POKISLAMISTES GO

Pokislamistes Go

14.08.2016Mohamed Louizi

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En 2001, le frère musulman Youssef Al-Qaradawi avait interdit dans une fatwa en arabe, au nom de sa vision obscurantiste de l’islam, le dessin animé japonais « Pokémon » ainsi que toutes ses dérivées ludiques et commerciales (Lire l’article de la chaîne Al-Jazeera). Cette fatwa a resurgit à nouveau dans la presse arabe après le 6 juillet 2016, la date de sortie du jeu « Pokémon Go », rappelant que Youssef Al-Qaradawi s’est appuyé sur cinq considérations pour conclure que le « Pokémon » est un interdit islamique, un « haram » (حرام) en arabe !

Le cheikh égypto-qatari – « la référence » suprême et absolue de l’UOIF d’Amar Lasfar – juge ce dessin animé dangereux pour la foi musulmane (telle qu’il la conçoit), par « sa banalisation » de la théorie de l’évolution darwinienne, que rejettent catégoriquement les Frères musulmans. Pokémon représente, à en croire le cheikh, d’autres dangers intellectuels et comportementaux. Pis, ces « monstres de poche » de Satoshi Tajiri sont « responsables » de la « normalisation » avec certains « symboles très significatifs », comme « l’Étoile de David » qui renvoie au « sionisme et à la franc-maçonnerie » et qui est « l’emblème de l’État de viol, nommé Israël » disait-il expressément.

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Depuis, des familles musulmanes suivent à la lettre cette étrange fatwa et privent leurs enfants de ce dessin animé et de ses dérivées ludiques. Cependant, le comportement politique des Frères musulmans montre bel et bien que les vrais « monstres », cachés dans les différentes « poches » des différents états, au Mashreq, au Maghreb et en Occident, ce sont ces « Pokislamistes », ces Frères musulmans, prêts à opérer toutes les « mutations » opportunistes pour atteindre à terme le pouvoir suprême, le Tamkine.

En mai dernier, le parti islamiste Ennahdha, après avoir été écarté du gouvernement, avait dit vouloir séparer « la prédication islamique » de « l’action politique » pour espérer retrouver une nouvelle place sous le soleil de Tunis. Une tactique. Après cette « mutation » purement médiatique, relayée en France par le journal Le Monde, le viel islamiste Rashed Ghannouchi a été reçu, presque en chef d’état, par la cour parisienne, dans des institutions de la République, par des personnalités de gauche et de droite. En 2014, un site francophone avait titré, je cite : « Tunis : Tel un serpent, Ennahda fait sa mue sans changer ! »

Des années plutôt, après la démission du premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan (1926 – 2011), les Frères musulmans ottomans avaient fait croire, à la face du monde, qu’ils avaient opéré une « mutation » laïque. Le « Parti de la félicité » fut fermé. L’AKP fut. Depuis, Erdogan, en fidèle élève d’Erbakan, est passé par-là. Inutile de décrypter la nature de cette mutation. Le sultan islamiste s’en charge tous les jours et démontre, de par son autoritarisme théocratique, que « l’islamiste », au fond, est un « Pokémon » qui mute continuellement, au grès des profits, mais sans changer véritablement de nature.

En France, l’on ne serait pas loin d’un scénario similaire. L’UOIF est classée organisation terroriste par les Émirats Arabes Unis depuis novembre 2014. Deux ans plutôt, Youssef Al-Qaradawi fut invité au RAMN de l’UOIF avant l’interdiction de son séjour par le Ministère de l’Intérieur. L’UOIF a galvaudé son propre nom par ses imprudences assumées et ses liens plus que formels avec l’internationale islamiste, de l’axe Doha-Ankara. L’après « Charlie » et « l’Hyper Cacher » n’arrange rien. Du « 13 novembre » à l’assassinat du Père Hamel, en passant par l’attentat de Nice et de « bien » d’autres attentats, le nom de l’UOIF est souvent cité, non comme responsable direct de cette terreur, mais comme vecteur puissant de diffusion de l’islamisme et de ses idées obscurantistes et violentes. Certains appellent à la dissolution pure et simple de l’UOIF.

Ainsi, face à ce déficit en terme d’image, les VRP de la branche frériste française seraient, en les connaissant, tôt ou tard, tentés de changer de nom, de siège social, de façade, de taille de la barbe, et de mettre de jeunes mignons « Pokislamsites » 3G au-devant de la scène. Les « requins » eux, et les autres « idéologues » resteront toujours actifs sur ledit terrain de la « représentativité », mais dans l’ombre. Peut-être, très prochainement, l’UOIF ne s’appellerait plus l’UOIF. Un peu comme lorsque « Le Crédit Lyonnais » avait changé de nom en 2005, pour devenir « LCL », en espérant faire oublier les scandales « Tapie » et « Exécutive Life ». Ou comme lorsque l’UMP de Nicolas Sarkozy est devenue « Les Républicains » en raison d’autres scandales concernant la … sarkozie.

Mon fils de neuf ans m’explique que la nature de l’évolution d’un Pokémon dépend de son dresseur. Un Pokémon gentil peut évoluer en Pokémon méchant, si son dresseur est méchant. Un méchant peut devenir gentil si le dresseur est gentil. La vérité sort de la bouche des enfants, dit-on. Lorsque l’on connait la nature des dresseurs des « Pokislamistes » depuis toujours, toute mutation fort probable de l’UOIF, des Frères musulmans français, à l’image des « frères » turques, tunisiens, marocains et autres, sera un leurre. Les dresseurs barbus ne jouent pas.

Mohamed Louizi

Lien de la fatwa de Youssef Al-Qaradawi :
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http://www.aljazeera.net/…/القرضاوي-يصدر-فتوى-بتحريم-البوكي…News

BARIZA KHIARI

Bariza Khiari

05.08.2016La rédaction

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Bariza Khiari est considérée comme une figure importante de l’islam libéral. Elle même se définit comme « farouchement républicaine et laïque, et sereinement musulmane. »

• Avril 2005. Bariza Khiari est reçue, avec plusieurs personnalités  à l’Institut international de la pensée islamique aux Etats-Unis (IIIT). Think tank des Frères musulmans, créé sous les auspices de Youssef Al Qaradawi dont ils traduisent les textes, ils s’attellent à remettre sur le droit chemin les brebis égarées. Ce qu’ils feront quelques années plus tard pour Mohamed Morsi en Egypte et en Malaisie.

