COLLÈGE-LYCÉE AVERROÈS DE L’UOIF : L’ARBRE QUI CACHE LE DÉSERT !

Collège-Lycée Averroès de l’UOIF : L’arbre qui cache le désert !

18.03.2015 Mohamed Louizi

Les islamistes des «Frères Musulmans » – dont je faisais parti durant une quinzaine d’années de ma vie – ne semblent pas être prêts à assumer leur part de responsabilité, dans le maintien et la consolidation de la très fragile « unité nationale », promise depuis les attentats de Paris, les 7, 8 et 9 janvier dernier. Comme d’habitude, ils préfèrent continuer à prendre en otage l’islam et les musulmans, citoyens français ou résidents.

En excellents illusionnistes de l’art de l’amalgame, ils ont réussi, jusqu’à présent, à convaincre des fidèles et autres citoyens, que toute critique, fondée, de leur idéologie islamiste anachronique, théologico-politique et expansionniste serait un dénigrement de « la » religion musulmane et une injure faite aux « musulmans ». Ainsi, il faut le reconnaître, ils ont réussi à installer dans de nombreuses têtes que l’idéologie d’Hassan Al Banna et l’islam originel prêché au temps du Prophète Mohammad seraient une même chose ; que « frère musulman » et « musulman » sont deux entités égales ; que l’entité politique UOIF et la communauté des musulmans de France se confondraient presque parfaitement. Ils ont même inventé, ou adopté, le terme « islamophobie », une arme juridique redoutable, pour faire peur et faire taire les critiques les plus justes, et les plus indispensables surtout pour le salut de toute la France. L’on peut même se poser cette question, avec Pascal Boniface en particulier : Est-il permis de critiquer l’islamisme et les « Frères Musulmans » ?

En effet, l’affaire du « Collège-Lycée Averroès », qui continue à nourrir et à passionner le débat national depuis le 6 février 2015, démontre un aspect de cette illusion grossière qu’opèrent éperdument les islamistes de l’UOIF. Aux interrogations légitimes et critiques nécessaires, exprimées par Soufiane Zitouni – ex-professeur de philosophie dans cet établissement – publiées dans une tribune dans le journal Libération, ils ont préféré à nouveau prendre en otage des élèves, des parents d’élèves, des professeurs et toute une part de la communauté et de ses lieux de culte. Même certains intellectuels respectables, par ailleurs, prêtent secours à l’UOIF et lui servent de caution morale, très utile politiquement, en ces temps où les limites entre l’intelligence et l’idiotie deviennent de plus en plus confuses.

Ces islamistes ont préféré le déni et les mensonges. Ils ont intenté des procès à l’encontre de ce professeur audacieux et ont encouragé d’autres personnes à l’attaquer, au moins, sur le terrain judiciaire. L’illusion réussit même au sein des services académiques de l’Etat qui ont presque blanchi, je ne sais sur quel critère, l’établissement des reproches justement formulés par Soufiane Zitouni. D’un plateau à l’autre, d’un microphone à l’autre, ces islamistes refusent le débat de fond et se complaisent dans leur statut préféré, de pseudo-victimes d’un supposé « complot » et d’une ambiance marquée par la montée de tous les extrémismes et les racismes. Jamais, ils ne se posent la question principale quant à leur responsabilité historique dans ce qui se passe, depuis maintenant quelques années, ici en France et partout dans le Monde. Jamais aucune remise en question de leur idéologie. Jamais aucune autocritique de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils font. L’enfer, c’est – toujours – les autres, comme le disait Sartre ?

Témoin de cette attitude islamiste misérable ; témoin aussi de cet amalgame grossier entretenu mais illusoire ; et soucieux que la Justice de la République ne puisse condamner un innocent pour diffamation, comme l’espère l’UOIF, sans l’examen de toutes les preuves matérielles existantes, j’ai décidé de prendre ma plume et mon clavier en vue de donner de l’épaisseur et de la matière à ce que ce professeur courageux a su dénoncer, en prenant d’immenses risques.

L’UOIF d’Amar Lasfar, qui est aussi président de « l’association Averroès » s’occupant de cet établissement privé, a choisi le terrain judiciaire, entre autres, pour attaquer un homme, un professeur. L’UOIF a même imposé un calendrier pour, soi-disant, tourner rapidement la page de cet incident. Le professeur Soufiane Zitouni devra comparaître devant le Tribunal de Police de Lille le vendredi 3 avril prochain. Curieusement, cette date correspond à la date d’ouverture du 32ème congrès de l’UOIF, baptisée injustement « Rencontre Annuelle des Musulmans de France » (RAMF) à Paris-le-Bourget. Une simple coïncidence ? Peut-être.

Tout laisse à croire qu’en cas de condamnation de Soufiane Zitouni, le 3 avril, la RAMF de l’UOIF se transformerait en une fête, où l’islamisme le plus perfide s’érigerait en héros de la République après avoir su, habilement, se mettre dans la peau de la victime. Le professeur, quant à lui, sera considéré définitivement, au moins, comme un « traitre » et la suite pourrait être dramatique, car lorsque la frénésie islamiste et communautariste monte, l’on est plus à l’abri des attaques les plus folles et les plus dangereuses aussi. Le Tribunal devrait, par précaution peut-être et dans la mesure du possible, reporter ce jugement, au moins d’une ou de deux semaines, cela éviterait toute exploitation islamiste de cette affaire judiciaire : simple requête citoyenne.

Je suis conscient que ce témoignage intervient dans un contexte national marqué par l’approche des deux tours des élections départementales, les 22 et 29 mars prochain. Le risque que son propos soit instrumentalisé politiquement est plus que vraisemblable. Cependant, c’est bien l’UOIF du « Collège-Lycée Averroès » qui a choisi la procédure d’urgence et, indirectement,  fixé la date du procès au vendredi 3 avril, au lendemain des élections. Les citoyens, comme bien d’autres responsables de la chose publique, sont en droit de connaître le fond du sujet et d’examiner des éléments de preuves bien avant le procès. D’où l’impératif de le publier aujourd’hui nonobstant le contexte politique. L’UOIF assumera seule les conséquences de toute probable utilisation de son propos à toute fin électoraliste. La politique du déni systématique amène parfois vers l’imprévisible. Que serait donc la politique sans cette part de l’imprévisible ?

Personnellement, j’aurais aimé avoir plus de temps. La date du 3 avril voulue par l’UOIF, m’a imposé un rythme de travail infernal pour rédiger ce long témoignage citoyen indispensable et rassembler et analyser ses éléments de preuves. Par conséquent, les quelques cinq cents heures de travail, sans relâche, sur ce dossier, durant quatre semaines, en se déchargeant, momentanément, de mes obligations professionnelles, ne m’ont pas suffi pour l’argumenter davantage ou pour corriger ses erreurs d’orthographe, entre autres. Il n’a été relu par personne car j’ai voulu qu’il soit le plus naturel possible. Je le sais, j’ai pris un vrai risque. La relecture, par une tierce personne, pouvait induire naturellement la disparition de certains passages ou l’adoucissement d’autres formulations. Peut-être j’aurais dû faire ce choix. Mais je ne l’ai pas fait. Je ne me suis pas autocensuré. Je le jure. C’est le propre même d’un témoignage, non ? Il s’agit, par conséquent, d’un témoignage sincère et à l’état brut. Prière d’en tenir compte et de m’en excuser, le cas échéant !

