Depuis presque un an, Tariq Ramadan resserre ses liens avec l’association CAGE, plusieurs fois épinglée pour ses positions islamistes et pro-djihad, par la presse et Ikhwan Info. Analyse d’un partenariat qui perdure :
Le 18 juin 2016, l’association CAGE organise une conférence avec Tariq Ramadan pour célébrer la rupture du jeûne. Et surtout pour sceller le rapprochement entre le prédicateur suisse et l’association britannique.
La vidéo de cette conférence est visible sur le site internet de Tariq Ramadan. (ICI) Il y « remercie » CAGE et appelle le public à la « soutenir ». Pour Tariq Ramadan, CAGE fait un travail « essentiel », se bat pour la « liberté d’expression », et surtout contre « Prevent », le programme anti-radicalisation du gouvernement anglais. Tariq Ramadan affirme que « face aux injustices, on demande aux musulmans d’être silencieux pour être acceptés ». Or selon lui, « l’Islam c’est ne pas être silencieux face aux gouvernements corrompus ». Il fait alors l’éloge de CAGE… Doit-on en conclure que pour être un bon musulman, il faut soutenir CAGE ? C’est en tous cas ce que sous-entend habilement Tariq Ramadan. La vidéo s’intitule d’ailleurs The Story of Dawud, et fait un parallèle entre CAGE (David) se battant contre les « corrompus », contre les « géants » (Goliath).
L’année précédente, en 2015, l’invité d’honneur de CAGE pour la rupture du jeûne n’était autre qu’Abu Qatada. Rédacteur et support idéologique du journal du GIA, Usrat-al-Ansar, dans les années 90, puis figure incontournable du Londonistan, surnommé « l’ambassadeur de Ben Laden en Europe », avant d’être expulsé en Jordanie en 2013, il est l’auteur de plusieurs fatwas autorisant le meurtres d’apostats, de juifs, ou encore d’américains. Il avait déclaré juste après les attentats du 11 septembre 2001 qu’il ne s’agissait que d’une « réponse aux politiques injustes de l’Amérique ». Après avoir appelé à la création d’un état islamique, il est désormais plus proche des rangs djihadistes du Front al-Nosra, et participe au magasine pro-al-Qaida, Al-Risalah. Tariq Ramadan ne semble visiblement pas embarrassé de prendre le flambeau après Abu Qatada pour l’Iftar 2016 de CAGE.
Le 5 décembre 2016, Tariq Ramadan apparaît dans une vidéo postée par CAGE, où il appelle à soutenir l’association : « soutenez le travail de CAGE, soutenez le financièrement, aucun gouvernement ne paiera jamais car c’est exactement ce qu’ils ne veulent pas voir (…) c’est notre devoir, du côté des opprimés (…) donnez votre argent, autant que vous le pouvez ».
Le 29 janvier 2017, Tariq Ramadan participe au colloque de CAGE intitulé Emergency Live Appeal, littéralement Appel d’Urgence en Direct. Il s’agit encore une fois de récolter des fonds pour CAGE, qui se dit en situation financière « précaire ». Sont également annoncés présents Adnan Siddiqui, directeur de CAGE, Moazzam Begg, directeur adjoint de CAGE, Asim Qureshi, directeur de recherche de CAGE, Ibtihal Bsis, avocate et représentante d’Hizb ut-Tahrir, Majid Freeman, qui se présente comme travailleur social, ainsi que Suliman Gani, imam à Tooting.
Adnan Siddiqui appelle à désobéir aux lois anglaises en matière de lutte anti-terroristes : « nous devons nous sentir assez surs de nous pour défier les lois. Ils n’aiment pas les gens comme nous qui leur disent ». Adnan Siddiqui s’était fait connaître du grand public en Angleterre en 2014 après avoir affirmé que l’attentat suicide d’un djihadiste anglais contre une prison d’Alep pour libérer des prisonniers, et qui avait tué des dizaines de personnes, était « un prix qu’il valait la peine de payer ».
Asim Qureshi est à la table ronde contre le programme anti-radicalisation Prevent avec Ibtihal Bsis. Asim Qureshi avait provoqué un tollé en 2015 après avoir décritJihadi John, de son vrai nom Mohammed Emwazi, bourreau de l’Etat Islamique, de « très beau jeune homme », « extrêmement gentil, doux, la personne la plus humble que je connaisse », après avoir été un certain temps en contact avec lui. Pour Asim Qureshi, sa radicalisation est due aux autorités britanniques. Dans un précédent colloque organisé par Hizb ut-Tahrir en 2006, il y déclarait à propos de la Palestine, de la Tchétchénie, de l’Irak, du Kashmir et de l’Afghanistan : « nous savons qu’il incombe à chacun d’entre nous de soutenir le djihad de nos frères et sœurs dans ces pays lorsqu’ils font face à l’oppression de l’Occident ».
Ibtihal Bsis représente le parti Hizb ut-Tahrir. Ce parti appelle au rejet de la démocratie considérée comme impie, à la mise en place d’un califat mondial, à la destruction d’Israël et à l’instauration de la Charia sans aucune autre forme de jugement. N’incitant pas directement à la lutte armée (bien qu’il glorifie le djihad) il n’est pas considéré comme terroriste par les Etats-Unis, à la différence de plusieurs pays d’Asie comme la Chine ou la Russie.
Majid Freeman confesse faire appel à CAGE pour pouvoir effectuer des allers-retours en Syrie avec son œuvre de charité : « quand je pars de Syrie pour mon travail de charité j’appelle CAGE pour des conseils légaux et idem lorsque j’y repars ». Majid Freeman a déjà été épinglé pour avoir fait l’éloge de membres d’al-Qaïda, du Front al-Nosra ou encore pour avoir justifié des crimes de l’Etat Islamique.
Suliman Gani rend hommage à CAGE qui « sécurise la liberté des prisonniers ». Suliman Gani est connu pour avoir mené une campagne de boycott contre les magasins ahmadis à Londres : « Puisque les Qadianis (injure pour désigner les ahmadis) sont habituellement trompeurs quant à leur religion, il y avait un risque potentiel que les musulmans se voient proposer de la viande qui n’était pas nécessairement halal ». Il a également travaillé trois ans pour le Ministère de la Santé en tant qu’aumônier musulman à l’hôpital de Tooting, tout en s’opposant aux transfusions sanguines et à l’avortement. Il considère l’homosexualité comme « non-naturelle » et les femmes comme « asservies » aux hommes.
Tariq Ramadan et Moazzam Begg concluent la conférence. Tariq Ramadan insiste sur le rôle de CAGE dans la « défense de la liberté d’expression ». On comprend mieux pourquoi il n’a pas défendu celle de Charlie Hebdo : peut-être était-il trop occupé à défendre celle des pro-djihad ? Tariq Ramadan réitère alors des les compliments et autres appels au don pour CAGE… sans jamais apporter aucune contradiction à aucun des autres participants, bien au contraire.
C’était une belle marche. Une marche essentielle, alors que le nouveau président des Etats-Unis s’apprête à supprimer les subventions au Planning familial.
C’était surtout censé être une Marche Féministe… Sauf quand certains ont essayé de convertir cette belle Résistance dans une opportunité de légitimer l’oppression des femmes, de banaliser le voile comme un symbole de résistance, amalgamant musulmans et islamistes.