• 12 janvier 2011. Suite aux attentats islamistes contre des chrétiens à Bagdad et Alexandrie, Bariza Khiari signe l’appel de Repect Mag déclarant : »ces meurtriers ne sont pas l’islam, et qu’ils ne représentent en rien les musulmans ».

• 23 septembre 2011. Bariza Khiaria est présente à la remise du Prix « Richesse dans la Diversité » décerné par l’ambassade du Qatar.

• 14 novembre 2013. Inaugure le colloque « La République à l’épreuve de l’islam » à l’IRIS, think tank créé par Pascal Boniface.

• 11 décembre 2013. Bariza Khiari reçoit le prix Cojep 2013 de la personnalité politique. Cette organisation regroupant une partie de Turcs alsaciens est surtout connue pour son soutien sans faille de l’AKP et de Recep Erdogan. L’organisation, n’hésite pas à protester  lorsque certains politiques d’origine turque s’avisent de soutenir les manifestants de Taksim. Dans un communiqué du 5 juin 2013, on peut lire : « Cette attitude froisse en outre, la majorité des associations turques de la ville, favorables en très grande majorité au parti de l’AKP et de Recep Erdogan, et qui correspond à une part non négligeable de l’électorat strasbourgeois » La Cojep lutte aussi contre la vilénie de la gauche française au sujet des arméniens : « le PS semble vouloir rester sous l’emprise du discours de la diaspora arménienne de notre pays« .

• 15 février 2015. Maghreb Confidentiel révéle que Bariza Khiari était présente à l’anniversaire de Sihem Souid.

• 1er septembre 2015. Bariza Khiari  défend l’usage du terme « islamophobie » dans les colonnes de Salam News. Elle y voit un synonyme de racisme et de discrimination mais n’évoque à aucun moment l’autre aspect du terme. Son utilisation dans des campagnes violentes visant à éliminer les personnes critiquant l’islamisme.

• 3 février 2016. Intervention lors de la Mission d’information sur la place l’organisation et le financement de l’Islam en France. Bariza Khiari y développe son concept de « analphabètes bilingues ».

• 15 avril 2016. Le journal Marianne liste Bariza Khiari comme une des personnalités des réseaux Macron.

• Avril 2016.  Bariza Khiari  est élue nouvelle présidente de l’Institut des cultures d’islam (ICI). Parmi les premiers invités, figurent les rédacteurs de Téléramadan. Une revue présentée par Bariza Khiari comme magnifique, émouvante et drôle. Pourtant Mehdi Meklat, un des responsables de la revue avait regretté quelques semaines plus tôt qu’on ait pas cassé les genoux d’Alain Finkielkraut à Nuit debout. Autre intervenant de la revue : Medine. L’homme qui voulait « crucifier les laïcards » promoteur de l’association frériste Havre du Savoir qui justifie la discrimination (et même un peu plus) des chiites et des yézidis.

• 31 juillet 2016. Bariza Khiari était une des signataires du texte : « Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités » . Le texte commençait par une liste des victimes des attentats depuis janvier 2015 en oubliant les victimes juives de l’Hypercasher. Suite à la polémique Bariza Khiari a déclaré : « Nous, Français et musulmans tenons à dire avec la plus grande clarté que nous ne faisons aucune différence entre les victimes du terrorisme aveugle qui frappe notre nation depuis de nombreux mois.« . En 2012, elle avait clairement invité « les musulmans de France à marquer clairement leur refus de l’antisémitisme, du racisme et des discriminations sous toutes leurs formes« .

• 3 août 2016. Nathalie Goulet, sénatrice lance une campagne pour que Bariza Khiari soit la présidente de la Fondation pour les Oeuvres de l’Islam. Pascal Boniface fait lui aussi un tweet en sa faveur.

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LE CONSEIL CENTRAL ISLAMIQUE SUISSE DANS LA TOURMENTE

Le Conseil Central Islamique Suisse dans la tourmente

05.08.2016La rédaction

Selon la Tribune de Genève, la police suisse a découvert chez Abdullah C, jeune converti à l’islam de 31 ans résidant à Arlesheim, plusieurs produits chimiques destinés à la fabrication de bombes. Abdullah C., a participé à la création du Conseil Central Islamique Suisse (CCIS), où il a été responsable de l’information jusqu’en 2010. Il est toujours membre du CCIS, et est décrit comme un proche du sulfureux président du CCIS, Nicolas Blancho. Il affirme que phosphore rouge retrouvé à son domicile était destiné à des « expérimentations scientifiques », et que sa « sympathie envers l’EI diminue de plus en plus». Face à la polémique, le CCIS dit «suspendre ses activités de membre actif et passif », tout en l’invitant à la prochaine assemblée générale pour « s’expliquer ». Abdullah C. avait affirmé en novembre 2015 que « la France l’avait bien mérité ».

Le CCIS est déjà sous le coup de poursuites par le Ministère Public de la Confédération suisse pour des vidéos de son communicant Naim Cherni, qui mettent en scène un leader de l’organisation terroriste Jaysh al-Fath, ou encore des responsables d’Ahrar al-Sham en 2013, toutes deux proches de Jabhat al-Nosra (Front Al Nosra) et d’Al Qaïda. Le responsable des relations publiques du CCIS, Qaasim Illi, a été condamné en 2005 pour détention d’images pornographiques, violation de la loi sur les armes et discrimination « raciale » envers les Juifs. En 2015, il rend hommage à Majd N, un dihadiste ayant rejoint les Shebab en Somalie.

Très actif sur les réseaux sociaux, les responsables du CCIS pratiquent également un fervent prosélytisme avec des stands sur la voie publique. Invité sur des chaînes TV comme Al Jazeera, ou dans des conférences enregistrées sur son site internet izrs.ch, le président Nicolas Blancho se prononce souvent sur le thème controversé de l’ « islamophobie ».

