتب تاريخ ليبيا.. يومُ العدوان الفرنسي على بنغازي

[19] Libya Herald – 25.06.2016 – PFG vows to fight new Benghazi militants

[20]  L ibyas Channel – 24.07.2016 – “تنظيم قاعدة الجهاد ببلاد المغرب الإسلامي” يعلن تأييده لـ”سرايا الدفاع عن بنغازي”

[21] The Guardian – 30.10.2014 – Libya’s highest spiritual leader banned from UK over support of Islamists

[22] [22] Facebook – 18.07-2012 – الشيخ تميم بن حمد آل ثاني ولي عهد قطر يقبل رأس الشيخ الصادق الغرياني مفتي ليبيا ..EnquêteNewsTribune

UN RAPPORT DE LA CHAMBRE DES COMMUNES SALUÉ PAR LES FRÈRES MUSULMANS

Un rapport de la Chambre des Communes salué par les Frères Musulmans

Un rapport de la Chambre des Communes salué par les Frères Musulmans

09.11.2016Carla Parisi

La Chambre des Communes du Royaume Uni vient de publier un rapport où elle prend de grandes distances avec les critiques du gouvernement britannique contre la confrérie des Frères musulmans.

David Cameron avait en décembre 2015 déclaré que « certains des Frères musulmans ont une relation très ambiguë avec l’extrémisme violent », « tant comme idéologie que comme réseau, ils sont un rite de passage pour certains individus et groupes qui se sont ensuite engagés dans la voie de la violence et du terrorisme. , « ils ont manifesté leur opposition à al-Qaïda, mais n’ont jamais dénoncé de manière crédible l’utilisation par les organisations terroristes de l’œuvre de Sayyid Qutb, un des plus importants idéologues de la fraternité. », et que certains aspects de la Confrérie pouvait être en confrontation avec les « valeurs britanniques de démocratie, de liberté individuelle et de respect mutuel des différentes religions et croyances. ». Les liens de la Confrérie avec le Hamas avaient également été mis en valeur par le rapport gouvernemental, ainsi que la mainmise de la Confrérie sur de nombreuses œuvres de charité ou associations islamiques.

Les députés anglais ne semblent manifestement pas d’accord avec ces conclusions, pourtant argumentées, du rapport gouvernemental. Certains propos du rapport de la Chambre de Communes sont même particulièrement complaisants envers la Confrérie.

La Chambre des Communes suggère de collaborer avec les représentants de l’ « Islam politique » qui pour elle « participent et préservent la démocratie », qui ont une « interprétation de la foi qui protège les droits, les libertés et les politiques sociales compatibles avec les valeurs anglaises », et qui « ne font pas usage de violence ». Le parti islamiste Ennahdha de Rached Ghannouchi est même décrit comme « un exemple primordial » de parti qui a respecté ces critères ! La Chambre des Communes conclue que l’on doit « encourager les partisans de l’Islam politique (…) à accepter les valeurs démocratiques », et que le fait que la Confrérie soit « secrète et ambiguë » est  « compréhensible du fait de la répression qu’elle a expérimentée ». Sans vraiment citer directement de représentants de l’Islam politique (mais en évoquant à plusieurs endroits l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, le Parti de la Justice et du Développement marocain, ou encore le Parti de la Justice et de la Liberté de Mohamed Morsi) la Chambre des Communes suggère de « voir leur pragmatisme de ces islamistes-politiques comme une opportunité de s’engager avec eux ». Cependant, il paraît objectivement difficile de faire rentrer ces partis politiques dans les critères qu’elle décrit ci-dessus.

A propos de Mohamed Morsi, la Chambre des Communes affirme que « les peurs autour d’une introduction d’une interprétation restrictive de la loi islamique par le Parti de la Liberté et de la Justice étaient en partie dues à des spéculations plus qu’à une réelle expérience ». Elle regrette que le rapport gouvernemental ne parle pas de « l’événement le plus significatif de l’histoire des Frères musulmans qu’est l’intervention militaire qui les a destitué du pouvoir » ainsi de la répression de la Confrérie depuis août 2013.

Les députés se réjouissent que le gouvernement anglais n’ait pas désigné la Confrérie des Frères musulmans comme terroriste car « des groupes partisans de l’Islam politique ont été des remparts contre l’extrémisme et la violence ». Cependant, les députés affirment que le gouvernement a « détérioré la réputation du Royaume-Uni » avec les déclarations de David Cameron basées sur son rapport gouvernemental.

Les députés concluent : « la critique du manque de transparence qui est faite aux Frères musulmans s’applique également au rapport gouvernemental », rapport qui a « endommagé la réputation du Royaume-Uni pour un commerce équitable ».

Amr Darrag, ancien ministre de Mohamed Morsi, a félicité ce nouveau rapport de la Chambre des Communes sur le site Middle East Eye en la qualifiant d’ « initiative bienvenue » pour les relations entre les Frères musulmans et le Royaume-Uni.

Le site Middle East Monitor (MEMO) rapporte que les leaders des Frères-musulman à Londres se sont également félicités de ce rapport, le qualifiant de « document important ». Néanmoins, il regrette que le gouvernement ne change pas publiquement d’attitude envers la Confrérie suite à ce nouveau rapport.

Le fait que Sir John Jenkin (qui a supervisé la rédaction du rapport gouvernemental) ait été ambassadeur en Arabie Saoudite est pointé du doigt à la fois par le rapport gouvernemental, par Middle East Eye ou par le MEMO pour sous-entendre un parti-pris anti Frères-musulmans. La Chambre des Communes affirme que ce point n’a pas été abordé dans le rapport gouvernemental, ce qui « crée l’impression que l’Arabie Saoudite (…) aurait pu influencer le rapport ». En revanche, le rapport de la Chambre des Communes ne rappelle pas que son propre rapport a été dirigé sous la direction de Crispin Blunt, qui a été longtemps responsable du Council for Arab-British Understanding (CAABU). Le CAABU s’est notamment opposé à la décision des Emirats Arabes Unis de classer les associations des Frères musulmans de terroristes, en prenant notamment la défense de l’ONG Islamic Relief qu’Ikhwan Info a déjà présentée ici.

Les députés de la Chambre des Communes ayant réalisé le rapport sont Crispin Blunt MP (Conservative) (Chair), Mr John Baron MP (Conservative), Ann Clwyd MP (Labour), Mike Gapes MP (Labour), Stephen Gethins MP (Scottish National Party), Mr Mark Hendrick MP (Labour), Adam Holloway MP (Conservative), Daniel Kawczynski MP (Conservative), Ian Murray MP (Labour), Andrew, Rosindell MP (Conservative), Nadhim Zahawi MP (Conservative), Yasmin Qureshi MP (Labour).

Carla Parisi

Pour lire le rapport gouvernemental :

Cliquer pour accéder à Muslim_Brotherhood_Review_Main_Findings.pdf

Pour lire le rapport de la Chambre des Communes : http://www.publications.parliament.uk/pa/cm201617/cmselect/cmfaff/118/11801.htm

CCIF : SAINT MARWANE DANS LES COLONNES DU MONDE

CCIF : saint Marwane dans les colonnes du Monde

CCIF : saint Marwane dans les colonnes du Monde

03.11.2016La rédaction

Lundi 31 octobre, ma consoeur Cécile Chambraud, chargée de la rubrique
religion et laïcité au Monde, a livré  une hagiographie de Marwan Muhammad,
actuellement directeur exécutif du CCIF, dans laquelle elle adoube comme
porte-voix des musulmans un islamiste patenté. Un exemple de journalisme à
ne pas suivre.

