Samedi 23 janvier, a eu lieu un des plus importants regroupements de leaders des Frères musulmans en Occident et ce en toute discrétion. Officiellement il s’agissait du second congrès du Collectif des associations pour la démocratie et les libertés. Le titre : » Printemps arabe : Défis et Espoir ». Le premier avait consacré « l’institution du comité de défense des révolutions et de la démocratie »
Le but de la rencontre était de créer une plateforme de soutien aux Frères musulmans depuis l’Europe et en l’occurence depuis Paris.
L’événement a été annoncé sur plusieurs sites : Tunisiens des deux Rives et Tunisiens de France ainsi qu’une page Facebook.
Plusieurs personnalités étaient annoncées sur le programme.
Zoé Genot députée belge du Parti Ecolo. Elle s’est faite connaitre pour son soutien à Ali Aarass et a même fait une grève de la faim en soutien.
Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix. Militante du soulèvement au Yémen. Et membre officiel des Frères Musulmans.
Moncef Marzouki, ancien président tunisien.
Amr Darraj, secrétaire général de la section de Guizeh du parti des Frères musulmans Liberté et justice et ancien ministre du développement et de la coopération internationale du gouvernement de l’ancien président de l’Egypte, Mohamed Morsi.
Ayman Nour ancien secrétaire général du parti El Ghad égyptien, initiateur du mouvement des juristes contre la corruption Kefaya et ancien candidat aux élections présidentielles égyptiennes en 2012 et qui soutient actuellement les Frères musulmans égyptiens.
Mohamed Mahsoub ex ministre égyptien du parti Wassat. Bien que considéré comme un islamiste plus « modéré » que les Frères musulmans au pouvoir, il avait claqué la porte du gouvernement qui, selon lui, n’était pas assez radical pour le peuple.
Burhan Gghalioun ex Président du Conseil national syrien. Il est critiqué pour être l’Homme qui a permis aux Frères musulmans syriens de dominer le Conseil.
Malgré des moyens importants, le lieu de la rencontre avait de quoi surprendre. Une salle, situé dans la zone industrielle de Bobigny et loin de la station du métro de quoi décourager le public. Une fois arrivés, les participants ont été priés de repasser par le parking, l’entrée se faisant par l’issue arrière. Une fouille stricte a eu lieu à l’entrée par des militants qui semblaient inquiets. A l’accueil on trouvait un stand de vente de casquettes et teeshirts jaunes avec dessus le signe de la Rabia.
Les interventions devaient commencer à 10h30. Le tout retransmis par Al Jazeera. A 11h25, on a pu entendre un organisateur parler fort dans de son portable : « il faut faire venir ceux qui sont avec Amr Farouk. » 13 minutes plus tard la salle s’est remplie d’un seul coup d’une centaine de personnes.
Avec deux heures de retard, le meeting a pu commencer. Le modérateur a d’abord remercié les parlementaires européens ainsi que les militants des droits de l’Homme qui ont dénoncé le coup d’état en Egypte et la politique de Sissi.
Il a informé la salle des plaintes formulées dans plusieurs états contre les dirigeants égyptiens, en Belgique, Afrique du Sud ainsi qu’en France. Il a précisé que ce congrès était une initiative pour une plateforme d’unité pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme.
Zoé Genot, la députée fédérale du parti Ecolo belge a expliqué que la situation politique et sociale était grave, que DAECH était sorti de nulle part. Qu’elle avait eu les plus grandes difficultés à faire accepter une motion au parlement sur le coup d’état militaire. Un préalable, selon elle, pour obliger les gouvernements à en tirer les conclusions et à revoir la politique de coopération avec l’Egypte.
Pendant l’intervention de Zoé Genot plusieurs cadres des Frères se réunissaient dans une autre salle sous la houlette d’un Frère américain. Aucune personne extérieure n’était admise dans la salle car « les chefs » étaient en réunion.
Moncef Marzouki a mis en garde les participants. « Il faut que nous soyons attentifs, leur stratégie est construite autour d’une seule chose,et c’est de faire l’illusion pour nos peuples que le choix n’est pas entre la démocratie et la liberté, n’est pas entre l’Islam et la laïcité comme ils prétendent mais le vrai choix est entre DAECH et Bachar El Assad, le choix et entre Al s s s j’ai peur de dire Al Sebsi, Al Sissi, on les confond, pour moi ils représentent le même système, je les confond toujours« .
Moncef Marzouki a réitéré ses attaques contre les Emirats Arabes Unis qui depuis depuis des années luttent contre les Frères musulmans : «l’Etat des Emirats crée des partis politiques qu’il finance pour saboter le Printemps arabe».
Comme souvent à Des Paroles et des actes, l’émission politique phare de France 2, un débat entre deux figures bien connues (en l’occurence entre Finkielkraut et Daniel Cohn-Bendit) se poursuit par l’interpellation d’une jeune femme, si possible jeune et jolie, à qui l’on donne la parole depuis le public pour incarner le « peuple ».
David Pujadas insiste pour la présenter comme « apolitique ». Elle-même se dit jeune musulmane « apolitique ». On ne la présente que par son métier : « enseignante ».
On voit bien qu’elle a été choisi aussi pour ses origines. On a l’impression de l’avoir déjà vue, déjà entendue. Ce ton, toujours le même argumentaire : les musulmans sont les premiers touchés par la violence et le racisme (c’est faux, les actes anti-Juifs sont deux fois plus nombreux), et cette « islamophobie » (mot qui confond la critique du fanatisme avec du racisme) serait la faute des « pseudo-intellectuels » et des médias qui parlent de l’Islam… Pas du tout des jihadistes. Le monde à l’envers.
Et personne ne peut le remettre à l’endroit. Car cette jeune femme (venue du peuple apolitique) nie à toute personne n’étant pas musulmane, aux journalistes et clairement aux intellectuels s’appelant Finkielkraut le droit de parler de l’actualité liée à l’Islam (pas facile pour un dialogue). Elle lui ordonne d’ailleurs carrément de se « taire pour le bien de la France ».
Il y a des attentats mais il faut se taire. Il y a des meurtres antisémites mais il faut se taire. Car cela dérange ces jeunes musulmanes « apolitiques »… Tout de même proches du réseau proches des Frères musulmans (fondé par Hassan Al Banna), anti-Charlie et obsédé par les Juifs : les Indigènes de la République et leurs amis… Sureprésentés sur les plateaux de la télévision publique. Mais jamais présentés comme tels.