Par ailleurs, après avoir lu le texte « Droit de réponse du lycée Averroès », dans Libération du vendredi 13 mars 2015, j’ai constaté que les « otages » et les islamistes de l’UOIF se posent conjointement toujours en victimes, d’un côté, et de l’autre côté, en garants des valeurs de la République contre l’obscurantisme, écrivent-ils. En conclusion de cette tribune, ils ont choisi cette sagesse d’Averroès : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence … voilà l’équation » !

Ce « témoignage citoyen d’intérêt public » s’inscrit dans la droite ligne de cette sagesse du philosophe andalou. Il tente de dissiper les épaisses et obscures couches de nuages entourant l’UOIF, et favorisant l’ignorance de ce qu’est réellement et idéologiquement cette entité politico-religieuse, agissante à travers de nombreuses institutions, et s’entourant de nombreux établissements pour assurer la marche vers son cap visé, et permettre la réalisation du rêve de domination par l’idéologie d’Hassan Al-Banna demain, ici et ailleurs. Le « Collège-Lycée Averroès » n’est qu’un établissement parmi d’autres. Ses élèves ne seraient qu’une réserve en ressources humaines à éduquer et à former pour assurer la relève d’une organisation, somme toute, vieillissante.

Enfin, j’espère que ce témoignage puisse ramener le lecteur de la supposé état d’ignorance à l’état d’une relative connaissance. Dès lors, l’équation d’Averroès sera reformulée autrement au moins lors du procès du 3 avril. Je l’espère vraiment !

Bonne lecture !

Ce livre-témoignage sera édité très prochainement.

Liens vers les vidéos utilisées pour argumenter les propos de mon témoignage citoyen:

1- Vidéo Youssef Al-Qaradawi lançant sa fatwa pour ordonner l’assassinat de Kadhafi :

2- Vidéo Amar Lasfar devant le public de l’institut Al-Imane, il y explique vers la fin la pyramide du Tamkine à sa façon :

3- Spot publicitaire « Institut Al-Qods » :

4- Vidéo Rachid Laamarti, administrateur UOIF, expliquant les raisons de s’associer à la « Manif pour tous » :

5- Vidéo Rachid Laamarti, candidat aux élections européennes :

6- Vidéo cheikh Omar Abdelkafi, sommité « frère musulman » satellitaire devant des élèves du « Collège-Lycée Averroès » pendant un cours de « Sciences physiques » :

7- Vidéo du même cheikh Omar Abdelkafi expliquant sur une chaine arabe que les filles/femmes non voilées seront suspendues par les cheveux, méritent les supplices de la tombe …

8- L’intégralité de la vidéo (arabe) de discussion entre les deux « frères » : Wadjdi Ghoneim et Abdelfattah Mourou. Les propos que j’ai traduits se situent au milieu de cet échange :

9- Vidéo du cheikh saoudien qui atteste que la Terre est immobile :

10- Vidéo du débat « Le Coran, la Bible et théorie de l’évolution » organisé entre autres par le site Oumma.com :

1ère partie :

2ème partie :

11- Vidéo de la conférence du représentant d’Harun Yahya au sujet de l’effondrement de la théorie de Darwin à la mosquée de l’UOIF :

1ère partie : 

2ème partie : 

12- Prêche du vendredi 29/08/2014 de M. Mohamed Karrat (enseignant au « Collège-Lycée Averroès ») à la mosquée de Villeneuve d’Ascq : « Victoire de Gaza », à écouter de bout en bout !

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Autres documents et éléments matériels à consulter et examiner :

1- Document secret du « Tamkine » découvert en 1992 par la police égyptienne dans le bureau de Mohamed Khayrat Al-Chater :

document Attamkine Egypte

2- Livre/Thèse au sujet du « Tamkine » d’ Ali Sallabi :

فقه النصر و التمكين محمد الصلابي

3- Rapport moral AGE de la Ligue Islamique du Nord 2005 :

1- LIN Compte rendu général AGE = Amar Lasfar

4- Plaquette de promotion – en arabe – du « Collège-Lycée Averroès » auprès de riches donateurs des pays du Golf, du Moyen-Orient, etc. On y découvre les vraies raisons de la création de cet établissement :

 1- Plaquette publicitaire Lycée Averroès (en arabe)

5- Programme de formation à l’idéologie des « Frères Musulmans » au sein de « l’Institut Al-Qods » à Lille et à Villeneuve d’Ascq :

 3- Institut ALQODs Programme des etudes 2014-2015

6- Fatwa du président de l’association des « Imams de France », Ahmed Miktar (CIV Villeneuve d’Ascq), à l’encontre du penseur syrien musulman Khales Jalabi:

 1- Texte complet de la fatwa inédite d’Ahmed Miktar en arabe

7- Texte intégral du prêche du vendredi 29/08/2014 du professeur Mohamed Karrat (professeur de Mathématiques au « Collège-Lycée Averroès ») au sujet de « La victoire de Gaza » :

 1- Prêche #Victoire de Gaza# 29-08-2014

8- Données statistiques concernant de la fréquence d’utilisation de 47 mots clefs dans le prêche « La victoire de Gaza » :

 2- Statistiques de quelques mots sectionnés et étudiés

9- Document secret des « Frères Musulmans » rendu public par la presse arabe concernant la stratégie d’islamisation et de domination du monde par la confrérie d’Hassan Al-Banna :

 6- Journal al-Watane document frères musulmans Tamkine (en arabe)

10- Le lien organique entre la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FOIE) et les « Frères Musulmans » :

 7- Relation organique FOIE et Frères Musulmans

Mohamed Louizi

SECONDE CONDAMNATION À MORT POUR MOHAMED BADIE

Seconde condamnation à mort pour Mohamed Badie

16.03.2015 La rédaction

Mohamed Badie, guide des Frères musulmans à été  condamné à mort le 16 mars par la justice égyptienne.Il a déjà été condamné à mort dans un autre procès pour violence, et condamné à la prison à perpétuité.

COMMENT LES FRÈRES MUSULMANS ONT PRIS LA BELGIQUE EN OTAGE

Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage

06.03.2015 La rédaction

Une enquête de Marie-Cecile Royen (Le Vif Belgique)

Depuis des décennies, les Frères musulmans tentent de séduire les partis politiques. Aujourd’hui, ils font offre de service pour lutter contre la radicalisation. L’histoire du pompier pyromane ?

Dans le courant des années 1990, les Frères ont été priés, en interne, de se raser la barbe pour ne pas être pris pour des « barbus ». Ils cultivent à merveille l’art de se couler dans le paysage, de s’adapter au « contexte ». Le mot « contexte » est d’ailleurs un de leurs éléments de langage, avec « islamophobie », « citoyenneté » et maintenant « co-inclusion ». Une référence à l’auteur de ce néologisme, le sociologue Felice Dassetto (UCL), auteur de  L’Iris et le Croissant (Presses universitaires de Louvain, 2011) ?

Quand on est Frère (un peu ou beaucoup), mieux vaut ne pas s’exprimer trop clairement sur les questions qui fâchent ( la violence en politique, l’égalité entre musulmans et non-musulmans, la liberté d’apostasier, le statut de la femme…) et renvoyer au « contexte ». Car, à l’état brut, le programme Frère a de quoi faire frémir. La confrérie égyptienne a été, en effet, la matrice de l’islam politique qui, dans sa version djihadiste, a mis le feu aux quatre coins de la planète. Dans son logo, les deux sabres croisés sous le Coran sont accompagnés du début de la sourate 8, verset 60 (le Butin): « Tenez prêt contre eux (les incroyants) ce que vous pouvez de forces et de chevaux pour effrayer l’ennemi de Dieu et votre ennemi et d’autres que vous ne connaissez pas mais que Dieu connaît. Ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera rendu et vous ne serez pas lésés. » En arabe, le mot « effrayer » a la même racine que le mot « terroriste ». Quand ils veulent, les FM ne sont pas des tendres.