La Amplifier Fondation a proposé aux manifestants de diffuser une image de femme en hijab pendant la marche avec pour slogan: « Nous le peuple ». Un bus repeint avec cette affiche les distribuait d’ailleurs pendant la manifestation.De nombreux musulmans libéraux se sont sentis très mal à l’aise. En effet la présence de cette affiche excluait de fait le combat des femmes musulmanes ne portant pas le voile. Mona Eltahawy, écrivain égyptien-américain d’ailleurs exprimé son malaise.
« Je suis une musulmane égypto-américaine qui a combattu pendant 8 ans pour arrêter de porter le hijab »
D’autres ont été très choqués par l’invitation faite par la Marche des Femmes à CAIR. CAIR est une organisation très controversée et qui a été placée sur la listes des organisations terroristes par les Emirats Arabes Unis. CAIR défend l’islam politique et n’hésite pas à recourir à des campagnes de diffamation contre ceux qui questionneraient leurs méthodes. Zahra Billoo, directrice exécutive de CAIR San Francisco a pris la parole lors de la Marche des Femmes sur Washington, dans la capitale du pays. Elle a expliqué sans la moindre honte que les Noirs assassinés par la Police, les homosexuels harcelés ou les enquêtes du FBI sur les « musulmans » relevaient du même processus.
Zahra Billoo n’était pas la seul oratrice problématique. Linda Sarsour, directrice de l’Association arabe américaine de New York (AAANY) était également présente. Membre des organisatrices de la Marche des femmes, Linda Sarsour estime que des enfants musulmans sont « exécutés » aux Etats-Unis et la CIA est derrière un terroriste islamiste: « Underwear bomber était le #CIA tout le long. Pourquoi le savais-je déjà? »
Elle a plusieurs fois défendu le régime de la Charia sur les réseaux sociaux :
Dans un autre tweet, elle exprime le désir de retirer le vagin d’une opposante politique. Ayaan Hirsi Ali, exisée, victime d’une fatwa et opposante de longue date aux islamistes.
Rien de très surprenant puisque la famille de Linda Sarsour est liée au Hamas.
Autre élément de la tragique naïveté d’une certaine gauche américaine, certaines militantes ont suggéré que des marcheuses portent le voile, comme si c’était un jeu.
Beaucoup de féministes musulmanes ont réagi en disant que cette vidéo leur retournait le coeur.
Il faut espérer que la gauche américaine se réveillera rapidement. L’exotisme n’empêchera pas de résister à Trump, il aidera juste les fanatiques… Et Donald Trump.
Dans cette primaire, Benoît Hamon se présente comme le candidat de la « banlieue ».
Depuis qu’il est élu de Trappes, il semble penser que défendre sa circonscription (ou sa réélection) suppose de piétiner les défenseurs de la laïcité.
Le 3 mars 2016, alors que les menaces contre les journalistes et les laïques sont au plus haut, Benoît Hamon préfère s’inquiéter de la « laïcité douteuse » des « Finkielkraut, Fourest et Sifaoui », dont il confond visiblement les positions.
Son projet pour Trappes et la France ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que Benoît Hamon n’est pas très vigilant envers la régression et la réaction intégriste.
Outre la polémique déclenchée par ses propos visant à relativiser le fait que les femmes ne soient pas les bienvenues dans certains cafés de Sevran (il explique alors — à tort — que c’était aussi le cas des cafés ouvriers, et donc pas si grave…), le député de Saint-Denis pense surtout que l’urgence est de capter le vote des quartiers populaires en le brossant dans le sens du poil.
Comment ? En prenant position contre la polémique sur le Burkini, en amalgamant tout débat sur la laïcité à une « hystérie envers l’Islam » et bien sûr en instrumentalisation la cause Palestinienne.
En soutenant qu’une résolution en faveur de la Palestine était le « meilleur moyen de récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers », Benoît Hamon ne fait que mettre en pratique la doctrine Boniface… Elaborée dans une note ayant fait vivement polémique, Pascal Boniface y conseillait de choisir la Palestine plutôt qu’Israël pour des raisons de calculs électoraux : les Musulmans étant plus nombreux que les Juifs en France.
Depuis, les soupçons d’antisémitisme n’ont cessé de planer autour de Pascal Boniface. Il accuse de son côté toute personne critiquant l’islamisme ou son ami Tariq Ramadan d’être « islamophobe » ou d’être des « faussaires »… Ce qui ne manque pas d’humour puisqu’il est l’un des rares intellectuels à avoir été condamnée pour « contre-façon » après avoir signé sous son seul nom un ouvrage rédigé par un collectif d’auteurs.
Il était l’un des invités privilégiés et remarqués lors du rassemblement organisé à Saint-Denis pour lancer la campagne de Benoît Hamon aux primaires.
La gauche Qatar ?
L’équipe de campagne rapprochée de Benoît Hamon est composé d’élus de banlieues ayant pris des positions plutôt hostiles à la lutte contre l’intégrisme.
Son directeur de campagne, Mathieu Hanotin, est également député de Seine Saint-Denis, où il met beaucoup d’énergie à critiquer ceux qui s’inquiètent des régressions effarantes constatées dans ce département… à cause de la lâcheté politique.
Le 23 mai 2016, dans une réaction à une enquête du Figaromagazine sur la montée de l’intégrisme, il écrit une réaction intitulée « Non Saint-Denis ce n’est pas l’islamisme au quotidien! » où il va jusqu’à réfuter le terme même d’ « islamisme » et parle d' »amalgames et de mensonges ». Avant d’ajouter : « Evidemment il y a des problèmes et il faut être lucide. Saint-Denis connait une forte délinquance, de l’insécurité, des problèmes sociaux importants et une dégradation sévère de l’habitat. Néanmoins il ne s’agit ni d’ « islamisation », ni d’application de la « charia » et encore moins de « terrorisme ». Les Dionysiens sont comme tous les autres citoyens de notre pays et le procès d’intention qui est fait par certains n’est rien d’autre que de la discrimination territoriale et/ou religieuse. Ce genre de caricature, dans le contexte actuel, loin de résoudre les problèmes réels, ne fait que les aggraver. »
Mais le champion toutes catégories de la gauche la plus bête du monde quand il s’agit de laïcité est bien le porte-parole de Benoît Hamon : Alexis Bachelay.
A Gennevilliers (ville où est enterrée l’un des frères Kouachi), Alexis Bachelay n’hésite pas à organiser des conférence publique contre l’Etat d’urgence en compagnie du très douteux et très anti-CharlieCCIF (Collectif contre l’islamophobie)… Comme ce 12 janvier 2016. Soit moins d’une semaine après les commémorations de l’attentat contre Charlie Hebdo !
Dans les émissions, il est l’un des rares élus à défendre l’honneur de Qatar, dont il maintient que personne n’a jamais pu prouver son « implication dans le financement du terrorisme »… Juste dans celui de groupes liés à Al Qaïda.
Personne mieux que lui n’applique la doctrine Boniface. Le 23 juin 2016, il introduit un amendement visant à supprimer le délit de boycott dans le but de soutenir le très contestable BDS (mouvement qui boycotte non seulement les produits mais parfois aussi les Israéliens tout court… Ce qui relève du racisme).
En pleine période d’attentats et de menaces, il est de ceux qui a le plus violemment critiqué l’initiative « Tel Aviv sur Seine« .
Et bien sûr, Alexis Bachelay pense, comme Benoît Hamon que parler aux banlieues veut dire tacler la laïcité, ne jamais s’émouvoir sur burkini ou du voile.
