JAMAAT-E-ISLAMI (BANGLADESH)

Jamaat-e-Islami (Bangladesh)

13.09.2016La rédaction

Jamaat-e-Islami est un de plus important parti islamiste au Bangladesh .

Jamaat-e-Islami est actif et possède des succursales dans le monde entier d’ou il propage l’islam politique.

Ses membres coopèrent étroitement avec les Frères musulmans.

Une de leur principales campagnes a consisté à exonérer les responsable des massacres de 1971. 3 millions de civils, 200 000 viols et le déplacement en Inde de 8 à 10 millions de réfugiés ont été les victimes de la guerre menée par le Pakistan pour empêcher le Bangladesh d’accéder à son indépendance.

bangladesh1

Un Tribunal pour les crimes de droit international a été instauré en 2010 par le gouvernement bangladais pour enquêter sur les violations des droits humains de grande ampleur commises durant la guerre d’indépendance de 1971 dans le pays. Pour les islamistes, ces procès n’ont aucun lieu d’être. Amnesty International se félicite alors de ce tribunal et espère que personne en sera condamné à mort.

Maulana Motiur Rahman Nizami, le chef  of Jamaat-e-Islami, était aussi, pendant la guerre d’indépendance l’instigateur de la milice al Badr. Un groupe ultraviolent et pro-Pakistanais  responsable, entre autres du massacre d’intellectuels. Plusieurs dizaines d’écrivains, d’enseignants, de réalisateurs, de médecins et de journalistes ont été raflés par la milice le 15 décembre 1971 et exécutés. Ils ont ensuite été  retrouvés dans un marécage les yeux bandés et les mains attachées derrière le dos.

Condamné à mort pour crime contre l’humanité, Maulana Motiur Rahman Nizami bénéficié d’une campagne de soutien d’Amnesty International. Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. L’organisation milite en faveur de l’abolition totale de ce châtiment. Néanmoins, la déclaration de l’ONG, a été interprétée par Jamaat-e-Islami comme la preuve de l’innocence de leur leader.

Autre soutien du criminel contre l’Humanité,  Tariq Ramadan, qui reprend les éléments de langage l’organisation islamiste comme « soi-disant tribunal ». A aucun moment le prédicateur n’a un mot pour les 3 millions de civils, 200 000 viols et le déplacement en Inde de 8 à 10 millions de réfugiés. Il faut dire qu’il étaient considérés par les Pakistanais et leurs auxiliaires bengalis comme des sous hommes à éradiquer.

bangladeshft2

En 2012 Jamaat-e-Islami publie un texte expliquant qu’il n’y avait aucun lien entre l’organisation et le terrorisme. Une déclaration tournée en ridicule par une génération de bloggeurs bangladeshi.

En marge du procès, Jamaat-e-Islami a été interdite au Bangladesh en 2013. Outre le fait que la plupart de ses cadres étaient responsables des massacre de 1971, plusieurs jeunes militants ont été impliqués dans des meurtres de bloggeurs.  Jamaat-e-Islami bénéficie toujours d’une assise importante grâce à son empire médiatique et peut déclencher de grandes manifestations qui peuvent bloquer le pays. En mai 2013, on assiste ainsi à des batailles rangées entre islamistes et forces de l’ordre.NewsOrganisations

Qui est Abdelfattah Rahhaoui, que défend tant le CCIF ?

Qui est Abdelfattah Rahhaoui, que défend tant le CCIF ?

07.09.2016

Le CCIF (Collectif contre l’Islamophobie en France) interpelle ses followeurs depuis le 30 août à propos du cas d’une école confessionnelle musulmane toulousaine hors-contrat, l’école Al-Badr, qui n’ouvrira pas ses portes à la rentrée. Le 20 juillet 2016, l’Education Nationale a mis en demeure les parents d’inscrire la centaine d’enfants dans un autre établissement. Le CCIF affirme :

« Aucun élément à charge valable ne justifie cette mise à l’index des autorités, si ce n’est que le directeur de l’école, Abdelfattah Rahhaoui, prend des positions critiques en direction des autorités locales, en tant que simple citoyen »

Le CCIF publie même une vidéo du directeur sur sa page Facebook. Le 5 septembre 2016, le CCIF demande à ses followers de mener une campagne de pression pour que l’école d’Abdelfattah Rahhaoui ouvre ses portes :

1) Relayez massivement cette information autour de vous, en partageant cet article.

2) Sur twitter, interpellez courtoisement et précisément l’académie de Toulouse (@actoulouse), l’Education Nationale (@EducationFrance) et la Ministre de l’Education Nationale , Najat Vallaud-Belkacem (@najatvb)

3) Contactez directement par téléphone le ministère de l’Education Nationale pour leur demander, dans un esprit constructif et de dialogue, des éclaircissements à ce sujet. (01 55 55 10 10)

13319990_990049911080839_8512905230592031777_n

Un imam adepte des prêches sexistes et homophobes sur Youtube

A la fois directeur de l’école Al-Badr et Imam, Abdelfattah Rahhaoui est hyper actif sur les réseaux sociaux. Il multiplie les vidéos Youtube.

Abdelfattah Rahhaoui développe une vision ultra-conservatrice de la famille. Dans une vidéo de 2013, il fustige la « théorie du genre », qui permet de « choisir son orientation sexuelle », ainsi que le « lobby LGBT ». Avec des propos homophobes et transphobes, il accuse le gouvernement et même les non-musulmans de « pervertir les enfants », dans « un contexte social déjà pervers » et de présenter l’homosexualité comme une chose « normale », alors qu’ « Allah a détruit [les homosexuels] ». Il compare homosexualité et zoophilie, présente les ouvrages de Christine Boutin et Alain Escada. Il jure devant Allah de ne pas laisser faire le gouvernement, et invite ses auditeurs à en faire de même dans son prêche exalté.

Il intervient à la Rencontre Annuelle des Musulmans de France de l’UOIF au Bourget en 2015, dans une vidéo disponible en ligne, et est également présent à celle de 2016.

 Dans un sermon à la mosquée de Meaux en mai 2015, il affirme que les femmes sont obligées de se voiler :

« la femme [selon les autorités françaises] doit être épanouie, à l’école, mais puisque à l’école, on ne peut pas effectivement amener la femme avec son hijab, elle a le droit d’enlever son hijab. Quel droit puisque Allah lui avait donné cette [obligation] ? Et je le dis à tous ceux qui écoutent, à tous ceux qui regardent : le hijab est une obligation qui ne changera jamais ».

Il explique également que la seule religion qui n’a pas été inventée est l’Islam :

« Tout ce qui est christianisme ou judaïsme, comme beaucoup le disent, ce sont des religions qui sont descendues du haut des cieux, c’est faux, c’est faux. Ce sont des religions qui ont été inventées, qui n’ont pas été révélées. La seule religion qui a été, ou qui est, agréée par Allah c’est l’islam. C’est la première des choses avec laquelle je voulais commencer et entrer dans le sujet ».

