Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

Le dernier pèlerinage de Tariq Ramadan

15.02.2018 La rédaction

Les étranges conférences de Tariq Ramadan en Inde avant son incarcération

Le 20 décembre, Tariq Ramadan s’est rendu à la conférence « Redefining Islamic Education in the Fast Emerging World » de l’université islamique privée Al Jamia al-Islamiya de Santapuram. Al Jamia Al Islamiya est une organisation islamiste indienne qui s’est développée pour devenir une université fondamentaliste. Le lendemain, une interview privée de Tariq Ramadan pour la chaîne YouTube de l’université, al-Jamia Channel, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Toujours accusé de viol, de violence volontaire et de menaces, il a ensuite participé à une autre conférence intitulée « On Strategies for Islamic Activities in a plural society » dans le même lieu. Cette autre conférence sera diffusée sur Youtube 1er janvier 2018.

Le 23 décembre, Tariq Ramadan a posté sur sa page Facebook :

« Inde : Une si belle visite en Inde – Kerala. Rencontre avec les étudiants, les enseignants, les professeurs et les dirigeants. Des penseurs musulmans et des militants, les femmes comme les hommes, très actifs et très positifs. Rencontres intéressantes à Al Jamia Al Islamiya, Santapuram). Alors que nous vivons dans le contexte différent, nous partageons une même vision : se réformer, changer le monde, servir l’humanité. (…). Que l’Unique vous aime et vous protège ».

Alors que début novembre, l’Université d’Oxford a finalement décidé de se séparer de son encombrant professeur (dont la chaire était financée par le Qatar) suite aux multiples accusations dont il fait l’objet, quel est ce lieu qui accueille encore si chaleureusement Tariq Ramadan ? Et réciproquement, quel est ce lieu dont Tariq Ramadan se gargarise d’être si proche, et dont il se félicite aussi ardemment ?

Sur son site internet, pour se présenter, Al Jamia Al Islamiya ne cache pas ses ambitions : « l’islamisation des connaissances humaines », ainsi que la formation de « prédicateurs, activistes, écrivains, intellectuels, personnalités médiatiques pour guider la communauté »… selon sa vision de l’islam.

On trouve également sur le site internet de Al Jamia Al Islamiya un mot de félicitations du Cheikh Yusuf al-Qaradawi sur la page d’accueil. Ce dernier se réjouit des liens entre l’Université indienne et le Qatar. Depuis 2003, ce qui n’était qu’un collège islamique s’est en effet transformé en université islamique, sous le « leadership » revendiqué de Qaradawi. Mais les liens entre Al Jamia Al Islamiya et la branche dure des Frères musulmans sont encore plus profonds.

L’université Al Jamia Al Islamiya entretient des liens actifs avec le Qatar, mais également la Turquie. Son recteur a été invité plusieurs fois à Ankara lors de conférences et réunions officielles, aux côtés de députés de l’AKP et de membres du gouvernements.

Plusieurs fois courant 2017, Al Jamia Al Islamiya a organisé des opérations de promotion de Sayyid Qutb. Penseur d’un islam radical et totalitaire, il est connu pour ses écrits en faveur de la création d’un état islamique, ses propos antisémites et complotistes dans son ouvrage Notre combat contre les Juifs, ou encore sa théorisation d’un jihad offensif ayant recours à la force armée, qui inspirera des générations de jihadistes. De nombreux leaders d’al-Qaïda revendiqueront son héritage quelques années plus tard.

L’université indienne promeut également Maududi, théologien pakistanais fondamentaliste fondateur de la Jamaat-e-Islami. Infatigable promoteur d’un état islamique au Pakistan qui s’étendrait par la suite dans tout le sous-continent indien, sa pensée pourrait se résumer par cet extrait de son livre Jihad in Islam :

« L’islam cherche à détruire tous les états et les gouvernements opposés à l’idéologie et au programme de l’islam où qu’ils soient sur terre. (…) Le but de l’islam est d’instaurer un état fondé sur son propre programme et sa propre idéologie. (…) L’objectif du jihad islamique consiste à éliminer les systèmes non-islamiques et à les remplacer par un système islamique de gouvernement. L’islam n’entend pas limiter cette révolution à un seul état ou à quelques pays; le but de l’islam c’est de provoquer une révolution universelle. »

En 2004 dans Frère Tariq, Caroline Fourest avait déjà exposé les connexions entre Tariq Ramadan, et les promoteurs de Qutb et Maududi. Tariq Ramadan a été logé gratuitement et avait bénéficié d’une bourse d’étude à l’âge de 36 ans dans le campus de la fondation islamique de Leicester, bien connue pour sa radicalité. Deux de ses allées avaient été baptisées « Maududi » et « Qutb » en leur hommage. Un des QG de Tariq Ramadan, la librairie Tawhid de Lyon, a longtemps proposé leurs ouvrages à la vente.