Lors de l’ « Emission politique » de France 2 du jeudi 5 janvier 2017, présentée par le duo Pujadas et Salamé, l’on a proposé à l’ex-premier ministre socialiste et actuel candidat aux « Primaires citoyennes », de débattre avec une jeune femme voilée, Attika Trabelsi. Le journaliste Karim Rissouli la présenta en ces termes: « Attika Trabelsi, vous êtes jeune diplômée de l’Ecole Normale Supérieure. Vous êtes entrepreneure. Vous avez créé une entreprise en ligne de l’artisanat marocain, et vous êtes également engagée au sein de l’association Lallab dont le but est, je cite : « montrer la pluralité des femmes musulmanes ». Vous vous dites musulmane et féministe … ». Fin de citation.
S’en est suivi une séquence larmoyante à dessein, où la jeune femme, se disant humiliée à l’écoute des propos de Manuel Valls – « Marianne a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple ! Elle n’est pas voilée, parce qu’elle est libre ! » – a plutôt cherché à émouvoir, en endossant l’habit de l’éternelle victime, au lieu d’engager une réflexion digne, responsable, dépassionnée et débarrassée de toute victimisation mesquine, face à un potentiel candidat aux prochaines élections présidentielles, sur le principe même de la laïcité et les dangers réels qui menacent la République : l’islamisme, ses agents agitateurs et ses voiles, en tête du peloton.
En effet, la laïcité demeure méthodiquement fragilisée, systématiquement attaquée par le réseau islamiste, de concert avec une certaine gauche clientéliste, multiculturaliste et néo-internationaliste, substituant le « prolétaire » d’hier par la femme « voilée » d’aujourd’hui.
Après tout, Attika Trabelsi est parfaitement dans son droit de défendre mordicus son bout de tissu sacré, dissimulant son cuir chevelu au nom du Ciel. Cependant, France 2 est-elle en droit de faire le jeu de l’islamisme et de banaliser, de la sorte, son discours victimaire et ses étendards identitaires ? Est-elle en droit de lui offrir une tribune libre, devant presque deux millions de téléspectateurs [1], ce soir-là ?
Car Attika Trabelsi est loin d’être uniquement une jeune normalienne comme présentée par France 2. Elle n’a pas passé le concours de Normale Sup mais a fait un master en géopolitique à l’ENS [2]. Sur les réseaux sociaux elle n’hésite d’ailleurs pas à entretenir l’ambiguïté. Quoiqu’il en soit, elle fait de ce titre universitaire un argument de liberté.
Loin d’incarner et de représenter cette citoyenne lambda, triée arbitrairement sur le volet, lors d’un casting ordinaire, elle est une vraie militante d’un réseau islamiste. Elle fait de son voile un label identitaire revendiqué et revendicatif. Elle n’est pas simplement « engagée au sein de l’association Lallab » dixit Karim Rissouli, mais elle occupe le poste stratégique de trésorière de cette très jeune association, citée furtivement, et une seule fois, dans cette émission. Attika Trabelsi est venue, en porte-voix, défendre une vision idéologique de Lallab [3]. C’est-à-dire, au nom du pluriel, cette association, riche en voiles de toutes formes, tente de légitimer et de banaliser l’uniformisation islamiste des corps féminins et d’interdire, par la même, la mise en cause nécessaire de toute la construction théologique et jurisprudentielle sous-jacentes des revendications islamistes identitaires moyenâgeuses, qui s’en réclament.
L’on s’étonne parfois de voir une très jeune association, créée depuis seulement quelques mois, inconnue du grand public, invitée à défendre sa cause à la télé lors d’un créneau magistral, alors que de nombreuses associations, très anciennes, très actives aussi, n’arrivent même pas à faire parler de leurs activités, ne serait-ce que dans un journal local !
Mais qui se cache derrière Lallab ?
Officiellement, cette association (et média numérique aussi) est cofondée par deux jeunes femmes non-voilées : Sarah Zouak et Justine Devillaine [4]. Toutes les deux ont passé par la case IRIS Sup’, dirigée par un certain … Pascal Boniface. Celui-là même qui, le 1 juin 2016, a consacré son « édito » au parcours de … Sarah Zouak, son ex-étudiante [5].
Il lui a offert cette tribune pour qu’elle puisse expliquer le sens d’un documentaire intitulé « Women Sensetour in muslim countries »[6], qu’elle a co-réalisé, présentant les portraits de 25 femmes musulmanes, issues de cinq pays : le Maroc, la Turquie, l’Indonésie, l’Iran et la Tunisie … pour s’en servir, médiatiquement et politiquement, ici en France !
« Alors à ces personnes qui ne cessent de se cacher derrière le vivre-ensemble, l’égalité et la justice, je pose une simple question : quel modèle de société souhaitez-vous ? Une société française qui accepte seulement les personnes capables de s’intégrer et de s’assimiler quel qu’en soit le coût, ou une société qui accepte toutes les personnes avec leurs différences et multiples identités ? » [7] avait conclu, Sarah Zouak, son échange avec son professeur Pascal Boniface. Et ce sont très exactement ces mêmes éléments de langage qu’a exprimés Attika Trabelsi face à … Manuel Valls !
Dans un autre entretien, accordé au site « Clique », le 12 octobre 2016, la franco-marocaine Sarah Zouak – inspirée des travaux de la sociologue franco-irakienne Zahra Ali [8] – a déclaré :
« j’en ai marre de Manuel Valls et sa « Marianne au sein nu » » [9] !
Le journaliste Karim Rissouli a choisi exactement ce propos de Manuel Valls pour permettre, à la trésorière de Lallab de faire son numéro de femme voilée victime, sur le plateau de France 2. De la même façon comment comprendre que ce soient imposées en un temps record les icônes de Lallab, à l’image de Zouak et Trabelsi, comme interlocutrices médiatiques supposées être représentatives des femmes musulmanes !
Je dis bien « un temps record », car Sarah Zouak n’a que 27 ans, fraîchement diplômée de l’IRIS de Pascal Boniface, mais qui cumule déjà des prix, des trophées et des titres honorifiques – comme ceux accordés à Soufiane Iquioussen – pour son seul et unique « œuvre », sur les femmes musulmanes dans les cinq pays précités. En juin 2016, elle a remporté le « Prix Coexister 2016 », dans la catégorie « Femme française émergeante », de l’association Coexister, qui demeure très proche des Frères musulmans de l’UOIF. Et c’est bien un certain Jean Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la Laïcité, qui s’est chargé de le lui remettre en personne. En octobre 2016, elle a remporté le prix « Déclics Jeunes » de la Fondation de France ainsi qu’une bourse, versée par la même fondation philanthrope, pour « finaliser mon rêve », dit-elle !
A Lallab, les partisans de la banalisation de l’intégrisme se bousculent. On peut y voir Samuel Grzybowski, fondateur de l’association Coexister et qui trouve intéressantes les thèses de Hassan El Banna.
Ou encore Hanane Karimi qui tenta sur un plateau de France télévision d’humilier publiquement David Thomson qui s’inquiétait du retour des jihadistes de Syrie. (Ici)
Lallab est donc l’expression d’une nouvelle mutation « pokislamiste », remplaçant les structures vieillissantes des Frères musulmans, en ces temps durs, par de nouvelles jeunes structures 3G, soignant attentivement leurs apparences, pour faire passer les mêmes messages idéologiques, voire plus, dans une ambiance bon enfant, là où les vieilles structures reconnaissables de loin, n’avaient que peu ou pas d’influence. Toutefois, c’est grâce aux circuits islamistes (et islamogauchistes) que Lallab prêche librement sa parole.