Envoyée spéciale à Strasbourg pour un  « dîner de gala » sur lequel elle
s’attarde longuement, tout à son admiration des formes, C. Chambraud oublie
de préciser avec quels fonds l’association invitante a pu dresser
« richement » les tables pour « des élégants et des élégantes » venus
assister à l’un des séminaires de « défense intellectuelle » dispensés dans
tout l’Hexagone par Marwan Muhammad. Défense intellectuelle contre quoi ?
Ma consoeur a peut-être oublié de poser la question. Je peux lui fournir la
réponse.

Le Collectif contre l’islamophobie en France, par la voix de son directeur
exécutif, qui fut aussi son porte-parole, est on ne peut plus clair sur les
intentions qui l’animent. Depuis que l’association ADDH existe,
c’est-à-dire depuis 2000, fondée par le président Samy Debah, président,
donc, du CCIF – le nom et l’objet de l’association ont été changés en 2012,
mais le nom CCIF est employé depuis 2003 -, le CCIF n’a eu de cesse de
créer de fausses statistiques de l’islamophobie en France, dans le but de
faire reconnaître ce concept – diffusé par les Frères musulmans en Europe –
et non pas dans celui de défendre les musulmans dans leur ensemble des
agressions qu’ils peuvent subir.

Le CCIF n’a jamais pris la défense de femmes musulmanes agressées pour
avoir refusé le voilement, ou d’hommes attaqués pour n’avoir pas respecté
scrupuleusement le ramadan.

Il prétend, depuis son association communicationnelle avec CoExister,
défendre toutes les victimes de racisme ou d’antisémitisme, mais pas un
article sur ce thème n’apparaît sur son site, ni sur les pages des réseaux
sociaux du CCIF ou de Marwan Muhammad. Peut-être faut-il alos considérer
que la présence de ce dernier au « camp décolonial » organisé l’été dernier
par la mouvance des « racisés », Indigènes de la République en tête,
justifie une telle promotion ?

Pour être « défendu » par le CCIF, il faut être une musulmane portant hijab
ou niqab, un musulman orthopraxe, ou rien. Ce pourquoi la stratégie du CCIF
a consisté, depuis 2003, lors des premiers débats sur le voilement des
mineures qui allait déboucher sur la loi du 15 mars 2004, à affirmer que
les femmmes musulmanes sont victimes en France à 80% au moins d’agressions
physiques et psychologiques. Ce pourquoi le CCIF, après les tueries de
Charlie et de l’Hyper Casher, a concentré ses tirs sur le ministère de
l’Éducation nationale, qui se serait livré selon lui à des violences
juridiques et policières contre des enfants musulmans. Ce pourquoi le CCIF
a bataillé, après les tueries du 13 novembre, contre les perquisitions
administratives.

Ma consoeur ignore probablement que le CCIF a frémi à la fin des années
1990, lors de réunions orchestrées sous l’égide de Tariq Ramadan, l’homme
qui prône un « moratoire sur la lapidation », qui fut l’invité d’honneur de
son premier gala, en 2012, en compagnie de son frère Hani, l’homme pour qui
une femme non voilée vaut deux euros.

C. Chambraud dresse un portrait si orienté du propagandiste Muhammad qu’il
en est ridicule. Ainsi, l’applaudimètre est au beau fixe. Ainsi, M.
Muhammad est rigolo. On croirait lire le compte rendu d’une émission de
divertissement. Comment peut-on rester sérieux en apprenant que Monsieur
CCIF renverrait à nos compatriotes musulmans une « image restaurée »
d’eux-mêmes, lorsque l’image qu’il donne est celle de l’intégrisme ?

Oui, celle de l’intégrisme, car les liens sont établis entre le CCIF et des
figures connues du frérisme et du salafisme à la française. Que penser,
donc, d’une professionnelle spécialisée en « religion et laïcité » qui
méconnaît les idéologie à l’oeuvre dans ces courants de l’islam de France ?

Pour être confortée dans son jugement, ma consoeur interroge… Marwan
Mohammed, un sociologue proche… du CCIF, dont le constat qu’il semble faire
correspond tout simplement au turn-over médiatique des Frères musulmans :
« Il prend peu à peu la place de leadership de l’islamologue Tariq
Ramadan ». Outre que Tariq Ramadan n’a d’islamologue que le titre usurpé,
oui, Marwan Muhammad (le directeur du CCIF), notamment, est amené à
remplacer Tariq Ramadan auprès des médias, un peu grillé, sans doute, par
les révélations de Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Assurer la vente
du frérisme dans les médias ne signifie pourtant pas représenter les
musulmans, sans quoi, n’hésitons pas à affirmer que Robert Ménard
représente les Français, ou Civitas les catholiques de France.

Au passage, il est à saluer une remarque objective : les hauts cris de cet
été sur l’interdiction du burkini n’auront conduit à rien, sauf à asseoir
la notoriété du CCIF et à remplir ses caisses. Sur ce point, je rejoins C.
Chambraud : les arrêtés et les discours enflammés ont produit un miracle
que le collectif n’attendait sans doute pas.

« On a reproché, écrit-elle aussi, à Marwan Muhammad d’avoir tenu – ce
qu’interdit l’article 26 de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et
de l’Etat – une réunion à caractère politique dans la mosquée de
Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), fin août, le lendemain du jour où
deux jeunes femmes voilées ont été refoulées du restaurant Le Cénacle. » La
réponse de l’intéressé vaut son pesant : « Je n’ai rien dit de différent de
ce que je dis depuis six ans, commente-t-il. L’islamophobie n’est pas
seulement une question juridique. C’est aussi une question de participation
politique. »

Si l’on s’en tient à l’absence de commentaire de C. Chambraud à la suite de
cette réponse, peu importe la fin pourvu qu’on ait la liesse. Si Marwan
Muhammad déclare que l’islamophobie est aussi une question de
« participation politique », alors la politique a droit de cité dans les
mosquées !

Quant à la « sphère musulmane militante » à laquelle est affilié le CCIF,
il s’agit d’une sphère islamiste, celle du blogueur Al Kanz et de
l’association salafiste BarakaCity, tristement célèbre pour avoir honoré de
sa présence le Salon de Pontoise en septembre 2015, recueillant le fruit de
ventes sans tenir de caisse, selon des témoins sur place, et effaçant du
trombinoscope sur son site le visage de ses collaboratrices.

Tenue de donner un tantinet la parole à la contradiction, ma consoeur note
que les « détracteurs s’étranglent », considérant que nous serions en
quelque sorte des fous furieux avalant leur médisance de travers, alors
même que les discours dangereux et les manipulations nocives du CCIF sont
attestés et circonstanciés. Mais mieux vaut en effet considérer les laïques
qui informent, ou le préfet Clavreul, si malmené dans cet article alors
même que son travail de terrain apporte une lumière indispensable sur les
réalités en France, et alors même qu’il traite avec autant de sévérité les
actes antimusulmans que les autres, comme, au fond, de grands jaloux.

L’État français aussi doit être un grand jaloux, que conspue Marwan
Muhammad – tout en déclarant chez Thierry Ardisson que la France n’est pas
islamophobe -, rappelant l’existence d’une « islamophobie d’État » dont
tous les indicateurs enseignent qu’elle est totalement fantasmée.

Le danger d’un tel discours est tel que même Adballah Zekri, pourtant peu
avare de critiques envers l’autorité publique, alerte, et ce, dans des
propos rapportés dans ce même article : « En ajoutant aux actes
antimusulmans les discriminations, on affole les musulmans et on fait
passer tous les Français pour des antimusulmans, assure Abdallah
Zekri. Attention de ne pas mettre feu à la baraque ! » Le « feu à la
baraque », telle est en effet l’ambition du CCIF. Et si A. Zekhri le dit,
c’est que le torchon brûle, en raison même de la propagande du CCIF.