Un imam surveillé pour des liens terroristes

L’une des raisons pour laquelle Abdelfattah Rahhaoui est surveillé, c’est qu’il est l’ancien professeur de religion de Souad Merah, sœur du terroriste Mohamed Merah, partie en mai 2014 avec son mari et ses enfants faire le djihad en Syrie. En 2012, elle se disait « fière » des actes de son frère Mohamed, et « penser du bien de Ben Laden ». D’après le Midi-Libre, sa radicalisation commence en 2001. Elle suit « assidûment » les cours de l’imam Abdelfattah Rahhaoui, qui la décrit en 2012 comme « une femme intelligente soucieuse d’apprendre sa religion, une mère attentionnée qui essaie de trouver sa place dans le pays dans lequel elle vit, préoccupée par l’éducation de ses enfants, et une grande soeur responsable ». Interrogé à propos des allusions à Ben Laden et à son frère, Abdelfattah Rahhaoui répond alors : «  Ces mots ne montrent que le côté noir de cette personne (…) c’est une femme d’une grande humanité, qui ne supporte pas les injustices. Elle est engagée pour la cause palestinienne et je suis d’accord avec beaucoup de ses engagements ». L’autre frère de Souad, Abdelghani Merah, dit voir en elle « une terroriste en puissance », qui lui a affirmé vouloir commettre un « attentat suicide dans le métro toulousain ».

L’ancien chef de la DCRI Bernard Squarcini indique que Souad et son autre frère Abdelkader Merah étaient perçus comme « plus dangereux que Mohamed » par les services de renseignement, avant qu’elle ne rejoigne la Syrie en 2014.

Abdelfattah Rahhaoui est mis en garde à vue du 30 au 31 mars 15 à la SRPJ de Toulouse pour « travail dissimulé dans son établissement » et « outrages aux inspecteurs du travail ». Il met cette garde à vue sur le compte de ses propos sur l’attentat de Charlie Hebdo qui déplairaient aux autorités, et annonce sa collaboration avec Alain Soral.

« Une interview sera réalisée très prochainement par ÉGALITÉ ET RÉCONCILIATION afin de mieux informer notre communauté et l’opinion publique sur ces différentes affaires en cours, et en la même occasion dénoncer des attitudes d’intimidation faites à l’encontre de beaucoup parmi les citoyens français de confession musulmane. Enfin de compte, et ceci reste mon intime conviction : Le citoyen musulman en France aujourd’hui a pris la place du juif d’hier ».

Le site d’Alain Soral publie alors son communiqué sur son site internet ainsi que son appel à un rassemblement devant le commissariat, non sans quelques accents complotistes « je vous invite tous chères sœurs, chers frères à diffuser très largement mon histoire pour la faire connaître à celles et ceux qui ne sont pas encore au courant car nous ne devons plus servir de bouc émissaire aux injustices électoralistes. Pour celles et ceux qui le peuvent, venez Allah y jazikum bil Kheyr affirmer votre indignation devant le commissariat de l’Embouchure à Toulouse et pour les autres invoquez ardemment le Tout-Puissant pour que je triomphe de cette oppression ».

conf-5-6de09

Abdelfattah Rahhaoui déclare à propos de Charlie Hebdo : « je reconnais la barbarie des attentats sans pour autant valider les ignobles caricatures fanatiques de ce journal. Par le Créateur, je ne me mettrai jamais à genoux, je ne céderai pas aux tentatives d’humiliation et je continuerai inchAllah à employer mes forces pour que les droits et l’expression des musulmans soient respectés ». Dans une vidéo Youtube, il interpelle « le recteur », qu’il décrit comme asservi, à condamner Charlie Hebdo :« quand Dieudonné a critiqué les juifs, il en a vu de toutes les couleurs ». Il prend également la défense de Siné : « quand on dessine contre les juifs c’est antisémite, mais quand on dessine contre les musulmans (…) c’est une liberté d’expression, avec les musulmans il n’y a aucune ligne rouge (…) le fait de dessiner [le prophète] c’est des kuffars, ce que a fait Charlie est condamnable ». Il continue dans sa rhétorique d’un deux poids, deux mesures : « allez dire aux historiens s’ils peuvent remettre en cause le chiffre de 6 millions de juifs massacrés ? ».

Fin 2013, Abdelfattah Rahhaoui publie une vidéo sur son compte Youtube, visionnée plus de 15 000 fois, intitulée « IL ETAIT UNE FOIS EN FRANCE, JUIFS ET MUSULMANS… POURQUOI LES JUIFS SONT SI PUISSANTS ET LES MUSULMANS SI IMPUISSANTS? LA RÉPONSE VOUS ÉTONNERA… »

Cette vidéo est toujours disponible sur Dailymotion : https://www.dailymotion.com/video/x1a2vm0

juif

Il liste alors une série de personnalités juives ou supposées juives, dans les domaines scientifique et financier, et compare le nombre de prix Nobel reçus par des juifs et par des musulmans. Un extrait de Dieudonné sur le plateau de Thierry Ardisson alors qu’il vient d’être condamné pour son sketch antisémite est également diffusé, avec la question qui revient incessamment : pourquoi les juifs sont si puissants ? Rahhaoui donne sa réponse : les musulmans ont besoin d’être éduqués. La suite de sa vidéo est alors… un appel au don pour la construction de son école Al-Badr, avec des images de fillettes voilées.

Abdelfattah Rahhaoui est aussi  à l’affiche d’une conférence d’Egalité et Réconciliation le 26 avril 2015, aux cotés d’Alain Soral et de Jacob Cohen sur le thème : Juifs, chrétiens et musulmans, comment aller vers la réconciliation nationale ? Il annonce finalement qu’il ne pourra pas s’y rendre quelques jours avant.

Soutien de l’association salafiste Sanâbil

Abdelfattah Rahhaoui n’hésitera pas à apporter son soutien à l’association salafiste Sanâbil, dont le président est assigné à résidence à partir du 17 novembre 2015, en ces termes : « pourquoi le musulman en France aujourd’hui prend la place du juif d’hier ? Soutien à notre cher frère Bilal. A partager s’il vous plaît pour dénoncer l’injustice ».

musulman

Sanâbil est une association créée en 2007 et présidée par Antho (Bilal) Bonamba, qui se présente comme une association de soutien moral, spirituel et financier aux détenus musulmans. Bilal Bonamba a étudié à l’Institut Qordoba du Caire, un Institut contraint de fermer en 2005 et nommé dans les rapports du renseignement français. Lorsque Fabien Clain, l’un des principaux bourreaux français de Daesh, était emprisonné en 2009, il communiquait avec « son ami »Bilal  Bonamba. Lorsque Mehdi Nemmouche, terroriste du musée juif de Bruxelles, était emprisonné en 2011, c’est à Sanâbil qu’il s’était adressé pour obtenir des textes religieux à propos de la taille de sa barbe et du voile intégral.  Bilal Bonamba rend également visite en prison à Sabri Essid, demi-frère de Mohamed Merah, emprisonné en 2009 pour quatre ans pour avoir tenté de rejoindre le djihad en Irak en 2006. A sa sortie de prison, Bilal Bonamba l’interviewe et poste une longue vidéo où il déclare « Notre frère Sabri a vécu l’épreuve de la prison. (…) Une pensée pour tous nos frères et nos sœurs emprisonnés en France et dans le monde. Tous nos savants derrière les barreaux… » Depuis, Sabri Essid a rejoint Daesh et apparaît dans ses vidéos de propagande, couteau à la main. L’association Sanâbil apparaît également dans le dossier des attentats de janvier 2015 : Amédy Coulibaly, sa compagne Hayat Boumedienne, ainsi que le djihadiste Mohamed Belhoucine et sa compagne se retrouvent notamment à l’automne 2014 lors d’un pique-nique organisé par l’association, alors que Mohamed Belhoucine avait déjà été condamné pour son rôle dans une filière djihadiste vers la région afghano-pakistanaise.