Si bien que vous avez l’impression, un peu désespérante, que tous les citoyens lambda d’origine arabe sont paranoïaques et racistes. Rassurez-vous, ils sont juste membre d’un groupe qui représente moins d’1% de l’opinion française.
Vous les voyez partout car France 2 et France 3 ont visiblement comme vision des citoyens français d’origine arabe une vision très « Indigène ».
La jeune femme qui a traité Alain Finkielkraut de « pseudo-intellectuel » avant de lui intimer l’ordre de se taire pour « le bien de la France », n’est pas du tout une « jeune musulmane apolitique » mais la nouvelle égérie de la MAFED. Un Collectif de femmes disant subir le « racisme d’Etat » (c’est précis) et qui sert surtout de paravent aux Indigènes de la république (pro-islamistes, obsédé par les Juifs, et soutenant la résistance armée du Hamas ainsi l’Intifada des couteaux) pour organiser la très politique « Marche de la dignité« .
Wiam Berhouma redit sur son fil tweeter qu’elle n’appartient à aucun groupe. C’est faux. Elle appartient au MAFED. Et elle s’est présentée aux régionales 2015 sur une liste comportant de nombreux autres membres des Indigènes de la République.
Ce n’est pas que toutes les femmes de culture musulmane se ressemblent et sont agressives… Mais France télévisions va les chercher dans les mêmes cercles agressifs et anti-laïques et haineux proches du PIR (le Parti des Indigènes de la République).
Surprise, la dernière « jeune musulmane apolitique » que vous avez vu interpeller un politique sur le plateau de DPDA venait exactement de la même organisation, la MAFED, proche des Indigènes de la République !
Sihame Assbague présente bien, parle plus calmement. Et pour cause, elle a un bon professeur : Tariq Ramadan, dont elle est très proche. Sur cette photo, elle lui chauffe le pupitre en attendant qu’il prenne la parole contre la politique antiterroriste au meeting de Saint Denis organisé par les Indigènes de la République et leurs amis après les attentats.
Pour mesurer à quel point Sihame Assbague est « apolitique », il suffit de la lire sur twitter. Elle y relaie son maître à penser, Tariq Ramadan, son rappeur préféré (Médine qui veut crucifier les laïques), le Collectif contre l’islamophobie proche d’imams salafistes et prévoit un cortège pour dénoncer les adeptes du « Charlisme » voulant manifester en faveur des réfugiés.
Toujours à DPDA, il y a aussi eu une émission navrante après les attentats, où une chercheuse et une enseignante ont agressé (déjà) Alain Finkielkraut… Il s’agissait de la chercheuse Nacira Guénif-Souilamas (deuxième femme à gauche en partant du drapeau sur la photo ci-dessus) : membre de la MAFED et sociologue des Indigènes de la République !
Ce qui n’a, bien sûr, pas été précisé lors de l’émission, où elle est intervenue comme sociologue spécialiste des questions d’égalité.
Mais la vraie émission de Service public au service des Indigènes et de leurs amis, c’est bien sûr « Ce Soir ou jamais » de Frédéric Taddeï.
Quand Taddeï n’invite pas Soral, Dieudonné ou des complotistes Belges antisémites, les sociologues ou militants proches des Indigènes de la République sont régulièrement mis en avant par Ce soir ou jamais, sans être présentés bien sûr. Au téléspectateur de les découvrir dans leur rôle des invités « anti-système » face à des invités établis et connus (si possibles Juifs).
L’animateur se garde de prendre parti. La composition de son plateau suffit : dans la vie, il y a les « systèmes » (si possible Juifs) contre les « anti-systèmes » (si possible antisémites). La recette est bien rôdée et lance régulièrement sur la toile des clashs favorisant ensuite le recrutement des groupes radicaux comme les Indigènes.
Ce n’est étonnant quand on connait l’homme qui conseille souvent les plateaux de Frédéric Taddeï, le parrain de ses enfants, Marc-Edouard Nabe, qui n’écrit jamais un mauvais livre sans parler de « Youtres ». L’homme s’est réjoui des attentats contre ces « traitres » de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Le voici filmé par ses amis.
Si l’on ajoute que l’autre émission de débat phare de France télévision, On n’est pas couché, a promu pendant des années la rhétorique d’Eric Zemmour, la contribution est complète. Le Service public porte une lourde part de responsabilité dans la détérioration du débat public.
16.01.2016La rédactionCe mouvement apparaît officiellement en janvier 2015 par le biais d’une pétition et d’un site internet. Le site ne comporte qu’un article remis à jour et daté de janvier 2014.Le mouvement est né après les attentats à Paris mais ni ne les mentionnent, ni ne les condamnent.Dans leur tribune les signataires partent du constat de « la situation dramatique de l’actualité vécue par les communautés musulmanes de Belgique. » Ils expliquent ainsi que « Ces dernières semaines, les tragiques événements commis par une poignée d’individus au nom de l’islam ont mis en danger – comme jamais auparavant – l’avenir de notre présence paisible et durable ainsi que celle de nos enfants en ce pays qui a vu naître la plupart d’entre nous et dont nous sommes toutes et tous de fier-e-s citoyen-ne-s. » Autre promesse, les signataires s’engagent à « lutter sans concession contre certaines lectures faisant l’apologie de la violence et les idéologies totalitaires qui détournent nos textes sacrés de leurs finalités pacifistes, de la préservation de la vie, de l’intérêt général, du bien commun et de la justice. »Pour les signataires la solution passe par « accorder à la religion musulmane sa place pleine et entière », « lutter efficacement contre l’islamophobie » ou encore « engager une concertation véritable avec les responsables des communautés musulmanes locales, la police et les services de prévention pour soutenir les actions de protection et de monitoring des actes antiterroristes sans sombrer dans les mesures sécuritaires inefficaces de court terme ».Le contact francophone est assuré par Hajib El Hajjaji, administrateur du Center for Islamic Legislation and Ethics, un des lieux de diffusion de la pensée frériste qatarie en Belgique. Convergences se réunissait au sein de l’Espace Poincaré, un local luxueux prêté par l’homme d’affaires belgo-tunisien, Lassaad Ben Yaghlane, proche du parti Ennahda.
Le CCIF (Collectif contre l’Islamophobie) est une association qui amalgame tout propos laïque avec un propos « islamophobe », et qui manipule les chiffres des agressions anti-musulmans en France en y incluant des perquisitions antiterroristes (après les attentats de Paris et Saint-Denis), des mesures d’éloignement d’imams radicaux, le vol de métaux sur une mosquée (acte relevant de la délinquance) ou parfois même le meurtre d’un musulman par un autre musulman pour des raisons sans aucun rapport avec de l' »islamophobie ».