Comment s’expliquer, alors, que ce portrait donne de l’intégriste l’image
d’un mec sympa, d’un humaniste ? La manoeuvre est aisée : effacez la zebiba
(cette marque au front prouvant votre assiduité aux prières) d’un coup de
gomme Photoshop, apprenez à vos lecteurs que votre protégé déteste Zemmour
ou Copé, et votre protégé sera considéré comme un défenseur des droits de
l’homme. Le tour est joué.

Isabelle Kersimon

Voir aussi

«Islamophobie» : les chiffres du CCIF ne sont pas fiables

CCIF : mensonges et suprémacismeEnquêteNews

AL JAMAA AL ISLAMIYA AU CŒUR DE LA PRÉSIDENTIELLE LIBANAISE

LIBANAISE

Al Jamaa al Islamiya au cœur de la Présidentielle libanaise

Al Jamaa al Islamiya au cœur de la Présidentielle libanaise

27.10.2016La rédaction

«  Nous ne voterons pas pour le Général Aoun » martelait, haut et fort, le seul député d’Al Jamaa al Islamiya, Imad al Hout – élu sur la liste de Hariri- le 24 octobre après que Saad Hariri à la tête du Mouvement du Futur a fini, de guerre lasse, par se rallier au candidat du 8 Mars. Les réactions ne se sont pas fait attendre dans tous les milieux politiques, dès la déclaration solennelle de Hariri, provoquant des protestations au sein de la communauté sunnite et notamment d’Al Jamaa.

En effet, le secrétaire général d’Al Jamaa al Islamiya, Ibrahim al Masri – élu en décembre 2009 – a laissé la parole au responsable du bureau politique à Tripoli, Ihab Nafeh qui a déclaré à l’intention de Hariri : « …cette décision unilatérale a été prise sans consulter les leaders sunnites qui n’approuvent pas la candidature du Général Aoun à la Présidentielle… »

Il faut dire que la volte-face de Hariri qui, jusque-là, soutenait fermement la candidature de Sleiman Frangieh (autre figure politique du 8 Mars, allié de Bashar Al Assad) a surpris ses partisans dont certains s’en sont démarqués, et en particulier, son partenaire politique depuis 2012, Al Jamaa Al Islamiya. En effet, Al Masri soutenu par le Qatar – déçu de la politique laxiste menée par Hariri depuis le début de la guerre en Syrie – devait signer un « Memorandum de coopération »  avec le chef du Mouvement du Futur, afin de consolider les assises de la communauté sunnite. Ce Memorandum scellait leurs intérêts communs : l’Accord de Taef et le soutien aux opposants du Régime d’Assad en Syrie, et par conséquent, faisait d’Al Jamaa al Islamiya un partenaire politique du Mouvement du Futur, lui conférant ainsi un poids qu’elle n’avait pas.

Toujours est-il qu’Al Jamaa estime que le faux bond de Hariri, par son ralliement à Aoun, fera payer le prix cher à la communauté sunnite, et que celle-ci a exprimé son mécontentement et continuera à le faire même après l’élection présidentielle.

Seulement, la déconvenue d’Al Jamaa al Islamiya ne s’arrête pas là. Le leader du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a lui aussi, dans son discours prononcé dimanche 24 octobre, promis de voter pour le général Aoun, son allié politique. La décision du Hezbollah a certes, déplu à Al Jamaa, qui par la voix de son député avait affirmé mardi 18 octobre : « C’est illusoire de croire que le Hezbollah veut un Président pour le Liban. » Ce camouflet vient s’ajouter à celui infligé par Hariri, sachant que les relations cordiales entre Al Jamaa et Hezbollah remontent aux années 80, dans leur jihad contre l’armée israélienne. D’autant qu’un rapprochement entre les deux parties a eu lieu le 19 octobre 2016, afin de perpétuer les liens qui unissaient Mohammed Hussein Fadlallah et Faysal Mawlawi.

Alice Boustany

Sources :

http://www.al-Akhbar.com, mai 2012

www.al-Jamaa.org. Oct.2016

FRATERNITÉ MUSULMANE – SANABIL BIENTÔT INTERDITE

Fraternité musulmane - Sanabil bientôt interdite

Fraternité musulmane – Sanabil bientôt interdite

27.10.2016Carla Parisi

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a ordonné le 26 octobre 2016 le gel des avoirs de l’association Sanabil avec une procédure de dissolution.

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Sanabil  est dédiée selon ses statuts « à la bienfaisance envers les musulmans en milieu carcéral et leurs familles éprouvées par l’incarcération de leur proche. »

Elle est citée dans plusieurs affaires terroristes, pour ses liens avec de nombreux djihadistes. Son président Antho « Bilal » Bonamba a été en lien direct en Égypte avec avec les frères Clain. Amedy Coulibaly a participé à un pique-nique organisé par Sanabil. L’association a également été en contact avec Djamel Beghal, Samy Amimour, Mourad Hamyd, ou encore Mehdi Nemmouche. Un autre membre de Sanabil, qui a depuis rejoint la Syrie, est cité dans l’enquête sur les attentats de Paris du 13 novembre 2015.

L’association revendique des liens avec près de 600 détenus. Les activistes de l’organisation expliquent qu’ils s’efforcent, « par des mobilisations collectives régulières, à leur écrire mensuellement un courrier chaleureux ; leur envoyer des dessins d’enfants ; des cartes postales ; à répondre à leurs courriers ainsi qu’à leurs demandes de calendriers d’horaires de prières, de livres, de rappels divers. » Sanâbil prend en charge les frais de cantine des détenus et leur fait parvenir des colis alimentaires.  Sanâbil prend aussi en charge les frais de déplacement des familles, et intervient dans le paiement des factures en cas de grande difficulté.

Lorsqu’Antho « Bilal » Bonamba est assigné à résidence le 17 novembre 2015, l’imam Abdelfattah Rahhaoui lui apporte son soutien : « pourquoi le musulman en France aujourd’hui prend la place du juif d’hier ? Soutien à notre cher frère Bilal. A partager s’il vous plaît pour dénoncer l’injustice ».

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Le 5 septembre 2016, le CCIF demande à ses followers de mener une campagne de pression pour que l’école d’Abdelfattah Rahhaoui, l’école hors contrat Al Badr de Toulouse, ouvre ses portes, alors que le Ministère de l’Education Nationale a demandé sa fermeture.

Le 28 octobre 2016 l’avocat du CCIF, M. Guez Guez, soutient sur T  witter l’association Sanabil : « il faut contester le décision [du ministère de l’Intérieur] »

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.News

Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

 

27.10.2016 Naëm Bestandji

“Allah, soubhanahou wa ta’ala, nous dit dans le coran : on ne sera satisfait de nous que quand on aura abandonné notre religion pour suivre la leur. Il n’y a pas un degré d’acceptabilité de notre religion. C’est pour ça qu’on met en scène l’histoire du musulman modéré et du musulman extrémiste. Parce qu’on espère que, pour ne pas être pris pour un extrémiste, chacun d’entre nous va accepter de faire toutes les concessions pour qu’on nous donne le pin’s d’acceptabilité de « ça y est, c’est bon, tu es un modéré. » (…) Ce qu’ils appellent l’islam des Lumières, moi j’appelle ça l’islam du réverbère.”

Au moins, c’est clair… Ces déclarations ont été faites par Marwan Muhammad, à l’époque porte-parole du CCIF, à une conférence-débat qui s’était tenue à la mosquée de Vigneux le 30 avril 2011. Mosquée qui a vu défiler de nombreux prédicateurs intégristes de France et d’ailleurs. Organisée par l’association culturelle des musulmans de Vigneux, elle avait pour thème “islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice”. L’ensemble des propos idéologiques qui ont été tenu lors de cette conférence sont courant et régulièrement répétés par l’ensemble des intégristes. Ce discours politique et religieusement radical est intéressant car il concentre une bonne part de la vision de l’islam politique.