 La page Facebook de Sanâbil propose de faire la connaissance de « Wali » : « Connaissez-vous Wali ? Sans doute que non, c’est un de nos frères détenu depuis 1995 aux USA et à qui il reste encore neuf années à passer derrière les barreaux. L’un de ses fils est malentendant et n’a pu suivre une scolarité pour cause de paperasse administrative, une de ses filles est muette, et il a une grande de seize ans, Maryam. (…) On espère que ses messages vous pousseront à vous souvenir de nos frères sous les verrous et ne pas oublier d’invoquer Allah pour qu’Il les aide, et pourquoi pas, leur apporter votre soutien, Sanâbil en est un moyen. ». Sanâbil oublie de préciser que « Wali » s’appelle en réalité Wali Khan Amin Shah, est emprisonné pour terrorisme pour avoir participé à l’attentat manqué de Bojinka en 1995 qui devait faire exploser 11 avions de lignes, lancer un avion sur le siège de la CIA et tuer le pape Jean Paul II.

Bonamba est selon les services antiterroristes comme un « théologien et figure emblématique du salafisme en Ile-de-France, impliqué dans une filière d’acheminement vers la Syrie et mis en cause dans plusieurs affaires d’association de malfaiteurs, financement du terrorisme et apologie du terrorisme ».

Ce qui n’empêche pas Abdelfattah Rahhaoui d’apporter total soutien à Sanâbil, ni le CCIF d’appeler ouvertement à soutenir Abdelfattah Rahhaoui.

Ce article est également disponible en العربية.EnquêteNews

L’ASSASSIN DE FARAG FODA APPELLE À FAIRE LA GUERRE CONTRE L’EGYPTE

L’assassin de Farag Foda appelle à faire la guerre contre l’Egypte

06.09.2016Serenade Chafik

Farag Foda, militant des droits de l’Homme était l’auteur de plusieurs livres. Il défendait l’idée d’une société laïque ou le religieux et l’Etat seraient séparés et ou chrétiens et musulmans seraient égaux. Victime de campagnes de harcèlement de la part des islamistes, il a été assassiné le 8 juin 1992.

Farag Foda avait été accusé de « blasphème » le 3 juin 1992 par un conseil d’oulémas de l’Université al-Azhar. Peu après, Sheikh Gad al-Haq et Mohammed al-Ghazali lancent une fatwa et le qualifient d’ «ennemi de l’islam». Mohammed al-Ghazali, théologien déclare « si le gouvernement peine à condamner les apostats, n’importe qui peut se charger de le faire »

Cinq jours plus tard, l’écrivain Farag Foda était assassiné par des extrémistes islamistes du groupe El Jamaa El-Islamiya.

foda 3

Dans le communiqué de El Jamaa El-Islamiya, on trouve une référence  à la fatwa d’al-Azhar. L’écrivain Farag Foda y est qualifié d’apostat à cause de son refus d’instauration de la charia.

Lors du procès des assassins, Mohammed al-Ghazali, n’hésite pas à intimider les juges en déclarant « il n’est pas mal de tuer un apostat ».  Aujourd’hui Mohammed al-Ghazali est décrit en Europe par les prédicateurs fréristes comme un mélomane.

Abou El Alla Abd Raboh, leader du mouvement El Jamaa El Islamiya sera  condamné à 52 années de prison pour ce meurtre et différents actes de terrorisme. A son arrivée au pouvoir, Mohamed Morsi , libèrera par décret Abou El Alla Abd Raboh le meurtrier de Farag Foda ainsi que 45 membres d’autres organisations islamistes impliqués dans des actes terroristes.

Interrogé à sa sortir de prison, Abou El Alla Abed Rabbo refuse d’exprimer ses regrets pour avoir tué l’écrivain. Il profite de sa nouvelle liberté pour haranguer les foules, notamment à la Place Rabia qu’il quitte avant la macabre dispersion. Il fuit l’Egypte pour s’installer au Soudan avec huit autres dirigeants d‘El Jamaa El Islameya, et commence à structurer des groupes terroristes contre l’Egypte.

En janvier 2015, le leader du mouvement El Jamaa El Islameya, Abou El Alla Abd Raboh a appelé les forces islamistes à faire partie de ce qu’il a qualifié du « jeu de violence » contre l’état égyptien et « ne pas laisser seule Daesh mener cette bataille, » qui selon lui « a réussi à infliger de grosses pertes à l’état.»

Dans une de ses publications sur les réseaux sociaux, Abou El Alla Abd Raboh explique :

« DAECH comme vous la nommez a agi et est entré dans le jeu au cœur de la capitale. Vous restez statique, vous vous contentez à l’instar de vos dirigeants, de vous lamenter, de condamner, sans inviter à l’action … Vous voulez échapper aux massacres bougez et faites le djihad. Les jeunes sont en colère et opprimés, DAECH, cette organisation de nos frères, représente pour eux le salut contre l’oppression et la servitude. Otez vos habits d’humiliation et agissez. »

L’assassin de Farag Foda, incite régulièrement à la violence.

Le 5 février 2016 il écrivait sur sa page Facebook :

« Une idée me vient à l’esprit… ! 

À mes frères qui disent que ceux qui incitent aux djihad en Egypte ne sont pas en phase avec la réalité 

En réponse, je ferais l’hypothèse qu’ils ont raison…

Mais j’ai une question 

Il y a un djihad qui est un devoir dans d’autres pays, son objectif est celui de défendre la croyance. 

As-tu compris pour défendre la croyance. 

As-tu émigré pour faire triompher ta religion ? 

T’es-tu décidé pour répondre à l’appel du djihad ?

Je te dis, as-tu simplement eu une pensé à propos du djihad ou pour le djihad. 

Je te dis sans flatterie ou détour, tu mens à toi-même. Tu es attaché à ta vie et non à l’au-delà. 