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D’obédience neo-salafiste, le CCIS invite régulièrement des orateurs proches de Frères musulmans comme Hani Ramadan, directeur du Centre Islamique de Genève, qui participe à la Conférence Annuelle de 2013, et qui invite les musulmans à se rendre à cet événement dans une vidéo. Ali Al-Qaradaghi, membre de l’International Union of Muslim Scholars du guide frériste Youssef Qaradawi, était également orateur lors de cette conférence.

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En 2014, le CCIS est présent aux manifestations de Bern et de Zurich en soutien aux Frères musulmans égyptiens et à Mohamed Morsi. Nicolas Blancho est présent à la tribune, où il s’adresse en soutien à ses « frères égyptiens » aux cotés des symboles de la Rabia, et des portraits du maréchal al-Sissi piétinés.

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La secrétaire générale du CCIS, Ferah Ulucay, était présente à la tribune du World Hijab Day de Francfort en 2015, où elle appelle toutes les musulmanes à se voiler. Elle a créé en juin 2015 un hotline pour les « jeunes en cours de radicalisation », dont elle a assuré la promotion dans de nombreuses écoles alémaniques.

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L’enquête pénale suite à la découverte des produits explosifs est en cours.

Mise à jour : 21/09/17 : Trois dirigeants du Conseil central islamique suisse, Nicolas Blancho, Naim Cherni et Qaasim Illi ont été inculpés pour propagande et réalisation de vidéos sur Al-Qaïda en Syrie. Qaasim Illi se défend en accusant une « vague islamophobe ». 

Carla ParisiNews

INSTITUT INTERNATIONAL DE LA PENSÉE ISLAMIQUE

Institut international de la pensée islamique

02.08.2016La rédaction

L’Institut international de la pensée islamique, IIT en anglais, a été créé en 1977 lors de la conférence islamiste à Lugano, Suisse. Les organisateurs étaient membres de la confrérie égyptienne : Jamal Barzinji, Dr Hisham Yahya Altalib, Dr Abdul Hamid Ahmad Abu Sulayman. Youssef al-Qaradawi participait à cette conférence tout comme Youssef Nada, banquier de la confrérie.

L’Institut s’est installé aux États-Unis en 1981. Le siège de l’Institut est situé à Herndon, en Virginie, dans la banlieue de Washington DC. L’Institut est dirigé par un conseil d’administration qui se réunit régulièrement et élit périodiquement un de ses membres pour servir en tant que président.

L’organisation publie les traductions de  Yousef al-Qaradawi.

Les Frères musulmans ont par la suite confirmé que l’Institut international de la pensée islamique était l’une de ses organisations : ICI

Tête de pont des intellectuels intégristes

Jamal Barzinji a été vice-président IIIT pour la recherche et des publications. Il est identifié par les autorités américaines comme l’un des leaders des Frères musulmans aux États-Unis. En 2003, sa maison a été perquisitionnée à cause de ses liens avec le Jihad islamique palestinien et aussi avec le Hamas.

Tarik Hamdi, employé par IIIT a fourni du matériel à Oussama Ben Laden, selon un ancien fonctionnaire américain du Département du Trésor en 2002.

« Tarik Hamdi, un employé de l’IIIT, a personnellement fourni Ben Laden avec une batterie pour son téléphone par satellite. Un téléphone décrit comme« la téléphone de Ben Laden  utilisé pour mener à biens guerre contre les Etats Unis. «  » * (Sénat américain )

Bashir Musa Nafi, fondateur du Jihad Islamique Palestinien, ancien employé a été expulsé des États-Unis en 1996 pour fraude d’immigration et interdit pendant 5 ans.

« Les deux SAAR (Sheikh SuleimanAbdel Aziz al-Rajh) et IIIT sont également soupçonnés de financer le Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP), y compris (WISE) et le Comité islamique pour la Palestine (ICP), fronts JIP depuis fermé en Floride « . ** (Sénat USA)

Le co-fondateur et directeur des finances Hisham Al-Talib a travaillé pour Al-Taqwa Bank géré par membre des Frères musulmans Youssef Nada. Il est un Frère musulman Irakien.

 Ishaq Farhan du Front d’action islamique (parti politique jordanienne des Frères musulmans) était un fonctionnaire de IIIT 2005-2007.

Visiteurs de prestige

• S.E. Pehin Dato Mohammad Yasmin Umar, ministre de l’Énergie, Brunei est venu à l’IIIT le 7 Juin, 2014.

• Rachid Ghannouchi, co-fondateur du Mouvement En-Nahda, la Tunisie, est venu à l’IIIT le mercredi 26 Février 2014.

• M. Saadine El Othman, un ancien ministre des Affaires étrangères du Maroc, actuellement président du parti de la justice et du développement,est venu à l’IIIT le lundi 3 Février, 2014

• Le 24 Septembre 2012 Dr. Hisham Altalib et le Dr Abubaker Al Shingieti – IIIT, ont rencontré le Président Mohamad Mursi d’Egypte à New York dans le cadre d’une rencontre interreligieuse. Le Président Morsi a salué la participation de l’IIIT dans la réforme de « l’enseignement supérieur en Egypte ».

• En avril 2005, la sénatrice francaise Bariza Khiari s’est rendue au siège de l’IIIT en compagnie de Nadia Bourdi, maire-adjointe de Saint Etienne et Franck Fregosi, chercheur à Strasbourg. Le mois suivant, Olivier Roy y fera une conférence. ICI

Réseau

• Les succursales et bureaux ont également été mis en place dans un certain nombre de capitales du monde entier dans le but de mener à bien les activités et les programmes de l’Institut. L’Institut international de la pensée islamique a des bureaux en France, en Egypte, la Jordanie, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, la Bosnie, le Liban, l’Indonésie, le Maroc, le Nigeria, l’Inde, le Bangladesh, le Brunei et le Royaume-Uni.

• L’Université de Georgetown présente l’IIIT comme un centre régulier, sans mentionner ses liens problématiques.

Ce article est également disponible en English.NewsOrganisations

AL JAMA’A AL ISLAMIYA

Al Jama’a al islamiya

25.07.2016La rédaction

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En 1950, le leader syrien des Frères musulmans, Mustafa al-Sibai’i s’installe à Beyrouth.. C’est la genèse de Al Jama’a al-islamiya au Liban. En 1948,  Mohammad Al Daouk en réponse à la défaite arabe en Palestine, crée Jama’at Ubbad ar-Rahman à Beyrouth, qui deviendra en 1964 Al Jama’a al-islamiya.