L’organisation, ses portes-voix (Marwan Muhammad et Yasser Louati) est proche de Tariq Ramadan (qui participe à son dîner annuel) mais aussi d’imams salafistes radicaux et sexistes comme l’imam de Brest ou Abou Anas (qui participe à son dîner annuel).
Dans un contexte où des groupes terroristes lavent le cerveau de jeunes terroristes en leur expliquant que la France les déteste et tolère voire encourage le racisme envers les musulmans, donner la parole à cette propagande relève de l’irresponsabilité.
C’est pourtant ce à quoi jouent des élus locaux, notamment de Gennevilliers et Saint-Denis, deux des villes les plus touchées par la radicalisation.
Comme Patrice Leclerc, maire communiste de Gennevilliers (là où a vécu et où est enterré Chérif Kouachi), qui a « célébré » le 7 janvier en compagnie du Collectif contre l’islamophobie.
Comme le député PS Alexis Bachelay (vice-président du groupe d’amitié France-Qatar à l’assemblée) qui a invité le même porte-parole du CCIF le 12 janvier 2016, pour faire un bilan.
Sans oublier, bien sûr, la mairie communiste de Saint-Denis et le courant « Ensemble » de Clémentine Autain qui se sont compromis avec le CCIF et Tariq Ramadan après les attentats de janvier et ceux de novembre, alors que leur message est de dénoncer la moindre mesure antiterroriste ou même la moindre défense de la laïcité comme étant « islamophobe ».
Quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo, Corinne Narassiguin avait elle aussi assisté (au nom du PS) au dîner annuel du CCIF (reçu à Solférino).
Depuis, Solférino semble avoir mieux cerné la nature exacte de cette organisation et prendre ses distances. En revanche, de nombreux journalistes continuent à se laisser berner et citent, sans vérifier, les chiffres du CCIF.
Créée il y a près de 25 ans, la Ligue d’Entraide islamique (LEI) est une des plus grande institution musulmane de Belgique.
Sous le patronage de la mosquée Al Khalil, la Ligue organise des conférences souvent controversée.
Ainsi en janvier 2012, elle accueille Tariq Ramadan pour parler des printemps arabes. Printemps qu’il considère comme un coup occidental visant à importer une démocratie à l’occidentale. Il intervient en compagnie de Abou Yareeb Al Marzouki. Philosophe, Abou Yareeb Al Marzouki a aussi été député du parti Ennahda pour la constituante (démissionnaire en 2013). Conseiller auprès du premier ministre, il avait notamment expliqué que le tourisme était une forme de prostitution déclenchant les huées d’un secteur déjà bien atteint par les résultats politiques des Frères musulmans.
En 2015 la Ligue d’Entraide Islamique organisait une « assemblée coranique » « L’éthique des gens du Coran »
Avec la participation de récitateurs du monde musulman: Adel Al Kalbani (ancien Imam de la mosquée sacrée de la Mecque) – H. El Kouchi
La présence de Adel Al Kalbani a suscité de nombreuses questions dans la mesure ou l’Arabie Saoudite tentait alors de ne plus soutenir les Frères musulmans. En 2013 Adel Al Kalbani devait se produire dans plusieurs mosquées britanniques mais n’a pas eu l’autorisation de monter dans l’avion à Riyadh. Adel Al Kalbani considère que les religieux chiites sont des apostats. (Al Arabiya 27 février 2009, BBC 5 mai 2009). Selon lui la liberté religieuse à des limites. Seules des mosquées peuvent être construites en Arabie Saoudite. Une église, ce serait inimaginable: « Permettriez-vous qu’une mosquée soit construite au Vatican ? »
« Les chrétiens sont autorisés à prier chez eux. Nous n’avons aucune objection à ce qu’ils prient chez eux. Mais que les cloches sonnent sur la terre du Prophète Mahomet ! Voilà qui est contraire aux instructions du Prophète. Les instructions du Prophète, que nous observons, nous enjoignent: « Expulsez les juifs et les chrétiens de la péninsule Arabique. » Les expulser est certes la prérogative du dirigeant, mais ils ne devraient pouvoir vivre ici que si leur présence est essentielle. » (Al Arabiya 27 février 2009, BBC 5 mai 2009)
L’UOIF[1] truste aujourd’hui des financements qataris [2] pour son projet d’islamisation* de la jeunesse française, dans des établissements scolaires privés, fédérés au sein de la FNEM (Fédération Nationale de l’Enseignement privé Musulman). La même UOIF était financée par des fonds saoudiens pour islamiser l’université française et former ses futurs cadres selon les standards des Frères Musulmans. Des étudiants des années 1990, fruits de cette islamisation par l’argent saoudien, sont devenus de hauts responsables au sein de la mouvance islamiste, à l’échelle européenne, nationale, régionale et locale. D’autres sont devenus dirigeants et enseignants au sein d’établissements scolaires privés, payés à chaque fin de mois par les deniers publics. Ce billet apporte des preuves matérielles de ce financement saoudien et dévoile, pour la première fois, le contenu exact d’un projet d’islamisation de la société, datant de 1995, depuis l’université française.
Les premiers Frères Musulmans de l’hexagone ne sont pas nés français. Pour la majorité, ils sont venus des pays arabes – Tunisie, Egypte, Syrie, Algérie, Maroc, Soudan, Palestine, Pakistan, Irak, etc. – poursuivre leurs études dans différentes universités françaises. Ils ont acquis la nationalité, quelques années plus tard, par voie de naturalisation, souvent après mariage avec des femmes françaises musulmanes. Dès leur installation en France, ils ont répandu leur idéologie islamiste dans des mosquées, des salles de prière et dans des campus universitaires.
Dans chaque grande ville universitaire, il y avait des cellules fréristes faisant de la prédication islamiste leur cheval de bataille pour se constituer une « base » solide ; agrandir les rangs ; attirer de nouveaux adeptes et gagner en visibilité. L’islam, ses lieux de culte, ses festivités et sa pratique ont servi de principaux leviers de diffusion et de captation idéologique.
En parallèle, les frères s’accaparaient progressivement de nouveaux « territoires » et avaient mis en place un tissu associatif communicant, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale, européenne et mondiale, pour assurer le financement et gérer, au mieux, le quotidien islamiste local en phase avec le projet global du Tanzim international.
