LES RÉFÉRENCES IDÉOLOGIQUES DE TARIQ RAMADAN

Les références idéologiques de Tariq Ramadan

28.04.2015 Mohamed Sifaoui

Parmi les contemporains, on peut compter des Egyptiens issus des Frères musulmans comme Sayyid Qutb (1906-1966) ou Youssouf al-Qaradawi, qui ne cesse de justifier les attentats suicides et l’instauration de la charia. Bien qu’il s’en défende, Tariq Ramadan, qui se laisse complaisamment affubler parfois du titre de théologien, est en réalité un idéologue de la pensée salafiste des Frères musulmans. Il n’hésite pas à fustiger le wahhabisme saoudien, mais cela ne fait pas de lui un progressiste ou un libéral ni un réformateur. Ses références idéologiques demeurent les fondateurs de la pensée des Frères et les théoriciens qui l’ont sophistiquée pour en faire un instrument de lutte politico-idéologique, en l’occurrence son propre grand-père Hasan al-Banna, auquel il voue une admiration sans pareille, ou encore le Pakistanais Abu al-Ala al-Mawdoudi (1903-1979). Tariq Ramadan s’est singularisé en utilisant des codes de langage et d’écriture occidentaux pour propager une pensée frériste qui a su adapter son discours aux opinions publiques européennes. Il ne propose qu’une version d’un salafisme en apparence plus « doux ».

Salafisme en dix questions de Mohamed Sifaoui

SYED ABUL ALA MAWDUDI

Syed Abul Ala Mawdudi

28.04.2015 La rédaction

Syed Abul Ala Mawdudi est né en 1903 à Awrangabad près d’Hyperbarabad, en Inde.

Enfant précoce, il apprend l’urdu, le persan et l’arabe et plus tard l’anglais. Ayant perdu son père à seize ans et devant subvenir à ses besoins, il débute une carrière de journaliste à Delhi, notamment en qualité de rédacteur, de 1924 à 1927, d’al-Djam’iyyat, organe de la Djam’iyyat-i ‘ulama’-i Hind. Durant cette époque, et à la suite de l’abolition du califat (politique et spirituel) par Atatürk en 1924, Mawdudi participa au mouvement ayant tenté de le restaurer.

Pour Maudoudi, la séparation d’avec l’Inde est une entrave à sa conception d’une état islamique universel. Il finit par se résoudre à l’idée d’une partition entre le Pakistan et l’Inde au début des années 40, à la condition que l’état musulman soit strictement islamique. Afin de se renforcer avant de reconquérir le monde.

Mawdudi développe une pensée de l’intégrisme. Il distingue le culte auquel il voue une importance moindre, puisqu’elle diffère selon chaque région. Et l’islam politique dont le but est la conquête.

« L’islam cherche à détruire tous les états et les gouvernements opposés à l’idéologie et au programme de l’islam où qu’ils soient sur terre. (…) Le but de l’islam est d’instaurer un état fondé sur son propre programme et sa propre idéologie. (…) L’objectif du jihad islamique consiste à éliminer les systèmes non-islamiques et à les remplacer par un système islamique de gouvernement. L’islam n’entend pas limiter cette révolution à un seul état ou à quelques pays; le but de l’islam c’est de provoquer une révolution universelle. »

Sayyid Abul Ala Mawdudi (1903 – 1979)
[Jihad in Islam, Beirut, The Holy Koran Publishing House, pp. 6 et 22

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Pour Mawdoudi, la charia devait d’abord se bâtir à l’intérieur des frontières du Pakistan puis se répandre sur la totalité du sous contient indien.

Il est le premier, dès 1939 à lancer des campagnes contre les Ahmadis. Un mouvement de terreur qui a aboutit à la loi expulsant les Ahmadi de la communauté des croyants

L’éducation occidentale visait à corrompre, selon Mawdûdî, les mœurs musulmanes:

« des programmes furent établis pour que toutes les valeurs islamiques soient anéanties, pour que les mœurs et la morale des musulmans soient viciés, pour qu’ils s’éloignent des mœurs hérités. » (L’islam aujourd’hui p.49)

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Une « démocratie » qui doit s’établir en « concordance avec les principes, les buts et la civilisation islamique » (L’islam aujourd’hui p.53).

En Europe, ces ouvrages sont d’abord diffusés par la Islamic Foundation de Leicester puis par les Editions Tawhid grâce à Tariq Ramadan.

Mort en 1979, Mawdoudi était un théogien fondamentaliste très écouté au Pakistan. Il est le fondateur de Jamaat e Islami.