L’ouverture des bureaux officiels du groupe à Beyrouth en 1964 annonce le début de son action sur la scène politique libanaise. Son secrétaire général Fathi Yakan disciple de Sayyed Qotb, suit la doctrine des Frères Musulmans en Egypte et en Syrie, cherchant à établir un système socio-politique basé sur la Chari’a.

En 1967, dès le début de la guerre arabo-israelienne, Fathi Yakan, principal idéologue d’Al Jama’a al-islamiya à Tripoli, rejoint le syrien Said Hawwa des Frères musulmans, pour prêcher le jihad contre Israel et l’Occident. La défaite des pays arabes et le déclin du nassérisme renforcent les groupes islamistes dans la région du Moyen-Orient.

Opérations militaires

1975 marque le début de la guerre du Liban où l’on assiste à la création de la milice d’Al Jama’a al-islamiya, sous le nom de «  Moujahedines » qui combat les milices chrétiennes. A Tripoli, Fathi Yakan prend la tête des « Moujahedines » pour défendre les intérêts sunnites islamistes.

Avec l’invasion israélienne du Liban en 1982, la milice d’Al Jama’a participe auprès des palestiniens dans les combats. Lorsque l’armée syrienne entre à Tripoli, en 1985, Al Jama’a al-islamiya poursuit ses prêches contre « les sionistes », sous l’œil vigilant de Damas qui utilise les groupes islamistes libanais pour faire pression sur Israel.

Ce n’est qu’en 1987 qu’Al Jama’a rejette tacitement le modèle de l’état islamique du Hezbollah tout en maintenant des relations cordiales avec le parti de Dieu. En 1992, Al Jama’a remporte 3 sièges aux élections parlementaires signant sa victoire au sein de la communauté islamiste. Seulement en 1996, il ne lui reste qu’un seul siège au Parlement tandis que sa popularité grandit dans les villes de Tripoli, Beyrouth et Sidon pour atteindre en 1997, le nombre de 5000 membres.

La participation des « Moujahedines » dans les opérations militaires contre l’armée israélienne aux côtés du Hezbollah est vécue comme une victoire par Al Jama’a avec le retrait des israéliens du Liban-sud en mai 2000. Le conflit israélo-palestinien représente, dès lors, le principal enjeu de la ligne politique et de la stratégie d’Al Jama’a al-islamiya.

En 2006, la guerre d’Israël contre le Liban entraîne la mobilisation de certains « Moujahedines » qui combattent au sud sous les ordres du Hezbollah.

Seulement Al Jama’a al-Islamiya prend position auprès du 14 Mars ou le Bloc du Futur, (principal ennemi du 8 Mars), aux élections parlementaires de 2009 ayant des intérêts communs, dont ceux de la communauté sunnite et le soutien à l’opposition syrienne ainsi que l’aide aux réfugiés. Bassam Hammoud, chef du bureau politique au sud-Liban nie l’alliance d’Al Jama’a avec le 14 Mars et assure avoir des relations à égale distance avec les autres partis libanais.

La même année, un rapport détaillé sur les groupes islamistes met l’accent sur le rôle et le fonctionnement d’Al Jama’a dans la vie socio-politique libanaise, et à sa tête Faysal Mawlawi qui décède en 2011, aussitôt remplacé par Ibrahim al-Masri.

La ligne officielle d’Al Jama’a s’oppose à l’intervention militaire en Syrie et assure son soutien aux opposants par l’envoi de secours humanitaires. L’hôpital Sifa’a à Tripoli est mis à la disposition des réfugiés syriens.

Le chef du bureau politique d’Al Jama’a, Azzam al-Ayoubi, considère que toute ingérence en Syrie pourrait avoir des répercussions négatives sur le Liban.

Par ailleurs, al-Ayoubi est critiqué par les groupes sunnites islamistes pour sa participation à l’Iftar en 2015 en compagnie de membres des Gardes de la Révolution iranienne. Ce geste symbolique empoisonne les relations entre Al Jama’a et les islamistes.

Cela n’empêche pas le secrétaire général Ibrahim al-Masri de rencontrer l’ambassadeur iranien à Beyrouth pour discuter des évènements au Liban et en Syrie et trouver un moyen d’y mettre fin.

En 2016, le rapprochement entre Al Jama’a et Hezbollah a lieu par l’intermédiaire du leader du Hamas, Osama Hamdan, à l’occasion d’un Iftar ayant rassemblé 4 membres d’Al Jama’a, des cadres du Hezbollah ainsi que Hamdan. Malgré l’intervention militaire du Hezbollah en Syrie et son soutien à Bachar al- Assad, Al Jama’a partage avec la République islamique d’Iran une idéologie commune et des ennemis communs : Israël et l’Arabie saoudite.

Aux parlementaires de 2016, la liste de coalition entre le courant du Futur, l’ancien ministre Safadi, l’ancien ministre Karamé et Al Jama’a, parrainée par l’ancien Premier ministre Mikati perd les élections à Tripoli face à la liste de Rifi, ancien ministre et principal adversaire de Hariri.

Adversaires d’Al Jama’a al-Islamiya :

L’un des groupes les plus controversés en raison de son appartenance au soufisme (qui n’épouse pas l’islam traditionnel), les Ahbaches, sont décriés par Al Jama’a pour leur grande popularité au sein de la classe moyenne sunnite ( 8000 membres ) et leur modération à l’échelle politique. Les Ahbaches rejettent le radicalisme de Sayyed Qotb (prôné par Al Jama’a) et l’établissement d’un état islamique au Liban.

Harakat al-Tawhid al-islami est le rival d’Al Jama’a, né à Tripoli en 1982 sous la houlette de Said Sha’ban (ex-leader d’Al Jama’a et issu de la branche radicale des Frères Musulmans). Al Tawhid engage des combats en 1983-1984 à Tripoli contre les autres groupes islamistes dont Al Jama’a.

Par ailleurs, Dar al –Ifta’ (Institution sunnite traditionnelle ) et les leaders de Tripoli dont la famille Karamé, de Beyrouth dont Salam et de Sidon dont Hariri, sont considérés par Al Jama’a comme des instruments au service des intérêts occidentaux.