Apparus dans les années 1980 comme étudiants ou réfugiés politiques fuyant les pays où ils voulaient s’imposer, les Frères musulmans ont bâti, en Belgique, une infrastructure permanente et suscité la création de moult associations. Ils ont surtout exercé un lobbying permanent auprès des pouvoirs publics pour devenir les porte-parole officiels de la communauté musulmane. Un rapport du comité de contrôle des services de renseignement (comité R) le notait déjà en 2001, puis en 2007, relevant un autre aspect de leur stratégie : « Susciter ou entretenir les tensions dès qu’ils considèrent qu’un musulman ou une association islamique est victime des valeurs occidentales. Ainsi de la question du port du voile islamique dans les écoles publiques… »

Historiquement, et pour des raisons différentes, certains démocrate-chrétiens et certains laïques ont succombé aux sirènes FM, enchantés par leur discours si policé et si engagé. Et c’est le parti Ecolo qui, en ce moment, paraît le plus sensible à l’idéologie diffuse de la confrérie en Europe. La fascination « frériste » pour le monde politique a cependant des limites. Les partis politiques utilisent le ressort communautaire pour capter les voix des électeurs, mais ils ne renvoient pas toujours l’ascenseur. Selon les musulmans conscientisés de la nouvelle génération, les plus belles opportunités, aujourd’hui, ne se trouvent pas dans l’associatif ou la politique mais bien dans l’économie. Une activité qui procure des revenus pouvant ensuite être réinvestis dans le secteur religieux au sens large. Rien ne se perd.

FONDATION AL KARAMA

Fondation Al Karama

03.03.2015 La rédaction

La Fondation Al Karama (Alkarama) a été créée  en juillet 2004 par , Aderrahman Al Nuaimy, Rachid Mesli et Abbas Aroua.

Il s’agit de défendre auprès du Conseil des droits de l’homme, les victimes des régimes arabes et les victimes de l’antiterrorisme.

Pour l’administration américaine la réalité est tout autre.

« Nuaimi est un terroriste financier basé au Qatar qui a fourni du matériel et de l’argent à Al Qaida en Syrie, en Irak, en Somalie et au Yemen depuis plus de 10 ans. (…) Il est (avec Humayqani) au centre d’un réseau de soutien qui finance et soutient le terrorisme ».

Pour faire fonctionner l’association en 2007, les dirigeants font appel à Mourad Dhina. Celui ci vient d’abandonner le militantisme au sein du FIS qu’il ne trouve plus assez actif. Quelques années avant il a participé Front islamique pour le djihad armé (Fida), responsable de l’assassinat de centaines de journalistes, intellectuels, syndicalistes et personnalités politiques algériens. Résident suisse, il a été arrêté le 16 janvier 2012 à Orly. Il venait donner sa version du coup d’état de 1992. Il faisait alors l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en 2003 par les autorités algériennes et l’accusant d’«avoir commis des actions terroristes à Zurich en Suisse durant les années 1997-1999». Suite à une importante campagne de soutien menée notamment par les Indigènes de la République, et à la défense de Maître Antoine Comte il ne sera pas extradé. Il restera néanmoins six mois à la prison de la santé.

En 2007, Al Karama commence à travailler avec les organes de suivi de traités de l’ONU – en particulier avec le Comité contre la torture (CAT), le Comité des droits de l’homme (CCPR) et l’Examen périodique universel (EPU) mis en place par le nouvellement créé Conseil des droits de l’homme (CDH) – en présentant des informations alternatives concernant la mise en œuvre par les états arabes des traités pertinents à chaque étape de leur processus d’examen. Dans ce cadre, Alkarama fournit aux experts du CAT/CCPR, et aux membres du CDH l’accès aux informations des acteurs de la société civile ainsi que des cas concrets de violations de nombreux articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention contre la torture et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Al Karama lance à partir de 2009, un prix pour la défense des droits de l’homme, essentiellement décerné à des militants islamistes et à leurs soutiens. Parmi les bénéficiaires les plus ambigües AbulElah Shyea grand admirateur des terroristes d’Al Qaïda sur quand ils frappent en Europe.

Selon le site Algérie Patriotique, la Fondation Al Karama  qui finance trois chaînes de télévision satellitaires dans le but de renverser le régime politique en Algérie ». Ces chaînes seraient Al-Magharibia (dirigée par le fils d’Abassi Madani, qui est également propriétaire d’une société qatarie de l’énergie solaire), Al-Rachad (qui appartient à l’organisation Rachad dirigée par Mourad Dhina) et Al-Asr. Al-Karama, qui reconnaît qu’elle est financée par ses propres dirigeants à leur tête le Qatari Al-Naimi, a dépensé, toujours selon Ennahar, plus d’un million de francs suisses en 2011 dans ce qu’elle appelle des «actions humanitaires». Comme quoi, les résidus du FIS dissous ne démordent pas et multiplient les tentatives de déstabilisation de l’Algérie.

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AZZEDINE GACI

Azzedine Gaci

01.03.2015 La rédaction

Azzedine Gaci est membre de BE de l’UOIF chargé du dialogue inter-religieux.

Arrivé en France en 1986 pour terminer ses études, il est enseignant-chercheur à l’École supérieure de chimie-physique-électronique de Lyon.

Il est recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne, et a toujours fait du dialogue inter-religieux, un moyen d’apaisement. Il a longtemps déclaré être indépendant, jusqu’à être nommé au bureau de l’UOIF.

Azzedine Gaci a fait partie des leader religieux qui ont appelé à manifester lors de la Manif pour tous.

« Il est important de montrer que l’on partage les inquiétudes des autres sur un texte qui va déstructurer la famille et avoir des conséquences sur les équilibres de la société » (Blog de Stéphanie Le Bars)

Lors des attentats de janvier 2015, il insiste pour que tous, croyants et non croyants soient présents lors de la manifestation du 11 janvier. Pour Azzedine Gaci, les attentats sont un cap, une « remise en cause de la paix sociale ».

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SALAH ARBEL

Salah Arbel

01.03.2015 La rédaction

Salah Arbel est le Délégué Régional – Est de l’UOIF.

Le 12 avril 2011, Salah Arbel est reçu par Tayyip Erdogan à l’occasion d’une visite au conseil de l’Europe à Strasbourg. La délégation avait alors demandé au « premier ministre d’user du poids important de la Turquie en Europe pour défendre les libertés religieuses et dénoncer les campagnes islamophobes qui sont malheureusement menées par une partie de la classe politique à des fins purement électorales ».

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LE DÉPUTÉ DU HAMAS MARWAN ABU RAS : LES COMPLOTS ET LA PERFIDIE DES JUIFS ONT CONDUIT À L’HOLOCAUSTE

Le député du Hamas Marwan Abu Ras : Les complots et la perfidie des Juifs ont conduit à l’Holocauste

16.02.2015 La rédaction

Dans un discours, le député du Hamas Marwan Abu Ras accuse l’Occident de fournir des armes à Israël pour expier le crime de l’Holocauste. « Ce sont les complots et la perfidie des Juifs qui les ont menés à être brûlés. Leur duperie et leurs actes contre l’humanité les ont menés à être brûlés », a-t-il affirmé dans un discours diffusé sur la chaîne télévisée du Hamas Al-Aqsa, le 23 janvier 2015.