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MOSQUEE AN NOUR (MONTIGNY-LES-CORMEILLES)

Mosquée An Nour (Montigny-Lès-Cormeilles)

28.04.2015 La rédaction

La mosquée An Nour est en cours d’agrandissement. Officiellement elle est en cours de construction mais depuis 2010 organise des conférences ou sont invités, entre autres des cadres de l’UOIF.

Sur le site de la mosquée, dont la page est aimée par plus de 4000 fans sur Facebook on peut lire :

 La mosquée de Montigny-Lès-Cormeilles est en cours de construction Inchallah. Cette dernière se situera dans un environnement boisé, sur une superficie d’environ 1700 m², près du quartier de l’Esperance. Ce projet important pour notre communauté, sera sous l’étude de l’architecte J.SKALLI . (…) Ainsi ce projet digne et ambitieux que nous voulons créer sur Montigny et aussi le votre ! Il représente notre héritage spirituel et culturel. Ce nouveau lieu de culte sera un lieu de spiritualité, de prière mais aussi de rencontre, de sociabilité et d’échange … Tout le monde doit y participer afin d’aboutir à un projet concret, solide et efficace. Pour cela plusieurs possibilités s’offrent à vous : En aidant les bénévoles de la mosquée lors des animations ou en faisant des Donations.

A propos des attentats de janvier 2015 on peut lire : »La mosquée An Nour s’associe à l’élan de solidarité nationale que le pays a connu hier lors du rassemblement en hommage aux victimes des attentats des 7 et 8 janvier dernier. »

A ceci près que les attentats ont duré du 7 au 9. Les victimes du 9 étant les victimes juives de l’Hypercasher.

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HISTOIRE SECRÈTE DES FRÈRES MUSULMANS

Histoire Secrète des Frères Musulmans

27.04.2015 La rédaction

Le mouvement des Frères musulmans a pour objectif de recréer le califat islamique disparu en 1923 et de soumettre le monde à un islam radical régi par la charia. Dans cette perspective, son idéologie extrémiste et sectaire prône le jihad armé, laquelle est servie par une organisation solide, totalement dévouée à l’atteinte de ces buts depuis plus de huit décennies, par tous les moyens, y compris les plus violents. Car en effet, derrière une façade pouvant laisser croire à une certaine respectabilité, la confrérie n’est qu’un mouvement terroriste ayant fait de très nombreuses victimes. Né en Égypte en 1928, à l’initiative d’Hassan El-Banna, le mouvement n’a cessé d’essayer de prendre le pouvoir dans ce pays, perturbant profondément son évolution historique et politique, coopérant tour à tour avec le pouvoir en place ou s’y opposant le plus souvent. La lutte entre la confrérie, les pouvoirs successifs et le peuple est donc une composante majeure de l’histoire moderne de l’Égypte. Ce livre dresse un récit complet et inédit de l’histoire des Frères musulmans depuis leur création, décrit leurs tentatives de prise de pouvoir en Égypte, leurs succès et leurs défaites. Il présente leur idéologie radicale et met en lumière leur admiration non dissimulée pour Hitler et le nazisme. Cet ouvrage décrit également les ramifications internationales de la confrérie, ses « filiales » dans les autres pays musulmans, les groupes terroristes qui en sont issus et jusqu’à ses relations avec l’Iran des ayatollahs. Surtout, il rétablit la vérité sur ce que furent réellement le « printemps égyptien » de 2011 et l’année pendant laquelle le pays fut gouverné par cette confrérie terroriste, avant que Mohamed Morsi ne soit déposé par une révolution populaire. Enfin, il aborde le rôle central d’Abdel Fattah El-Sisi, le nouveau chef d’état égyptien. Un ouvrage riche de révélations qui met en lumière des faits généralement méconnus en Occident et qui entraînera le lecteur dans les coulisses de l’histoire de l’Égypte, au coeur même de l’une des organisations les plus secrètes de l’islam, adepte du jihad.

CHÉRIF AMIR, EGYPTIEN, EST SPÉCIALISTE DE L’IMPACT DES RELIGIONS SUR LES CONFLITS ARMÉS AU MOYEN-ORIENT ET DOCTEUR EN GÉOPOLITIQUE DE L’UNIVERSITÉ PARIS VIII.

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MOSQUÉE EL FATH (SAINT DIZIER)

Mosquée El Fath (Saint Dizier)

24.04.2015 La rédaction

La  Mosquée El Fath, à Saint Dizier se réclame de la Mosquée de Paris.

Pourtant plusieurs éléments plaident pour un rapprochement avec les Frères musulmans.