En 1983, l’UOIF fut créée. En 1989, la FOIE[3] a vu le jour. En 1990, l’IESH[4] s’est constitué un territoire privé de 110.000 m², servant à l’endoctrinement idéologique, de toutes les ressources humaines européennes, à Château-Chinon au cœur de la France [5]. Cependant, l’organisation la plus influente, à cette époque, dans ce processus d’islamisation et de constitution de la « base solide » nécessaire pour le projet Tamkine [6] des Frères Musulmans était l’organisation étudiante l’UISEF[7], créée en 1989. Cette organisation existe toujours. Depuis 1996, elle s’appelle EMF[8]. Le « IS » d’ISlamique dans UISEF fut remplacé par le « M » de Musulmans dans EMF, créant ainsi l’amalgame volontaire entre « islamisme » et « islam » ; entre « islamistes » et « musulmans ».
L’UISEF fut constituée, progressivement, à partir de cellules étudiantes actives aux universités de Bordeaux, Limoges, Nancy, Grenoble, Lille, Besancon, Toulouse, etc. Chacune d’elles était animée par des frères musulmans. L’objet étant de se constituer un noyau dur, une « base » islamiste solide, comme le préconise l’idéologue Sayyid Qotb et avant lui Hassan Al-Banna. Dans une lettre adressée aux membres du 5ème congrès national de l’UISEF à Grenoble, en juin 1993, Fouad Alaoui[9], alors président disait : « Je me permets de rappeler à chacun l’essence de notre association à savoir : L’étudiant musulman et l’étudiante musulmane dont le rapport avec leur Créateur doit être d’un haut niveau de piété et de sincérité dans l’œuvre. C’est dans ce sens que je demande à chacun d’entre vous de veiller à la présence de ces deux vertus qui, sans elles, notre association serait sans âme et manquerait de la BASEnécessaire à son élan ». Base ?
En effet, l’expression « base » – en arabe Qaïda (قاعدة) – est, comme le Tamkine[10], un concept idéologique utilisé dans les écrits de l’idéologue Sayyid Qotb[11]. Ce même terme est utilisé par Al-Qaïda pour désigner son organisation terroriste internationale. L’idéologue frériste considère que la création d’un état islamique, sur un territoire, a un préalable éducatif, idéologique et organique majeur. Celui de se constituer d’abord une base humaine solide, composée de frères et sœurs, hautement endoctrinés et convaincus par l’idée de créer cet état et prêts à tout sacrifier, y compris la vie, pour le concrétiser et le défendre. L’idée de l’état islamique étant ainsi inséparable de la force : Le Coran est inséparable des deux sabres dans l’emblème de la mouvance.
Sayyid Qotb cite l’exemple du prophète Mohammed et sa réussite à se constituer à la Mecque une « base » humaine de compagnons convaincus, avant d’immigrer et de s’établir à Médine, son nouveau territoire, pour y instituer le premier état islamique conquérant selon l’interprétation politique de cet idéologue frériste. Fouad Alaoui disait : « Notre association serait sans âme et manquerait de la basenécessaire à son élan » : une évidence !
L’UISEF, une branche agitée de l’arbre islamiste mondial
Au-delà de la sémantique utilisée, cette organisation menait de réelles activités de prédication islamiste et d’endoctrinement en milieu étudiant. Des rapports internes montrent une variété d’activités mais à but unique : gestion des salles de prières ; prêches de vendredis ; fêtes religieuses ; conférences ; projections de cassettes vidéos ; cours de langue arabe ; tournois sportifs ; sorties et voyages ; cercles religieuses (Halaquates) ; édition de bulletins d’information ; banque alimentaire ; élections universitaires ; etc. Une diversité d’activités pour une unicité de but. Des actions locales pour une projection globale. L’UISEF avait les mains et les pieds dans les campus français. Son cœur bâtait pour un rêve islamiste. Son esprit glissait ailleurs !
L’UISEF était le bras étudiant des frères musulmans de l’UOIF, comme l’est aujourd’hui l’association EMF. Au-delà de cette affiliation idéologique hexagonale, et depuis sa création, l’UISEF a développé une autre dimension européenne et internationale. Au début des années 1990, deux représentants de son bureau national avaient participé au congrès mondial de l’IIFSO[12] qui s’est tenu à Khartoum au Soudan, après le coup detat des islamistes de 1989, intronisant le pourvoir d’Omar El-Béchir[13] et établissant la charia islamique.
Dans ce congrès mondial, Fouad Alaoui a été élu représentant de l’IIFSO en Europe. L’UISEF avait participé aussi à un séminaire de formation organisé par la même IIFSO en Turquie. Un rapport du conseil national de 1995 démontre que l’UISEF examinait la possibilité d’adhérer à l’organisation internationale saoudienne WAMY[14]. Quelques années plus tard, son activisme islamiste européen a favorisé la création de l’organisation frériste européenne FEMYSO [15], s’occupant des jeunes et des étudiants. L’UISEF tissait des liens avec l’association indienne l’AEIF[16] et d’autres organisations étudiantes islamistes pakistanaises [17], mauritaniennes [18] et autres.
Il était une fois une gauche laïque et veilleuse
Son activisme islamiste au sein des campus ne plaisait pas aux syndicats étudiants de gauche, lorsque les gauches veillaient à l’esprit républicain et dénonçaient le communautarisme et les entraves à la laïcité. A Lille, les veillés spirituelles, les halaquates, les conférences d’Hassan Iquioussen, les mobilisations de soutien à la question palestinienne et à la Bosnie-Herzégovine, provoquaient l’indignation de l’UNEF[19]. A Besançon, le 31 mai 1995, trois syndicats [20] de gauche, en plus de l’UNEF, avait distribué un tract dénonçant, je cite les : « Pressions intégristes à l’université ». On y lit :
« Certains veulent imposer leur norme vestimentaire (ni shorts, ni mini-jupes, ni vêtements moulants, par contre le port du voile est vivement conseillé). Ces pratiques dénotent une volonté de pression morale et idéologique que confirment des invitations pressantes à assister à des conférences ou à des projections vidéo dont la neutralité n’est pas la première qualité. Parfois aussi des menaces sont proférées. Certaines organisations, en particulier l’UISEF (Union Islamique des Etudiants de France) usent de ces pratiques de plus en plus fréquemment. Se masquant derrière un paravent culturel, ces associations ont une réelle volonté totalitaire. Vous avez le droit de ne pas être d’accord. D’autres organisations et des personnes sont là pour vous aider … » !
Lorsque ce tract fut distribué, la section UISEF-Besancon était montée au créneau, dénonçant un « tract diffamatoire » et exigeant aux syndicats éditeurs des explications et des excuses. Une correspondance écrite, datant du 1 juin 1995, adressée au bureau national de l’UISEF, avait rendu compte de ce tract et expliqué à l’instance nationale la stratégie de réponse.