Le CCIF, qui se présente comme grand défenseur de la laïcité et du vivre ensemble, n’est pas à une contradiction et un amalgame près. C’est une stratégie pensée et structurée pour perdre les français et les culpabiliser s’ils ont le malheur de critiquer les intégristes musulmans. Pour cela, deux outils sont utilisés par l’ensemble des islamistes : la victimisation et “l’islamophobie” (terme qui a pris son essor avec les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour stigmatiser les femmes refusant de se voiler). S’il existe effectivement des actes et propos anti-musulmans (et il faut les sanctionner), le CCIF inclus surtout dans son action la lutte contre toute critique de l’islam, de l’islamisme, et contre toute opposition laïque. Il considère les intégristes comme de simples musulmans. La lutte contre l’intégrisme se transformant ainsi en une lutte contre les musulmans en général. Et c’est tout cela qui serait de l’islamophobie, à leurs yeux un délit. Les musulmans modérés étant considérés comme les “musulmans de service” (cité également dans cette conférence). Le piège de ce terme inapproprié, et qui n’existe pas en droit français, a été mainte fois démontré.

D’un autre côté, Il ne fait aucune distinction entre ses adversaires : l’extrême droite est mise dans le même sac que les défenseurs de la laïcité et de l’égalité des sexes : tous des fachos ! Cette stratégie en dit long sur leur vision de la démocratie. Comme tout mouvement inspiré des Frères musulmans, il utilise les termes de nos valeurs (démocratie, valeurs républicaines, laïcité, liberté, …) pour en détourner le sens et les retourner contre nous. Rien de mieux pour culpabiliser les laïcs et les féministes. Et ça marche sur beaucoup d’entre eux.

Marwan Muhammad n’a jamais souhaité non plus donner son opinion devant le grand public sur l’instrumentalisation de la religion à des fins sexistes et misogynes, comme le voile par exemple. Pour ne pas montrer sa radicalité, il botte en touche en se présentant comme simple défenseur des opprimés et souhaite rester uniquement sur le terrain juridique (et politique). Mais quand il est face à son public, comme lors de cette conférence, c’est tout autre chose. Tout en restant dans le discours politique, il n’hésite pas à faire la leçon en citant Allah, le coran, le prophète. Il devient un imam devant ses fidèles. Il ne s’adresse plus à des hommes et des femmes, ou à des citoyen(ne)s, mais à des “frères” et “sœurs”. Comme tout bon islamiste, il a une lecture littéraliste du Coran, il distille l’idée de l’impudeur des femmes de culture française, il expose sa vision rétrograde du rôle de la femme musulmane, et il magnifie la suprématie de l’islam sur la France et sur le monde. Il n’a aucun état d’âme non plus à faire des comparaisons choquantes (et historiquement fausses) avec les juifs. Cette conférence, dont le thème et le discours dégoulinent de victimisation surréaliste, n’est pas différente des autres. A un moment, la mine grave et sur un ton solennel, il déclame :

“C’est l’histoire d’un pays qui chaque jour bascule un peu plus dans l’islamophobie. Ce pays, c’est pas l’Allemagne des années 30. C’est la France des années 2010. Cette façon de nommer un culte, cette façon de nommer des croyants, cette façon de les stigmatiser et de dire qu’ils posent problème et qu’ils mettent en péril l’identité du pays, c’est exactement la manière dont on stigmatisait les juifs au début du siècle dernier. C’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on mitraille des mosquées. C’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on dit à des enfants tu n’iras pas au centre de loisirs parce que tu ne veux pas manger du pâté et du jambon à l’école. Ce n’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on viole des femmes le jour de l’Aïd. Qu’est-ce que nous, musulmans, on fait pour changer ça ? Et est-ce qu’on est responsable de changer ça ? La réponse est dans la question.”

Passons sur les énormités à propos du pâté et du jambon, et du viol des femmes le jour de l’Aïd. Ben oui, les violeurs aussi sont islamophobes : ils osent violer des femmes le jour de l’Aïd ! Ils pourraient quand même attendre le lendemain, par respect ! Les viols sont bien moins graves le reste de l’année (estimés à 75000/an). Ils n’ont vraiment aucun respect ces violeurs… Ou bien le viol serait plus grave si les victimes sont musulmanes ? Dans son propos, si le viol a lieu le jour de l’Aïd, ce n’est plus un crime commis sur une femme mais un acte islamophobe contre une musulmane…

Alors passons. A part ça, nous voyons ici une des rhétoriques les plus utilisées par les intégristes musulmans : l’analogie victimaire avec l’antisémitisme. Mais n’est pas historien qui veut. Cette analogie qui se veut historique n’a rien à voir avec l’Histoire. Les comparaisons sont hors sujet et il n’y a aucune mise en contexte. Mais comment lui en vouloir ? Comme tout bon intégriste qui se respecte, il aborde aussi le coran exactement de la même façon. De plus, la comparaison faite par les islamistes entre ce que subiraient les (intégristes) musulmans aujourd’hui et les persécutions des Juifs dans les années 30 est assez ironique, quand on connaît l’antisémitisme du monde musulman et chez une partie des français de confession musulmane.

Cette rhétorique islamiste commence d’abord par la création d’une figure raciale, celle de l’opprimé supposé. Le problème ne relèverait plus d’une idéologie religieuse choisie, mais d’un groupe racialisé persécuté. Il y aurait une race musulmane comme il y a un peuple juif. Cela rappelle les théories racialistes et racistes du Parti des Indigènes de la République. On comprend mieux les liens qu’ils entretiennent. C’est par cette stratégie que l’islamophobie, délit imaginaire, devient un racisme. La religiosité, et de surcroit la religiosité extrémiste, relève pourtant d’un choix, pas d’une origine ethnique. L’autre problème est qu’il y a une essentialisation qui piège les musulmans qui n’ont pas choisi le radicalisme, en les incluant malgré eux dans le système victimaire et racialisé par les islamistes.

Dans l’Allemagne des années 30, les juifs ne cherchaient pas à se distinguer et ne demandaient aucun aménagement pour leur religion, contrairement au CCIF et aux autres islamistes en France aujourd’hui. Ils ne demandaient pas à l’Allemagne des accommodements à leurs pratiques rigoristes sous la menace d’être accusée de judéophobie. La référence à l’Allemagne des années 30 concerne l’antisémitisme, pas l’anti-judaisme. L’anti-judaïsme est une opinion qui concerne une religion. L’antisémitisme est un racisme puisqu’il vise une ethnie. Comparer l’antisémitisme à « l’islamophobie », c’est mettre au même niveau la manifestation d’un racisme et l’expression d’une critique religieuse, dont la critique de l’extrémisme religieux.

Dans les années 30, les juifs ont été persécutés. Ils ne l’ont pas été pour leur religion, mais en tant que groupe racial. Un juif pouvait donc être non pratiquant, athée ou converti au catholicisme, il était quand même discriminé, harcelé, spolié puis plus tard déporté. Le juif était considéré comme faisant partie d’une race inférieure et impure. Sa judaïté n’était pas un critère. D’ailleurs, les nazis n’ont pas empêché les juifs pratiquants d’exercer leur culte.