La religion se fait insulter, on viole l’honneur, les corps sont maltraités, les orphelins meurent de faim, les veuves souffrent de la séparation et des regrets, les dépossédés pleurent des larmes de sang et toi tu es heureux et tu jouis ici.

(Ô vous qui croyez, craignez Allah et soyez avec les véridiques) « 

foda1

Le 18 juin 2016, dans une interview avec JournalMasr il déclare qu’il ne rentrera en Egypte que si l’on appellait au djihad et affirme mener le djihad en Syrie. Le 29 août 2016 une vidéo postée sur Youtube confirme sa présence en Syrie auprès de DAECH.

Il précise qu’il ne fait plus partie de l’organisation El Jamaa El Islameya. En effet, l’organisation El Jamaa El Islameya prétend qu’elle a abandonné le recours à la violence. Pourtant nombreux sont ses anciens membres qui y ont succombé. L’émir de l’ancienne branche armée d’El Jamaa El Islameya, Refaii Taha, est mort en Syrie. Comme de nombreux membres de l’organisation, il avait rejoint Abou El Alaa Abd Raboh

Serenade Chafik

foda 2

News

FAYÇAL MAWLAWI

Fayçal Mawlawi

01.09.2016La rédaction

Capture decran 2016-09-01 à 09.05.15

Le parcours de Mawlawi, leader religieux sunnite et homme politique né à Tripoli (Liban nord) en 1947, témoigne de son ambition et de son combat pour promouvoir l’islamisme radical au Liban et en Europe.

Fayçal Mawlawi obtient sa licence en droit de l’Université Libanaise en 1967 et poursuit ses études à Damas en sciences islamiques pour être nommé magistrat des tribunaux musulmans à Beyrouth dans les années 1970.

Son projet se précise : Mawlawi part en France en 1980 faire son DEA en droit et y demeure 5 ans où il devient guide spirituel et l’un des piliers de l’Union des Organisations Islamistes de France (UOIF) « mouvance intégriste de l’Islam ».

De retour au Liban, il est, en 1988, conseiller à la Cour suprême de Beyrouth jusqu’à sa démission en 1996. Il entre en politique en 1992, lorsqu’il est nommé secrétaire général d’Al Jama’a al islamiya à Beyrouth, branche libanaise des Frères Musulmans, qui remporte 3 sièges aux législatives. Mawlawi veut renforcer la présence sunnite radicale au Liban en appelant au jihad et en envoyant ses « moujaheddines » combattre auprès du Hezbollah au sud-Liban contre l’armée israélienne. Ses combattants se positionnent à la frontière israélo-libanaise et notamment à Chaba’a après le retrait israélien en 2000.

C’est avec Ahmed Jaballah et d’autres qu’il fonde l’Institut européen des Sciences islamiques (IESH) à Château-Chinon et y enseigne, recevant une récompense honorifique de l’Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAYN) pour être le meilleur prédicateur musulman.

Son travail politique se poursuit en 1997 au moment où il contribue à la création du Conseil Européen de la Fatwa à Dublin et devient vice-président et bras droit de Yusuf al Qaradawi, leader du CEF. Ce Conseil a pour objectif d’unifier les avis jurisprudentiels des ulémas d’Europe et demettre des fatwas en se référant au Coran. Mawlawi est un disciple et un fervent admirateur de Sayyed Qotb, théoricien du djihad pour les Frères Musulmans dont il suit la doctrine fondamentaliste.

Mawlawi justifie le djihad des palestiniens et fait paraître une fatwa après l’attentat suicide d’un palestinien en Israël tuant 40 civils. Le djihad n’est pas un suicide (interdit par l’Islam) dit-il, mais une  « mission » et celui qui l’accomplit devient martyre. Cette fatwa figure dans le recueil publié par l’UOIF et préfacé par Tariq Ramadan. Mawlawi joue un rôle déterminant auprès d’Al Qaradawi dont il partage le projet de faire de la France « un lieu où des militants islamistes trouvent refuge…et de mettre au pas les musulmans de France ». Ils y réussissent puisque Sarkozy (ministre de l’intérieur en 2003) fait de l’UOIF « un interlocuteur privilégié de l’Etat français » sans se rendre compte de l’instrumentalisation de l’Islam au profit de leur projet politique. Le débat sur le voile en France continue à faire couler de l’encre. Pour Mawlawi, les femmes doivent adopter le voile en France, soutenant qu’il s’agit d’un commandement divin, ce qui n’est pas le cas selon un imam de Bordeaux (évincé depuis sa déclaration).

Lors de la conférence annuelle tenue par l’Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAYN)- Organisation saoudienne liée aux frères Musulmans- en 2008, Mawlawi critique le « Memorandum of understanding » entre le Hezbollah et les salafistes arguant qu’il existe des conflits entre sunnites et shiites qui doivent être réglés par un véritable dialogue, pour éviter d’autres erreurs à l’avenir de la part des deux communautés.

En 2009, Mawlawi se retire de la vie politique pour des raisons de santé, mais son combat se poursuit à travers Ibrahim al Masri qui le remplace à la tête d’Al Jama’a al islamiya. Cependant, le mouvement ne remporte aux législatives qu’un siège et doit faire face aux accusations des sunnites qui lui reprochent ses relations avec le Hezbollah

Le décès de Mawlawi en 2011 est suivi d’un hommage qui lui est rendu par l’UOIF et d’une journée de recueillement à l’IESH de Château-Chinon. L’Union internationale des Ulémas, le Hezbollah et le Hamas ont salué ce « leader de la résistance » qui a défendu la cause palestinienne. Il est inhumé à Tripoli en présence de nombreuses personnalités religieuses et politiques.

Alice Boustany

Sources :

OPA sur l’Islam de France, les ambitions de l’UOIF, Fiammetta Venner, Calmann-Lévy, 2005

 The global muslim brotherhood daily watch, 2008

Ce article est également disponible en العربية.NewsPersonnalités

Le CCIF en meeting à la mosquée de Tremblay

 

30.08.2016 La rédaction

Suite aux propos racistes envers des femmes voilées dans le restaurant Le Cénacle, Marwan Muhammad du CCIF a lancé une campagne de cyber-harcèlement et organisé un meeting à la Mosquée de Tremblay.

Son intervention, retransmise en direct, était un appel à se mobiliser politiquement.

« Personne n’a le droit de nous dire comment on doit s’habiller, comment on doit financer les mosquées (…). Et pour ça, il faut se mobiliser politiquement. (…) Etre capable de se mobilier en envoyant 1000 courriers, 2000 courriers, 5000 coups de fil à tel élu dont on considère que le comportement est problématique, c’est une action politique. Une action politique dans le sens noble du terme. (…) Et dans l’ensemble de la palette des actions politiques qui sont possible, que ce soit le vote ou l’adhésion à des associations ou le fait de se mobiliser et se rassembler à endroit, je vais choisir celle avec laquelle je suis en accord et en adéquation, conforme et cohérente avec ma vision de la société, avec mes valeurs, avec mon éthique. (…) Plus on sera efficace et on pèsera politiquement, plus ce sera compliqué pour des élus de nous maltraiter et de nous mettre à l’index. »

Clairement politique, son intervention tombe sous le coup de la loi de 1905.