En effet, du 13 octobre au 27 novembre 2016, Lallab a présenté le premier épisode de son « documentaire » dans presque 14 villes françaises. Pour cela, le réseau frériste local d’EMF (Etudiants musulmans de France), à Lille comme à Montpellier, a été efficace. A Paris, c’est l’institut IREMMO, présidé par Jean-Paul Chagnollaud, qui a projeté le film de Sarah Zouak [10]. Ce même IREMMO a invité ce mardi 10 janvier 2017, l’un des membres de son conseil scientifique, François Burgat pour ne pas le nommer, à présenter son dernier essai : « Comprendre l’islam politique » [11] !
A Grenoble, Sarah Zouak remercie particulièrement une professeure de français, prénommée Delphine, d’avoir mis plus de 300 élèves collégiens, âgés de 11 à 15 ans, devant la projection de son « documentaire », dans le cadre d’un atelier de « sensibilisation sur le féminisme mais surtout pour lutter contre les préjugés sur les femmes musulmanes » écrit-elle le 21 novembre 2016 sur sa page Facebook. Un autre message du 23 décembre 2016 annonce que Lallab compte investir le champ scolaire par l’animation d’autres ateliers en 2017. Le Ministère de l’Education Nationale appréciera !
Lallab se sont aussi des liens à l’international : le 4 novembre 2016, Sarah Zouak – qui n’est pas journaliste ! – publia sur son profil, une photo d’elle en Alexandrie en Egypte, au milieu d’autres femmes voilées, ou pas, présentées comme étant des femmes journalistes, venant « de Palestine, de Jordanie, d’Egypte, du Liban et du Maroc » pour participer, dit-elle, au séminaire « Defying threats and hate speech against female journalists from the MENA région »[12], organisé par l’Institut suédois d’Alexandrie que préside le social-démocrate Peter Weiderud, depuis avril 2015 [13].
Ce même Peter Weiderud, qui par le passé a animé des conférences dont l’invité principal était Tariq Ramadan, a déclaré le 17 septembre 2016, dans la presse égyptienne, en réaction à « l’affaire du burkini », survenue l’été dernier au lendemain des attentats de Nice, que « la France n’a pas le droit d’interdire le burkini sur ses plages car il s’agit là d’une liberté individuelle » avant de fustiger ce qu’il a considéré comme étant une « islamophobie claire de l’Etat français » [14] !
Mais Lallab est aussi une filiation européenne au réseau ENAR [15] – le CCIF à l’échelle européenne – demeurant noyauté par des islamistes et leurs standards victimaires, et qui est financé, entre autres, par la Commission Européenne et par l’OSF (Open Society Foundation) de Georges Soros !
Le 26 mai 2016, lit-on sur la page Facebook de Lallab, Sarah Zouak a participé à un symposium organisé par le réseau ENAR sous le thème : « Muslim women : forgotten women ? Understanding the gender dimension of islamophobia » [16]. Parmi les intervenants annoncés l’on trouve, entre autre, Malika Hamidi, directrice générale de l’EMN (European muslim network) que préside Tariq Ramadan, ainsi que le franco-égyptien Marwan Muhammad, directeur exécutif du CCIF. Dans le post de Sarah Zouak, elle a écrit, je cite : « une journée entière consacrée à l’étude de cette double oppression dont sont victimes les femmes musulmanes en Europe : le sexisme et le racisme. On a terriblement hâte de rencontrer des expert.e.s de toute l’Europe sur le sujet … » !
Par conséquent, il est clair que la puissance médiatique surprenante de cette très jeune association s’explique en partie par ses liens locaux, nationaux, européens et internationaux. Sur le site de Lallab, presque rien n’est dissimulé. Il suffit juste de lire et d’analyser. Les partenaires public-privés, financiers, stratégiques et médiatiques de cette association y sont affichés. En plus de la Fondation de France, il y la ville d’Ivry sur Seine, dont le maire est le communiste Philippe Bouyssou (PCF). L’on trouve aussi le Conseil Général du Val de Marne : le seul département français présidé par un communiste, Christian Favier (PCF) ! Attika Trabelsi qui se présente comme une victime de la France est donc membre d’une association ultra subventionnée par de l’argent public
Parmi les partenaires, il y a aussi le site SaphirNews dont la proximité idéologique avec les Frères musulmans n’est plus à prouver. Lallab peut compter aussi sur « l’armée numérique » des islamistes, amplifiant ses annonces sur les réseaux sociaux, à l’image de la page du World Hijab Day France, promouvant l’organisation de la « journée du voile », comme celle organisée l’année dernière à Sciences-Po Paris !
Malgré tous ces éléments factuels, Lallab est loin de livrer tous ses secrets. Des indices, à recouper et creuser encore, démontreraient des proximités révélatrices avec la RMGE (Réseau des Musulmans des Grandes Ecoles), directement influencé par le CCIF, par l’UOIF et surtout par Tariq Ramadan et son projet « d’islamisation par le haut ».
Le fait que Karim Rissouli présenta la « sœur » Attika Trabelsi d’abord comme une normalienne, n’est pas dénué de sens. Quelques noms figurant parmi les cadres et bénévoles de Lallab, sont aussi très actifs au sein du RMGE comme par exemple la chroniqueuse Maïssa Leroy, la fondatrice de « l’atelier des p’tits mouslims » (l’atelier des petits musulmans), faisant l’apologie du « voile islamiste » au milieu d’enfants en bas-âges.
La même Maïssa Leroy a publié sur sa page FB une image de la carte de l’Europe « en position – dit-elle – de prosternation pour le Seigneur de l’univers » ! Un rêve islamiste.
Enfin, Lallab est aussi un média qui vulgarise les standards islamistes, concernant la justification « religieuse » du voile. En témoigne cette tribune destinée aux filles voilées, publiée conjointement avec le site SaphirNews. Elle s’intitule : « Ma réponse aux 14 arguments les plus courants contre le voile » (à lire ici et ici). A la question n° 13, que l’on pourrait opposer aux filles voilées, je cite : « Ce n’est pas écrit textuellement dans le Coran [le voile, ndlr] », Lallab dicte aux filles voilées les éléments de réponse suivante :
« Ok, je veux bien discuter d’interprétation religieuse, mais il vaut peut-être mieux qu’on parte avec les mêmes bases. Quand je discute avec quelqu’un qui a une foi différente de la mienne, j’ai l’humilité de reconnaître que cette personne a très probablement plus de connaissances que moi dans ce domaine». De mon côté, je me réserve le droit de ne pas donner beaucoup de poids aux arguments « religieux » de quelqu’un qui, loin de présenter les années d’étude et la maîtrise de l’arabe coranique nécessaires pour émettre des avis religieux, n’a même pas des connaissances de base. Parmi celles-ci, le fait que les musulmans s’appuient sur deux sources principales, le Coran ET la Sunna (la vie et les paroles rapportées du Prophète Muhammad). Si tu ne sais même pas ça, tu peux servir ton exégèse bidon sur les plateaux télé, mais moi je ne vais pas apprendre la physique quantique avec un élève de CM2. »
Fin de citation.
Qui a dit que les femmes voilées de Lallab étaient libres et insoumises ? Cette réponse démontre le contraire : le voile est bel et bien le symbole de leur soumission assumée au clergé sunnite, émettant des avis religieux moyenâgeux, sur la base de la soi-disant connaissance de … l’arabe coranique et de ladite sunna du Prophète.