L’on apprend que les membres de la cellule islamiste bisontine se sont partagés les rôles d’une réponse à trois piliers : analyse ; diplomatie et pressions. Ils ont exigés un démenti, un « contre-tract », et avait menacé les syndicats de gauche d’un procès pour diffamation. Le jihad des tribunaux ne date pas d’aujourd’hui. Les syndicats ne voulaient pas reculer. L’UISEF-Besançon n’a pas porté plainte. Mais elle a continué son travail de prédication frériste.
Depuis, l’islamisme a bel et bien avancé, en restant fidèle à ses desseins à visée lointaine. La gauche s’est beaucoup transformée. Elle est gravement divisée au sujet de la laïcité. L’unité d’hier face à l’islamise n’est plus. Celui-ci marque des points en plaçant des pions au sein même de la Ligue de l’enseignement[21]. La crise actuelle de l’Observatoire de la Laïcité en est un symptôme majeur. Mais lorsque que l’on sait que son actuel président, Jean-Louis Bianco, a été reçu par le guide-suprême des Frères Musulmans[22], en personne, en Egypte le 31 janvier 2012, l’on est tenté de dire : Ceci explique cela !
Les Frères musulmans, ces grands stratèges
Les syndicats de gauche à Besançon avaient crié au loup. Et le loup y était. Mais le loup avançait masqué. Un versant visible, se présentant comme syndicat étudiant. Et un autre invisible, avançant telle une rafle islamiste, emportant dans son filet des étudiants étrangers et français musulmans, pour les transformer en islamistes sournois, selon les standards d’Hassan Al-Banna. Pour cela, l’UISEF sortait dès sa création la grosse artillerie et engageait des chefs de fil idéologiques et stratégiques, de niveau mondial et européen.
J’en cite trois exemples :
Premièrement, en avril 1993, l’UISEF organisa son premier séminaire national de formation à l’IESH à Château-Chinon – tout un symbole ! – sous le slogan : « Pour un rendement meilleur ». Plus de 60 étudiants étrangers et arabophones, administrateurs dans différentes sections, avaient bénéficié de cette formation. En juin 1993, l’UISEF prévoyait l’organisation d’un deuxième séminaire de formation réservé, cette fois-ci, aux étudiants et lycéens francophones. Les principaux objectifs n’avaient rien de religieux. Ils visaient l’acquisition de compétences dans le domaine de l’administration afin de développer et de mieux orienter les capacités de l’étudiant islamiste pour mieux intégrer la pensée stratégique.
Les thèmes abordés portaient sur : « Les principes de la planification » ; « l’administration et l’évaluation » ; « la prise, l’exécution et le suivi des décisions » ; « la planification stratégique » et « la gestion selon les objectifs » !
L’UISEF avait fait appel, entre autres intervenants, à Hisham Yahya Al-Talib[23], un grand stratège frère musulman irakien, mondialement reconnu au sein de la frérosphère planétaire, installé en Virginie, représentant à cette époque l’IIIT[24] depuis les Etats-Unis et qui fut secrétaire général de l’organisation étudiante internationale IIFSO dans les années 1970. Ce même frère, était reçu en mars 2012, à la Maison Blanche [25], par l’administration de Barak Obama, trois mois avant l’élection du frère Mohamed Morsi, comme président de l’Egypte.
Deuxièmement, l’UISEF avait intégré officiellement le frère Tariq Ramadan dans son conseil national. En effet, dans le rapport du CN qui s’est tenu à Grenoble le 24 avril 1995, il est écrit : « Conformément aux statuts de l’UISEF, le CN devra nommer une personnalité extérieure afin de se compléter. Le BEN propose que ce soit M. Tariq Ramadan pour son engagement dans l’action de l’UISEF. Une discussion a eu lieu : Est-ce que M. Ramadan est disponible pour assister aux réunions du CN ? L’image de M. Ramadan est celle d’un intellectuel musulman indépendant, n’est-il pas plus judicieux de la lui laisser ? Il a été expliqué que M. T. Ramadan n’a pas vu d’objection quand cette proposition lui a été faite, de plus, étant membre du CN ne signifie nullement une affiliation ou un quelconque étiquetage. Le CN est par suite passé au vote : 14 voix pour et 3 abstentions » !
Tariq Ramadan avait intégré, organiquement, l’instance nationale de l’UISEF, durant une période, où il a su profiter de son tissu associatif universitaire pour professer sa parole islamiste dans les amphithéâtres, placer ses pions dans des réseaux de gauche, jusque là inaccessibles. Son image de petit-fils d’Hassan Al-Banna servait le marketing islamiste jusqu’à ce que l’UOIF ordonne à sa branche étudiante de limiter sa présence, pour pure raison politicienne, liée à la course vers la représentativité au sein du CFCM[26], au début des années 2000. L’image de Tariq Ramadan n’arrangeait plus trop les calculs de la direction de l’UOIF, au moins publiquement. Tariq Ramadan fut sorti par la porte. Mais l’UOIF lui a ouvert, ensuite, toutes les fenêtres pour revenir, quand il veut, discrètement ou en grande pompe !
Troisièmement, bien qu’elle continue à bercer les acteurs universitaires, en se présentant publiquement, en français, comme une « vivacité culturelle d’écoute sociale et de présence syndicale » [27], l’autre versant de l’UISEF tenait un autre discours, en arabe, assurément islamiste et en phase totale avec les projets et projections des frères musulmans et de leurs financiers. Ci-après, je traduis de l’arabe, pour la première fois, l’intégralité d’un projet intitulé « Exégèse du Saint Coran » dans le cadre du programme « Appel à Allah », conduit par l’UISEF, datant de 1995.
Ce projet, écrit en arabe, est contenu dans trois pages A4 : Une page de garde et deux pages de présentation des détails : introduction ; nom du projet ; son descriptif ; ses objectifs ; son budget et les coordonnées de l’UISEF Bordeaux.
La page de garde (Cf. le scanne ci-après) contient les informations suivantes, je traduis :
« Le programme : L’appel à Allah
Le projet : Exégèse du Saint Coran
Lieu géographique : France
Organisme exécutif : Union Islamique des Etudiants de France, département Prédication et Culture, section de Bordeaux. UISEF BP 82, 33402 Talence Cedex France
Année : 1995 »
Les deux autres pages contiennent les paragraphes suivants (Cf. le scan ci-après), je traduis :
« Introduction :
Les statistiques indiquent que le nombre de musulmans en France s’élève à cinq millions de personnes reparties sous quatre catégories distinctes :
1- Les musulmans venant des pays arabes, pour poursuivre leurs études ou à la recherche de travail ou de sécurité. La plupart d’entre eux connaissent la langue arabe et l’islam.