Extraits :

Marwan Abu Ras : La France, qui dirige les attaques contre le Prophète Mahomet à notre époque, envoie des milliers de tonnes d’obus [à Israël]. L’Allemagne, qui veut faire amende honorable pour ses péchés historiques envers les Juifs, le fait à nos dépens, comme si, à travers nous, elle expiait ses péchés contre les Juifs.

En quoi est-ce notre faute ? Qu’avions-nous à voir avec votre crémation des Juifs ? Les Juifs ont-ils été brûlés sans avoir commis de faute ? Leurs complots et leur perfidie sont ce qui les a menés à être brûlés. Ils ont conspiré contre tout le monde – même contre ceux qui étaient bienveillants à leur égard. Ils ont poignardé dans le dos, même ceux qui étaient bons pour eux. Ils ne rendent licite aucun bien et n’interdisent aucun mal. L’Allemagne le savait bien. C’est, par conséquent, l’Occident qui fournit à ce soi-disant « Etat » illégitime, enfant trouvé, des armes de destruction.

Vidéo non disponible, compte Youtube associé clôturé

AMAR LASFAR : LE DÉNI

Amar Lasfar : le déni

11.02.2015 Mohamed Louizi

J’écris ces lignes et je formule ces interrogations, qui me paraissent nécessaires, car vitales, après avoir vu hier soir, au journal régional 19/20 du Nord Pas-de-Calais sur « France 3 »[1], un reportage sur le lycée de l’UOIF – baptisé grossièrement « Lycée Averroès » – donnant la parole à une élève, au directeur-adjoint, Monsieur Eric DUFOUR, et au président de l’UOIF, Monsieur Amar LASFAR, suite aux accusations portées par Monsieur Soufiane ZITOUNI, professeur de philosophie démissionnaire depuis trois semaines, à l’endroit de ce lycée et de ses dirigeants et publiées le vendredi 6 févier dernier dans le journal Libération, sous l’intitulé : « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès »[2].

J’ai trouvé que l’élève Sarah, élève en terminale L, se présentant ostensiblement sans voile devant la caméra, exprimait une indignation légitime face au contenu de l’article de son ex-professeur de philosophie.  Elle s’est défendue de tout antisémitisme. Elle a exprimé les cadres de ses échanges avec monsieur Zitouni au sujet des attentats de Charlie Hebdo. Elle s’est exprimée à sa manière, avec ses mots, et a relaté le contenu d’un ancien échange pour le moins étrange. Selon ses dires, celui-ci l’aurait traité de « malade mentale » et « qu’elle devait se faire soigner » … Ce sont ses paroles. Si c’est vrai, c’est naturellement condamnable et même grave venant de la bouche d’un professeur. Mais si c’est faut, elle en assumera seule la responsabilité.

Le témoignage du directeur-adjoint était très digne, très à la hauteur de ses fonctions et s’inscrivant dans une démarche pédagogique respectable. Son article, intitulé : « Pourquoi je suis engagé au lycée Averroès »[3] en témoigne sobrement. Un témoignage intéressant à lire. Néanmoins, son auteur, se tenant sur la défensive, exprime aussi le point de vue de la direction et ne répond pas sur le fond. Je ne crois pas que Zitouni a mis en cause la légitimité du lycée ou le sérieux de nombreux professeurs qui y travaillent. Ce n’est pas ce que j’ai lu en tout cas dans ses deux articles.

Maintenant libre à chacun de se défendre comme il peut. Zitouni témoigne, dénonce subjectivement une ambiance et exprime, avec beaucoup d’audace, un ressenti, de nombreux comportements insoutenables et surtout il met en perspective un jeu pernicieux et malin de la direction, la vraie direction, celle que j’ai connue auparavant et que le directeur-adjoint ne connaîtra jamais assez de là où il se situe aujourd’hui. Cette direction de l’ombre n’hésitera pas à le remercier, si besoin est, si elle sent qu’elle n’est plus maîtresse du temps, du projet et de l’espace. Je rappelle qu’il y avait une directrice bien avant lui, qui est partie sans faire de bruit et qui était traitée, disait-elle, telle une plante verte dans un décor sagement pensé et mis en place !

Quant au président de l’UOIF, il était juste, et comme d’habitude, l’égal de lui-même, ni plus ni moins. Certes, il est aussi en droit de se défendre. Il est en droit de s’exprimer librement. Il est en droit d’user d’un temps d’antenne pour apporter la contradiction ainsi que sa version des faits. Mais il n’a pas le droit d’être dans le déni permanent et dans le mensonge, ni face cachée, ni face caméra. Mais qu’est-ce que ce monsieur n’a-t-il pas dit ?! Il a dit simplement – sourire aux lèvres – que l’UOIF n’a aucun lien avec les « Frères Musulmans ». Mais de qui se moque-t-on ? Comment peut-il dormir l’esprit tranquille, après avoir confirmé ceci, lui et les cavaliers de sa minorité ?

Amar Lasfar

Amar LASFAR a dit, face caméra, les yeux dans les yeux, que l’UOIF n’a aucune espèce de lien avec les « Frères Musulmans ». Non, vous l’avez compris, strictement aucun. Il a dit, les yeux dans les yeux, qu’il se reconnaît pas dans ce courant de pensée et qu’il n’y adhère pas. Monsieur LASFAR ne peut pas dire une telle contre-vérité. C’est un mensonge. Ce n’est pas digne d’un imam. Ce n’est pas digne d’un recteur. Ce n’est pas digne d’un héritier autoproclamé de la prophétie et du message du prophète Mohammed qui était, de son vivant, surnommé le « véridique » et « l’authentique ».

Monsieur LASFAR passe à côté de la vérité, de sa vérité, et de l’authenticité, son authenticité. Monsieur LASFAR n’est pas en droit de proférer de telles affabulations. Il ne peut pas nier l’évidence. Il doit au contraire avoir le courage et la pudeur d’être vrai, de dire vrai et d’assumer un devoir d’exemplarité car il est « imam », qui guide la prière tous les vendredis, avant et après tout !

Oui, monsieur LASFAR, en niant tout lien de l’UOIF avec les « Frères Musulmans », en particulier, et avec l’islamisme dénoncé par l’ex-professeur du lycée en général, fait preuve d’une ignominie insupportable. Surtout, de là où il parle. Il le sait : La parole est un témoignage d’une responsabilité. Il l’apprend aux autres, aux fidèles, aux petits, aux jeunes, aux adultes, tous les vendredis : Peut-il simplement en assumer l’exemple ?

Comment peut-il sous la pression, certes, d’une  conjoncture, nationale et internationale très difficile, et au soir de sa vie, immortaliser devant un enregistreur de son et d’image, et sans sourciller, un déni de la réalité, un mensonge et une contre-vérité ? Comment ose-t-il infirmer l’existence de tout lien de son organisation avec sa maison-mère ?  A-t-il honte de son appartenance idéologique ? craint-il quelque chose en assumant simplement l’évidence ? Tout s’explique, tout se justifie, encore faut-il le dire et l’avouer !