Pour que l’on apprécie mon propos à sa juste valeur, je fais partie de ces citoyens musulmans qui considèrent que le voile dit islamique n’a d’islamique que le nom. Cela étant dit, ma position ne traduit aucun rejet des femmes voilées, quelles qu’elles soient. Penser que le voile n’est pas islamique fait partie, que l’on veuille ou pas, de ce débat réformiste vital qui, n’en déplaise aux islamistes, traverse l’islam, ses textes et ses représentations. Lutter contre la xénophobie, d’où qu’elle s’exprime, ne doit pas interdire le débat sur l’islamisme et sur ses étendards et autres marqueurs identitaires fragilisant le pacte social et sociétal.
Enfin, l’on n’aura que l’islamisme que l’on soutient médiatiquement. France 2, comme d’autres médias français, devront se rendre compte qu’ils jouent avec le feu, en faisant passer pour victimes de la laïcité et de la République, des activistes islamistes, femmes et hommes, foncièrement hostiles à la laïcité et depuis toujours. De la promotion des Iquioussen à la promotion de Lallab, France 2 se rend coupable de connivence flagrante avec l’islamisme et son réseau. Ceux qui paient la redevance devront peut-être exiger plus de professionnalisme de la part de la télé du service publique et de ses chroniqueurs. Pour finir, j’aime bien cette belle phrase, écrite sur le fronton du blog de mon ami tunisien Salah Horchani, je cite : « qui tolère l’islamisme, récolte le terrorisme » [17] … à méditer !
Selon la chaîne Al Jazeera, un de ses journalistes, Mahmoud Hussein, a été placé en garde à vue pour 15 jours. Pour le pouvoir en place, Al Jazeera serait utilisée par les Frères musulmans pour diffuser leur propagande.
Selon le parquet égyptien, Mahmoud Hussein aurait cherché à « renverser le pouvoir à travers la production de films mensongers sur la situation économique et sociale en Egypte ». Il lui est aussi reproché d’avoir participé à un documentaire intitulé « les soldats », dans lequel Al Jazeera affirme que les conscrits sont maltraités.
L’Association des Bleuets, à Marseille, regroupe deux structures. Une mosquée et l’Institut Malik Ibn Anas de Marseille. L’Association des Bleuets travaille en partenariat avec le CCIF. Ce partenariat figure même dans les objets de l’association. On peut y lire que l’Association des Bleuets lutte contre « l’islamophobie en partenariat avec le CCIF ». C’est donc une des structures où le CCIF peut pleinement dispenser son projet de société.
A partir de 2013, une permanence du CCIF se tient d’ailleurs dans les locaux de l’Association des Bleuets.
Le 29 mai 2016, le directeur du CCIF, Marwan Muhammad se rend à l’Association des Bleuets pour participer à une conférence pour « planter les graines de demain » :
En août 2016, une campagne de recrutement est organisée conjointement par l’association des Bleuets et par le CCIF à Marseille. Le but est d’y développer le pôle « anti-islamophobie » Dans un message du 9 août 2016, l’Association des Bleuets explique qu’elle a « besoin de bénévoles investis et disponibles pour cette année scolaire 2016/2017. » Notamment pour « réaliser des testing », et « mener des actions en justice ».
On retrouve autour de l’association des Bleuets les mêmes personnalités radicales qui gravitent autour du CCIF. Les conférences de Nader Abou Anas (invité vedette du dîner du CCIF) y sont relayées, l’imam Abdelfattah Rahhaoui (soutenu par une campagne du CCIF contre la fermeture de son école) vient y donner des conférences.
L’association des Bleuets tient régulièrement sur sa page Facebook des propos anti-chrétiens, anti-juifs, anti- «mécréants ». Certains sont des hadiths considérés comme non fiables par les théologiens, mais qu’importe, l’Association des Bleuets s’en sert pour distiller son refus d’une vie en commun.
Les mécréants selon l’association des Bleuets sont les personnes qui suivent les enseignements du Nouveau Testament, les chrétiens en somme.
« Sont mécréants ceux qui disent : «Allah, c’est le Messie, fils de Marie ! »
La Page Facebook de l’association explique que le but des non-musulmans est de les convertir.
» les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion. »
Ou encore : « Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi.«
Un autre post rappelle au croyants qu’ils doivent éviter de faire alliance avec les chrétiens et les juifs.
« Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs ».
Le 24 décembre 2016, quelques jours après l’attentat de Berlin, l’association des Bleuets franchit un pas de plus et appelle ouvertement sur sa page Facebook à combattre les mécréants à l’aide du Coran.
« N’obéis donc pas aux mécréants et combats-les avec le Coran. »
Le 14 octobre 2020, les Bleuets protestent contre la perquisition faite à Barakacity.
Le 18 décembre 2016 a eu lieu à la Bourse du Travail de Saint Denis la « Conférence Internationale contre l’islamophobie ».
Le discours général concernait la stratégie d’alliance entre associations, syndicats et partis politiques à l’approche des présidentielles en 2017, ainsi que des consignes de vote plus ou moins déguisées. Certains candidats, comme Manuel Valls, ont fait l’objet d’un bashing particulièrement virulent de la part des conférenciers.
Philippe Marlière, militant du mouvement Ensemble ! du Front de Gauche participait à la table ronde animée par Houria Bouteldja du Parti des Indigènes de la République : « l’islamophobie au cœur de la campagne présidentielle ». Il a affirmé que « s’il y a un communautarisme en France, il s’agit du néo-républicanisme laïciste, au cœur du champ politique actuel ». Un vocabulaire tout droit sorti de la droite cléricale du début du 20ème siècle. Pour lui, « l’islamophobie est un écran de fumée politique utilisé pour masquer l’échec patent [de nos politiques] sur les questions politiques et sociales ». Cette rhétorique complotiste, partagée par le CCIF, consistant à faire croire que le gouvernement français fomente et met en place des polémiques autour de l’Islam est contredite par les faits. S’il est indéniable qu’une certaine partie de la droite ou l’extrême-droite veut centrer leur campagne de 2017 autour de questions « identitaires » et souhaiteraient un retour des « valeurs chrétiennes », les récentes polémiques autour de l’Islam n’ont rien à voir et sont pas le fruit d’un complot du gouvernement. L’affaire du burkini d’août 2016, citée lors de la conférence, a d’abord explosé sur les réseaux sociaux, avant que quelques maires de droite ne souhaitent légiférer et que le gouvernement ne s’exprime. Philippe Marlière a ensuite directement plaidé pour « la mise en place d’accommodements » à la laïcité, qui différeraient en fonction des personnes, « comme pour les prestations sociales ».
Stéphane Lavignotte, pasteur protestant de Saint Denis, est intervenu lors d’une table ronde au nom du « christianisme social ». Il s’est dit militant au sein d’ « un mouvement du Front de Gauche » (qui est en réalité Ensemble! comme Philippe Marlière) et espère également que Philippe Poutou et Yannick Jadot auront assez de signatures pour se présenter en 2017. Il se plaint de ne pas assez entendre Tariq Ramadan s’exprimer en France et ajoute :
« il y en a assez de la diabolisation des intellectuels qui font du bien à la France comme Ramadan ! ».
Un lobbying en faveur du prédicateur intégriste controversé qu’il poursuit depuis plusieurs années. Stéphane Lavignotte, s’est aussi se dit « fier d’avoir témoigné en faveur d’Houria Bouteldja » lors de son dernier procès.