En France aujourd’hui, les musulmans, y compris les intégristes, ne sont évidemment pas persécutés. L’islamisme politique s’exprime même sans difficultés (n’est-ce pas M. Muhammad ?). De nombreuses associations officiellement culturelles, qui sont en réalité cultuelles, reçoivent des subventions publiques (comme l’association culturelle des musulmans de Vigneux ?). Les musulmans, tout comme les croyants des autres religions, sont même protégés par notre laïcité. Le CCIF le sait bien puisqu’il n’hésite pas à se servir de ces lois et à attaquer en justice quand il estime qu’il y a eu un acte “islamophobe”. Et s’il y a vraiment eu discrimination, la justice de ce “pays islamophobe” leur donne raison. Les juifs avaient-ils toutes ces possibilités dans l’Allemagne des années 30 ? Bien-sûr que non. Bien au contraire, l’Allemagne des années 30 avait fait de l’antisémitisme un programme politique en promulguant des lois pour exclure totalement les juifs de la société : interdiction du mariage et des relations extraconjugales entre Juifs et citoyens de sang allemand, interdiction pour les Juifs d’exercer certains métiers, puis confiscation des biens juifs, etc.

S’il y a bien en France des lois d’interdiction, elles ne visent en aucun cas un groupe ethnique ni même les musulmans en tant que croyants. Elles visent à limiter l’expansion d’une idéologie totalitaire, du communautarisme et du sexisme au nom du religieux. Contrairement à ce que souhaite faire croire le CCIF, les lois ne concernent pas les musulmans, mais les dérives faites au nom de l’islam. Une musulmane modérée se fiche complètement de la loi sur le voile intégral ou de celle sur les signes religieux à l’école puisque cela ne la concerne pas. Elle peut pleinement vivre sa foi, et même être protégée contre les injonctions des intégristes. Rien de tel pour les juifs allemands des années 30.

C’est vrai que les actes et menaces anti-musulmans ont énormément augmenté en 2015. Mais leur nombre reste limité. Sachant qu’il y a eu en France plusieurs attentats et des dizaines de morts au nom de l’islam (par armes à feu, égorgement, écrasement). Sachant que les “représentants” des musulmans invités dans les médias sont presque toujours les militants de l’islamisme politique (UOIF, Tariq Ramadan, CCIF, etc.). Sachant que notre pays a une histoire et des acquis concernant la lutte pour l’égalité des sexes. Il est donc compréhensible que les français aient peur, et cela explique en partie la stupidité d’une minorité à commettre des actes anti-musulmans. Mais vu la gravité de la situation, la France en général a toutefois su rester digne. Quand on compare l’attitude de la France face à la barbarie qui la touche et l’islamisme qui se développe sur notre sol, cela n’a rien avoir avec l’attitude de nombre de musulmans à travers le monde pour quelques dessins caricaturant le prophète. De plus, pour revenir à la comparaison avec l’antisémitisme, il y a presque 2 fois plus d’actes antisémites alors que cette population est 6 fois moins importante en France que les musulmans. Et les actes et propos antisémites commis par des français musulmans sont en augmentation…

Il y a donc du racisme en France. Mais pas plus qu’ailleurs, et même bien moins que dans la plupart des pays du monde, surtout bien moins que dans bon nombre de pays musulmans. Les musulmans ne sont donc pas stigmatisés. Ce sont les dérives extrémistes et sexistes d’une partie d’entre eux qui sont dénoncées et combattues. En incluant volontairement l’ensemble des musulmans malgré eux, les islamistes contribuent à l’amalgame et à la peur de l’islam.

Alors pourquoi faire l’analogie entre “l’islamophobie” et l’antisémitisme de l’Allemagne des années 30 ? Car la référence à la persécution des juifs est la carte premium de la victimisation. D’autant plus qu’elle fait écho à notre traumatisme historique. Il n’y a donc rien de mieux pour culpabiliser la population, même si les persécutions des juifs allemands n’ont absolument rien à voir avec “l’islamophobie en France”. Cette analogie est également le moyen de diaboliser, culpabiliser et disqualifier tous ceux qui s’opposent à l’islamisme, en les comparant aux nazis. Les deux volets de ce stratagème sont particulièrement ignobles…

Mais allons quand même dans le sens de M. Muhammad, juste pour voir. Tentons de faire un parallèle avec le nazisme et l’Allemagne des années 30 qu’il aime tant évoquer. Voici la suite de son discours qui passe du statut victimaire à celui de communauté supérieure :

“Allah, soubhanahou wa ta’ala, nous dit : vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi sur Terre. Pas la deuxième, pas une bonne communauté, mais la meilleure des communautés. Et juste après, Allah soubhanahou wa ta’ala dit : vous recommandez le bien et vous interdisez ce qui est blâmable, et vous croyez en Allah soubhanahou wa ta’ala. Ça veut dire que cette caractéristique est une caractéristique identificatrice des musulmans. Elle nous fait sortir du rang et elle fait de nous les premiers de la classe auprès d’Allah soubhanahou wa ta’ala. C’est pas une petite caractéristique, et c’est une responsabilité. C’est une responsabilité, pas que quand on s’attaque aux musulmans. C’est une responsabilité pour toutes les injustices qui frappent la terre sur laquelle Allah soubhanahou wa ta’ala nous a mis comme gérants, comme responsables de l’ordre public.”

Ce discours est surprenant pour n’importe qui, mais banal et tout à fait normal pour les islamistes. Il fait référence à la Sourate 3 verset 110 du Coran : “Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. (…)”. Les musulmans modérés prennent le coran dans son esprit, pas à la lettre. Ils interprètent et adaptent l’islam en fonction du contexte, de l’époque, et de la société dans laquelle ils vivent. Ils estiment ainsi possible d’écarter des versets (sans pour autant les supprimer puisqu’ils existent) qui sont déconnectés de notre monde et ne sont plus applicable aujourd’hui. Tout ce que déteste le CCIF. Les intégristes, eux, considèrent que la parole de Dieu est éternelle et qu’il faut tout prendre à la lettre. Quitte même à extrapoler les écrits originaux dans un sens rigoriste et totalitaire qui les arrange. Le CCIF et l’ensemble des intégristes n’y voient aucun mal. Ce qui est d’autant plus terrifiant.

Ainsi, le porte-parole du CCIF affirme à ses fidèles que la communauté musulmane est supérieure à toutes les autres. Il revendique donc « une idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains et que certaines catégories de personnes sont supérieures à d’autres ». Pourquoi je mets des guillemets ? Car je cite la définition exacte du racisme… Cette supériorité supposée donnerait aux musulmans la capacité de déterminer ce qui est bien ou mal pour tous. Cela rendrait cette communauté désignée par Dieu “gérante et responsable de l’ordre publique”. Cela porte un nom : le totalitarisme.

Cette pensée raciste et totalitaire est effrayante et choquante. Mais c’est si peu quand on connait celui qui a pensé et appliqué les mêmes idées, avec presque les mêmes termes, dans la fameuse “Allemagne des années 30” si souvent citée par M. Muhammad pour se poser en victime. Pour bien comparer, je le cite de nouveau : “Allah nous dit : vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi sur Terre. Pas la deuxième, pas une bonne communauté, mais la meilleure des communautés. Et juste après, Allah dit : vous recommandez le bien et vous interdisez ce qui est blâmable, et vous croyez en Allah. Ça veut dire que cette caractéristique est une caractéristique identificatrice des musulmans. Elle nous fait sortir du rang et elle fait de nous les premiers de la classe auprès d’Allah. C’est pas une petite caractéristique, et c’est une responsabilité. C’est une responsabilité, pas que quand on s’attaque aux musulmans. C’est une responsabilité pour toutes les injustices qui frappent la terre sur laquelle Allah nous a mis comme gérants, comme responsables de l’ordre public.”