Voici donc une rapide présentation des idéologues radicaux de l’Université Al Jamia Al Islamiya, dont les organisateurs sont présentés par Tariq Ramadan comme des personnes « très positives », et avec qui il dit partager « une même vision ».

LALLAB ET LA « DIVERSITÉ RELIGIEUSE EN ENTREPRISE »

Lallab et la "diversité religieuse en entreprise"

Lallab et la “diversité religieuse en entreprise”

10.12.2017Mathilde Lambert

L’association Lallab était au cœur d’une vive polémique l’été dernier.

Plutôt discrète jusqu’ici, l’association organise le 11 décembre avec le cabinet de recrutement Mozaïk RH une soirée projection débat « pour une diversité religieuse en entreprise épanouie et performante ».

Fait notable, cette soirée s’inscrit dans la Semaine de lutte contre les discriminations de la Mairie de Paris. La rencontre aura d’ailleurs lieu dans le local public du Point Paris Emploi du 10ème arrondissement de la capitale.News

L’ANTIRACISME SELON ISMAHANE CHOUDER : ANTI-CHARLIE, ANTI-MARIAGE HOMO ET ANTI-IVG

L'antiracisme selon Ismahane Chouder : anti-Charlie, anti-mariage homo et anti-IVG

L’antiracisme selon Ismahane Chouder : anti-Charlie, anti-mariage homo et anti-IVG

24.11.2017La rédaction

Il faut se frotter les yeux pour y croire. Dans une appel publié par Libération, une petite liste de communautaristes (en vérité toujours les mêmes) s’auto-proclament donc « représentants de l’antiracisme » et s’en prennent aux antiracistes universalistes, qu’ils amalgament joyeusement avec la fachosphère. A les en croire, l’Affaire Ramadan ne servirait qu’à libérer l' »islamophobie ». Mieux, Jean-Luc Mélenchon aurait rejoint ce complot facho-vallso-laïque en osant lui aussi accuser Houria Bouteldja d' »antisémitisme ». Antisémitisme qu’ils nient absolument…

Trouver les noms d’Eric Fassin et de Christine Delphy aux côtés de Nacira Guénif (sociologue des Indigènes de la République) ne surprendra que les naïfs n’ayant pas suivi leur longue et tragique dérive… Comme si ce n’était pas assez, ils signent ce texte visant à interdire la critique de l’islamisme au nom de l’antiracisme aux côtés d’Ismahane Chouder, dont on ne voit décidément en quoi consiste son engagement antiraciste.

Animatrice de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM) et intervenante vedette de Lallab, elle se bat surtout pour le voile, contre le mariage homosexuel aux côtés de la Manif pour tous, contre l’IVG aux côtés d’Alliance Vita et bien sûr contre Charlie Hebdo aux côtés des Indigènes de la République.

Ismahane Chouder sur les pas du Cheikh Yassine et de sa fille Nadia Yassine

Ismahane Chouder est sans doute une des plus actives porte-voix du mouvement islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. Ce mouvement a été fondé et guidé par le Cheikh Abdessalam Yassine. Sa fille Nadia Yassine est par la suite devenue porte parole du mouvement. Passée par le bouddhisme, différentes confréries soufies, Ismahane Chouder découvre le mouvement de cheikh Yassine en 2000. Un coup de foudre et une passion jamais éteinte depuis: « Ce maître spirituel me meut chaque jour davantage » dit-elle. Ismahane Chouder ne s’économise pas pour son maître.

Elle multiplie les interventions publiques… et les casquettes : coprésidente du Collectif Féministes Pour l’Égalité (CFPE), secrétaire générale de la Commission Islam et Laïcité, membre du collectif Une école pour tou-te-s, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Égales (MTE). Une tactique proche de l’entrisme qui lui permet d’intervenir sur les sujets les plus variés : féminisme, école, laïcité, voile, racisme, banlieues…

En mars 2015, Ismahane Chouder représente PSM à la Bourse du Travail de Saint-Denis à une conférence « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », au côté du PCF, du NPA, des Frères musulmans (de l’UOIF à Présence Musulmane)… A gauche, le rassemblement fait grincer des dents. Le Parti de Gauche ne participera pas, pas plus qu’EELV, plus divisé sur le sujet, qui se retire finalement. Ismahane Chouder apparaît régulièrement dans les débats avec des groupes racialistes post-coloniaux (Les Indigènes de la République, les Indivisibles de Rokhaya Diallo…), Pierre Tévanian et Malika Latrèche, avec qui elle publie Les Filles voilées parlent… ou donnant la réplique à Emmanuel Todd à Saint-Denis, le 26 juin 2015, avec tous les « anti Charlie ».