Ismahane Chouder a été la troisième intervenante. Représentante de l’association Participation et Spiritualité Musulmane (PSM), déjà épinglée pour ses liens avec le parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane et le Cheikh Abdessalam Yassine, elle est également présidente du Collectif Féministe Pour l’Egalité. Fait étonnant, il se trouve dans la salle quelques porte-parole ou militantes d’associations LGBT visiblement fascinées qui n’hésitent pas à applaudir Ismahane Chouder, alors que Participation et Spiritualité Musulmane avait rejoint La Manif Pour Tous dès ses debuts… Ismahane Chouder a listé lors de la conférence « quatre figures emblématiques de l’Islam lorsque l’on parle des musulmans » qui seraient : les terroristes, les radicalisés, les réfugiés et les controverses (voile, halal, prières de rue). Evoquer ces sujets de société, qui peuvent interpeller chaque français en tant que citoyen serait donc… islamophobe. Ismahane Chouder a notamment affirmé que lorsque l’on dit « il faut lutter contre les djihadistes », cela veut dire lutter contre… les « musulmans ». Elle charge alors Manuel Valls, François Hollande ou encore Laurence Rossignol.
Olivier Besancenot a envoyé un message qu’Omar Slaouti (membre du Collectif Ali Ziri et tête de liste du NPA) lit au public. Il a dit « regretter de ne pas être présent à cette initiative essentielle » et parle d’un « imprévu personnel ». Olivier Besancenot affirme également de façon conspirationniste qu’ « avec l’islamophobie, la classe dirigeante a trouvé comment diviser la classe ouvrière, en instrumentalisant de manière sordide les attentats, et une situation internationale dont elle est largement responsable ». Pour Omar Slaouti, il est légitime de s’opposer aux institutions comme les « institutions européennes » : les jeunes « se méfient de manière rationnelle aux institutions, ce qui explique le Brexit ». Pour lui, cela « se traduit sous le gouvernement Valls (…) par l’utilisation de leviers pour centrer le discours autour de l’islamophobie, de la haine de l’autre (…) et pour pouvoir mener des guerres à l’extérieur ». L’état d’urgence est présenté comme « une arme de destruction massive pour les musulmans ».
La dernière table ronde s’intitulait « face à la répression de l’antiracisme politique et du mouvement social, quelles perspectives ? ». Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac, a félicité Houria Bouteldja pour son « excellent bouquin » à propos de son dernier ouvrage Les Blancs, les Juifs et Nous. Ce livre a pourtant été largement critiqué pour ses injonctions sexistes envers les femmes ou les sœurs d’ « indigènes » : « Il faudra deviner dans la virilité testostéronée du mâle indigène, la part qui résiste à la domination blanche » , pour l’essentialisation « virile et macho » des « indigènes », pour ses propos anti-féministes et identitaires : « j’appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à mon quartier, à l’islam, à l’Algérie » ou pour ses éloges à l’homophobie de l’ancien président iranien : « Ahmadinejad, mon héros ». Verveine Angeli (syndicaliste) et Pierre Tartakowski (président de la Ligue des Droits de l’Homme) appellent à un rapprochement et à une convergence des luttes entre le syndicat Solidaire, les associations LDH, Attac, CCIF et les autres associations présentes au meeting (PIR, PSM, ALCIR, camp décolonial…). Marwan Muhammad du CCIF appelle le public et les organisations à venir « remplir » les tribunaux pour faire pression sur la justice lorsque le CCIF y est présent.
Sihame Assbague a affirmé elle-aussi que l’état d’urgence cible « les musulmans et les quartiers populaires ». Elle a appellé le public à « refuser le barrage républicain » lors des élections en 2017. Selon elle, l’élection de Donald Trump est due à « la suprématie blanche qui craint le déclin blanc », ce qui expliquerait également le succès de François Fillon à la primaire des Républicains, ou encore le fait que « Manuel Valls puisse vouloir se présenter avec tant d’entrain »…La preuve : ses combats sont « criminalisés », comme la marche de la dignité ou le camp décolonial qui ont été « attaqués de toutes parts », ou la page Facebook du Parti des Indigènes de la République qui est parfois « bloquée par le pouvoir et les organisations antiracistes traditionnelles ». Elle appelle les organisations de gauche à la rejoindre en donnant les conditions pour une alliance : « arrêter de critiquer le terme d’islamophobie », d’ « espérer le dévoilement des musulmanes grâce à l’éducation », d’ « incriminer les mecs des quartiers populaires », de « refuser le terme de racisme d’état », et de parler de « division et à la racialiation des luttes ».
Finalement, les conférenciers de salle de conférence de la Bourse du Travail de Saint Denis auront certainement réussi en une journée à faire passer à un public d’à peine 300 personnes leurs appels à ne pas voter pour certains candidats. Il paraît que c’est cela, la « lutte contre l’islamophobie » et l’ « antiracisme politique ».
Carla Parisi
Programme de la journée du 18 décembre :
9h30 : accueil Mot de bienvenue de la mairie
10h : L’islamophobie depuis les attentats Lila Charef (CCIF), M. Gomès (victime de l’Etat d’urgence), Stéphane Lavignotte (Pasteur), Mathieu Lopes (Survie), Alain Gresh (Orient XXI)
11h30 : De la politique de guerre au rejet des migrants Houssam El Assimi (collectif La chapelle Debout), Geneviève Garrigos (ancienne présidente d’Amnesty International), Jean Courtaudière (prêtre à St Denis et membre du service national des relations avec les Musulmans auprès de la conférence des Evêques de France), Christine Delphy (collectif anti-guerre), Karine Parrot (Gisti), Stathis Kouvélakis (universitaire)
Débat avec la salle
14h30 : L’islamophobie au coeur de la campagne présidentielle Ismahane Chouder (CFPE, PSM), Omar Slaouti (membre du collectif Ali Ziri), Amina Damerdji (doctorante), Philippe Marlière (universitaire)
16h00 : Face à la répression de l’antiracisme politique et du mouvement social : quelles perspectives ? Marwan Muhammad (CCIF), Sihame Assebague (Contre-attaques et camp décolonial), Said Bouamama (FUIQP), Verveine Angéli (syndicaliste Solidaires), Meriem Belhadj (Alcir), Thomas Coutrot (militant altermondialiste), Pierre Tartakowsky (LDH)
Débat avec la salle
18h30 : Conclusion : Omar Slaouti, Amal Bentounsi (UNPA)
Signataires de l’appel de la conférence :
AFD International,
ATTAC
Association des Marcheurs de 1983
Association Marocaine des Droits Humains section Paris/IDF (AMDH-Paris/IDF)
Association de Lutte Contre l’Islamophobie et les Racismes, Paris 20 ème (ALCIR)
Association des Travailleurs Maghrébins (ATMF)
Association Femmes Plurielles
Association Dell’Arte (Toulouse)
Association Radio Droit de Cité
Autre Maroc
Bruxelles Panthères
CAPJPO-EuroPalestine
Cedetim
Centre d’études postcoloniales de Lyon
Collectif des féministes pour l’Egalité (CFPE)
Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF)
Collectif des Enseignant.es pour l’Abrogation de Loi de 2004 (CEAL)
Collectif des Musulmans de France (CMF)
Collectif “Ni guerres ni état de guerre”
Contre-Attaque(s)
Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI)
Coordination nationale Pas sans Nous
Droit à la différence
Ensemble!