Alice Boustany

Références :

Islamism in Lebanon : A guide to the groups, by A. Nizar Hamzeh, Sept,1997

http//www.meforum.org/362/islamism-in-lebanon-a-guide-to –the-groups.

Iran and the muslim brothrhood in the arabic-speaking world. The best of enemies ?, by Helmut Pisecky and Alex Grinberg. Jan, 2016

Islamic Movements in Lebanon. A study implemented by Masar Association, Aug, 2009EnquêteNewsOrganisations

CONFÉRENCE EUROPÉO-TURQUE SUR L' »ISLAMOPHOBIE » À SARAJEVO

Conférence européo-turque sur l’”islamophobie” à Sarajevo

06.07.2016Carla Parisi

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Un « Premier Sommet Européen sur l’Islamophobie » a eu lieu à Sarajevo du 24 au 26 juin 2016. Malgré le titre « conférence européenne », la rencontre était surtout une l’initiative du think-tank turc SETA (Fondation pour la recherche politique, économique et sociale).

Seta est un think tank gravitant autour de l’AKP. La SETA, a été mise en place sous la tutelle du Ministère des Affaires Etrangères, qui finance les projets de recherche et les nominations. Appelés « Instituts de Recherche Stratégique » (stratejik düşünce kuruluşu), ces think-tank font le relais entre l’AKP de Recep Tayyip Erdogan et le milieu universitaire, en circuit quasi-fermé. Le Monde diplomatique s’était félicité en 2010 de la présence d’un tel maillage du milieu intellectuel et politique et avait même osé un titre : « Les think tanks turcs, agents du changement ». Tout un programme.

Gilles Kepel a qualifié la SETA de « boîte à idées d’Ahmet Davutoglu ». Universitaire, ancien premier ministre, ancien ministre des Affaires Etrangères turc, ancien patron de l’AKP il est considéré comme le penseur de la « profondeur stratégique » de la Turquie post-kémaliste de l’AKP ».

La SETA possède une antenne à Washington. La Seta y fait du lobbying, invite des militants de l’association controversée CAIR. Ou même Dalia Mogahed. Un lobbying qui a du succès puisque les responsables de cette Fondation sont invités sur des chaines internationales sans que soit systématiquement rappellé pour qui il font du lobbying. Sur France 24, le 7 octobre 2014 Kadir Ustun était invité à parler de Kobane ! La SETA a conservé son implantation au Caire. Elle considère le maréchal Al-Sissi comme illégitime, et fait l’éloge de l’ancien président Morsi.

La SETA a présenté au Parlement Européen en mai dernier un rapport sur l’ « Islamophobie en Europe » portant sur l’année 2015. Le rapport de 600 pages a été rédigé par Farid Hafez, chercheur de l’université de Salzbourg, et Enes Bayrakli, responsable de département à l’université germano-turque d’Istanbul. Plusieurs rédacteurs se sont chargés des parties nationales. Des « universitaires extraordinaires » selon les mots du Think Tank. On noter Olivier Esteves, Agrégé d’Anglais, qui a rédigé la partie consacrée à la France.

La partie anglaise a elle été rédigée par Arzu Merali. Elle est une des contributrice de l’ Islamic Human Rights Commission, la maison mère pro-khomeiniste qui a diffusé le terme confus en Grande Bretagne. En 2015, Islamic Human Rights Commission a trouvé pertinent de remette à Charlie Hebdo le prix de l’islamophobe de l’année.

Une cinquantaine de personnalités politiques, n’ont pas du tout été gênés de participer à un forum organisé par un think tank de L’AKP. Parmi eux Bernard Kouchner, José Luis Zapatero, Jack Straw et Mustapha Chérif ancien ministre algérien de l’Enseignement supérieur.

Que nous dit ce rapport ?

Au delà d’un paragraphe sur la montée du Front National et le danger qu’il représente, ou sur les quelques odieux cas de racisme décrit, le reste du rapport est édifiant.

Le rapport reprend tout d’abord les chiffres peu fiables du CCIF concernant les cas d’ « islamophobie » en France. Plusieurs observateurs ont à de nombreuses reprises signalé les erreurs, les approximations et les affabulations des chiffres du CCIF. Comme l’histoire tragique d’un musulman assassiné. Un crime islamophobe d’après le CCIF qui oubliera tout simplement que cet homme assassiné est certes musulman mais qu’il est assassiné par un autre musulman dans une affaire de règlement de comptes et de stupéfiants. (Pour en savoir plus voir IciIciIci, et Ici.)

La partie française du rapport met en accusation ceux qui ceux qui refusent d’utiliser le terme « islamophobie » pour décrire le racisme anti-musulmans : Manuel Valls, Caroline Fourest ou encore… Charb.

S’ensuivent des interviews de personnalités membres ou proches des Frères musulmans : des membres d’Etudiants Musulmans de France, du CCIF, du lycée musulman Averroès de Lille…

La laïcité est plusieurs fois décrédibilisée : « la laïcité sert souvent à légitimer une respectable forme d’hostilité anti-musulmans ».

Le journal Charlie Hebdo est à nouveau pointé du doigt, avec la même rhétorique qui a conduit au pire : les assassinats de Charb, Cabu, Bernard Maris… ont « provoqué des conditions difficiles pour les musulmans pour exprimer à la fois leur détestation des attaques mortelles ainsi que leur distance critique envers Charlie Hebdo qui a largement flatté et attisé des préjudices islamophobes dans la société française et européenne ».

Le slogan « Je suis Charlie » fait également partie du rapport contre l’ « islamophobie ». Emmannuel Todd aurait même eu le tord de le renforcer…

Plusieurs livres sont qualifiés d’ « islamophobes », avec au coté d’Eric Zemmour, les ouvrages d’Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq ou Isabelle Kersimon. Au contraire, le livre d’Edwy Plenel, Pour Les Musulmans, est salué.

Le rapport est également critique envers le CFCM et Anouar Kbibech qui a déclaré au gouvernement que le CFCM allait « certifier les imams pour qu’ils ne donnent que des sermons de paix, et non-radicaux ».