L’article 26 de loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat est très claire.

Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte.

Capture decran 2016-08-30 à 14.19.16

Concernant les propos racistes, une enquête judiciaire a été ouverte ; celle-ci déterminera précisément les circonstances dans lesquelles ces propos ont été tenus et il appartiendra à l’autorité judiciaire, et à elle seule, de lui donner les suites appropriées. Plusieurs démarches sont en cours concernant la tenue d' »un meeting dans un lieu de culte.

Pour en savoir plus sur le CCIF dans Ikhwan.

Ou encore ces articles de décryptage de l’organisation.

Ce article est également disponible en العربية and English.

MARTINE BRUNSCHWIG GRAF OPPOSÉE À L’INTERDICTION DE LA BURQA EN SUISSE

Martine Brunschwig Graf opposée à l’interdiction de la Burqa en Suisse

30.08.2016La rédaction

Martine Brunschwig Graf, ancienne rédactrice auprès de l’Association suisse des employés de banque est membre du Parti Libéral-radical qui prône une économie libérale et une politique sociale libérale. Depuis 2012,  elle préside la Commission fédérale contre le racisme. Elle se dit « féministe, tendance Elisabeth Badinter ». En 2002, alors conseillère d’Etat et responsable du Département de l’instruction publique, Martine Brunschwig Graf avait pris la décision d’éloigner Hani Ramadan de l’école publique suite à se tribune du Monde, «la Charia incomprise», ou il justifiait la lapidation.

Dans un entretien à la Tribune de Genève, Martine Brunschwig Graf, déclare être opposée à l’interdiction de la Burqa, du Niqab et du Burkini. Selon elle, « derrière la burqa ou le burkini, la discussion porte sur l’islam avec une confusion, qui doit être combattue, entre religion et terrorisme. Il suffit de regarder les discussions sur les réseaux sociaux pour voir que les discours se libèrent. Cela ouvre la porte à l’expression de toutes les craintes. Certains vont jusqu’à dire que porter le niqab revient à cautionner le terrorisme.« 

Capture decran 2016-08-30 à 13.25.07

NewsRevue de presse

RASSEMBLEMENT ISLAMIQUE DU SÉNÉGAL

Rassemblement Islamique du Sénégal

20.08.2016Carla Parisi

Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS-Alwahda) a été fondé en 2009 dans le but de regrouper et d’unir les différentes organisations islamiques sénégalaises. Le RIS est actuellement presque entièrement aux mains des Frères musulmans. Son site internet regorge de liens vers la  Jamatou Ibadou Rahmane (JIR) qui a pour but d’ « instaurer une société véritablement islamique au Sénégal » et l’AEEMS (Association des Elèves et Etudiants Musulmans du Sénégal) qui s’oppose à la laïcité, et participe à une « ré-islamisation » de la société, selon le mode des Frères musulmans. Le Rassemblement Islamique du Sénégal ne cache pas ses domaines d’intervention :

  • « Social, en renforcement des liens de fraternité et de solidarité islamique
  • Economique, par la promotion d’une alternative économique islamique crédible et la contribution à éradication de la pauvreté ;
  • Politique, par l’effort d’exercice d’une influence sur les processus de décisions publiques, pour une prise en compte des préoccupations des musulmans ;
  • Culturel, par la proposition d’une alternative culturelle islamique ; de la communication, par une visibilité des actions du mouvement islamique et en informant juste ; de la prédication et de l’orientation, par une compréhension juste et une pratique saine de l’Islam ; de l’éducation, par l’érection d’institutions éducatives et d’enseignement préscolaire, scolaire, moyen et supérieur ».

Le RIS entend également : « guidé par le Coran et la Sunnah, prôner l’authenticité du Message et son adaptabilité, au-delà du temps et de l’espace, sans risque de trahir les principes directeurs, ainsi que l’Ijtihad et le Djihad à la fois méthode, esprit et action, la globalité et l’universalité de l’Islam ». Ce qui peut être entendu comme une condamnation des pratiques animistes des musulmans sénégalais.

En pratique le RIS organise des conférences sur des sujets de sociétés, met en place des camp de vacances islamiques pour les enfants, donne des cours coraniques aux élèves, et produit des vidéos islamiques en ligne ; en diffusant l’idéologie des Frères musulmans. Lors des conférences, femmes et hommes sont séparés. Sur sa page Facebook, le RIS relaie de nombreux posts en faveur de Tariq Ramadan, ou d’Hassan Al Tourabi.

RIS Ramadan

Le RIS participe également au défilé commémorant l’indépendance du Sénégal, véritable jour de fête, en faisant défiler sa branche féminine, voilée, de façon militaire.

12938110_1066932570030256_5028928168029493533_n

En août 2013, le RIS manifeste à Dakar pour défendre Mohamed Morsi et les Frères égyptiens, qu’ils appellent « les militants de la cause juste ». Le RIS déclare que « le Peuple sénégalais épris de justice et de paix civile joint sa voix à celle des esprits libres en considérant ce qui s’est passé en Egypte le 03 juillet 2013 comme un coup detat pur ». Il demande également au président Macky Sall de convoquer l’Ambassadeur d’Egypte pour « lui signifier son opposition au coup detat et à la violation des droits de l’homme et du peuple en Egypte ». La JIR a de nombreuses fois appelé au boycott d’Israël, à la « rupture des relations avec le régime sioniste », en « soutien avec Gaza ». En 2014, le RIS manifeste à nouveau à Dakar, avec parmi les slogans : « Vive la Palestine, à bas Israël ».

Capture decran 2016-08-16 à 11.51.17

En 2015, le gouvernement sénégalais à pour projet d’interdire le port du voile intégral sur son territoire. Le RIS mène la fronde contre le projet de loi, face au gouvernement qui considère que l’Islam sénégalais n’est pas compatible avec cette pratique wahhabite sexiste. Le RIS lui répond qu’il « considère l’évocation exclusive d’un « particularisme islamique sénégalais » comme une source d’amalgames qui menace la cohabitation pacifique de toutes les tendances doctrinales au Sénégal ». Il accuse également le gouvernement de « dogmatisme conduit à la dictature, au chaos », en qualifiant le voile intégral de « pratique traditionnelle », et en assimilant islam et voile intégral : « l’islam peut, en effet, être un puissant médium pour la paix et la stabilité. Mais il est surtout une référence pour notre libération, notre développement, notre épanouissement à la fois spirituel, social et économique ». La loi contre le voile intégrale est finalement adoptée fin 2015.