2- Les musulmans venant des pays non-arabes. Pour la plupart d’entre eux, ils sont des turcs, des africains et des asiatiques. Cette catégorie n’a qu’une faible connaissance de la langue du Coran.
3- Les musulmans d’origines européenne ou française. Ceux-là se sont convertis à l’islam après l’avoir connu et étudié. Cependant, leur connaissance de la langue arabe est presque insignifiante et leur connaissance de l’islam demeure faible.
4- Les enfants issus de familles musulmanes et qui sont nés et élevés au sein de la société française. Ceux-là sont la cible de tous les courants matérialistes et laïques. Contre cette catégorie, plusieurs plans effrayants prémédités sont mis en exécution afin de leur arracher leur identité personnelle et les détourner de leur religion.
Ainsi, à partir de cette présentation brève et simplifiée de ces quatre catégories, il apparaît que les trois dernières ont un rapport très faible avec le Coran, à cause de leur très faible culture islamique et de leur très faible niveau en langue arabe. Ils ne peuvent donc pas apprendre directement du Coran.
Partant de l’obligation religieuse d’appeler à Allah, l’union islamique des étudiants de France s’est chargée de la mission dediter une série de cassettes audio et vidéo, présentant une exégèse simplifiée, et en langue française, du Livre d’Allah.
Nom du projet :
Projet d’exégèse du Saint Coran, en langue française, par le biais de cassettes audio et vidéo.
Description du projet :
Le projet comporte l’édition de 30 cassettes audio et vidéo qui traitent les axes suivants :
1- Le dogme islamique ;
2- La globalité de l’islam (al-Choumouliya) ;
3- Biographies des prophètes et messagers ;
4- Vision coranique de la vie et de l’univers.
Le contenu des cassettes est sous forme de conférences d’exégèses, intégrant quelques images et argumentaires pour appuyer le sens.
Objectifs du projet :
1- Présentation en français d’une exégèse simplifiée du Saint Coran, destinée aux non-arabophones (français, turcs, africains, asiatiques) ;
2- Présentation d’une exégèse adaptée à celui qui veut connaître l’islam parmi les non-musulmans ;
3- Soutien à la jeunesse musulmane, née en France, assoiffée de religion pour l’aider à comprendre le contenu du Saint Coran, par le moyen d’une exégèse en phase avec sa culture et répondant à ses interrogations.
Budget du projet :
1- Equipement d’enregistrement audio et vidéo : 6.000 $
2- Aide aux techniciens et responsables du projet : 1.000 $
Pour réaliser ce projet, l’UISEF avait besoin de fonds. Un total de 8.000 $ selon sa budgétisation. Elle s’est tournée vers la maison-mère, l’UOIF, qui lui a conseillé de se rendre en Arabie Saoudite pour le présenter et solliciter de l’aide financière. Cependant, pour cette mission, il ne suffit pas de rédiger un projet, de demander un visa et de prendre le premier avion pour se rendre en terre sainte de l’islam. D’abord, il faut savoir vers qui s’orienter. Mais cela aussi ne suffit pas. Car un jeune étudiant arabo-musulman qui se rend en Arabie Saoudite avec trois feuilles A4, décrivant un projet de prédication, peut être pris, en l’absence du sésame précieux, pour un escroc et risque donc de perdre ses mains sous le coup du sabre saoudien. Mais de quel « sésame précieux » s’agit-il ?
Les porteurs de fonds chez les frères musulmans, avant de se rendre auprès des donateurs de certains pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar et Koweït), apportent avec eux une lettre de recommandation officielle, appelée Tazkiyah (تزكية). Il s’agit d’une lettre officielle portant les empreintes d’un organisme islamique/islamiste connu. Cela permet de rassurer d’éventuels mécènes. Pour ce projet, l’on n’a pas choisi n’importe quels émissaires. L’UOIF a mandaté deux frères : Embarek Guerdam, le président national de l’UISEF et El-Bachir Boukhzer, membre du bureau exécutif. En plus des copies du projet précité, ces deux frères avaient dans leurs valises non seulement une seule lettre de recommandation, une seule Tazkiyah, mais trois !
La première lettre était rédigée et signée par Lhaj Thami Breze, président national de l’UOIF à ce moment. Cette lettre très officielle (Cf. une copie ci-dessous), intitulée Tazkiyah et datée du 26 janvier 1995. Elle porte l’ancien logo de l’UOIF, les coordonnées, le tampon et contient le texte suivant, je traduis :
L’Union Islamique des Etudiants de France fait partie des institutions actives ici, et qui est spécialisée dans l’action étudiante au sein des universités françaises. Cette institution mène une activité remarquable, notamment dans les milieux des étudiants musulmans et se caractérise par son ouverture sur la société française et par sa bonne relation avec d’autres acteurs, œuvrant pour la cause de l’islam. Elle collabore étroitement avec l’UOIF.
Ces deux frères vous présenteront des projets ainsi que divers programmes de cette union estudiantine. Nous nous orientons vers vous, chers bienfaiteurs généreux, pour que vous puissiez être attentifs à leurs demandes et les aider à réaliser leurs projets. Nous implorons Dieu pour qu’Il accepte vos sincères œuvres et qu’Il vous récompense … ». Fin de traduction.
A cette époque l’UOIF avait déjà fêté son 12ème anniversaire. Elle était déjà connue chez les riches donateurs saoudiens. Sa lettre de recommandation cautionnant les frères de l’UISEF devait suffire, logiquement. Sauf que, pour une raison que j’ignore, l’on a fait appel aussi à la caution de l’organisation européenne, la FOIE. Et c’est le frère irakien Ahmed Kadhem al-Rawi, l’ex-président de l’organisation européenne depuis Leicester, en Angleterre, qui a pris sa plume pour rédiger une deuxième lettre de recommandation (Cf. une copie ci-dessous). Intitulée Tazkiyah, adressée à « qui cela pourrait concerner », lit-on, et datée du 28 janvier 1995, cette lettre portait l’ancien logo de la FOIE, ses coordonnées, son tampon et contenait, après les salutations, le texte suivant, je traduis :
« Je prie Dieu pour que vous soyez en bonne santé,
J’ai le plaisir de vous présenter le frère distingué Dr Embarek Guerdam, président de l’Union Islamique des Etudiants de France et le frère qui l’accompagne Dr El Bachir Boukhzer, directeur des relations extérieures de l’union étudiante.