La conclusion est attendue : finalement, les « voies de la radicalisation » sont les « prisons surpeuplées, le faible niveau académique, les discrimination dans le monde du travail, ou comme le dit Olivier Roy, un environnement où la seule cause romantique est le djihad »… mais au lieu de ça le gouvernement fait du seul problème « l’Islam, via les imams radicaux, les mosquées qui ont des choses à cacher, ou les musulmans médiatiques qui ont du mal à embrasser la laïcité ». Jamais l’idéologie islamiste, la propagande religieuse, ne sont mis en cause : « le manque de causes politiques et le déclin de la foi expliquent que François ou Marie embrassent le djihadisme ».

La conférence de Sarajevo a donc été l’occasion de reprendre les éléments de langage anti-laïcs de ce rapport.

Yasser Louati, porte-parole du CCIF pour l’année 2015, a pris la parole pour démontrer via un tableau la « Guerre institutionnelle de la France envers ses citoyens de confession musulmane ». Une hallucinante liste dans laquelle on trouve mêlé des lois qui viennent de l’état et qui concernent juifs, chrétiens et musulmans comme visant uniquement les musulmans. Ou des affaires provoquées par une revendication communautaire. Ou même un débat.

Nu besoin de décrire la mauvaise foi de cette liste, mêlant Charte de la laïcité, crèche privée, voile intégral… et dont les effets législatifs concernent toutes les religions.

Devant un auditoire international, le ton est volontairement catastrophé :

− « voici ce qui est en train d’arriver aux français de confession musulmane au XXIème siècle, une série de mesures prises pas les institutions, l’État lui-même, pour rendre acceptable le fait de toucher a la constitution pour cibler les musulmans ».

− « on a transformé la laïcité pour en faire un outil de stigmatisation et de ciblage des musulmans, en appliquant l’obligation de neutralité religieuse aux citoyens,(…) c’est comme si on vous disait par exemple : vous avez votre liberté d’expression, très bien, mais à la maison »

− « une série d’abus ciblant spécifiquement les jeunes filles de confession musulmane »

− « nous venons de recevoir un nouveau projet de loi pour contrôler de manière plus sévère l’émergence d’écoles privées ». A noter que Yasser Louati rejoint ici le seul parti politique vent debout à s’opposer au projet de loi, qui est le Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin.

− « ce qui est en train de se passer, c’est ce que j’appelle une Résistance des français de confession musulmane »

Yasser Louati présente ensuite, selon ses termes, « plusieurs histoire (de réussite) qui ont fait la Une en France » :

− « Wahiba », une jeune entrepreneuse, a qui un chef d’entreprise aurait dit: « avec ce bout de tissu sur ta tête, nous ne t’embaucherons pas, nous embaucherons des LBGT, des transsexuels, tout autre être humain, mais pas toi ».

− En recherchant sur Internet, il s’agirait de Wahiba Khallouki, qui a tweeté en réponse à une journaliste d’Orient XXI, Warda Mohamed : « Le recruteur d’une célèbre agence m’a dit de me réorienter parce qu’un transsexuel avait plus de chances que moi ».

− « Al Kanz : célèbre bloguer, un des plus influents de twitter, avant gardiste qui donne le la, quand il tape quelque chose, tout le monde suit ».

− Ah bon. Intéressant, pour un blogeur salafiste.

− « Le Lycée Averroès, premier lycée confessionnel musulman de France, meilleur de France, meilleures notes au bacs chaque année scolaire ».

− Yasser Louati oublie que le Lycée Averroès a quitté le top 100 depuis plusieurs années, et qu’il est classé 258ème en 2016.

− « Les coalitions pour faire face à l ‘état d’urgence en France »,

− où « la communauté musulmane a été traitée par le gouvernement comme l’ennemi intime », comme « lorsque Valls dit plusieurs mois avant le 13 novembre : ‘nous menons une guerre contre un ennemi invisible, un ennemi interne’. L’état d’urgence décrété après le 13 novembre est un projet qui avait déjà été écrit quelques mois avant même les attaques de novembre 2015 ». Preuve irréfutable, bien que complotiste, pour Yasser Louati.

− La suite est explicite : « la coalition a gagné, notre victoire majeure a été d’harceler les membres du parlement, harceler les médias, travailler avec la CNCDH ». Yasser Louati avoue que c’est « première victoire, d’une convergence d’associations non musulmanes et musulmanes travaillant ensemble ». Le CCIF tente depuis plusieurs mois d’associer la lutte contre l’ « islamophobie » à des luttes sociales, sous couvert de « convergence de lutte », comme lors de sa présence à Nuit Debout contre la Loi Travail.

− Yasser Louati affirme enfin : « Le gouvernement français a dit : nous allons nous retirer de la Convention Européenne des droits de l’homme ». Il déforme une fois de plus la réalité. L’article 15 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme prévoit de déroger à certains droits en cas de danger public menaçant la vie de la nation, la France a donc fait une demande officielle au vu des attaques terroristes, tel que le prévoit le droit, sans se retirer de la Convention.

Yasser Louati dit rapporter les paroles d’une rédaction d’un journal majeur : « nous avons des ordres clairs, ne pas critiquer l’état d’urgence en France ».

Il compare la France aux pires régimes dictatoriaux sanguinaires : « le guide du ministère des affaires étrangères, 10 Idées Reçues sur la France, l’Islam et les musulmans, ça m’a rappelé la propagande de l’ère soviétique ou de l’Afrique du Sud pendant l’apartheid »

Pour l’ancien porte-parole du CCIF, la France « fabrique l’ennemi interne », comme en 2003 « pour faire passer lois régimes de retraites », ou actuellement pour « faire passer l’état d’urgence ». Les musulmans seraient donc « le baromètre de la démocratie et de l’état de droit dans les « démocraties » occidentales ».

Il conclue sur son plan d’action :

− 1) faire parler les victimes

− 2) faire du lobbying (UN, EU, Conseil européen, OSCE, association non musulmanes, réseaux sociaux, médias)… pour « ridiculisez votre pays face à l’opinion internationale »

− 3) éduquer (fonctionnaires, journalistes, événement public…) et investir les médias.

Le mot de la fin revient à Haroon Moghul : « les efforts contre l’islamophobie sont essentiels pour les efforts contre l’extrémisme. » Au moins tout le monde est prévenu.