Europe solidaire sans frontières (ESSF)
Fondation Frantz Fanon
Français & Musulmans
Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)
Front Antiraciste Alsacien
Identité Plurielle
Les Indivisibles
International Jewish Antizionist Network (IJAN)
Le 93 au coeur de la République
Mouvement du christianisme social,
MRAP de Saint Denis
NPA
Participation et Spiritualité Musulmane (PSM)
Parti des Indigènes de la République (PIR)
Politique et Islam
Reprenons l’Initiative contre les politiques de racialisation (RI)
Réseau pour une gauche décoloniale
Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
Signatures individuelles
Verveine Angeli, syndicaliste
Marie-Hélène Bacqué, professeure des universités
Mounia Benaili, conseillère municipale PG à Juvisy
Boualem Benkhelouf, Maire Adjoint à Aubervilliers
Nadia Ben Moussa, conseiller municipal de Villeneuve St Georges
Mohamed Ben Yakhlef, conseiller municipal de Villeneuve St Georges
Amal Bentounsi (UNPA)
Adda Bekkouche, militant altermondialiste
Olivier Besancenot, NPA
Judith Bernard, enseignante, metteur en scène
Myriam Bouregba, actrice du dialogue islamo chrétien
Antoine Boulangé, enseignant, syndicaliste
Alima Boumediene Thiery, avocate
Marie-Hélène Bourcier, maître de conférences à l’Université Lille 3
Félicien Breton, activiste décolonial
François Brun, NPA
Omar Cheriguene, conseiller municipal de Villeneuve St Georges
Fethi Chouder, Adjoint à la Maire d’Aubervilliers, en charge de la Jeunesse
Françoise Clément, militante altermondialiste
Annick Coupé, militante syndicaliste et associative
Pierre cours-salies, sociologue, membre d’Ensemble !
Thomas Coutrot, économiste, militant associatif
Christine Delphy, féministe
Didier Epsztajn, bloggeur
Éric Hazan, éditeur
Hanane Karimi, doctorante en sociologie, féministe
Pierre Khalfa, militant associatif
Stefan Kipfer, professeur
Stathis Kouvélakis, universitaire
Léopold Lambert, rédacteur en chef de The Funambulist
André Landrain, militant antiraciste, soutien des migrants
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Marie-Thérèse Lenoir, militantes anti-raciste et soutien aux migrants
Accusé d’avoir parlé de « gauches irréconciliables » , Manuel Valls a dû rééexpliquer ce que visait son propos de février 2016. Non pas les frondeurs ou la gauche opposée à la loi Travail mais « ceux qui font des meetings avec Tariq Ramadan », c’est à dire ce camp du « ni Charlie ni Paris », ceux qui associent le droit au blasphème ou toute mesure antiterroriste à de « l’islamophobie », très souvent lors de raouts à Saint-Denis.
De nouveau sommé de s’expliquer, Manuel Valls a assumé son désaccord, profond, avec «Clémentine Autain qui s’affiche et passe des accords avec Tariq Ramadan et les Frères musulmans.» C’est assez courageux car sitôt ce clivage assumé, toute la sphère pro-islamiste était bien sûr déchaînée. Sans parler de la presse aveugle qui s’est contenté de prendre fait et cause pour la version Clémentine Autain, jurant ses grands dieux que tout était faux, sans vérifier…
Hélas, les faits sont têtus. Clémentine Autain s’affiche en effet, au niveau local et national, avec les Frères musulmans.
Son courant Ensemble soutient régulièrement leurs meetings. Il est même signataire du meeting honteux qui est annoncé pour ce dimanche 18 décembre à Saint -Denis, en compagnie de Tariq Ramadan, des Indigènes de la République et de Marwan Muhammad du CCIF !
Pour allez voir le site qui annonce ce nouveau meeting réunissant la gauche pro-islamiste.
• Ensemble a également relayé l’appel du meeting du 6 mars 2015 dénonçant « l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher. En compagnie de l’UOIF (à qui Ensemble reproche simplement d’être contre le mariage pour tous !), mais aussi de Participation et Spiritualité musulmane, du CCIF, du Parti des Indigènes de la République, les Indivisibles, Oumma.com, et la Junta islámica….
Le communiqué d’Ensemble est alors co-signé par Laurent Lévy… L’un des animateurs du courant Ensemble et surtout l’un des plus farouches opposants à la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l’école publique. Ses deux filles, militantes voilées, Lila et Alma Lévy, ont mené campagne contre cette loi. Elles ont écrit un livre où elles expliquent leur dégoût des homosexuels ou encore défendu que la lapidation était un « choix » pour se purifier.
• Le 11 décembre 2015 déjà, moins d’un mois après les attaques terroristes à Paris et à St Denis, le courant Ensemble de Clémentine Autain appelait à un meeting contre l' »islamophobie » en compagnie de Salma Yaqoob, qui explique que les attentats de Londres sont une réaction aux attaques américaines. Ou encore de Tariq Ramadan qui y a défendu un imam frère musulman assigné à résidence parce que soutenant les moudjahidines, où qu’ils se trouvent. Sans oublier Marwan Muhammad qui a eu cette phrase étonnante : « Valls a une fracture du cerveau » car il dit qu’il « ne veut pas comprendre les excuses sociologiques des terroristes ».
• Le 23 juin 2016, pas du tout échaudée, Clémentine Autain n’hésite pas à s’afficher en compagnie de Marwan Muhammad du CCIF.
• Cette collaboration se ressent sur le terrain, à Sevran, où Clémentin Autain est conseillère municipale. Des militants se plaignent régulièrement d’un climat politique hostile s’ils osent dénoncer l’enrôlement jihadiste qui y sévit ou le recul de la mixité.
D’ailleurs, lorsqu’un journaliste de M6 se fait lyncher pour avoir dénoncé, faits à l’appui, l’avancée du machisme et de l’islamisme, Clémentine Autain crie avec les loups et parle de « télé poubelle ».
Que Clémentine Autain nie les problèmes de sa commune , préfère les cacher et militer avec ceux qui accusent les laïques et les féministes d’être « islamophobe « , c’est son droit et son déshonneur… Une autre gauche a bien raison de refuser cet aveuglement.News
L’organisation CAIR (Council on American-Islamic Relations), une des plus grandes association frèristes américaines, crée depuis des années des antennes locales dans plusieurs états américains. Ils aspirent à être les seuls représentants des musulmans américains. Au risque de faire en sorte que le grand public confonde « musulmans » et « islamistes » comme on a pu le constater lors de la dernière campagne électorale.
Le quartier général de CAIR est situé à Washington. Nous allons nous intéresser aux dirigeants de l’une des dernières antennes créées, CAIR-Massachusetts (CAIR-MA), instaurée en juin 2015, et dont le siège est basé près de Boston dans une école théologique.
John Robbins est le directeur de CAIR-MA. En parallèle, John Robbins officie à l’Islamic Society of Boston Cultural Center (ISBCC) où il organise des séances de lectures islamiques et des rencontres avec des auteurs d’ouvrage sur la pratique de l’Islam aux Etats-Unis.
CAIR-Massachusetts organise également de nombreux événements dans les locaux de l’ISBCC. Les deux entités partagent locaux et personnel. Le 16 octobre, CAIR-Massachusetts y invitait les musulmans à venir s’y enregistrer pour recenser les électeurs musulmans pour l’élection présidentielle. CAIR-Massachusetts propose aussi régulièrement des conférences pour l’orientation des étudiants musulmans ou autour de sujets de société.