Monsieur LASFAR est un adepte, à l’image de nombreux islamistes, d’un procédé langagier trompeur et assez révélateur : celui de dire la vérité certes,  mais … pas toute la vérité. Il me l’a dit et expliqué une fois à la marge d’une rencontre des « Frères Musulmans » de Lille, dans la salle de prière des femmes, au premier étage de la mosquée de Lille-sud, pour celles et ceux qui connaissent les lieux. Je porte  seul donc la responsabilité de cette confirmation, et nous avons eu une discussion que je garde en souvenir à ce sujet. Pour lui, comme pour de nombreux « frères » sunnites comme chiites, il n’est pas si grave, religieusement parlant, de masquer  et de dissimuler une partie de la vérité pour sauver ainsi certains intérêts et accréditer certaines apparences.

Ce procédé langagier porte un nom, celui de Al Tuqiya – en arabe (التقية) – qui veut dire: la dissimulation, ou comment dire la vérité mais pas toute la vérité, et si besoin, mentir pour la bonne cause. Ce procédé, dit-on, est religieusement permis, voire encouragé, en cas de conflit ou de guerre pour tromper l’ennemi. Monsieur Amar LASFAR, en infirmant cela, en usant de manière outrancière de ce procédé langagier, se considère-t-il d’ailleurs en état de guerre, face à des ennemis ?

L’ADN « Frères Musulmans » de l’UOIF : témoignage d’un repenti !

Maintenant, s’il est vrai, peut-être, que l’UOIF n’a pas de lien organique avec la confrérie des « Frères Musulmans », au sens où l’UOIF n’apparaît peut-être pas, expressément, dans les registres administratifs de la confrérie égyptienne ou sur les autres registres de son Tanzim – sa branche mondiale, il ne peut pas, par ailleurs, ni effacer ni nier les liens objectifs, factuels, historiques, spirituels, idéologiques, jurisprudentiels, affectifs, financiers, … établis depuis toujours avec la confrérie, avec son esprit « saint » (!), avec sa littérature, avec son discours, avec ses symboles, avec ses références, avec ses mouvements implantés, ici ou là bas, et avec ses financiers !

Il ne peut pas nier que jusqu’à récemment, l’ADN qu’injectait l’UOIF dans le sang neuf des personnes sélectionnées, recrutées et embringuées – et c’est peut-être toujours le cas dans les cercles fermés de la mouvance – est un ADN refermant des informations, des enseignements, des dogmes,  héréditaires issues directement des écrits de l’imam Hassan Al Banna, le fondateur de la confrérie et de sa littérature interprétée par Youssef Al Qaradawi, entre autres.

20 principes Hassan Al Banna

A titre personnel, lorsqu’en 2001/2002, j’ai été recruté au campus universitaire de Villeneuve d’Ascq (59) pour rejoindre l’UOIF – par un certain Mohamed Taib Saghrouni, actuellement membre de la direction de l’UOIF et délégué régional du Nord – au terme d’un parcours initiatique à l’idéologie et aux autres rites de la mouvance islamiste, la déclaration de mon adhésion, de mon pacte d’allégeance s’est faite, en présence effective de Monsieur Amar LASFAR avec d’autres notables de son noyau dur, la main dans la main, les yeux dans les yeux, en jurant fidélité et loyauté, non pas aux statuts de l’UOIF, ou à sa charte qui n’existait pas à l’époque, ni à son règlement intérieur, mais aux « dix piliers de l’allégeance », dix critères de l’engagement frériste, et aux vingt principes de la compréhension de l’islam[4], tels qu’ils étaient définis et rédigés par la main droite de l’imam Hassan Al Banna, et tels qu’ils étaient commentés par l’éminent cheikh Youssef Al Qaradawi. Monsieur LASFAR ne peut pas nier cela aussi !

De ma déclaration de ce pacte de loyauté et jusqu’à ma démission salutaire de l’intégralité de la mouvance islamiste en octobre 2006, celle-ci nous recommandait d’utiliser, pour l’encadrement des cellules fermées d’éducation des jeunes et des prochaines recrues de l’UOIF un livre en français, intitulée : « 20 principes pour comprendre l’islam »[5] de son auteur : l’imam Hassan Al Banna. Un livre développé et commenté par Al Qaradawi, traduit par Moncef ZENATI et édité en 2004 à Paris, chez MADIACOM, sous le numéro ISBN : 2-914175-31-0.

Pour précision, Monsieur Moncef ZENATI est actuellement membre du bureau national exécutif de l’UOIF[6], chargé de « l’enseignement et de la présentation de l’Islam » et aussi l’actuel responsable du site « Havre de Savoir »[7] qui se donne comme mission, comme l’indique sa présentation, d’étancher la soif des jeunes d’apprendre les principes et les enseignements de la religion musulmane – selon la conception des frères bien sûr – à travers la publication régulière de brochures, l’organisation de conférences et de forums, ayant pour thème la religion musulmane.

En effet, une simple visite de curiosité de ce site internet, précisément,  dans le menu déroulant « Histoire de l’islam », dans la catégorie « Hommes et femmes illustres de l’islam »[8], le lecteur neutre remarquera, sans aucune difficulté, la prédominance d’articles dont les intitulés suffisent pour appréhender l’ampleur de l’attachement viscéral et assumé à l’idéologie frériste. Pour exemples, je cite les intitulés suivants :

« Les frères Musulmans comme les définit l’imam Hassan al-Banna » ;

« Les fondateurs des Frères Musulmans » ;

« Hassan Al-Banna, un voyage inachevé » ;

« Celui qui me marqua le plus, c’est l’imam Hassan Al-Banna » ;

« Les savants musulmans rendent hommage à Hassan Al-Banna » ;

« Le génie de Hassan Al-Banna » ;

« Zaynab Al Ghazali, un exemple d’engagement » …

Monsieur LASFAR ne peut pas nier cela aussi. D’ailleurs, s’il n’y avait aucun lien entre l’UOIF et les « Frères Musulmans », pourquoi son chargé de l’enseignement et de la présentation de l’islam, au sein de la direction nationale de l’UOIF, abonde ledit site de références revoyant aux œuvres et à l’idéologie de l’imam Hassan Al Banna ?

Ce fantôme d’Hassan Al Banna qui veille sur la Ligue Islamique du Nord !

Par ailleurs, la Ligue Islamique du Nord (UOIF locale), que dirige Monsieur Amar LASFAR, éditait une revue trimestrielle baptisée « L’essence Ciel », destinée aux jeunes lycéens et étudiants, entre autres. Que pouvait-on lire par exemple dans l’éditorial de son numéro 3 du printemps 2004, si ce n’est cette référence explicite, à la pensée frériste, je cite : « … Tout ceci, nous rappelle la parole de l’Imam, Hassan AL Banna, qu’Allah illumine sa tombe : « Ô frères, sachez que votre témoignage (DA’WA) a trois fondements : la connaissance d’Allah, la vertu de l’âme et l’amour des gens … ».

L’essence Ciel

Dans ce même numéro, en page 26, une biographie du Cheikh Ahmed Yassine (1938-2004), cette figure de la résistance palestinienne, assassinée par l’armée israélienne à Gaza, et qui était le fondateur du mouvement du Hamas, la branche des « Frères Musulmans » en territoire palestinien. Dans le numéro 6 de la même revue, édité en hiver 2005, on trouve tout un dossier bilan sur le voile à l’école, sur le foulard et ses valeurs universelles …C’est exactement la diffusion allégorique, obscure, insidieuse, permanente de cette culture, à l’oral comme l’écrit, combinant dans un mélange de genres simplement inquiétant fait de religion et de politique ; de théologie et d’idéologie ; de spiritualité et d’activisme, … que reprochait le professeur Zitouni dans sa deuxième tribune. Cela n’est pas une fantaisie ou un caprice d’un esprit dérangé ou trompé dans la caricature, comme le laisse entendre monsieur LASFAR et ses lieutenants. Ce sont des éléments matériels et tangibles pour ceux qui réclament des preuves. Il s’agit juste du strict contenu d’une revue que la Ligue Islamique du Nord, sous l’égide de monsieur LASFAR, a fiancé, édité et mise à disposition à l’adresse de tout un public, jeune et adulte, y compris aux élèves du « lycée Averroès », créé déjà en 2003 dans les mêmes locaux de la mosquée de Lille sud !