Main dans la main avec Alliance Vita

Ismahane Chouder se lie même avec les intégristes catholiques d’Alliance Vita avec lesquels son association a effectivement bien des points communs : avortement, gender, euthanasie, recherches sur l’embryon… Entre les deux organisations, c’est l’accord parfait sur tous les sujets ! PSM participe d’ailleurs aux Universités d’été d’Alliance Vita du 30 août au 1 septembre 2013, à Écully, près de Lyon. Participation et Spiritualité Musulmanes y présente, lors d’une séance plénière, son projet éducatif, son organisation et le « point de vue des musulmans sur le thème de la défense de la vie », (c’est bien le point de vue DES musulmans que l’association prétend ici représenter). Des deux côtés, on se réjouit de cette rencontre. Tugdual Derville, co-fondateur d’Alliance Vita, la qualifie même d’« historique ». PSM se retrouvera encore la même année aux côtés de l’association intégriste, dans des manifestations homophobes dénonçant les « dangers du mariage pour tous ».

En octobre 2015, elle est l’une des porte-paroles de la Marche de la Dignité, rassemblant tous les identitaires racialistes, post-coloniaux, du Parti des Indigènes de la République, aux afro-féministes du Mwasi, avec comme un des mots d’ordre : la lutte des races ! PSM se fait largement l’écho de cette Marche.

Pour rappel, celle qui tient la banderole juste à ses côtés, Houria Bouteldja que défend le texte de ces soit-disant « représentants de l’antiracisme », a écrit un pamphlet bourré d’allusions antisémites : Les Blancs, les Juifs et nous. Un livre encensé par Radio Courtoisie. Il invite notamment les « racisées » à ne pas se plaindre si elle se font violées par un « racisé » pour ne pas faire le jeu des « islamophobes ». Une consigne qui ne devrait pas déplaire à Tariq Ramadan.

Camille Rigault avec l’aide de Yann Barte

Les premiers signataires :

SIGNATAIRES : Bams, artiste, militante antiraciste; Ludivine Bantigny, historienne; Maxime Benatouil , membre de l’Union juive française pour la paix; Judith Bernard, metteure en scène, enseignante et journaliste; Daniel Blondet , militant syndicaliste, anti-impérialiste; Alima Boumediene, avocate, association Femmes plurielles; Rony Brauman, enseignant, essayiste; Déborah Cohen, historienne; Ismahane Chouder, coprésidente du Collectif des féministes pour l’égalité; Thomas Coutrot, économiste; Christine Delphy, sociologue et féministe; Eva Doumbia, metteure en scène, autrice, membre du collectif Décoloniser les arts; Annie Ernaux, écrivaine; Eric Fassin, sociologue; Bernard Friot, économiste et sociologue; Sylvain George, cinéaste; François Gèze, éditeur; Nacira Guénif, sociologue; Michelle Guerci, journaliste; Eric Hazan, éditeur; Nicolas Klotz, cinéaste; Stathis Kouvelakis, philosophe; Thierry Labica, enseignant-chercheur; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire; Laurent Lévy, essayiste, militant antiraciste; Philippe Marlière, politiste; Gustave Massiah, économiste; Olivier Neveux, universitaire; Dimitri Nicolaïdis, enseignant école européenne de Bruxelles; Ugo Palheta, sociologue; Elisabeth Perceval , cinéaste; Nathalie Quintane, écrivaine; Lluis Sala Molins, philosophe et essayiste; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix; Julien Théry, historien; Rémy Toulouse, éditeur; Françoise Vergès, féministe antiraciste et Bernard Stiegler, philosophe.News

L’ISLAM N’EST PAS UN DANGER POUR LA DÉMOCRATIE (PIERRE KANUTY)

L’islam n’est pas un danger pour la démocratie (Pierre Kanuty)

L’islam n’est pas un danger pour la démocratie (Pierre Kanuty)

05.11.2017OpEd

Pierre Kanuty est Conseiller régional PS Ile-de-France

En France, il a fallu plus d’un siècle pour rallier le catholicisme à la République, mais on a fini par y arriver.

A rebours des constats pessimistes, cela peut marcher avec l’islam. Dans plusieurs Etats, islam et démocratie font bon ménage depuis des décennies et le vivre ensemble comme des formes de sécularisation sont des réalités à observer et à surveiller.

Comme toutes les religions, l’islam est confronté à la tension entre tradition et modernité, entre fondamentalisme et sécularisation, entre radicalité et adaptation à une nouvelle époque.

Les pouvoirs politiques ont su s’en émanciper pour le contrôler, en en faisant un étendard ou un élément d’idéologie comme en Turquie, mais dans les pays dont la population est majoritairement musulmane, si on met de côté l’Iran ou les pétromonarchies, ce n’est pas la religion qui a poussé les dirigeants à dévoyer la démocratie, mais la corruption ou la volonté de confisquer le pouvoir.