L’Islamic Society of Boston dépend de la Muslim American Society (MAS), qui a été fondée par et pour les Frères musulmans, comme en témoigne son ancien secrétaire général Shaker Elsayed : « Ikhwan members founded MAS », littéralement : « des membres de la confrérie ont fondé la MAS ». Abdulrahman Alamoudi a aussi reconnu l’appartenance frériste lors de son procès. Youssef al-Qaradawi , leader spirituel des frères musulmans, a également été listé parmi les curateurs de la mosquée de l’ISB.
L’Islamic Society of Boston (ISB, qui comprend l’ISBCC et une mosquée) a été fondée en 1981 par des associations étudiantes musulmanes, dont MSA-MIT (voir plus bas) et par Abdulrahman Alamoudi qui en a été le premier président. Ce dernier est connu de l’administration américaine depuis les années 1990 pour apologie de groupes terroristes. En 1996, Abdulrahman Alamoudi appelait le Président Clinton à libérer le Cheikh Omar Abdel Rahmane, pourtant reconnu coupable dans l’attentat du World Trade Center de 1993. En 2000, il appelait ouvertement à soutenir le Hamas et le Hezbollah. Cela n’empêcha pas le président Bush de l’inviter à la Maison Blanche pour commémorer les attaques terroristes du 11 septembre 2001. Il purge actuellement une peine de prison de 23 ans depuis 2004 pour sa participation à un complot de Kadhafi visant à éliminer via Al-Qaïda le Prince Abdallah d’Arabie Saoudite. Il a avoué avoir financé Al-Qaïda et le Jihad Palestinien Armé.
De nombreux prêcheurs de haine ont été invités par l’ISB.
En octobre 2015, Hussain Kamani, qui affirme que « l’homme doit assouvir ses besoins sexuels avec sa femme (…) ou avec une esclave qui lui appartient » et que « celui qui commet l’adultère doit être lapidé à mort », appelle les musulmans de l’ISB à « ne pas ressembler aux juifs » et à « battre leurs enfants » si ceux-ci ne prient pas.
Un autre invité de l’ISB, Abdul Nasir Jangda, légitime également l’esclavage : « l’esclavage dans l’Islam et vraiment différent et supérieur, moralement et spirituellement, à l’atroce et obscène esclavage transatlantique » et affirme le « droit divin d’un homme d’avoir ses désirs physiques satisfaits ».
En 2016, l’ISB recrute un imam-associé, Abdul Malik Merchant, qui considère le voile pour les femmes comme une obligation si elle ne veut pas être « kufr » (apostat) et qui affirme que l’homosexualité est un choix et que la Charia combat les hommes efféminés. Le New York Post rapporte que la librairie de l’ISB contient des livres de Sayyid Qutb, Frère musulman pionnier du djihadisme moderne.
Souhait Webb, alors imam de l’ISB, diffuse même en 2012 un programme pour les jeunes intitulé Young Muslim qui comporte l’étude de textes de Mawdudi, Hassan al-Banna ou encore Sayyid Qutb.
L’ISB a refusé de participer au programme d’Obama contre la radicalisation de 2015 intitulé « Countering Violent Extremism » alors que Boston faisait partie des trois villes pilotes au niveau national. Boston avait été choisie pour son fort taux de djihadistes d’al-Qaïda ou de l’Etat Islamique originaires ou ayant vécu dans la ville. Le directeur de l’ISB, Yusufi Vali, se défend en disant que ce programme « stigmatise les musulmans ».
L’ISB a été mis sous les projecteurs par la presse et le FBI en 2013 après les attentats du marathon de Boston lorsqu’il a été révélé que les deux terroristes, les frères Tsarnaev, avaient fréquenté la mosquée de l’ISB depuis 2009.
Tahirah Amatul-Wadud est membre du Conseil d’Administration de CAIR-MA et… de la Commission du gouvernement du Massachusetts pour les femmes. Elle a aussi été invitée à la Maison Blanche en 2015 au Bureau des partenariats confessionnels. CAIR a été listé comme terroriste par les Emirats Arabes Unis, mais l’administration Obama a systématiquement soutenu l’organisation.
Le 14 novembre 2015, elle participait en tant qu’intervenante à la Conférence Annuelle contre l’Islamophobie organisée par l’association Muslims Of America. Cette organisation a été fondée en 1980 par le Cheikh Mubarak Ali Gilani. Le Département d’Etat Américain a décrit le Cheikh Gilani comme en lien direct avec l’organisation Jamaat ul-Fuqra. Décrite comme une terroriste et comme « une secte qui veut purifier l’Islam par la violence » dans un rapport du Département d’Etat de 1999, interdite au Pakistan, plusieurs de ses membres ont été condamnés pour meurtre ou tentative de meurtre aux Etats-Unis et au Canada.
Tahirah Amatul-Wadud partage sur sa page Facebook des articles du Cheikh Gilani, comme l’article complotiste « Extreme Wahhabism is the Brainchild of British Intelligence Agency » qui affirme que les « services secrets britanniques » ont créé l’Etat Islamique, que le 11 septembre n’est pas le fait de Ben Laden mais d’ « insiders », que la tour 7 du World Trade Center s’est effondrée par « démolition contrôlée », que « Hitler et les juifs avaient une animosité mutuelle », qu’ « Hitler n’était pas un ennemi de l’Amérique », et que « les chiites ne sont pas des musulmans ».
L’association Muslims Of America a été épinglée plusieurs fois par l’Anti Defamation League pour des propos antisémites (« les juifs sont un exemple de Satan humains »), homophobes (« il existe des agents de Satan (…) immoraux (…) l’homosexualité en est un parfait exemple »), antichrétiens (« les chrétiens (…) croient en la suprématie et au pouvoir de Satan »),
Tahirah Amatul-Wadud est par ailleurs l’avocate du Cheikh Gilani.
Troisième dirigeant de CAIR, Nadeem Mazen est également membre du Conseil d’Administration de CAIR-MA… ainsi que conseiller de la ville de Cambridge.
Il a été dans les années 2000 président de l’association d’étudiants MSA-MIT (Muslim Students Association – Massachusetts Institute of Technology), alors que l’imam de l’association était Suheil Laher, un ancien dirigeant de l’organisation de charité islamique CARE international soupçonnée d’avoir levé des fonds pour des djihadistes en Bosnie, en Afghanistan et en Tchétchénie. Il ne faut pas confondre Care International fondé par Abdullah Azzam, qui n’existe plus, et Care International, une ONG fondée en 1945 aux Etats-Unis dans l’optique du plan Marshall avant de se diversifier. Suheil Laher a promu sur son site web le djihadiste Abdullah Azzam, mentor d’Oussama Ben Laden. Le journal allemand Spiegel décrit la MSA-MIT comme un repaire d’ « islamistes engagés ».
Nadeem Mazen a créé en 2014 MassMuslims, un site web et une page Facebook qui proposent des conférences avec des prédicateurs intégristes comme Omar Suleiman (pour qui l’homosexualité est « une maladie » et « un péché répugnant et honteux « ) ou Yasir Qadhi (pour qui la Shoah est une « propagande fausse »).
Nadeem Mazen a apparaît en 2014 dans une vidéo produite par le gouvernement américain créée pour « décrire » les musulmans américains. Il a par ailleurs annoncé son opposition au programme d’Obama « Countering Violent Extremism » créé pour lutter contre la radicalisation. Il considère que la lutte anti-terroriste du gouvernement Obama « cible les musulmans ».