L’UOIF, un pas en France et l’autre dans le Tanzim de l’internationale frériste !

Par ailleurs, l’UOIF ne se gêne pas à revendiquer, même à demi-mot, sa filiation idéologique assumée au Cheikh Fayçal Mawlawi (1941 – 2011)[9]. Cette figure frériste très engagée idéologiquement et politiquement, qui était aussi le vice-président du Conseil Européen des Recherches et de la Fatwa. Mawlawi  était surtout, entre 1992 et 2009, secrétaire général de la « Jamaa Islamiyah »[10], la branche des « Frères Musulmans » au Liban, et c’était lui qui a contribué à la fondation de l’UOIF et à l’Institut Européen des Sciences Humaines à Château-Chinon.

Fayçal Mawlawi

L’UOIF est toujours membre de la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FOIE)[11]. Elle est toujours en relation intime avec le Conseil Européen des Recherches et de la Fatwa (CERF) et avec l’Union Internationale des Savants Musulmans (UISM)[12], présidée par Al Qaradawi, et regroupant toutes les sommités théologiques et jurisprudentielles, reconnues comme telles, par la confrérie et par ses satellites, en Orient comme en Occident. Le livre de Xavier Ternisien « Les Frères musulmans » éclairera le lecteur francophone sur la genèse de l’UOIF, de son évolution, de ses fondateurs ainsi que de ses rapports idéologiques incontestables avec la maison-mère.

Aussi, une simple analyse des listes des intervenants musulmans aux rassemblements annuels organisés par l’UOIF au Bourget, depuis maintenant 32 ans, montre la prédominance flagrante et incontestable de la pensée idéologique et théologique des « Frères Musulmans », ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Cette année, par exemple, le rassemblement du 3 au 6 avril 2015 s’offrira en tribune libre à de nombreux orateurs fréristes[13], venant du Qatar, de Suisse, de Soudan, de France et de Navarre, parmi lesquels : Tariq Ramadan, Hani Ramadan, Issam Al Bachir, Azzedine Gaci, Abdellah Ben Mansour, Ahmed Jaballah, Moncif Zenati

Sur le site de la mosquée Al Imane, dont le recteur n’est d’autre que Monsieur Amar LASFAR, on peut lire cet article intitulé : « vingt principes pour comprendre l’islam »[14], d’Hassan Al Banna, extrait du livre précité, traduit par Moncif Zenati. Monsieur LASFAR peut-il continuer à nier, après tous ces éléments, qu’il ne se reconnait pas dans le courant idéologique des « Frères Musulmans » ?

Incohérence de l’incohérence … ou comment LASFAR trahit AVERROES ! 

Par ailleurs, je ne partage pas totalement la vision et l’analyse de Soufiane Zitouni. Je ne considère pas très pertinents tous ces exemples, tâchés d’un peu de subjectivité, qu’il a cité pour appuyer son propos. Il me semble tout de même qu’il était en colère, très en colère, lorsqu’il a écrit et publié sa deuxième tribune sur Libération du 6 février. Cet état d’esprit est facilement perceptible, l’agitation de monsieur LASFAR et de ses lieutenants, d’un plateau à l’autre, d’un micro à l’autre, dévoile un aperçu de ce qu’a dû endurer ce pauvre Zitouni pendant deux semaines !

En ayant moi-même vécu une rupture difficile avec l’UOIF en 2006, et en ayant subi, comme conséquence directe suite à cette démission, des pressions psychologiques, des intimidations insupportables et des manœuvres d’isolement, orchestrés par des « sœurs » et des « frères », sur la base de rumeurs, d’excommunication même et de mise à mort « sociale », je suis en mesure de comprendre ce qu’il a dû endurer, par un entourage hostile à sa thèse et, j’ose dire, « génétiquement » incapable de contenir la divergence dans son cadre d’idées sans faire appel à des méthodes misérables frôlant le « zéro absolu » de l’indécence. Je relativise donc l’ensemble de son propos et je lui trouve mille et une excuses. Car, vraiment, il faut le vivre pour le savoir, il est très insupportable d’être mis à l’index de l’UOIF, je peux en témoigner !

Par ailleurs, le professeur lui-même avoue que son propos a pu choquer. Lui-même dit que son propos ne peut être généralisé sur l’ensemble des cadres éducatifs, ni sur l’ensemble des élèves, et c’est très bien qu’il le précise ainsi. Car, justement, et c’est le sens de mes interrogations du début de ce papier, il s’agit bel et bien d’une petite minorité perfide, d’une petite caste d’intouchables, se servant des services intéressés de quelques plumes organiques, qui tire simultanément sur de nombreuses ficelles et qui prend en otage les intérêts salutaires de toute une communauté de foi, tout âge compris.

Au fond, le professeur Zitouni ne dit pas autre chose que cela. C’est bel et bien cette minorité islamiste au pouvoir qui se sert de ce mélange explosif, fait de religion, selon une certaine conception frériste, et de politique en phase avec un rêve de domination inavouée, pour assoir, petit-a-petit, son autorité ; pour imposer sa vision du Monde, de l’Humain, de la République, tantôt par les prêches de vendredi, tantôt par tous les autres canaux culturels, électoraux, éducatifs, artistiques, sportifs, et j’en passe ; et pour matraquer et redire toujours les mêmes discours, génération après l’autre, et tenir en otage, éternellement, une communauté de foi par nature diverse, plurielle, indéfinissable, et qui, dans une large mesure, ne demande que de rendre pacifiquement, loin des calculs politiciens, ce qui est à Dieu à Dieu ; et ce qui est à César à César.

Cette communauté de foi est désormais dépossédée  de ses avoirs, de ses établissements et de ses édifices. Qui l’aidera pour se réapproprier à nouveau ce qu’elle a construit pour ses enfants ?  Qui lui permettra d’être dans ses édifices, comme une vraie propriétaire et non pas comme une simple spectatrice dans une sorte de cirque de la « parole confisquée » par tous ces notables, qui monopolisent tout, et qui lui réclament, à la fin de chaque mois, de payer les charges ? Qui l’aidera, en ces temps troubles, pour qu’elle ouvre ses édifices à la lumière, à la diversité, à la pluralité, à l’amour de son prochain et à la paix, d’abord comme exigence de survie collective et ensuite comme préalable à toute construction globale de vivre-ensemble ? Qui rendra à cette communauté de foi sa pleine souveraineté sur ses propres édifices cultuels et culturels ? Qui lui rendra les clefs, toutes les clefs, celles des salles de prières, comme celles des salles attenantes ou celles des bureaux fermés, là où une « minorité », une tout petite, s’isole pour prendre souvent en catimini de lourdes décisions, qui entraînent de lourdes responsabilités collectives ?