En 2015, la mosquée El Fath organisait un voyage en bus pour aller au Congrès de l’UOIF au Bourget.

Pour la Saint Valentin, le compte Facebook de la Mosquée diffusait un texte interdisant toute célébration de la fête des amoureux.

Il n’est pas permis de participer à la fête de l’amour (…) il s’agit de s’occuper de futilités contraires à la voie des anciens pieux prédécesseurs. Il n’est pas permis d’observer en ce jour un des rites marquant la célébration de la fête, qu’il s’agisse de repas, de boisson ou du port d’une tenue, d’échange de cadeaux ou autres. Le musulman doit rester fier dans sa religion, et éviter de répondre inconsciemment à tout appel.

Un autre post suggère qu’il faut choisir entre l’amour du Coran et l’amour de la musique.

Sont aussi diffusés les concours de l’Institut de Chateau Chinon.

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SID AHMED GHLAM ENSEIGNAIT DANS UNE MOSQUÉE DE L’UOIF

Sid Ahmed Ghlam enseignait dans une mosquée de l’UOIF

24.04.2015 La rédaction

La sœur de Sid Ahmed Ghlam, Hind, a décrit sur BFM TV son frère comme souriant. Pour le dédouaner, elle explique que son frère enseignait l’arabe dans la mosquée El-Fath de Saint Dizier. Peu de médias ont noté que la mosquée El-Fath est une mosquée de l’UOIF, une organisation considérée comme terroriste au Emirats Arabes Unis.

« Mon frère n’a jamais été un extrémiste de l’islam. Il a toujours été droit. Il donnait des cours de langue arabe aux hommes et moi aux femmes, à la grande mosquée El-Fath [de Saint-Dizier] »,

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ORIGINES DE L’UNION DES ORGANISATIONS ISLAMIQUES DE FRANCE

Origines de l’Union des organisations islamiques de France

24.04.2015 Fiammetta Venner

L’Union des organisations islamiques de France est née en 1983, à l’initiative de deux étudiants étrangers venus faire leurs études en France : Zouhair Mahmood et Abdallah Ben Mansour. À cette époque déjà, les mouvements islamistes — notamment les Frères musulmans — sont étroitement surveillés au Maghreb et au Machrek où ils ont fait échouer la modernisation de l’islam, et rêvent de renverser les régimes en place pour mieux instaurer des régimes politiques guidés par la Charia. Leur seule chance d’y parvenir et de gagner l’épreuve de force passe par l’internationalisation du mouvement. Leurs théoriciens envoient donc leurs futurs cadres faire leurs études en Occident, où ils peuvent profiter de la liberté d’expression et du contexte démocratique pour se radicaliser et recruter avant de revenir, plus forts que jamais, poursuivre la lutte dans leurs pays d’origine. L’Europe et la France sont donc considérées comme des bases arrières, où il faut multiplier les associations d’encadrement pour étudiants musulmans étrangers, notamment grâce au soutien financier des Saoudiens qui voient dans cette internationale islamiste un moyen de lutter contre le communisme et le nationalisme arabe. L’une des principales organisations de ce type s’appelle l’Association des étudiants islamiques en France (AEIF). Elle servira notamment de cadre associatif à un étudiant soudanais venu faire ses études en France, Hassan al-Tourabi, qui deviendra l’éminence grise d’un régime prônant le rétablissement de la Charia au Soudan. Les théologiens de référence de l’AEIF sont des Frères musulmans syriens, comme Issam al Attar ou Saïd Ramadan al-Boutih. Ses prêches influencent le co-fondateur de l’Union, Zouhair Mahmood, mais celui-ci n’est pas d’accord sur tout. Ce jeune étudiant irakien venu faire des études en France dans les années soixante-dix/quatre vingt se souvient des questions qui l’habitent alors, lui et ses amis :

« Nous nous demandions s’il était licite de vivre en Occident et de s’y installer. Beaucoup de savants des pays d’origine nous expliquaient que ce n’était pas licite. (…) Je me souviens de Cheikh Saïd Boutih-Ramadan qui pensait que ce n’était pas licite »[1].

Lui et son ami, Abdallah Ben Mansour, ne sont pas entièrement de cet avis. À l’image d’autres théoriciens des Frères musulmans, plutôt maghrébins ou égyptiens, ils estiment que la France peut représenter davantage qu’une zone de transit. Il existe un formidable potentiel politique inexploité chez les jeunes musulmans de France, à condition de réussir leur islamisation. De cette réflexion naît une association qui devient un peu la rivale de l’AEIF, et en même temps une structure assez proche : l’Union des organisations islamiques en France. En réalité, la rivalité consiste surtout à se disputer un public au prétexte de cette option stratégique qui divise les Frères musulmans du Moyen-Orient et ceux du Maghreb : l’Europe est-elle une simple base arrière ou un enjeu en soi ? Pour le reste, les cadres de l’UOIF partagent les valeurs islamistes radicales prônées par les Frères musulmans.