En janvier 2016, le RIS organise une table ronde sur les Valeurs Sénégalaises face à la Menace de l’Homosexualité, en association avec d’autres mouvements islamistes, pour former le Collectif Non à l’Homosexualité. Le communiqué de presse est édifiant :

« Constatant les scandales liés au phénomène de l’homosexualité, dans ses multiples formes qui se résument dans l’acronyme LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres), se développent de manière inquiétante au Sénégal, le pool des associations membres du COLLECTIF NON A L’HOMOSEXUALITE a décidé d’engager un combat énergique afin deradiquer ce mal rampant dans notre pays. Dans une conférence publique tenue au Lycée Cheikhou Oumar Foutiyyou de Saint-Louis, M. Aboubacry Mbodj, le Secrétaire général de la RADDHO déclarait : « Le Sénégal compte au total 9 associations d’homosexuels reconnues. Parmi elles, 4 évoluent à Dakar et les 5 restantes sont basées à voir ce nombre augmenter. Ce, au regard de l’ampleur prise par cette pratique »…
En octobre 2012, un certain Djamil Bangoura, se disant leader d’Association d’homosexuels, déclarait péremptoirement que : « Nous allons nous battre pour la légalisation de l’homosexualité au Sénégal », n’hésitant pas à publier sa photo à la une des journaux.
Récemment à Kaolack, au moment où des fidèles musulmans célébraient la naissance du Prophète Muhammad, paix et salut sur lui, 11 présumés homosexuels ont été appréhendés entrain de célébrer, à leur manière, des mariages gays ! Traduits devant le Procureur de la ville sainte de Cheikh ibrahima Niass, celui-ci les libéra à la stupéfaction générale des populations de Kaolack et des Sénégalais « faute de preuves suffisantes » !
Plus grave, le Ministre Sénégalais de la Justice, Me Sidiki Kaba, affirmait à l’occasion de l’inauguration du « Quartier des détenus mineurs » à la Maison d’Arrêt de Thiès : « Aux yeux de la loi au Sénégal, il n’y a pas d’homosexuels. Nous avons une législation qui condamne ceux qui pratiquent des actes contre nature dans un lieu public, c’est-a-dire ce qui est attentatoire à la pudeur. C’est ce qu’il faut surtout retenir », avant de s’empresser de préciser : « toute personne, quelle qu’elle soit, a des droits »…
Des porteurs de projets aux antipodes de nos valeurs veulent manifestement nous imposer ces pratiques contre nature qui heurtent la conscience de l’écrasante majorité des Sénégalaises et des Sénégalais et qui visent à saper les valeurs fondatrices de notre société. Considérant qu’il n’y a pas pire terrorisme morale et sociétal que l‘homosexualité, nous, les Associations, Personnalités et Structures signataires :
1- Interpellons le chef de l’Etat sur sa responsabilité de préserver nos valeurs culturelles, religieuses et morales, base de la paix et de la cohésion nationale ;
2- Exigeons du Ministre de l’intérieur, M. Abdoulaye Daouda Diallo, au cas où les déclarations de M. Mbodji s’avèrent exactes, de dissoudre, dans les meilleurs délais toutes les Associations homosexuelles ;
3- Demandons la démission immédiate de M. Sidiki Kaba de son poste de Ministre de la justice du Sénégal, à cause de sa propension manifeste à défendre les homosexuels ;
4- Exigeons de nos députés à l’assemblée nationale de réviser les lois portants sur les actes contre nature en interdisant nommément : l’homosexualité, le lesbianisme, la bisexualité et le transgenre, afin de maitre fin à toute interprétation perverse de la loi en question ;
5- Avons décidé de porter plainte contre les 11 présumés homosexuels de Kaolack pour les délits d’attentat à la pudeur, atteinte aux bonnes mœurs et à la conscience des croyants que nous sommes, toutes obédiences confondues et pour avoir traumatisé et porté atteinte à l’innocence des enfants de cette école à qui les juridictions nationales et internationales accordent une protection sociale en raison de leur manque de maturité physique et intellectuel ».

943879_930705130316817_7015474367183967657_n

Le RIS diffuse une morale rigoriste et anti-choix, il appelle également à lutter « contre les maladies endémiques et les fléaux qui assaillent la jeunesse sénégalaise comme la drogue, l’usage du tabac et de l’alcool ».

Suite à la tentative de coup d’état en Turquie, le RIS soutient ardemment Recep Tayyip Erdogan. Il le félicite de faire primer un élan islamique qui permet d’ « islamiser » la société, en opposition à d’autres visions nationalistes ou régionalistes. Le RIS fustige l’Occident qui en fait « l’homme à abattre », et l’accuse de « complot international », aux manettes derrière le coup d’état. Le RIS se félicite : « l’échec de cette opération diabolique est un miracle divin et salvateur », car selon l’organisme, une réussite aurait fait émergé « dizaines de millions de personnes s’autoproclamant DAESH ».

En conclusion, les libertés individuelles, la liberté d’expression, la liberté de presse attendront : « la Turquie est en ce moment le poumon par lequel la Oummah respire. Elle est le refuge des exilés et l’espoir de tout ceux qui sont épris d’un islam modéré et rayonnant. Bref, les raisons qui poussent l’Occident à s’opposer à Erdogan et à son régime sont les mêmes qui poussent les musulmans à le soutenir. Qu’Allah protège et « islamise » la Turquie ».

Carla Parisi 

Ce article est également disponible en العربية.EnquêteNewsOrganisations

TARIQ RAMADAN AU SÉNÉGAL

Tariq Ramadan au Sénégal

16.08.2016Carla Parisi

Tariq Ramadan est intervenu au Colloque International des Musulmans de l’Espace Francophone (CIMF) du Sénégal en 2013. Comme il le fait régulièrement depuis les années 90.

Voici une partie du discours de Tariq Ramadan au CIMEF :

« Si je viens au CIMEF et si j’y participe, et continue à faire tous ces voyages et à venir ici, c’est pour entendre des voix divergentes, pour entendre des voix différentes pour que nous établissions notre unité non pas dans l’uniformité mais dans l’esprit critique.

Et j’aimerais dire une chose, c’est que quand on voit ce qui est en train de se passer dans le monde majoritairement musulman, quand à l’heure où je vous parle, on voit ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient, quand on voit ce qui se passe ici dans la région, et vous avez parlé du Mali, mais on peut parler de ce qui se passe à l’intérieur du Sénégal, on peut parler de ce qui se passe dans toute la sous région, comprendre aujourd’hui que nous ouvrons des espaces où on dialogue, où on est pour l’esprit critique, où on est pour le respect des opinions divergentes, c’est l’un des plus grands jihad de la pensée musulmane contemporaine. C’est en fait un jihad du dialogue, de la diversité et du respect mutuel. Pourquoi ? Parce que ce qui est en train de se passer sous nos yeux, c’est une formidable pression interne et externe pour nous pousser à la division, à la déstabilisation, et au conflit interne […]

Dire aujourd’hui que nous avons besoin d’un dialogue interne, c’est la plus grande résistance à ce que nous sommes en train de faire de nous-mêmes et dont nous sommes les premiers responsables. Les musulmanes et les musulmans sont les premiers responsables de leurs propres divisions, et de leur incapacité à s’écouter, à s’entendre et à dialoguer. Ce n’est pas l’Occident ; l’Occident n’est fort que de nos faiblesses. Il nous divise que parce que nous sommes divisables et il nous colonise que parce que nous sommes colonisables. »

Tariq Ramadan a souvent profité de ses voyages en Afrique et notamment au Sénégal pour y exprimer ses positions parmi les plus rétrogrades, notamment à propos des femmes comme la décrypté Caroline Fourest dans son livre Frère Tariq et que nous reprenons ici. Il a produit trois cassettes enregistrées lors de conférences au Sénégal dès 1998, intitulées « La femme musulmane. Réalités et espoir », « Islam et laïcité, compréhension et dialogue » ainsi que « le renouveau islamique ».