Les mots de Zitouni veulent dire cela et rien d’autres. Au sein même de l’UOIF, il y a bien des gens sincères, des imams aussi, qui pensent peut-être comme Zitouni, mais qui ne disent rien. Au sein même des cadres enseignants au lycée, il y a des personnes qui expriment, peut-être en silence, les mêmes craintes, les mêmes objections mais qui comptent, peut-être, réussir un exploit impossible à mes yeux, d’un changement de l’intérieur. J’en connais certains. Mais le temps prouve que la « minorité », la même, empêche et empêchera toujours tout changement de direction ou de projet. Seule son idéologie compte. La référence à l’idéologie des « Frères Musulmans » est une ligne de démarcation éternelle que l’on peut dissimuler mais que l’on ne peut casser ou trahir sous aucun prétexte. Celui qui la remettra en cause en payera le prix le plus cher.

Peut-être un jour viendra où cette masse silencieuse, complice par ailleurs, comprendra que lorsqu’une minorité idéologique est installée, c’est pour toujours. Les dirigeants de cette minorité, que dénoncent publiquement Zitouni et l’auteur de ces lignes aussi, ne quittent généralement un « carré musulman » que pour en occuper un autre. Soit au-dessus, soit en dessous. Et c’est à cela que faisait allusion Zitouni lorsqu’il parlait d’un territoire musulman sous contrat d’association avec l’Etat. Cela est une évidence. J’espère simplement que la communauté de foi ne perde pas ses acquis, ses édifices dans ce jeu de pouvoir et de domination, surtout en ces temps difficiles.

L’Histoire nous enseigne que la disparition des acquis d’une majorité est souvent causée par les aveuglements d’une toute petite minorité. L’Histoire nous enseigne aussi les regrets qu’expriment, après coup, la majorité soumise lorsqu’elle ne sait plus assumer ses  devoirs de veille et de souveraineté sur elle-même. L’Histoire peut-elle se reproduire sous nos yeux à nouveau ? Zitouni a bel et bien fait son travail d’alerter, aux fidèles français musulmans maintenant d’en tenir compte, ou pas.


[1] http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/emissions/jt-1920-nord-pas-de-calais

[2] http://www.liberation.fr/societe/2015/02/05/pourquoi-j-ai-demissionne-du-lycee-averroes_1196424

[3] http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/080215/pourquoi-je-suis-engage-au-lycee-averroes

[4] http://havredesavoir.fr/vingt-principes-pour-comprendre-lislam/

[5] http://www.muslimshop.fr/livres/foi-et-spiritualite/initiation-a-l-islam/20-principes-pour-comprendre-l-islam-hassan-al-banna-mediacom-2-914175-31-0-p-2383.html

[6] http://www.uoif-online.com/equipe-de-direction/

[7] http://havredesavoir.fr/

[8] http://havredesavoir.fr/articles/histoire-de-lislam/hommes-et-femmes-illustres-de-lislam/

[9] http://www.saphirnews.com/Adieu-Cheikh-Faysal-Mawlawi_a12583.html

[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jamaa_Islamiya_%28Liban%29

[11] http://www.fioe.org/ShowCat_en.php?id=5&img=5

[12] http://iumsonline.org/fr/default.asp?MenuID=98

[13] https://www.ramf-uoif.fr/nos-intervenants/

[14] http://www.mosqueelille.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=521:vingt-principes-pour-comprendre-lislam&catid=1:articles&Itemid=29

POURQUOI J’AI DÉMISSIONNÉ DU LYCÉE AVERROÈS

Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès

06.02.2015 Soufiane Zitouni

Soufiane Zitouni raconte ses difficultés suite à la publication de sa tribune intitulée «Le Prophète est aussi Charlie», ainsi que son quotidien durant les cinq mois passés au sein de ce lycée.

Depuis la rentrée 2014, Soufiane Zitouni enseigne au lycée Averroès, établissement privé musulman, sous contrat avec l’Etat, situé à Lille. Le 15 janvier, il publiait dans Libération une tribune intitulée «Le Prophète est aussi Charlie» dans laquelle il concluait «le prophète de l’islam, Mohamed, pleure avec nous toutes les victimes innocentes de la barbarie et de l’ignorance, et demande à Allah le pardon pour les nombreuses brebis égarées se réclamant de sa religion alors qu’elles n’ont toujours pas compris l’essentiel de son message.»

Il raconte ici ses difficultés suite à la publication de ce texte, ainsi que son quotidien durant les cinq mois passés au sein de ce lycée. Depuis deux semaines, démissionnaire de son poste, Soufiane Zitouni est en arrêt maladie. D’origine algérienne, il se réclame du soufisme, un courant ésotérique de l’islam moins attaché au caractère prescriptif de la religion, privilégiant une voie intérieure. Pendant une vingtaine d’années, il a enseigné dans des établissements catholiques et souhaite favoriser le dialogue interreligieux, tout en prônant un Islam plus ouvert et fraternel.

Depuis la publication de mon texte intitulé «Aujourd’hui, le Prophète est aussi Charlie» dans Libération le 15 janvier, il y a eu quelques «rebonds» dans ma vie, et certains d’entre eux, très négatifs, m’ont mené à démissionner du lycée musulman Averroès de Lille, lycée sous contrat avec l’Etat où j’ai tenté d’exercer durant cinq mois éprouvants mon métier de professeur de philosophie.

J’ai reçu de nombreux soutiens et remerciements après la publication de ce texte, certains m’ont même parlé de «courage». Mais pour moi, prendre la plume pour faire entendre ma voix en tant que citoyen français de culture islamique après les horribles attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher était surtout de l’ordre du devoir. Or, le jour même de la publication de ce texte, un proche de la direction de mon lycée vint m’interrompre en plein cours pour me dire en catimini dans le couloir attenant à ma classe : «Il est très bien ton texte, je suis d’accord avec toi sur le problème des musulmans qui manquent d’humour et de recul par rapport à leur religion, mais tu dois savoir que tu vas te faire beaucoup d’ennemis ici, et je te conseille de regarder derrière toi quand tu marcheras dans la rue…».

Par la suite, un enseignant décida d’afficher une photocopie de mon texte en salle des professeurs. Bien mal lui en prit ! Ma pauvre tribune libre sera retirée plusieurs fois du tableau d’affichage «Vie de l’établissement» par des collègues musulmans furieux qui crieront au sacrilège ! Puis le 20 janvier, un professeur du lycée, proche des frères Tariq et Hani Ramadan, publia une sorte de «réplique» sur le site «L’Obs Le plus». Dans cette tribune, il incrimina mon manque de raison, et tira à boulets rouges sur Charlie Hebdo en affirmant que ce journal «cultive l’abject» et qu’il «concourt, chaque jour, à la banalisation des actes racistes» (sic). Voilà donc ce que pensait un «représentant» du lycée Averroès d’un journal qui venait d’être attaqué tragiquement par des terroristes au nom d’Al Qaeda ! Pas étonnant alors que certains de mes élèves m’aient affirmé en cours que les caricaturistes de Charlie Hebdo assassinés l’avaient bien cherché, voire mérité… Et évidemment, nombre d’élèves me tiendront exactement le même discours que mon «contradicteur» : «vous n’auriez jamais dû écrire dans la presse que le Prophète est aussi Charlie !»«c’est un blasphème«vous léchez les pieds des ennemis de l’islam !», etc. Ce texte sera ensuite affiché à côté du mien en salle des professeurs, par souci du «débat démocratique», a-t-on essayé de me faire croire…