Abdallah Ben Mansour, l’autre fondateur de l’UOIF, est un étudiant tunisien proche du Mouvement de tendance islamique, le futur parti Ennahda de Ghanouchi, soit la branche tunisienne des Frères. Ghanouchi n’est autre que le principal opposant islamiste au régime tunisien. Formé par les Frères musulmans en Égypte et en Syrie, où il a fait ses études, il revendique un mouvement d’islamisation à la tunisienne inspirée par les Frères :

« avec les Frères musulmans, qui reste la plus importante organisation islamique dans le monde arabe, il n’y a pas de rupture, mais une évolution »[2].

L’ « émir » comme les partisans de Ghanouchi l’appellent, comme tous les Frères musulmans, est connu pour son double langage. Il peut afficher un discours tout à fait démocrate lorsqu’il s’agit de dénoncer l’autoritarisme du régime tunisien pour mieux revendiquer sa part de pouvoir au nom du pluralisme démocratique : « La légitimité de l’État ne repose que sur le choix du peuple ». Aucun penseur musulman, dit-il, « ne prétend que l’autorité du gouvernement soit l’incarnation divine ».

Il oublie de préciser que tous les penseurs musulmans dont il s’inspire insistent sur la souveraineté absolue de Dieu « qui ne peut être déléguée »[3]. Un double discours confirmé par des militants de son propre mouvement : « Dans ses discours aux journalistes, aux diplomates, Ghanouchi donne une image moderniste, démocrate, pluraliste ; à nous il parle de chasser les envahisseurs américains et leurs alliés (les régimes en place), (…) de sauver la sainte kaaba et la tombe du Noble Prophète des ordures des ennemis des Arabes et de l’islam »[4]. Voilà donc l’homme qui sert de modèle aux co-fondateurs de l’UOIF. Non seulement il leur sert de modèle, mais il continue de les guider : en exil à Londres, Ghanouchi participe au Conseil européen de la Fatwa chargé d’édicter les avis religieux guidant l’UOIF. Nous y reviendrons. En co-fondant l’UOIF, Ben Mansour a en tête de réussir en France l’islamisation voulue par son mouvement en Tunisie. Il aurait pu devenir français grâce à son épouse, qui est de nationalité française, mais sa demande de naturalisation a toujours été rejetée par les autorités. En effet, le gouvernement peut s’opposer par décret, pour indignité ou défaut d’assimilation, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger. Ben Mansour porte l’affaire au Conseil d’État qui rejette sa requête rappelant que : « M. Ben Mansour était en 1995 l’un des principaux dirigeants d’une fédération à laquelle étaient affiliés plusieurs mouvements extrémistes prônant le rejet des valeurs essentielles de la société française »[6]. Non pas que Ben Mansour soit un terroriste, mais il est incontestablement porteur de l’idéologie et de la stratégie des Frères musulmans, dont il s’inspire pour animer l’Union des organisations islamiques en France. Celle-ci opère bientôt un changement de stratégie et devient l’Union des organisations islamiques de France pour mieux signifier qu’elle souhaite désormais compter comme une association française à part entière. Cette stratégie visant l’institutionnalisation va porter ses fruits. Moins de dix ans plus tard, Ben Mansour accueillera en personne le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, au Congrès 2003 de l’UOIF. Ainsi, cet homme que les autorités françaises ne veulent pour rien au monde naturaliser français peut se targuer d’être à la tête d’une organisation qui reçoit le ministre de l’intérieur en « ami ». Et pourtant, il n’a ni changé, ni rien perdu de sa radicalité. Son modèle, ainsi que celui de son organisation, reste les Frères musulmans. Même si l’UOIF affirme ne plus être sous la tutelle de la confrérie depuis 1991 — de façon structurelle —, son modèle, son islam, ses méthodes et ses objectifs continuent d’être inspirés par les Frères musulmans.

Fiammetta Venner

Une première version de ce texte a été publiée dans

OPA sur l’islam de France : Les ambitions de l’UOIF

[1] Entretien avec Zouhair Mahmood, 23 novembre 2004. Saïd Ramadan Al Boutih (à ne pas confondre avec la famille de Tariq Ramadan) est néanmoins une référence pour de nombreux jeunes de l’UOIF.