Les deux frères sont en visite en Arabie Saoudite pour présenter l’UISEF et son rôle exceptionnel au service de l’islam et des musulmans en France. Aussi, ils aimeraient vous présenter quelques projets bien définis que l’UISEF conduit aujourd’hui. Ces projets seront d’une grande utilité pour l’islam et les musulmans, si Dieu le veut.
Ainsi, je vous sollicite de votre bienveillance de bien vouloir leur faciliter cette mission et de les aider par tout moyen possible. J’implore Dieu pour qu’Il accepte vos œuvres, … » Fin de traduction.
Et comme le dit un dicton: « Jamais deux sans trois ! » une troisième Tazkiyah officielle fut jointe aux deux autres. Celle-ci portait le logo et le nom de l’IESH, domicilié à Château-Chinon. Datée du 30 janvier 1995 et signée au nom d’Ahmed Jaballah, qui fut à cette époque son doyen mais aussi le vice-président de la FOIE, cette lettre contenait le texte suivant, je traduis :
L’UISEF compte aujourd’hui plusieurs sections dans différentes villes. Il s’agit d’une union spécialisée œuvrant pour que les étudiants musulmans se retrouvent dans une ambiance islamique, en assurant la présence de salles de prière dans les universités et en organisant les repas de rupture du jeûne lors du mois de Ramadan, à côté d’autres activités de prédication et d’autres animations ludiques. L’UISEF assure une mission apostolique générale, adressée à l’ensemble des étudiants par l’organisation des conférences, des débats et des congrès ouverts au public dans différentes universités.
Aussi, l’UISEF a une participation dans le domaine de l’action syndicale étudiante parmi d’autres organisations estudiantines françaises. Ses candidats ont réussi à participer dans des élections universitaires et à rempoter des sièges d’élus, afin de défendre les intérêts des étudiants, en général, et des étudiants musulmans en particulier.
Notre connaissance de l’UISEF, de ses activités et de ses responsables nous amène à la cautionner et à vous appeler à l’aider matériellement et la soutenir moralement pour qu’elle puisse réaliser ses objectifs islamiques nobles … » Fin de traduction.
Par conséquent, le projet de l’UISEF et les trois lettres de recommandation, adressés aux donateurs saoudiens, avec la bénédiction et la caution expresse de l’UOIF, de la FOIE et de l’IESH, démontrent que ces organisations sollicitaient de l’argent aux saoudiens pour mener des projets secrets, rédigés en arabe, d’islamisation de l’université et de la société françaises, aux objectifs très clairs. Mais ces documents n’indiquent pas l’identité civile et/ou idéologique des mécènes. Etaient-ce des personnes physiques ou des personnes morales ? Etaient-ce des Frères musulmans, résidents en Arabie Saoudite, ou des cheikhs wahhabites ? La différence entre les deux est de degré et non de nature. La matrice idéologique des deux est la même.
Ce qui est certain, c’est que les émissaires ne revenaient pas les mains vides. Déjà, et bien avant ce projet spécifique, le bilan financier de l’UISEF de la période allant du 29 octobre 1992 au 20 juin 1993 (7 mois), laisse apparaître un montant de « dons » s’élevant à 132 548 F (20.207 €) d’origine inconnue. Ce qui représente presque 84% du budget de l’UISEF pour cette même période. L’UISEF avait reçu aussi des « dons » de l’organisation internationale frériste IIFSO, domiciliée à cette époque au Soudan, à hauteur de 153 514 F (23.403 €). Elle avait cumulé un total de recettes s’élevant à 346 217 F (52.780 €). Le dit « islam de France » prôné scandé depuis toujours par l’UOIF n’avait strictement rien de français, ni dans sa formulation ni dans ses sources de financement. Question : L’argent reçu des mécènes saoudiens, pour le compte de l’UISEF, avait-elle une « odeur » idéologique bien particulière ?
Pour tenter de répondre à cette question, une liste de 16 cassettes audio et vidéo (Cf. copie ci-après), enregistrées, produites et diffusées à cette époque dans les campus universitaires, et au-delà, peut apporter quelques renseignements importants. D’abord, ces cassettes portent des titres comme : « L’islam au-delà des préjugés » ; « L’islam religion du juste milieu » ; « Islam et médias » ; « Islam et Occident » ; « Foulard, intégration et laïcité » ; « Quelle laïcité pour quelle intégration ? » ; « Musulmans de France et citoyenneté » ; « L’islam dans les médias » ; « La femme musulmane dans la société, quelle place ? Quel rôle ? », …
Les deux frères Ramadan, Tariq et Hani, comptabilisaient à eux deux 9 cassettes sur 16. D’autres frères et sœurs faisaient parti des conférenciers mis à l’honneur : Tariq Oubrou, Abdellah Benmansour et Malika Dif. Pour faire diversion, d’autres personnalités occidentales venaient compléter la liste comme : Michel Lelong ; J.L. Herbert ; Roger Garaudy ; Gilles Kepel ; Bruno Etienne ; Jocelyne Césari et Alain Gresh. Eux ont toujours répondu présent pour les islamistes. Les cassettes audio étaient vendues entre 13 et 15 F (2,30 €) à l’unité. Les cassettes vidéo, entre 70 et 80 F (12,20 €). Le bilan financier de janvier 1995 montre un volume de vente de cassettes et revus s’élevant à 30.775 F (environ 4 691 €).
Au-delà des chiffres, ce sont des thèmes comme ceux-là qui étaient développés par l’UISEF des années 1990. Les mêmes thèmes reviennent aujourd’hui, avec force et violence inouïe, dans le débat public en semant la division au sein même de la gauche, au bénéfice de ces mêmes islamistes et de leur relève embrigadée. Hier, ils étaient presque tous étudiants étrangers, financés par des saoudiens. Mais les étudiants étrangers des années 1995 ont grandi, acquis la nationalité française, sont devenus cadres de la classe moyenne, et, le plus inquiétant, occupent des postes sensibles au sein de l’échiquier islamiste national et européen des Frères Musulmans.
Ils dominent des mosquées, créent des établissements scolaires et projettent de créer, à terme, des hôpitaux privés[28]. La dimension physique et logistique de la communautarisation islamiste, le Tamkine local, se développe au su, au vu de tous. Souvent avec la complicité intéressée de quelques acteurs de l’idiotie de service. Concrètement, que sont-ils devenus les « sujets » de l’islamisation des années 1990 ?