Du côté de l’Afrique noire subsaharienne

Le Sénégal, le Mali ou le Niger sont trois exemples utiles car ces anciennes colonies françaises ont bâtit leur Etat sur le modèle français en y intégrant leurs spécificités sans tensions majeures.

Le Président du Niger, le socialiste Mahamadou Issoufou, disait dans un discours d’investiture: « la lutte contre le terrorisme peut contribuer au renforcement et à la modernisation de nos Etats. Un autre facteur peut y contribuer  également : il s’agit de la modernisation sociale. Celle-ci nécessitera une renaissance culturelle de notre société qui passe par une libération de l’individu du poids du tribalisme, […] par l’affranchissement de l’individu du carcan de l’ethnocentrisme et du régionalisme et sa protection contre le sectarisme, notamment religieux et contre les risques de radicalisation. L’accent doit être mis sur la responsabilisation de l’individu, le renforcement de sa loyauté par rapport à la patrie et son attachement au bien public. C’est là des conditions nécessaires pour mieux combattre le népotisme, la concussion et la corruption, renforcer la justice, l’égalité et la cohésion sociale. L’Etat doit créer les conditions d’une rupture réelle avec l’obscurantisme en diffusant le savoir partout, à travers notamment une démocratisation poussée de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. »

Malheureusement, dans l’organisation actuelle du culte musulman en France, les musulmans d’Afrique noire sont marginalisés. Il est vrai que la pression géopolitique qui s’exerce sur les structures de l’islam de France n’a jamais été contrecarrée avec succès, car quand elle n’est pas théologique, elle est financière.

Plus près de nous : du côté de l’Europe centrale et balkanique

On l’oublie souvent, mais il y a des communautés musulmanes européennes depuis des siècles. En Albanie, au Kosovo, en Bosnie, en Macédoine ou encore en Bulgarie qui ne sont pas issus de l’immigration. Une grande partie de cette région fut sous domination austro-hongroise au cours de la seconde moitié du 19e siècle et le pouvoir impérial a légiféré en 1912, par « l’Acte de Reconnaissance » de l’islam après l’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie.

En 1979, Bruno Kreisky, a installé la Communauté des croyants musulmans d’Autriche (IGÖ) qui a pour missions de donner des cours d’éducation religieuse dans les établissements scolaires publics. Mais, si elle a le droit de recueillir une « taxe d’église » elle n’y a pas recours, pas plus qu’elle ne construit de mosquées.

En février 2015, la loi sur l’Islam, votée par la de coalition SPÖ-ÖVP interdit le financement étranger pour la construction des mosquées. Les imams seront rémunérés par l’Etat. Les principaux enseignements et prêches doivent se faire en allemand. Elle autorise la nourriture hallal et les aumôniers musulmans dans l’armée, les maisons de retraite, les hôpitaux, les prisons et y compris à l’école publique. En revanche, la loi demande aux 450 organisations musulmanes du pays de faire preuve d’une « approche positive de la société et de l’Etat » pour être agréées.

En Albanie, ce sont les élites musulmanes qui ont façonné les institutions de l’Etat avant le communisme. Si l’islam y est historiquement majoritaire, la grande majorité des Albanais de confession musulmane ne sont pas pratiquants et ils ont toujours cohabité avec les chrétiens, ce qui a fait échouer les tentatives saoudiennes ou iraniennes de détourner le renouveau musulman quand la liberté religieuse fut rétablie en 1990.

En Bosnie, la place de l’islam a diminué dans les affaires publiques ou privées. Comme en Albanie, la cohabitation avec les chrétiens a débouché à une sécularisation largement acceptée. Même si les autorités doivent y lutter contre une présence salafiste.

Ces cas européens prouvent qu’on peut conjuguer religion et sécularisation dans un ensemble démocratique. Mais cela ne peut se réussir sans mécanismes de protection qui passent notamment par l’éducation et l’intégration culturelle, économique et sociale.

Pierre KanutyNewsTribune

HANI RAMADAN EN LIVE GRÂCE À UNE ASSOCIATION DE CONSOMMATEURS MUSULMANS, L’UFCM

Hani Ramadan en live grâce à une association de consommateurs musulmans, l'UFCM

Hani Ramadan en live grâce à une association de consommateurs musulmans, l’UFCM

15.10.2017Carla Parisi

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Hani Ramadan a été expulsé de France vers la Suisse en avril 2017, voyant ainsi ses nombreuses conférences prévues sur le sol français être annulées les unes après les autres. L’Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM) s’organise pour tenter de faire entendre sa voix à tous prix en France : le 14 octobre 2017 elle met en place une conférence avec retransmission en direct d’Hani Ramadan à la gloire de son grand-père, fondateur des Frères musulmans : « Hassan al-Banna, sa vie et sa pensée ». Les bénéfices sont reversés… aux frais de justice.