Dans ces cassettes, toujours disponibles, Tariq Ramadan affirme l’obligation islamiste de se voiler pour les femmes : « ce qui est demandé, c’est le port de ce qui couvre les cheveux et qui fait en sorte qu’on ne voit pas les apparences du corps », alors que le Coran ne parle que de se couvrir la poitrine.

Il enchaîne : « le voile est une obligation mais il ne peut faire l’objet d’une contrainte. C’est un acte de foi ».

Il dit respecter les femmes qui font le « cheminement » vers le voile, entendez le chemin tout tracé jusqu’au port définitif du voile. Son explication est toute trouvée : « s’il est demandé à la femme de porter le voile, c’est parce que le plus faible d’entre les deux, ce n’est pas la femme (…) c’est l’homme et que le regard de l’homme sur la femme est beaucoup plus fragile qu’en sens inverse, ce voile est une protection pour le plus faible d’entre les deux ».

Plutôt que de lutter contre le viol en éduquant les hommes, présentés comme incapables de retenir des pulsions sexuelles innées que n’auraient pas les femmes… Tariq Ramadan préfère voiler les femmes, par un tour de passe-passe qui vante une soi-disant force féminine pour les inviter à se montrer plus soumises.

Tariq Ramadan raille également le féminisme, occidental à ses yeux : « nous n’allons pas rentrer dans la logique qui s’est produite dans les pays européens où les femmes sont devenues féministes contre les hommes, et il y en a même qui ne voulaient plus saluer un homme parce que c’était l’ennemi, nous n’avons pas du tout cette logique ».

Personne ne saura de qui Tariq Ramadan veut bien parler, et son discours complètement mensonger pourrait faire rire si la manipulation façon « choc des civilisations » n’était pas si grave. Il décrit une société occidentale décadente : « quand nous voyons ce qui est en train de se passer dans le monde et vous en avez des exemples par télévision interposée, par la presse, où toute pudeur est oubliée… quand la pudeur est oubliée, c’est fais ce qu’il te plaît, et quand tu fais ce qu’il te plait, il n’y a ni valeur, ni limite, ni sens, il y a permissivité totale ».

Tariq Ramadan assure aussi la promotion du « féminisme islamique », en précisant : « cela ne veut surtout pas dire que pour une femme libérée, il faut forcément ressembler au modèle de libération de l’Occident (…) nous devons apporter un nouveau modèle de présence féminine, dans son être et non pas dans son apparence, dans son intelligence, et non pas dans sa séduction ». Il met en garde : « dans notre société, on voit se développer des discours féministes qui sont des discours empruntés à l’extérieur de notre référence, vous voyez des jeunes femmes qui sont extrêmement négligentes avec elles-mêmes dans leur foi et vis-a-vis de Dieu », et conclut : « Malheur à ceux qui tiennent un discours de libération et qui s’enferment dans l’oubli de Dieu ! ».

Tariq Ramadan, toujours devant son auditoire sénégalais, vante l’exemple du Pakistan, où « la mobilisation des femmes a dépassé la mobilisation des hommes (…) les responsables vous disent elles ont pris les choses en main, elles sont intelligemment formées, religieusement orientées ». Pour le prédicateur, une femme active est donc acceptable… si elle suit le cadre religieux qui lui est imposé. Il cite également l’exemple de son grand-père, fondateur des Frères musulmans : « je viens d’une famille où mon grand-père, chaque fois qu’il faisait une école pour les hommes, il en faisait une pour les femmes (…) ça l’obnubilait, vous ne faîtes pas une société islamique avec la moitié de la population ».

Au Sénégal, Tariq Ramadan utilise la même rhétorique que l’extrême-droite chrétienne à propos de la famille : « pas de libération de la femme au dépens de la famille ! ». Tariq Ramadan parle de lui-même comme d’un « résistant »  et  affirme « nous voulons propager l’expression de la famille dite traditionnelle », « ce qui nous intéresse, c’est un papa, une maman, et des enfants qui trouvent cet équilibre là ». Il martèle une conception patriarcale : « une des choses sur lesquelles nous tiendrons, même aujourd’hui dans nos sociétés contemporaines où tous les repères sont mis en cause, c’est qu’il y a dans l’Islam, effectivement, cette notion d’un homme responsable de son foyer sur le plan financier, responsable de son foyer sur le plan de l’orientation ».

Carla Parisi

PERCÉE DES FRÈRES MUSULMANS AU SÉNÉGAL

Percée des Frères musulmans au Sénégal

16.08.2016Carla Parisi

95% de musulmans, 4% de chrétiens forment une population qui pratique à 99% l’animisme. Le Sénégal est un pays unique au monde. En effet, l’Islam s’accommode avec les marabouts, les amulettes, ou encore les convocations d’esprit. Il s’agit d’un statut particulier, puisque pour les littéralistes, il n’existe normalement pas d’intermédiaire entre l’Homme et Allah. L’Islam, arrivé sur le territoire au IX ème siècle est structuré en confréries soufies plus ou moins en concurrence, dont la plus grande, la confrérie Mouride, a été fondée par Ahmadou Bamba au XX ème siècle. Il existe une multitude d’associations islamiques, parfois réformistes, dans chacune des confréries.

Fruit de la mondialisation et de l’influence financière de riches mécènes musulmans pour construire écoles et mosquées, un mouvement plus rigoriste prend de l’ampleur au Sénégal depuis le début des années 2000 : le mouvement Ibadou Rahmane (Association des Serviteurs de Dieu). Il rejette l’organisation en confréries soufies et les pratiques animistes, et fort de la jeunesse de ses membres, propose un Islam plus ostentatoire avec notamment le port du voile islamique pour les femmes. Les Ibadou Rahmane désignent le plus souvent les Frères musulmans sénégalais, bien qu’il existe aussi des fondamentalistes apolitiques de tendance wahhabite, parfois regroupés avec les Frères musulmans sous cette appellation. Nous désignons dans cet article uniquement les Frères musulmans. Les étudiants Ibadou Rahmane sont essentiellement regroupés dans l’Association des Étudiants Musulmans de Dakar (AEMUD), dont le nom rappelle son équivalent français Etudiant Musulman de France, association frériste étudiante propulsée par l’UOIF et Tariq Ramadan pour investir les campus universitaires.