[2] Antoine Sfeir, Les réseaux d’Allah. Les filières islamistes en France et en Europe, Plon, Paris, 2001, p. 25. 1ere édition 1997.

[3] Antoine Sfeir, op. cit., p. 50.

[4] Antoine Sfeir, op. cit., p. 51.

[4] Extrait de la décision du Conseil d’État, 7 juin 1999, n° 178449, Ben Mansour.

AMEDY COULIBALY, CHÉRIF KOUACHI ET L’UOIF

Amedy Coulibaly, Chérif Kouachi et l’UOIF

21.04.2015 La rédaction

L’hebdomadaire Marianne a publié les conversations entre Amedy Coulibaly et Chérif Kouachi. Les deux hommes ont été l’objet d’une surveillance policière en 2010.

Les policiers, (…) interceptent également, par hasard, les conversations autour de la Rencontre annuelle des musulmans de France, au Bourget, en Seine Saint-Denis. « Hayat dit qu’elle n’ira pas au Bourget car c’est organisé par l’UOIF (Union des Organisations Islamistes de France) et que c’est des partisans de Sarkosy. Cela aura lieu le 2, 3, 4 et 5 (avril 2010) Amedy va y aller, il dit qu’il voulait y aller depuis des années, depuis qu’il était en prison. » Ca tombe bien, Chérif Kouachi, raconte, au téléphone, précisément être, le 3 avril 2010 au Bourget, et avoir « besoin de trois badges. » Amedy Coulibaly y est-il allé avec lui ?

Source : Marianne, 21 avril 2015

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JEMAA ISLAMIYYA ET TAWASSOUL (MAURITANIE)

Jemaa Islamiyya et Tawassoul (Mauritanie)

13.04.2015 La rédaction

Les Frères musulmans ont recruté dans les années 1980, parmi les familles ayant fui les campagnes.

La première association qui se réclame des Frères musulmans est la Jemaa Islamiyya.

En août 2007, le courant des Frères musulmans se regroupe dans un parti politique autorisé,  Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul).

Le leader du parti islamiste Mohamed Jemil Mansour, a longtemps vécu en exil, en Belgique. Comme ses confrères égyptiens explique que la situation est particulière et qu’il ne fera pas l’erreur de ses aînés. Ce qui fait dire au blog Cridem :

En effet, dans ces Etats trop imprégnés de laïcité et d’ouverture, le régime islamiste prônant la Charia comme loi fondamentale est quasiment impossible, en raison de la culture occidentale très enracinée, présentant des sociétés qui ressemblent dans tous les aspects de leur train de vie à celles des pays libertins.

Tawassoul signe des accords de coopération en 2011 avec plusieurs partis politiques. Notamment avec le Parti Baas syrien et avec le Hezbollah. A ceux qui pourraient s’étonner de cette alliance, rappelons qu’il existe au sein des Frères musulmans une frange favorable au régime des Mollahs et admirative du Hezbollah. Quand au parti Baas, avant le déclenchement de la révolution et sa mise à l’index par Youssef Al Qaradhawi, il n’hésitait pas à soutenir les filiales des Frères musulmans à l’étranger.

Mohamed Jemil Mansour, comme de nombreux frères musulmans manie l’art de la litote concernant l’appartenance de son mouvement aux Frères musulmans.

C’est vrai que nous avons des choses communes avec les frères musulmans en Egypte, mais nous sommes différents des courants salafistes. Nous sommes un Parti politique, qui jouit et travaille dans le domaine de la politique. Certainement, nous nous inspirons toujours des modèles réussis comme le modèle turc, le PJD du Maroc, ou d’autres Partis politiques d’obédiences islamiques, qui ont présenté des expériences d’ouverture, qui respectent les principes islamiques, qui sont ouverts au modernisme, à la politique et aux aspirations des populations.

Tawassoul a bénéficié du soutien de Rached Ghannouchi en 2012 qui est venu soutenir les candidats des Frères lors de leur congrès. Il a été reçu comme un chef d’état par le gouvernement.

Une coalition de partis démocrates  réclamait en 2012 le départ du président Aziz. Tous ces mouvements se sont mis d’accord pour boycotter les élections. Tous sauf Tawassoul.

Une position qui a été justifiée par Jémil Mansour

 La révolution est le fruit d’une situation. Si les conditions sont réunies, cette révolution, personne ne l’empêcher. Si elles ne le sont pas, personne non plus ne peut essayer de forcer cette révolution *

Profitant de ce boulevard, les Frères musulmans apparaissent désormais comme la seconde force du pays.

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