Carla Parisi

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MIDDLE EAST EYE

Middle East Eye

11.06.2016 La rédaction

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Sur le papier Middle East Eye, c’est l’histoire d’une réussite.

Près de 30 000 pages vues par jour. 329 000 fans anglophones sur Facebook et 62 600 fans francophones.

20 permanents dans le bureau londonien.

Une dizaines de freelancers dans plusieurs pays.

Plusieurs sont des professionnels et leur carrière donne au media un vernis sérieux et professionnel. En tête : David Hearst. Il est le rédacteur en chef du Middle East Eye. Il a longtemps été grand reporter pour The Guardian à la section internationale. Il a travaillé sur les conflits en Yougoslavie, en Tchétchénie, en Irlande et en Russie.

En deux ans le site est devenu incontournable. Les Online Media Awards ont même récompensé Peter Oborne de Middle East Eye pour son reportage sur le siège de Damas. Middle East Eye a également été nommé pour le prix du meilleur site web d’actualité mondiale. Mais quel genre de journalisme Middle East Eye fait-il ?

« Ils entrent militants et sortent journalistes » #presswashing 

De nombreux militants qui écrivent dans des organes de presse s’arc-boutent sur le fait qu’ils sont journalistes et donc objectifs. En déclarant que les collaborateurs de MEE entre « militants et sortent journalistes » David Hearst joue sur cette confusion. Comme si, des êtres humains, qui se battent passionnément pour une cause ou une idéologie éteignaient l’interrupteur de leur cerveau pour écrire.

Certains contributeurs de Middle East Eye sont engagés. Encore heureux.

En revanche faire croire qu’ils cessent de l’être en écrivant est une insulte à l’intelligence, des lecteurs et des contributeurs de Middle East Eye.

Le biais de l’islam politique

Hanan Chehata est une des contributrices régulières du site. A propos des laïcs elle n’hésite pas à parler « secular fanatics » (laïcs fanatiques) qui la prendraient en étau avec la « police religieuse ».

Basheer Nafi est chargé de recherche principal au Centre detudes d’Al Jazeera. Il a écrit plusieurs papiers pour Middle East Eye. Dans l’un d’entre eux il rappelle à l’ordre Rached Ghannouchi.

« Ennahdha peut changer son discours, mais pas la réalité de l’islam politique ».

« La relation entre Ennahdha et les Frères musulmans n’a pas résulté d’un effort missionnaire conspirateur mais était un choix purement tunisien. Il est tout à fait faux de prétendre aujourd’hui qu’Ennahdha a été prisonnier pendant plusieurs décennies d’une identité politique islamique qu’elle ne désirait pas ».

« Les forces du courant général de l’islam politique, menées par les Frères musulmans, ont lutté depuis près d’un siècle pour l’indépendance de leur État ; elles ont lutté pour la liberté des peuples et pour la mise en place d’un système juste de gouvernance qui exprime la volonté de la majorité du peuple et se porte garant de ses intérêts. Dès le moment où il faisait face au despotisme du leader tunisien Habib Bourguiba, Ennahdha n’était pas une exception. Il n’y a rien de honteux dans cette histoire et il n’y a rien qui justifie une condamnation. »

Et de lancer « la peur et la sensibilité ne doivent pas pousser un mouvement politique ayant une aussi longue histoire de luttes et de sacrifices à prendre des décisions hâtives et précipitées. »

Indépendante… des studios de Hollywood et de son arrière grand-oncle.

Dans la rubrique en anglais “about” on peut lire queMiddle East Eye est « une organisation d’infos  en ligne financée de manière indépendante qui a été créée en Février 2014 ». Au fond que veut dire « financée de manière indépendante » ? Indépendante des gros groupes de presse ? Indépendante des studios d’Hollywood ? Indépendante des fonds de pensions des retraités américains ? La seule solution pour tenter d’y voir clair c’est de demander les documents légaux fournis par la société. On y lit que le directeur de la compagnie est Jamal Awami Jamal dit Jamal Bessasso. Il est directeur de 2 sociétés aux noms quasi similaires : MEE limited et Middle East Eyes limited.

Jamal Bessasso, d’origine palestinienne, est né en 1969 au Koweït. Il est néerlandais. Et vit en grande Bretagne. Jamal Bessasso, a été anciennement directeur du planning et des ressources humaines pour Al Jazeera. Il a aussi été le directeur de Samalink TV au Liban qui diffuse la chaine proche du Hamas Al Quds TV. Jamal Bassasso a également travaillé pour une société immobilière de Dubaï avec Anas Mekdad, un autre Palestinien lié à Al Islah, l’aile émiratie des Frères musulmans, aujourd’hui interdite et dont plusieurs membres purgent des peines de prison pour avoir tenté de renverser le gouvernement Anas Mekdad est le fondateur du forum web islamiste AlMakeem, qui a fait l’éloge du Hamas. Un forum auquel contribue Jamal Bessasso.

Interrogé par le site émirati, The National, David Hearst, le rédacteur en chef de Middle East Eye a complétement nié que Jamal Bessasso, ait de l’importance dans Middle East Eye. Au mieux a-t-il concédé que Jamal Bessasso était « un collègue, le responsable des ressources humaines et le directeur légal » ! Pourquoi nier qu’il soit aussi le représentant des propriétaires anonymes de Middle East Eye, voire son propriétaire puisque c’est le seul nom qui apparait sur les documents officiels fournis à l’l’administration britannique. Jamal Bessasso est le seul nom qui apparait pour la société Middle East Eye Limited qui est la propriétaire du site Middle East Eye.

Toujours dans la rubrique « indépendance », il faut souligner le prêt industriel qu’a représenté l’apport d’un coach : Jonathan Powell. Salarié d’Al Jazeera depuis 2009, il a passé 6 mois à Londres pour créer le site Middle East Eye.

Autre coincidenc, le site Middle East Eye a été déposé par Adlin Adnan. Incidemment employé comme Responsable des politiques de développement de l’organisation Interpal longtemps liée à l’Union du bien de Youssef Al Qaradhawi basée au Qatar.