Voici maintenant la pensée d’un allemand qui était dans le même délire : “L’Aryen est l’étincelle divine du génie (…) ; il a toujours allumé à nouveau ce feu qui, sous la forme de la connaissance, éclairait la nuit et montrait ainsi à l’homme le chemin qu’il devait gravir pour devenir le maître des autres êtres vivant sur cette terre. (Tome I, chapitre 11) [La] mission donnée au peuple allemand sur cette terre consiste uniquement à former un État qui considère comme son but suprême de conserver et de défendre les plus nobles éléments de notre peuple, restés inaltérés, et qui sont aussi ceux de l’humanité entière. (…) La tâche qui consiste à conserver et à défendre une espèce humaine supérieure (la race aryenne), dont la bonté du Tout Puissant a gratifié cette terre, apparaît une mission vraiment noble. (Tome II chapitre 2) [Le nazisme] doit avoir conscience de ce que, gardiens de la plus haute humanité sur cette terre, nous avons aussi les plus hautes obligations. (Tome II chapitre 14)”. Adolph Hitler, Mein Kampf…

Pas mal pour une association qui prétend “défendre les droits de l’Homme”. Le CCIF a bien su inverser les rôles dans sa référence à l’Allemagne des années 30. Vous avez un peu la nausée ? C’est normal. A côté du CCIF, les idéologues fachos du FN passeraient presque pour des enfants de chœur.

Si cette conférence a eu lieu en 2011, la comparaison avec l’Allemagne des années 30, et la référence au verset cité, n’ont jamais cessé depuis.

Ainsi, le CCIF prétend défendre la laïcité mais la bafoue. Il prétend défendre les droits de l’Homme, et traite tous ses adversaires de fascistes, pour mieux défendre et véhiculer une idéologie raciste et totalitaire : le fascisme vert. On retrouve là, typiquement, la mécanique du Front National. Avec de tels défenseurs, les musulmans n’ont pas besoin d’agresseurs.

Loin de défendre les droits humains et les musulmans dans l’absolu, le CCIF, comme tous les islamistes, lutte pour une certaine idée de l’islam et la validation de l’intégrisme comme étant l’islam véritable. En cela, et en incluant les musulmans modérés malgré eux dans sa “communauté musulmane”, il entretien et développe volontairement ce qu’il prétend combattre : l’amalgame et “l’islamophobie”. Car ce qui crée la peur de l’islam chez nos concitoyens, ce qui aussi excite, donne des arguments et favorise l’extrême droite, c’est l’islamisme, dont le CCIF est idéologiquement la branche juridique en France. Cette stratégie peut fonctionner, mais seulement un temps, le temps de l’illusion.

Pour en finir avec la référence à l’Allemagne des années 30 si chère aux intégristes : si les démocraties s’étaient montrées faibles et parfois complaisantes avec le nazisme, il est vrai qu’il y a le même aveuglement et la même complaisance aujourd’hui avec une partie de la gauche et des féministes concernant l’islamisme. Mais nous, les féministes universalistes, les républicains démocrates et laïcs de gauche, de droite et de toutes confessions, ne commettrons pas la même erreur, dans “la France des années 2010”, avec ce nouveau totalitarisme qu’est l’islamisme. Ne l’oublions pas : “l’islamisme n’est pas une religion”, comme le disent très justement des musulmans laïcs. Les intégristes ne réussiront jamais à nous ramener au Moyen-Age, ni même à l’Allemagne des années 30, car ils ne peuvent rien contre le progrès des consciences.

Naëm Bestandji

TERREUR EN OCCIDENT : LA PROPHÉTIE DE RACHED GHANNOUCHI

Terreur en Occident : la prophétie de Rached Ghannouchi

Terreur en Occident : la prophétie de Rached Ghannouchi

19.10.2016Mohamed Louizi

Lui aussi est barbu mais il ne s’appelle pas Nostradamus (1503 – 1566). De ce dernier, il tient le sens d’une certaine prophétie de nouvelles alarmantes. A la différence de Nostradamus, qui était étranger aux prédictions qu’il annonçait à la cour, dans ses « Centuries », le Frère musulman tunisien Rached Ghannouchi, le leader du parti islamiste Ennahdha, est au cœur de l’idéologie panislamiste qui l’anime depuis sa jeunesse. Il est l’un de ses théoriciens les plus influents, les plus virulents, les plus connus et étrangement, les plus bien perçus par une certaine caste de la cour politico-médiatique parisienne. Pourtant, c’est lui qui disait dans les années 80 en Tunisie :

« Donnez-moi cent martyrs, je vous donne un état islamique » !

A l’aube du 21ème siècle, il a publié depuis son ex-exil britannique, un livre en arabe intitulé : Approches autour de la laïcité et de la société civile [1] (مقاربات في العلمانية و المجتمع المدني), préfacé par un autre frère musulman libanais Fayçal Mawlawi, cofondateur en 1983 de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), la branche française des Frères musulmans.

La résonnance de certains passages de cet essai islamiste avec le climat de terreur, qui règne en France et en Europe, est peu étonnant. Cet essai mérite d’être traduit intégralement de l’arabe au français, au moins pour que ceux qui ont reçu ce chantre du panislamisme en hôte de grande importance à Paris en juin 2016 [2], comprennent son vrai discours anti-laïcité, anti-démocratie et anti-libertés fondamentales. Au total, ce sont dix approches essentielles [3], détaillées sur plus de 200 pages, expliquant pourquoi l’islamisme doit gouverner et dominer des esprits, des corps et des territoires. Il y explique avec clarté et conviction pourquoi l’Etat Islamique rêvé, soumise à la loi des fouqahas (juristes religieux musulmans), doit être ressuscité de ses cendres pour accomplir sa fonction protectrice de la foi musulmane – y compris par le recours à la violence et par l’application anachronique des sanctions et châtiments corporels d’une charia moyenâgeuse – et pour faire face à l’Occident et à ses intérêts, y compris par la voie du jihad armé.

Cette traduction mérite d’exister surtout que Rached Ghannouchi risque fort d’être très probablement, et sous peu, le calife de la Tunisie, à proximité immédiate de l’Etat Islamique en Libye, et à presque 160 km seulement de la porte sud de l’Europe : Lampedusa. Les deux autres portes de l’Europe sont déjà « gardées » par deux Frères musulmans (!) : Le Sultan Erdogan, régnant autour du Détroit du Bosphore, et le vizir Benkirane gouvernant sur l’autre cote du Détroit de Gibraltar, à 15 km des cotes ibériques.

A présent, ce sont trois pages « prophétiques » terrifiantes résonnant étrangement avec ce climat d’horreur et de terreur qui s’installe dans les esprits, petit à petit, par-ci et par-là, au gré de la multiplication d’attentats et d’actes terroristes de massacre de masse : à Paris, à Nice, à Bruxelles, à Londres, à Munich, à Istanbul, à Tunis, à Orlando et ailleurs. En effet, ce « prophète » tunisien avait tout prédit depuis 1999, comme s’il regardait dans une boule de cristal, en feu et en sang. Il avait expliqué, bien avant le 11 septembre 2001, ce qui allait se passer une décennie plus tard. Ceux qui défendent, ici en France, l’idée d’une « islamisation de la radicalité », à l’image d’Olivier Roy [4], sont désormais désavoués par le propos même de Rached Ghannouchi qui défend justement l’idée contraire, celle de Gilles Kepel : « la radicalisation de l’islam »[5]. Il s’agit bel et bien d’attaques islamistes punitives, conduites au foyer même de l’Occident, motivées par son supposé refus pour que l’islam politique, dans sa version salafiste assumée, puisse gouverner ses terres au nom d’Allah. Rached Ghannouchi dit, je traduis :

« […] La persécution est le destin du musulman ainsi que sa quote-part de la civilisation. Le musulman paie le prix de sa décadence civilisationelle et de sa naïveté à répondre à l’appel de tout charlatan. Il paie le prix de son immobilisme ; ressassant les rêves du passé ; refusant le renouveau et l’évolution ; incapable d’acquérir les techniques modernes appliquées aux domaines de l’organisation politique, administrative et économique ; courant de façon effrénée et sans boussole vers l’imitation de l’autre, l’étranger et ses modes de vie. Nous avons détruit notre passé et nous n’avons pas su construire notre présent.