L’UFCM, créée en 2011, se présente sur son site web comme une organisation de promotion de consommation « éthique », avec quelques références altermondialistes, anticapitalistes, qui côtoient une rhétorique religieuse : « Le Créateur, qui a doté l’être humain d’aptitudes exceptionnelles, l’a également responsabilisé. Il doit ainsi s’opposer à tout ce qui pourrait pervertir et voiler les signes de la présence du Très-Haut. Et ces signes sont tout aussi présents dans notre propre être et dans les Textes révélés que dans le monde qu’Il a créé. »

Son bureau se compose de Samy Debah, fondateur du CCIF, ainsi que d’Abdessamad Habib, aux côtés de Zouhair Amri, Nabil EnnasriFateh Kimouche aka Al Kanz et Yamin Makri.

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Sur les réseaux sociaux, l’UFCM poste essentiellement des vidéos de Tariq Ramadan (parfois en conférence conjointe avec Yamin Makri), des vidéos de l’imam Mohamed Minta, des appels au boycott d’Israël par le mouvement BDS, des manifestations pro-palestiniennes aux mots d’ordre douteux, ainsi que des conseils sur le marché du Halal via notamment le site Al-Kanz de Fateh Kimouche.

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Une conférence avec le professeur Oberlin est organisée par l’UFCM en novembre 2015. Christophe Oberlin est un militant bien connu des milieux « antisionistes », il est un compagnon de route de Dieudonné (en 2016 il participe à son émission en ligne) et d’Alain Soral (il apparait de très nombreuses fois sur son site Egalité et Réconciliation, notamment par le biais d’interview).

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On trouve aussi sur la page Facebook de l’UFCM des propositions de stages dans une « ferme agrobiologique musulmane », l’ilot des Combes, promue également par Pierre Rabhi via son association Le Mouvement Colibris. Des stages de survie en milieu naturel sont également proposés.

Ou quand l’UFCM réussit à réunir l’idéologie dure des Frères musulmans, avec un anticapitalisme soft, un écologisme tendance confusionniste, et un antisionisme douteux…

Carla Parisi

6ÈME RENCONTRE ANNUELLE DES MUSULMANS DU HAVRE

6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre

6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre

14.10.2017Carla Parisi

Aujourd’hui, samedi 14 octobre 2017, se tient la 6ème rencontre annuelle des musulmans du Havre. Cette rencontre est organisée par la très active association Havre de Savoir, qui relaie la prose des Frères musulmans en France. Récemment, nous avions épinglé Havre de Savoir pour avoir désigné les Yezidis comme des « adorateurs de Satan« , qualificatif utilisé par les djihadistes pour justifier leur exécution.

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A la 6ème rencontre annuelle, nous retrouvons :

  • Ismahane Bouzidi, enseignante à l’IESH de Paris, dont l’écrasante majorité des responsables, et fondateur (Ahmed Jaballah) sont des cadres de l’UOIF.
  • Youssef Cherraj, imam à la mosquée Essalam du Havre
  • Bachar El Sayadi, délégué régional Ouest de l’UOIF
  • Sofiane Meziani, enseignant au Lycée musulman Averroès de Lille développé par l’UOIF. Sofiane Meziani fait ouvertement l’éloge du fondateur des Frères musulmans (« L’Histoire a tranché en faveur de Hassan al-Banna »). Après le massacre de Charlie Hebdo, il publie une tribune pour affirmer que les premières victimes de l’attentat sont les musulmans, et accuse le journal satirique de cultiver « l’abject ».
  •  Mohamed Minta, imam malien et enseignant au lycée al-Kindi de Décines, dont le président Nazir Hakim était à l’époque de sa fondation vice-président de l’UOIF.
  • Ismail Mounir, prédicateur et youtubeur.

News

COLLOQUE SUR L' »ISLAMOPHOBIE » À LYON 2 ANNULÉ : UN PROBLÈME DE « CADRAGE » SCIENTIFIQUE ?

Colloque sur l'"islamophobie" à Lyon 2 annulé : un problème de "cadrage" scientifique ?

Colloque sur l’”islamophobie” à Lyon 2 annulé : un problème de “cadrage” scientifique ?

12.10.2017Carla Parisi

Le colloque anti-« islamophobie d’état, intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » qui devait se tenir à l’université Lyon 2 le 14 octobre 2017 a t-il été annulé définitivement ou repoussé ?

Ce colloque était mis en place par la chaire “Egalité, inégalités, Discriminations” en partenariat avec l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL).

La polémique autour du colloque a enflé sur les réseaux sociaux après l’annonce de ses participants, et notamment lorsque des militants laïques ont découvert qu’il y serait lu un texte préparé par Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité. Aux côtés de quelques universitaires tels que François Burgat et Djaouida Sehili, ou d’avocat comme Gilles Devers, on retrouvait de nombreux militants associatifs habituels.