J’ai commencé à enseigner la philosophie au lycée Averroès en septembre 2014. Bien qu’on m’ait prévenu que cet établissement était lié à l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), réputée proche de l’idéologie de Frères Musulmans, j’ai tout de même voulu tenter cette expérience en espérant pouvoir travailler dans l’esprit du grand philosophe Averroès, et donc contribuer, à ma mesure, au développement sur notre territoire national d’un islam éclairé par la raison, comme le philosophe andalou du XIIe siècle a tenté de le faire lui-même de son vivant. Mais en cinq mois de travail dans ce lycée, mon inquiétude et ma perplexité n’ont fait que s’accroître jusqu’à l’épilogue que fut cette réaction incroyable à un texte dont le tort principal aux yeux de mes détracteurs était sans doute d’être intitulé : «Aujourd’hui, le Prophète est aussi Charlie»

Pour vous donner une première idée de l’illusion qui fait office d’image positive dans la vitrine publique de ce lycée, je vais vous relater ma première mauvaise surprise : la direction m’a confié des élèves de seconde pour deux heures hebdomadaires d’enseignement d’exploration en «Littérature et Société», alors en tant que professeur de philosophie, j’ai décidé de travailler avec eux sur un projet que j’ai nommé «L’esprit d’Averroès» afin de leur faire découvrir celui qui a donné son nom à leur lycée. Mais quelle n’a pas été ma surprise de constater que sur les rayons du CDI de cet établissement, il n’y avait ni livres du philosophe andalou, ni livres sur lui ! En revanche, j’y ai trouvé des ouvrages des frères Ramadan, très prisés dans ce lycée… J’ai dû alors me rabattre sur des bibliothèques municipales de Lille pour pouvoir commencer mon travail.

Pendant mes cours de philosophie avec mes quatre classes de terminale, les désillusions ont continué. Tout d’abord, le thème récurrent et obsessionnel des Juifs… En plus de vingt années de carrière en milieu scolaire, je n’ai jamais entendu autant de propos antisémites de la bouche d’élèves dans un lycée ! Une élève de terminale Lettres osa me soutenir un jour que «la race juive est une race maudite par Allah ! Beaucoup de savants de l’islam le disent !» Après un moment de totale sidération face à tant de bêtise, j’ai rétorqué à l’adresse de cette élève et de toute sa classe que le Prophète de l’islam lui-même n’était ni raciste, ni antisémite, et que de nombreux textes de la tradition islamique le prouvaient clairement. Dans une classe de terminale ES, un élève au profil de leader, m’a soutenu un jour en arborant un large sourire de connivence avec un certain nombre de ses camarades, que les Juifs dominent tous les médias français et que la cabale contre l’islam en France est orchestrée par ce lobby juif très puissant. Et j’ai eu beau essayer de démonter rationnellement cette théorie du complot sulfureuse, rien n’y a fait, c’était entendu : les Juifs sont les ennemis des musulmans, un point c’est tout ! Cet antisémitisme quasi «culturel» de nombre d’élèves du lycée Averroès s’est même manifesté un jour que je commençais un cours sur le philosophe Spinoza : l’un d’entre eux m’a carrément demandé pourquoi j’avais précisé dans mon introduction que ce philosophe était juif ! En sous-entendant, vous l’aurez compris, que le signifiant «juif» lui-même lui posait problème !

Autre cause de grosses tensions avec mes élèves : ma prétendue non-orthodoxie islamique ! Car évidemment, en tant que professeur de philosophie de culture islamique travaillant dans un lycée musulman, il m’arrivait régulièrement d’établir des passerelles entre mon cours et certains passages du Coran ou de la Sunna (un ensemble d’histoires relatant des propos et des actes du Prophète). Mais j’ai été agressé verbalement par des élèves qui considéraient que je n’avais aucune légitimité pour leur parler de la religion islamique, et de surcroît dans un cours de philosophie ! J’avais beau leur dire que c’était précisément la grande idée du philosophe Averroès que de considérer qu’il ne pouvait y avoir de contradiction entre la vérité philosophique et la vérité coranique, rien n’y faisait.

Et puis il y avait les thèmes et les mots tabous… La théorie darwinienne de l’évolution ? Le Coran ne dit pas cela, donc cette théorie est fausse ! J’avais beau me référer au livre de l’astrophysicien Nidhal GuessoumRéconcilier l’islam et la science moderne dont le sous-titre est justement l’Esprit d’Averroès ! [Aux Presses de la Renaissance, ndlr], qui affirme avec de très solides arguments scientifiques et théologiques que la théorie de l’évolution est non seulement compatible avec le Coran, mais que plusieurs versets coraniques vont dans son sens, rien n’y faisait non plus.

Le mot «sexe» lui-même pouvait être tabou. Un jour, une élève (voilée) qui s’était proposée pour lire un texte de Freud, refusa de prononcer le mot «sexe» à chacune de ses occurrences dans l’extrait concerné, et c’est la même élève qui refusa lors d’un autre cours de s’asseoir à côté d’un garçon alors qu’il n’y avait pas d’autre place possible pour elle dans la salle où nous nous trouvions ! J’ai dû alors lui rappeler fermement que la mixité dans l’enseignement français était un principe intangible et non négociable. Enfin, combien d’élèves du lycée n’ai-je pas entendu encenser, défendre, soutenir Dieudonné ! Avec toujours cette même rengaine, comme répétée par des perroquets bien dressés : pourquoi permet-on à Charlie Hebdo d’insulter notre Prophète alors qu’on interdit à Dieudonné de faire de l’humour sur les Juifs ?

Je peux vous parler aussi de la salle des professeurs du lycée Averroès, où des collègues musulmans pratiquants font leurs ablutions dans les toilettes communes, donc en lavant leurs pieds dans les lavabos communs, et où la prière peut être pratiquée à côté de la machine à café… Quid des collègues non musulmans (il y en a quelques-uns) qui aimeraient peut-être disposer d’un espace neutre, d’un espace non religieux, le temps de leur pause ?

En réalité, le lycée Averroès est un territoire «musulman» sous contrat avec L’Etat… D’ailleurs, certains collègues musulmans masculins se sont permis de faire des remarques sur des tenues vestimentaires de collègues féminines non musulmanes, sous prétexte qu’elles n’étaient pas conformes à l’éthique du lycée ! Et l’une de ces collègues féminines non musulmane m’a dit un jour également qu’elle ne se sentait pas «légitime» (sic) dans le regard de ses élèves, parce qu’elle n’était pas musulmane précisément…

Je ne pouvais donc plus cautionner ce qui se passe réellement dans les murs de ce lycée, hors caméras des médias et derrière la vitrine officielle, même si je sais pertinemment que les adultes y travaillant et les élèves ne sont pas tous antisémites et sectaires. Mais, j’ai fini par comprendre au bout de cinq mois éprouvants dans cet établissement musulman sous contrat avec l’Etat français (mon véritable employeur en tant que professeur certifié), que les responsables de ce lycée jouent un double jeu avec notre République laïque : d’un côté montrer patte blanche dans les médias pour bénéficier d’une bonne image dans l’opinion publique et ainsi continuer à profiter des gros avantages de son contrat avec l’Etat, et d’un autre côté, diffuser de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme, c’est-a-dire, un mélange malsain et dangereux de religion et de politique.

Enfin, last but not least, il y a ce propos entendu de la bouche même d’un responsable du lycée, lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une remise des diplômes à l’américaine aux bacheliers du lycée de la session 2014, en présence de deux «mécènes» du Qatar : «Un jour, il y aura aussi des filles voilées dans les écoles publiques françaises !» Un programme politique ?

Soufiane ZITOUNI (Ancien professeur de philosophie au lycée Averroès à Lille)

Libération, 6 février 2015