Tout démontre aujourd’hui la mise en place, à l’échelle planétaire, d’un nouvel ordre mondial qui ne se limite pas à marginaliser et à ignorer l’islam, mais il considère les musulmans comme un marché de consommation, une zone de pouvoir et un terrain d’influence [à dominer, ndlr]. Ce nouvel ordre mondial marginalisent les musulmans pour qu’ils restent en dehors de l’histoire, tournés vers le passé et étrangers à la modernité. Ce nouvel ordre est davantage plus dangereux. Il s’agit, en effet, d’une nouvelle phase de « Sykes-Picot » alimentant les divisions, les guerres fratricides et les séditions internes pour détruire l’islam une deuxième fois, de manière encore plus vigoureuse que les fois précédentes.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte géographique du monde islamique et d’observer ce qui se passe sur son sol. L’on découvre l’existence d’un double-plan, en phase d’exécution, visant à résister contre l’islam :

La première partie de ce plan concerne la périphérie du monde islamique, c’est-à-dire les minorités musulmanes représentant un tiers des musulmans dans le monde. Concernant cette périphérie, le but est la destruction intégrale de toute existante islamique en son sein. L’objet est de tourner la page de l’islam définitivement, à travers l’intensification des animosités et de la xénophobie envers les musulmans en leurs déclarant une guerre génocidaire, détruisant leurs mosquées et monuments, spoliant leurs biens et argent, et intensifiant les tueries contre eux. L’exemple le plus criant de ce plan se passe au vu et au su du monde entier, au milieu de l’Europe, dans les Balcans (en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo). Le même plan est réédité en Inde, au Tadjikistan, en Azerbaïdjan et en Birmanie.

La deuxième partie de ce plan est exécutée au cœur même du monde islamique, là où les musulmans représentent l’écrasante majorité. Leur nombre empêche qu’on les expulse de chez eux ou que l’on détruise leurs lieux saints. Impossible de les pousser à l’exil, sauf dans le cas de la Palestine. Le but de ce plan, dans cette zone centrale du monde islamique, est donc d’empêcher l’islam,  par tout moyen, de gouverner ses terres et ses fidèles. Pour atteindre un tel but, l’on coopère même avec des dictateurs et des criminels et l’on fait tout pour assécher les sources de l’islam au sein des institutions éducatives, enseignementales, législatives et médiatiques. L’on s’attache à affaiblir financièrement les musulmans, en perquisitionnant leurs institutions, en les empêchant de participer à la vie politique et d’atteindre des postes sensibles au sein de l’état, lequel est conçu pour qu’il ait comme principale mission : la répression de l’islam et des musulmans. L’on empêche même cet état, malgré sa laïcité, sa subordination à l’Occident et sa répression de l’islam et des musulmans, d’atteindre un niveau raisonnable de développement économique et de progrès technique, notamment au niveau militaire où la possession de l’arme nucléaire est interdite au même titre à tous les musulmans, qu’ils soient vertueux ou pervers.

La conduite de ce plan, sur ces deux versants, suffit pour transformer les musulmans dans le monde, en entités affaiblies et guerroyantes. Pour l’Occident, le monde islamique deviendra son marché, sa poubelle et sa source d’énergie à bas coût. Un nombre croissant de musulmans deviendront affamés et sans toits. Le destin de ceux qui résisteront à la mort sera mis entre les mains d’organisations humanitaires, messianiques chrétiennes et entre les mains d’autres organisations s’occupant de l’exil politique.

L’Occident déploie tous ses efforts pour fermer ses portes face à l’immigration musulmane (80% des exilés dans le monde sont musulmans). Mais ce problème est assez suffisant, surtout en présence du mouvement islamique, pour transformer le monde musulman en un volcan explosif. Car ce comportement de l’Occident n’affaiblira pas ce mouvement. Il va simplement créer un déséquilibre en son sein, en faveur des courants extrémistes, qui eux, privilégient la force comme seul et unique moyen pour défendre l’islam et les musulmans et qui affirment que les prédicateurs modérés, représentant désormais le corps principal de ce mouvement, sont dupés. Leur argument : l’Occident qui a soutenu la démocratie et continue de le faire en Europe de l’Est, en Amérique Latine et en Afrique, est le même Occident qui, dans le monde musulman, soutient, dans sa guerre contre l’islam, les régimes les plus réactionnaires, les plus répressifs et les plus corrompus.

Si l’Occident parie sur la solution sécuritaire pratiquée en Tunisie, en Algérie et en Egypte, que lui dictent les sionistes, dans son comportement à l’égard des mouvements de l’islam politique, cela n’aboutira pas à l’anéantissement de l’islam. Mais bien au contraire, cela favorisera la radicalisation de l’islam. Ainsi, le jihad deviendra le mot clé du discours islamique. Le discours jihadiste et l’esprit du martyr ainsi que l’envie d’accéder au paradis, seront alimentés à la fois par les histoires des génocides, que subissent les minorités musulmanes de la périphérie, et aussi par les récits de la persécution que subissent les musulmans au cœur même du monde islamique. Et c’est parce que le niveau culturel et technique des membres des mouvements de l’islam politique est très élevé, la fabrication des armes et leurs utilisations deviendront une culture générale chez les musulmans. La résistance face aux intérêts occidentaux et la liquidation des traitres deviendront l’activité quotidienne des mouvements islamiques. Tout ceci trouvera racine et puisera son énergie dans le patrimoine historique du jihad ainsi que dans l’intolérance occidentale envers l’islam. Dans un monde où les peuples sont mélangés ; où les informations sont largement diffusées ; où les intérêts s’entrecroisent et où les musulmans sont présents partout, l’on peut imaginer son portrait futur comme le façonne, consciemment ou inconsciemment, les dirigeants de ce nouvel ordre mondial, sous l’influence des sionistes !

Il s’agit sans doute d’un portrait terrifiant. Mais quel diable, ennemi de l’humanité et de la civilisation, celui qui trouve son intérêt à façonner un monde sous un tel portrait ! Nous persistons à nous convaincre et à tenter de convaincre les autres que les forces islamiques raisonnables et modérées, reconnaissant l’altérite et cherchant les issus de la coexistence, gagneront la bataille, par la permission de Dieu, au sein du monde musulman comme à l’intérieur même de la structure occidentale, sur la base de nombreux dénominateurs communs, au lieu de parier sur l’exclusion de l’autre alimentée par ce qui semble être la fatalité du choc des civilisations […] »[6]. Fin de traduction.

Rached Ghannouchi recycle ici les standards idéologiques basiques de la rhétorique islamiste et de ses ingrédients habituels : le fourvoiement dans la posture victimaire ; l’errance calculée dans le délire de persécution ; l’infantilisation des musulmans ; l’absolution de l’islam salafiste historique ; l’exaltation de l’islam politique et du panislamisme ; l’affirmation de la prééminence du volet religieux de l’identité sur les autres volets ; la glorification du jihad armé et du martyr ; la diabolisation de l’Occident tenu pour fondamentalement islamophobe ; le rejet de la laïcité et de la modernité occidentale ; l’entretien du fantasme du complot sioniste ; le takfirisme sournois des états et gouvernements des pays arabes ; et surtout, l’entretien du rêve du rétablissement du califat islamique. Ainsi, l’évocation des accords secrets de « Sykes-Picot » de 1916, dans ce passage traduit, n’est pas anodine. Alors qu’Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, justifiait la création de sa mouvance islamiste en 1928 par la nécessité de rétablir le califat après la chute de l’Empire Ottoman, Rached Ghannouchi préfère lui placer le curseur historique sur ces accords secrets qui avaient fragilisé davantage « l’homme malade » de l’Europe avant sa désintégration en 1924.