Pour n’en citer que quelques uns, nous retrouvons Khalid El Khadiri, trésorier de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM), qui se réjouissait de sa participation à l’université d’Alliance Vita sous le thème « musulmans et chrétiens pour la défense de la vie ». PSM se fait le relai sur son site internet de Tariq Ramadan et du parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane. Ismahane Chouder, membre de PSM et du Collectif Féministe pour l’Egalité est aussi présente.

Abdelaziz Chaambi, président de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI) et cofondateur des Indigènes de la République, était également annoncé. Il y a quelques années, il comparait le Hamas à Jean Moulin, tout en soutenant le Hezbollah. Lors de l’affaire Salman Rushdie, il avait appelé à l’interdiction de son « livre qui insulte l’Islam« . Opposé au mariage pour tous, qu’il compare à l’inceste et à la pédophilie, il avait appelé à se rendre à la Manif Pour Tous. Aux dernières élections législatives françaises, il soutient des candidats du parti islamiste turc PEJ. Jamila Farah, responsable CRI, candidate PEJ aux élections, est également présente.

Souhail Chichah, connu pour avoir appelé à la « lapidation » de Caroline Fourest avant d’avoir saboté sa conférence à l’Université Libre de Bruxelles en organisant une « Burqa Pride », obligeant les organisateurs à annuler la conférence, devait être présent. Il a reçu une « Quenelle d’Or » de Dieudonné, avant de se brouiller avec lui, mais a toujours le soutien du PIR.

Et bien sur, le CCIF n’était pas en reste avec la présence de Yasser Louati, son ancien porte-parole, ainsi que Lila Charef, directrice exécutive du CCIF. Lorsque le CCIF a appris l’annulation du colloque, il a déposé référé-liberté pour obtenir la suspension de la décision de l’Université Lyon 2 « au motif qu’elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’expression et sa liberté de réunion ». Le juge des référés a rejeté la demande du CCIF le 9 octobre 2017.

Ce mercredi 12 octobre 2017, la présidente de l’Université Lyon 2, Nathalie Dompnier, s’est exprimée pour préciser les causes de l’annulation décidée par l’équipe de la Présidence de l’Université. Elle a reconnu que la Présidence avait du reprendre la main sur le colloque car le cadre universitaire impliquant une démarche scientifique n’était pas respecté : »un colloque universitaire suppose un certain cadre. On s’est d’abord posé la question d’amender le programme dans le sens d’un colloque de recherche. Mais c’était trop tard. On a préféré annulé ».

S’agissant des intervenants, sans rentrer dans les détails, la présidente a rappelé qu' »ils doivent être sélectionnés après un appel à communication, comme dans tout colloque ». Au delà du profil de ces militants associatifs, leur nombre important ici, et le fait qu’ils soient issus de la même nébuleuse semble être problématique. Nathalie Dompnier précise : « le colloque était porté en partie par des associations, sous la responsabilité de l’université. Ce n’est pas possible ».

Enfin, même si Nathalie Dompnier ne se prononce pas spécifiquement sur certains propos problématiques qu’ont pu tenir ces militants, elle s’interroge sur l’utilisation du terme « islamophobie » : « il faudra reposer la question de l’utilisation du terme d’« islamophobie ». Dans une démarche scientifique, il faut toujours se poser la question des catégories que l’on emploie ».

Ni annulé définitivement, ni repoussé officiellement, ce colloque aura démontré qu’il existe une volonté de la part des soutiens de l’islamisme d’investir le terrain universitaire, mais aussi une importante vigilance laïque sur le sujet.

Carla Parisi

LE QATAR À LA TÊTE DE L’UNESCO ?

Le Qatar à la tête de l’UNESCO ?

Le Qatar à la tête de l’UNESCO ?

11.10.2017Mohamed Louizi

Je l’ai cité en juin 2015 dans mon article «Mediapart, la qatarie ?»[1], non pas parce qu’il aurait une quelconque ressemblance physique avec Edwy Plenel, mais parce que c’était lui — en plus d’être ministre de la culture et des arts — qui était au commande du conseil consultatif de la revue «Doha magazine». Celle qui avait traduit en arabe et distribué gratuitement, en plusieurs milliers d’exemplaires, le plaidoyer «Pour les musulmans» du directeur de Mediapart. Son nom est Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari. Depuis 2016, il est conseiller de l’émir du Qatar et très proche du régime des mollahs iraniens. Le monde entier risque de l’avoir à la tête du temple international de la culture à Paris : l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).