Les Ibadou Rahmane se présentent comme réformateurs, militent pour un retour aux textes fondateurs, tout en pratiquant un activisme politique dans les écoles, universités, ou centres sociaux. Créée en 1978 par des dissidents de l’Union Culturelle Musulmane, jugée trop soufie, la Jamatou Ibadou Rahmane (JIR) a pour but d’ « instaurer une société véritablement islamique au Sénégal », avec pour modèles les Frères musulmans égyptiens, le pakistanais Mawdudi, et l’algérien Ben Badis. Longtemps restée assez confidentielle, la JIR prend de l’essor dans les années 90 en soutenant des candidats islamistes, puis dans les années 2000 avec l’influence de sa branche jeunesse, l’AEMUD, qui détient les clés de la mosquée de l’université de Dakar. L’AEMUD revendique l’héritage radical des Frères Sayyid Qotb ou Hassan Turabi, tandis que leurs aînés de la JIR sont plus proches des thèses d’Hassan Al-Banna. L’Association des Elèves et Etudiants Musulmans du Sénégal (AEEMS) s’oppose elle aussi à la laïcité, et participe de façon conjointe et parallèle à une « ré-islamisation » de la société, selon le mode des Frères musulmans.

Le mouvement frèriste sénégalais a son propre candidat aux élections législatives de 2001 avec l’imam Mbaye Niang. Il dirige le parti MRDS (Mouvement de la Réforme pour le Développement Social), qui a pour objectifs déclarés «  la conquête du pouvoir par les urnes, pour participer au développement économique et socioculturel du Sénégal ; la généralisation de la justice sociale et de la solidarité nationale ; l’éducation civique et politique de ses membres ; la consolidation de l’unité africaine ». Bien que la Constitution du Sénégal interdise la formation de partis religieux ou ethnique, ce bras politique des Frères musulmans met l’accent sur « la crainte de Dieu en politique » et l’infiltration du tissu social. Bien que d’un faible poids électoral, Mbaye Niang a été brièvement conseiller du Président actuel Macky Sall, ainsi que Président du Réseau des Parlementaires Africains contre la Corruption au Parlement en 2013. L’imam donne des gages de démocratie au corps politique laïque sénégalais d’un coté, tout en vantant les mérites de la Charia et en militant pour l’application de la peine de mort.

Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS-Alwahda) a été fondé en 2009 dans le but de regrouper et d’unir les différentes organisations islamiques sénégalaises. Le RIS est actuellement presque entièrement aux mains des Frères musulmans. Son site internet regorge de liens vers la JIR et l’AEEMS, et ne cache pas ses domaines d’intervention :

–      « Social, en renforcement des liens de fraternité et de solidarité islamique

–      Economique, par la promotion d’une alternative économique islamique crédible et la contribution à éradication de la pauvreté ;

–      Politique, par l’effort d’exercice d’une influence sur les processus de décisions publiques, pour une prise en compte des préoccupations des musulmans ;

–      Culturel, par la proposition d’une alternative culturelle islamique ; de la communication, par une visibilité des actions du mouvement islamique et en informant juste ; de la prédication et de l’orientation, par une compréhension juste et une pratique saine de l’Islam ; de l’éducation, par l’érection d’institutions éducatives et d’enseignement préscolaire, scolaire, moyen et supérieur ».

Le RIS entend également : « guidé par le Coran et la Sunnah, prôner l’authenticité du Message et son adaptabilité, au-delà du temps et de l’espace, sans risque de trahir les principes directeurs, ainsi que l’Ijtihad et le Djihad à la fois méthode, esprit et action, la globalité et l’universalité de l’Islam ». Ce qui peut être entendu comme une condamnation des pratiques animistes des musulmans sénégalais.

En août 2013, le RIS manifeste à Dakar pour défendre Mohamed Morsi et les Frères égyptiens, qu’ils appellent « les militants de la cause juste ». Le RIS déclare que « le Peuple sénégalais épris de justice et de paix civile joint sa voix à celle des esprits libres en considérant ce qui s’est passé en Egypte le 03 juillet 2013 comme un coup detat pur ». Il demande également au président Macky Sall de convoquer l’Ambassadeur d’Egypte pour « lui signifier son opposition au coup detat et à la violation des droits de l’homme et du peuple en Egypte ». La JIR a de nombreuses fois appelé au boycott d’Israël, à la « rupture des relations avec le régime sioniste », en « soutien avec Gaza ».

Capture decran 2016-08-16 à 11.51.17

La plus grande démonstration de force des Frères musulmans au Sénégal est très certainement la tenue du 7ème Colloque International des Musulmans de l’Espace Francophone (CIMEF) en 2013 à l’Université de Dakar. Regroupant les leaders du RIS, de la JIR, mais aussi quelques représentants de confréries soufies et des personnalités politiques, elle a reçu le soutien du Président Macky Sall qui y a envoyé sa représentante Penda Mbow. Tariq Ramadan, reçu en VIP, participait à la conférence « Ethique, Gouvernance et Paix : Quelles contributions de la pensée islamique ? ».

Dans un débat télévisé précédant la conférence, le Dr Bakary Sembe, enseignant-chercheur, accusait Tariq Ramadan « de vouloir faire de l’Afrique francophone sa nouvelle zone d’influence pour régler ses comptes avec l’Occident», et les Frères musulmans d’ « impérialisme » et de « paternalisme sous couvert de d’une œuvre d’islamisation considérant les africains comme d’éternels musulmans de seconde zone ». Bakary Sembe enfonça le clou : « alors qu’en France, il se vante d’être pleinement européen, en Afrique, il désigne l’Occident comme l’origine de tous les maux des musulmans ». Le face-a-face télévisé provoqua une polémique, et permis de faire tomber le masque de Tariq Ramadan. Bakary Sembe fut par la suite l’objet de campagne de diffamation, le présentant comme « anti-arabe » et « pro-israélien ».

A la fois membre de l’Organisation de la Coopération Islamique  et de l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Sénégal est un pays clé pour les Frères musulmans, qu’ils considèrent à l’intersection entre l’Islam et l’Occident. Le terrain, fait de différentes confréries soufies, animistes, leur permet de proposer un Islam plus homogène et de premier abord assez investi dans le domaine social. L’opération-séduction n’empêche pas les militants frèristes de pratiquer une certaine pression sur les musulmans pratiquant des rituels animistes, et parfois de les écarter de certaines mosquées à cause de leur impiété. Après l’infiltration réussie du RIS, la mise en place d’un réseau d’associations étudiantes et sociales fréristes, les appels du pied au Président Macky Sall, ainsi que l’imam Nbaye Niang placé dans les plus hautes sphères politiques, il est à craindre que les Frères musulmans étendent leur influence au Sénégal – à moins que des chercheurs avisés tels que Bakary Sembe tirent suffisamment fort la sonnette d’alarme.

Carla Parisi

Ce article est également disponible en العربية.EnquêteNews