Toujours un hasard sans doute, on retrouve dans le staff de Middle East Eye, Rori Donaghy directeur entre 2012 et 2014 de l’Emirates Center for Human Rights, une structure destinée à soutenir les Frères musulmans dans les Emirats. Rori Donaghy a reconnu que la structure avait été fondée grâce à Anas Al Tikriti, patron de la Cordoba Foundation et soutien des Frères musulmans.

David Hearst publie des vidéos sur internet oùu il continue à plaider son indépendance politique et financière, sans pour autant outer ses financiers. Pour un site de cet ordre, avec les bureaux spacieux, à Londres, 20 permanents et des dizaines de freelances dans plusieurs pays. Sans parler des traductions. Il faut compter environ 2 millions d’euros par an pour faire vivre le site par an.

Ce article est également disponible en العربية et English.

IKHWAN INFO A 1 AN ET 1 MILLION DE VUES

Ikhwan Info a 1 an et 1 million de vues

05.06.2016La rédaction

Nous avons lancé Ikhwan Info en juin 2015. Dans le but de fournir un Observatoire de l’Islam politique et des Frères musulmans. Un réseau intégriste qui prospère dans les pays musulmans et trouve des alliés en Occident grâce à sa capacité à la propagande mais aussi grâce au manque d’information du grand public sur ses discours, ses ramifications, ses penseurs et stratèges. Notre objectif était d’y pallier. Il est plus qu’atteint.

1 million de vues

Fin mai 2016, selon les chiffres de Google Analytics, 1 059 604 pages de notre site ont été vues, par 699 756 utilisateurs.

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Le site a été a été attaqué à plusieurs reprises, mais il a tenu. Sauf lors du congrès 2016 de l’UOIF où l’attaque l’a rendu indisponible 48 heures. Lorsque nous mettons un article concernant l’Iran, le site est inaccessible dans ce pays pendant quelques jours. La plupart des attaques proviennent d’adresses IP en Turquie et en Tunisie.

381 articles

Même si la langue principale du site est le français, de nombreux articles sont également publiés en anglais et en arabe.

Nous essayons de faire en sorte que chaque article soit traduit dans au moins 2 langues.

Nous avons publié cette année : 381 articles. 287 en français. 138 en anglais. 91 en arabe.

L’article le plus lu en Français : Le Meeting des “Ni Charlie Ni Paris” appelle à sanctionner la gauche

L’article le plus lu en Anglais : When the Muslim Brotherhood calls officially for mass murder

L’article le plus lu en Arabe :    رجل شاب جميل جداً Traduction d’Un si beau jeune homme (à propos de CAGE et de Jihadi John)

Lu presque partout, sauf en Corée du Nord 

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En un an, nos articles ont été lus partout. Quelques pays manquent encore : Corée du Nord, Ouzbékistan, Turkmenistan, Groenland, Tchad, Ouganda, Papouasie Nouvelle Guinée.

Les visiteurs les plus fréquents viennent des pays suivant : France, Egypte, Turquie, Indonésie, Maroc, Etats-Unis, Tunisie, Belgique, Inde.

Nous avons publié des articles sur 29 pays.

Algérie, Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Cuba, Emirats Arabes Unis, Egypte, Etats-Unis, Finlande, France, Grande Bretagne, Inde, Iran, Jordanie, Koweit, Liban, Libye, Malaisie, Maroc, Norvège, Qatar, Soudan, Suède, Suisse, Syrie, Tunisie, Turquie, Yemen

Des résultats

Certaines enquêtes, comme celles menées par un ancien militant frériste devenu contributeur du site, Mohamed Louizi, ont  permis d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics. Ce qui a contribué à dissuader la venue de prêcheurs extrémistes, trop visibles, lors de Rassemblements organisés par les Frères musulmans en France.

Ce article est également disponible en العربية.News

Fatwas et caricatures : la stratégie de l’Islamisme

Résumé de l’éditeur

Quels sont les fatwas, les sermons, les livres, les financiers qui ont déclenché la naissance et la montée en puissance d’Al-Qaïda et de Daech? Comment les terroristes justifient-ils les tueries de Montauban, de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher? Quel est le véritable enseignement dispensé par les islamistes en France, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne – y compris par des islamistes polis comme Tariq Ramadan? Quel est le véritable but des Frères Musulmans en Europe? Fatwas et caricatures répond à toutes ces questions avec une collection de citations et de documents parfois stupéfiants.

Lina Murr Nehmé, franco-libanaise, est professeur à l’Université Libanaise à Beyrouth. Elle est spécialiste de l’Islam, historienne et politologue. Durant 35 ans, elle a fait des recherches intensives au sujet des guerres contemporaines du Moyen-Orient, des mouvements terroristes, de leurs motivations, de leurs textes de référence, de leurs idées, de leurs actions, et aussi de leurs racines historiques: le Moyen Age, la Renaissance, etc. Le résultat: des ouvrages qui démolissent des idées reçues, notamment: 1453, Mahomet II impose le schisme orthodoxe.

Notre avis

On trouve dans l’ouvrage plusieurs illustrations intéressantes.

MOHAMED BADIE À NOUVEAU CONDAMNÉ À LA PRISON À VIE

Mohamed Badie à nouveau condamné à la prison à vie

31.05.2016La rédaction

Mohamed Badie, 8ème guide suprême des Frères Musulmans a été condamné pour la sixième fois à la prison à vie. Avec 35 autres accusés, il a été reconnu coupable d’avoir incité à des violences ayant fait trois morts à Ismaïlia.

Mohammed Badie à été condamné à mort pour « planification de recours à la force contre l’État » et « incitation au chaos et à la violence », et six fois à perpétuité. En décembre 2011, il expliquait que les Frères musulmans étaient près du but : un gouvernement « sain » et un « califat ».

L’AFP a diffusé l’information en présentant Mohamed Badie comme « guide des Frères Musulmans » et non « guide suprême des Frères Musulmans ». D’autres journaux, comme Le Monde ont employé le terme « guide » entre guillemets. Idriss Sihamedi, créateur de Barakacity implore quand à lui depuis mars sa libération :

« Qu’Allah libère Mohammed Badie, condamné à la prison à vie par le régime de Sissi.Ô Allah, ordonne donc sa libération! » (tweet du 4 mars 2015)

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