Depuis lundi, se tient à Paris l’élection (à 5 tours au maximum) du nouveau directeur de cette instance onusienne très importante. 58 pays membres de son conseil exécutif[2] y participent. Le premier tour, qui s’est déroulé ce lundi à bulletin secret, a donné le candidat du Qatar en tête du scrutin, avec 19 voix, suivi de l’ex-ministre française de la culture Audrey Azoulay, 13 voix, puis la candidate égyptienne, 11 voix, puis la candidate libanaise, 9 voix et enfin le candidat chinois, avec 5 voix. Pour que le Qatar puisse prendre les commandes internationales de la culture, il lui faut 30 voix. 19 sont déjà acquis. Au deuxième tour, le candidat qatari a gagné une voix de plus [3] !

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La campagne électorale semble être très rude dans les coulisses. Elle se passe aussi sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse arabe et internationale. La couverture médiatique française de cette élection à enjeux reste modeste. «Qui sera le prochain directeur ? Poker menteur à l’UNESCO» [4], titre L’Obs. «Élections à la tête de l’UNESCO sur fonds de querelles diplomatiques»[5], titre France 24. «UNESCO : l’ex-ministre Azoulay coiffée au poteau par un qatari ?», titre Le Point. «L’UNESCO est-elle à vendre ?»[6], peut-on lire aussi dans le Huffpost. Sur Twitter, plusieurs Hashtag pullulent comme celui-ci : #Save_Unesco_from_Terrorism

La candidature du Qatar ne passe pas. Par-ci, on rappelle l’implication certaine du Qatar dans le financement du terrorisme islamiste. Celui-là même qui a déstabilisé bien des régions et causé la destruction de nombreux sites culturels et monuments historiques, patrimoine de l’Humanité, en Irak, en Syrie et au Sahel. Une implication que reproche de nombreux pays arabes à l’émirat, à tel point qu’ils ont décidé de lui infliger, depuis quelques mois, des pressions diplomatiques et des sanctions économiques pour qu’il se détache de l’islamisme et surtout des Frères Musulmans.

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Par-là, on rappelle la puissance financière de la diplomatie du carnet de chèques utilisée à outrance par le Qatar [7]. On craint que la machine à billet ne tourne à plein régime comme lors de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar [8]. Le nom du nouveau directeur (ou de la nouvelle directrice) sera connu dans les jours à venir. Un nom qui sera validé (ou pas) par l’ensemble des 195 membres de l’ONU. D’ici là, alors que le slogan français de l’UNESCO est «Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes», avec une direction qatarie, on peut se demander légitimement que resterait-il de ce slogan ?

Si le Qatar est aux commandes de l’UNESCO, ce sont les Frères Musulmans et les Ayatollâhs iraniens qui inspireront la politique culturelle, scientifique et artistique de ce temple universel !

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#انقذوا_اليونسكو_من_الارهاب
#Save_Unesco_from_Terrorism
#Sauver_unesco_contre_le_terrorisme
#Salvar_la_Unesco_contra_el_terrorismo

Notes :

[1]- https://blogs.mediapart.fr/…/bl…/110615/mediapart-la-qatarie
[2]- http://www.unesco.org/new/…/executive-board/list-of-members/
[3]- https://www.lorientlejour.com/…/direction-de-lunesco-le-qat…
[4]- http://tempsreel.nouvelobs.com/…/qui-sera-le-prochain-direc…
[5]- http://www.france24.com/…/20171009-france-qatar-egypte-elec…
[6]- http://www.huffingtonpost.fr/…/l-unesco-est-elle-a-vendre_…/
[7]- https://www.lorientlejour.com/…/unesco-le-monde-arabe-divis…
[8]- https://www.lesechos.fr/…/030413907690_la-fifa-contrainte-d…NewsTribune

DES PRO-HEZBOLLAH RÉMUNÉRÉS PAR LA COMMISSION EUROPÉENNE ?

Des pro-Hezbollah rémunérés par la Commission Européenne ?

Des pro-Hezbollah rémunérés par la Commission Européenne ?

16.09.2017Carla Parisi

La Commission Européenne a mis en place un Système de Transparence Financière qui permet à n’importe quel citoyen de savoir quels budgets ont été attribués à quels projets. Le bilan 2016 a ainsi été mis en ligne récemment sur son site internet.

On y apprend que l’Islamic Human Rights Commission (IHRC) fait partie d’un projet européen financé à hauteur de… 584 739 €. Intitulé « Countering Islamophobia Throught The Development Of Best Practice In The Use Of Counter-Narratives In EU Member States » (Contrer l’islamophobie à travers le développement de bonnes pratiques de contre-discours dans les pays membres de l’UE), il a pour bénéficiaires l’IHRC en collaboration avec cinq universités européennes (Leeds, Liège, Coimbra, Charles, et l’American College of Greece). Le but revendiqué est de collecter les discours « islamophobes » dominants dans plusieurs pays de l’UE et de comparer les contre-discours anti-« islamophobie » de ces pays pour identifier les « meilleures » pratiques. Le projet a débuté en janvier 2017 et s’achèvera en décembre 2018.

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Qu’est ce que l’IHRC ?