En toile de fond de ces passages traduits, il s’agit bel et bien d’un chantage menaçant que résume l’équation suivante : l’Occident doit composer avec la branche dite modérée de l’islam politique, sinon, il endurera les attaques violentes de sa branche jihadiste. Les deux branches sont donc très complémentaires, la limite entre elles étant inexistante, Rached Ghannouchi agite même la menace du basculement des islamistes modérés vers le jihadisme car leur « niveau culturel et technique » est très élevé. Ils sauront fabriquer des « armes » pour attaquer quotidiennement les « intérêts occidentaux » et « liquider les traitres », écrit-il !

Rached Ghannouchi est en phase avec l’identité bicéphale du panislamisme : mi-politique, mi-jihadiste. Alors qu’une certaine élite politico-médiatique française le présente imprudemment comme l’avenir de la démocratie tunisienne [7], lui demeure fidèle à son idéologie jihadiste de conquête, s’appuyant sur un Coran et sur deux sabres croisés. Devrait-on rappeler que son nom figure parmi le top 10 des islamistes qui ont signé le 13 juin 2013 au Caire, à côté de Youssef Al-Qaradawi,  l’appel mondial au jihad armé en Syrie, qui a donné naissance, directement ou indirectement, à l’Etat Islamique ? Comme l’UOIF, et pour se refaire une virginité en permanence, il édite pour la consommation médiatique des communiqués de presse condamnant les actes terroristes de Daesh. Toutefois, lorsqu’un journaliste tunisien lui a demandé son avis concernant Daesh, le 16 octobre 2016, il a dit clairement que les jihadistes de l’Etat Islamique représentent un « islam en colère »[8][9], un « islam radicalisé », comme ce qu’il avait déjà prédit en 1999. Une constance[10] !

Mohamed Louizi

[1] Rached Ghannouchi, Approches autour de la laïcité et de la société civile, Maghreb Center for Researches & Translation, Londres, 1999, 204 pages (en arabe).

[2] Lire ici un compte-rendu de sa visite officielle à Paris : http://www.jeuneafrique.com/336218/politique/tunisie-operation-seduction-rached-ghannouchi-a-paris/

[3] Ces dix approches sont, par ordre : 1)- Les libertés générales en islam ; 2)- Les droits de l’homme en islam ; 3)- Les fondements de la société civile en islam ; 4)- La notion de l’égalité entre la charia islamique et les conventions de l’Organisation des Nations Unies ; 5)- L’idée de la société civile entre l’Occident et l’islam ; 6)- La philosophie politique de l’islam ; 7)- La culture, l’autorité et les droits de l’homme ; 8)- Quelle modernité ?! ; 9)- « Un peuple au service de l’Etat » ou « un état au service du peuple » ? ; 10)- La laïcité nous est arrivée sur le dos d’un char et elle est restée sous sa protection.

[4] Lire le propos ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

[5] http://www.liberation.fr/debats/2016/03/14/radicalisations-et-islamophobie-le-roi-est-nu_1439535

[6] Rached Ghannouchi, Approches autour de la laïcité et de la société civile, Maghreb Center for Researches & Translation, Londres, 1999, p.191-194 (en arabe).

[7] Lire par exemple cet article du quotidien Le Monde : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/19/rached-ghannouchi-il-n-y-a-plus-de-justification-a-l-islam-politique-en-tunisie_4921910_3212.html

[8] Lire en arabe et écouter l’extrait de sa déclaration ici : http://www.mosaiquefm.net/ar الغنوشي-لا-يمكن-أن-نكف-ر-الدواعش-وهكذا-اصف-واقعهم/34321/ أخبار-سياسة-تونس.html

[9] Lire en français ici : http://www.dreuz.info/2016/10/18/le-chef-des-freres-musulmans-tunisiens-prend-la-defense-religieuse-de-letat-islamique/

[10] Lire ici le décryptage de la stratégie de communication de Rached Ghannouchi et de son parti Ennahda, par le directeur de rédaction du journal Le Maghreb : http://mlouizi.unblog.fr/2016/07/01/la-democratie-tunisienne-et-le-defi-islamiste/

ELECTIONS AU MAROC

Elections au Maroc

Elections au Maroc

07.10.2016La rédaction

Vendredi 7 octobre, les marocains sont appelés aux urnes.

Le Parti de la justice et du développement (PJD), issu de la Confrérie des Frères musulmans est arrivé au pouvoir depuis 2011. Le mouvement qui profite de chaque occasion pour marquer ses distances avec la matrice égyptienne a été créé dans les années 60, par un islamiste proche du palais. Le premier ministre Abdelillah Benkirane, gouverne sous l’oeil attentif du Palais.

Les partisans d’une « exception marocaine » rappellent avec raison que le Maroc est le seul cas ou les Frères musulmans gouvernent sans dérives. Ce n’est pas tout à fait exact. Les Malais ont tenté à plusieurs reprises l’expérience frériste. Mais surtout, la relative innocuité des Frères marocains est surtout due à la surveillance des autorités royales qui ont conservé la main-mise sur les Finances, l’Intérieur, la Défense. Malgré toutes ses demandes, le PJD n’est jamais parvenu a détenir le discours sur l’islam, chasse gardée du roi, commandeur des croyants et descendant du Prophète.

S’il n’a pas mis le pays a feu et a sang, le Parti de la justice et du développement n’a pas non plus brillé. Le chômage est toujours aussi élevé. Le taux d’endettement du Maroc atteint 88 %. La corruption reste un mal endémique. Même du côté des moeurs, bastion favori des islamistes, le PJD est en mauvaise posture. Il y a quelques semaines, deux prédicateurs proches du mouvement, mariés mais pas ensemble, ont été arrêtés par la police pour une relation sexuelle dans une voiture. Quand aux prédicateurs problématiques, ils sont courtisés dans tous les partis. Lors des derniers meetings Abdelillah Benkirane a systématiquement fondu en larmes comme s’il avait compris qu’il ne pourrait plus jamais apparaitre comme challenger.

Face au PJD, le Parti Authenticité et Modernité (PAM). Ce dernier est plus récemment co-opté par le Palais. Ilyas El Omari est social-démocrate-monarchiste et ouvertement anti-islamiste. Il parle d' »islamisation rampante de la société ». Comme tous les autres partis, le PAM n’hésite pas à approcher des prédicateurs violents comme le Cheikh Maghraoui favorable au mariage des fillettes des 9 ans, puis à reculer une fois le scandale public.

Beaucoup moins populaire que Abdelillah Benkirane (PJD), Ilyas El Omari aura néanmoins fait vivre pendant quelques semaine un discours de rupture avec l’idéologie islamiste.

Dans la soirée, le ministre de l’Intérieur Mohammed Hassad a annoncé les résultats provisoires (après 90 % du dépouillement) :

  • PJD : 99 sièges.
  • PAM : 80 sièges
  • Istiqlal : 31 sièges
  • RNI : 30 sièges
  • MP : 21 sièges
  • UC : 16 sièges
  • USFP : 14 sièges
  • PPS : 7 sièges
  • FDG : 2 sièges

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