L’IHRC est une organisation créée à Londres en 1997. Dans sa propre description, elle revendique « s’inspirer des injonctions coraniques qui obligent les croyants à se lancer en défense des opprimés », et cite la sourate 4 :75 du Coran.

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En Angleterre, l’IHRC organise chaque année à Londres les al-Quds Day, instaurées en 1979 par l’ayatollah Khomeini. Ces journées, créées officiellement pour dénoncer le contrôle d‘une partie de Jérusalem par Israël, sont en réalité en Europe les plus importants ralliements des partisans du gouvernement iranien et du Hezbollah. Sur son site web, l’IHRC ne cache pas l’omniprésence de drapeaux du Hezbollah et des cris de ralliements « we are all Hezbollah », aux côtés des appels au boycott d’Israël. L’aile militaire du Hezbollah est pourtant considérée comme terroriste en Grande-Bretagne. En 2017, l’IHRC rassurait même directement sur son site web les participants en affirmant qu’il est possible de s’y rendre avec un drapeau du Hezbollah.

Ici, Massoud Shadjareh, président de l’IHRC, avec une écharpe du Hezbollah en 2002 :

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Massoud Shadjareh n’hésite pas à rappeler son attachement à l’ayatollah.

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Et Jeremy Corbyn, actuel leader du Parti Travailliste anglais, à l’al-Quds Day 2012 :

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Depuis 2003, l’IHRC organise également les Annual Islamophobia Awards. En 2015, seulement deux mois après les attentats de Charlie Hebdo où douze personnes ont été massacrées, le journal satirique a reçu le prix de l’ « islamophobe de l’année ». Ayaan Hirsi Ali a déjà reçu ce prix de l’IHRC, tandis que l’académicien Richard Dawkins et l’ex islamiste repenti Maajid Nawaz ont été nominé.

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En ce qui concerne la France l’IHRC a tout de même une favorite : Houria Bouteldja. Patronne du Parti des Indigènes de la République elle reçoit en 2014 le prix de la lutte contre l’islamophobie.

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A la mort du Cheikh aveugle Omar Abdel Rahmane, chef spirituel de la Gamaa al-Islamiya, en février 2017, l’IHRC publie une lettre de condoléances intitulée « Le monde a perdu un homme de principes et de foi inébranlable ». Depuis plusieurs années, elle menait une campagne pour obtenir la libération du terroriste emprisonné depuis 1995 pour son rôle d’inspirateur dans les attentats du World Trade Center en 1993 et pour d’autres projets d’attentats à New York ou contre Hosni Moubarak.

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En 2006, l’IHRC avait également exprimé des propos plus qu’ambigus à propos d’un autre islamiste, Abou Hamza al-Masri, figure historique du Londonistan qui a soutenu le GIA algérien puis al-Qaïda. Après sa condamnation, l’IHRC publie un communiqué de presse où elle se dit « attristée » du verdict, et se plaint d’un deux poids deux mesures entre la condamnation du terroriste et la relaxe d’un leader d’extrême-qui avait affirmé que le « Coran autorise le viol des non-musulmans ». En 2014, l’IHRC publiera un nouveau communiqué de presse en faveur d’Abou Hamza al-Masri pour s’opposer à son extradition au Etats-Unis où il sera également condamné.

Coupable

En 2015, l’organisation pourtant plus favorable au Hezbollah affiche un soutien sans réserve au trésorier des Frères musulmans condamné pour incitation au meurtre  : Khairat Al-Shater.

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Récemment, le directeur de l’IHRC Nazim Ali a déclaré à propos de l’incendie de la Grenfell Tower de Londres :

« As we know in Grenfell, many innocents were murdered by Theresa May’s cronies, many of which are supporters of Zionist ideology », « It is the Zionists who give money to the Tory party, to kill people in high rise blocks…. Careful, careful, careful of those rabbis who belong to the Board of Deputies, who have got blood on their hands ».

(« Comme nous le savons à Grenfell, beaucoup d’innocents ont été assassinés par les amis de Theresa May, dont beaucoup sont des supporters de l’idéologie sioniste », « Ce sont les sionistes qui ont donné de l’argent au Parti Conservateur, pour tuer des gens dans ces immeubles… attention, attention, à ces rabbins qui appartiennent aux Conseils d’Administration, qui ont du sang sur les mains ».)

La Commission Européenne a tout de même accepté de collaborer avec l’IRHC pour un projet contre l’ « islamophobie » à hauteur de 584 739 €. On se demande bien quels coupables d’ « islamophobie » l’organe d’influence khomeiniste, pro-Hezbollah, anti- contre terrorisme, aux propos antisémites, anti-Charlie,… va accuser. Peut-être n’était-il tout simplement pas nécessaire de la part de la Commission Européenne d’introduire l’IHRC dans une instance aussi respectable et importante ?

Carla ParisiEnquêteNews