« Sujets » hier, « acteurs » de l’islamisation aujourd’hui
Des frères musulmans, acteurs de l’islamisation de l’université française des années 1990, à travers l’UISEF, sont toujours acteurs de l’islamisation mais à plus grande échelle, avec plus de pouvoir et plus d’influence. Tariq Ramadan, pour ne citer que lui, développe toujours son réseau et forme sa relève islamiste parmi les jeunes français à l’image de Nabil Ennasri. Sa stature a gagné en pouvoir depuis le financement de sa chaire permanente à Oxford par le Qatar [29] mais aussi depuis sa nomination par la cheikha Moza, avec la bénédiction de Youssef Al-Qaradawi, à la tête du CILE[30] à Doha [31].
Par ailleurs, l’observation attentive des équipes succédant à la direction de l’UOIF[32], permet de repérer quelques noms qui furent membres actifs de l’UISEF et ensuite de l’EMF, et qui étaient, ou sont désormais, chargés de mission d’islamisation de la jeunesse. L’on pourrait analyser le parcours de chaque responsable, entre hier et aujourd’hui, et tirer des conclusions notables.
Le cas de Fouad Alaoui pourrait suffire comme exemple. Il était à l’origine de l’UISEF et du FEMYSO. Quelques années plus tard, il a occupé le poste de secrétaire général de l’UOIF et a su, avec le coup de pouce de Nicolas Sarkozy, mettre l’UOIF – malgré son statut ultra-minoritaire au sein de la communauté de foi musulmane ! – au cœur de la mécanique de représentativité au sein du CFCM. Les recteurs de nombreuses mosquées, étaient très actifs au sein de l’UISEF des années 1990. De nombreux imams et recteurs de mosquées UOIF avaient occupé des postes clefs au sein de ce syndicat confessionnel : à Limoges, Bordeaux, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand, etc. Les principaux actuels dirigeants du Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq sont issus de cette période.
L’on peut citer le cas du frère Okacha Ben Ahmed Daho, actuel secrétaire général de l’UOIF qui a fait d’abord ses preuves à la section UISEF/EMF du limousin, avant de s’occuper de la grande mosquée de Limoges et rejoindre ensuite la direction centrale de l’UOIF. L’on peut citer la sœur Myriam Berkane, que j’ai croisée lorsque j’étais président d’EMF-Lille, et qui est désormais membre du BE de l’UOIF, chargée de la communication. Le couple formé du frère Mohamed Taib Saghrouni[33] et de la sœur Hela Khomsi[34], sont tous deux infatigables et très présents, depuis les années 1990, dans l’encadrement des étudiants de l’UISEF et d’EMF-Lille. Aujourd’hui les deux sont membres du directoire national de l’UOIF. Il est délégué régional du Nord. Elle est chargée de la famille, en plus de son statut de présidente de la LFFM [35] et administratrice au sein de l’organisation européenne EFOMW [36]. Leur fils, Anas Saghrouni est l’actuel président national d’EMF.
Par ailleurs, les deux émissaires de l’UOIF en Arabie Saoudite en 1995, pour chercher des fonds finançant le projet d’islamisation mené par l’UISEF, en plus d’occuper des responsabilités nationales et régionales au sein de l’UOIF, ils sont devenus imams et références théologiques pour la jeunesse.
Le frère Embarek Guerdam était imam, jusqu’en 2012, à la mosquée de Libourne [37]. Son acolyte, El-Bachir Boukhzer avait occupé le poste de vice-président de l’UOIF jusqu’en 2012 aussi. Il s’est fait « incroyablement » illustré après les attentats de Toulouse et de Montauban, sur le plateau d’i-Télé, face à Robert Menard[38]. A l’époque, l’UOIF avait invité le sulfureux Youssef Al-Qaradawi au congrès annuel de l’UOIF, au lendemain des assassinats odieux exécutés par Mohamed Merah. El-Bachir Boukhzer fut mandaté par sa direction pour expliquer le « sens » cette énième invitation provocatrice. Son propos est symptomatique du jeu dangereux auquel se livre l’UOIF en permanence. Aujourd’hui même, elle compte inviter d’autres islamistes sulfureux le 7 février 2016 à Lille [39]–[40]. El-Bachir Boukhzer est toujours salarié de l’UOIF, recteur de la mosquée Assalam[41] et président de l’association qui la gère : Association Cultures et Citoyenneté (ACC63) [42]. Il est conférencier [43] itinérant au quatre coins de l’hexagone !
De l’islamisation universitaire à l’islamisation scolaire
Cependant, une personne en particulier demeure intéressante, de mon point de vue, de part son profil et le projet dont elle assume la charge au sein bureau de l’UOIF. Cette personne est Makhlouf Mamèche. Actuellement, vice-président de l’UOIF, chargé de l’enseignement privé. Il est directeur du collège Averroès. Il préside la FNEM. Au milieu des années 1990. Il était étudiant étranger. Fraîchement débarqué de l’Algérie. Déjà endoctriné au sein du Hamas algérien [44], la branche des Frères Musulmans au pays des Fennecs. Il était un des vecteurs de l’islamisation du campus lillois, au sein de la direction locale de l’EMF.
Son importance vient du fait qu’il est à la fois le produit des projets d’islamisation des années 1990, mais aussi l’un des acteurs clefs de l’islamisation en cours, de la jeunesse scolarisée dans le privé des Frères Musulmans. C’est un peu le profil typique faisant la passerelle entre le passé, le présent et l’avenir ; entre les projections islamistes d’hier et les réalisations d’aujourd’hui ; entre les projections secrètes d’aujourd’hui et les buts visés dans un futur proche.
Dans mon article : Pourquoi il faut interdire le voile de la FNEM islamiste [45], j’avais décrypté le discours de ce frère musulman. J’avais démontré, par le son et l’image, certaines de ses récentes déclarations non équivoques, prononcées en 2011 et 2012, après que le Collège-Lycée Averroès ait signé le contrat d’association avec l’Etat pour bénéficier de l’argent public. Sept vidéos, mises en ligne, démontrent comment cet acteur de l’islamisation en milieu scolaire, venant du milieu universitaire, reprend à son compte l’idéologie d’Hassan Al-Banna. Dans une vidéo, il se positionne « contre » la laïcité et « pour » un Etat Islamique global, à l’image de Médine du Prophète [46]. Pour y arriver, il conseilla aux fidèles de cultiver « le culte du secret », de « travailler secrètement » et d’avancer sans faire de bruits [47] !
Ainsi, les « sujets » de l’islamisation de l’université, financée hier par des saoudiens, sont devenus aujourd’hui des « acteurs » de l’islamisation de la jeunesse dans les écoles, collèges et lycées privés, principalement avec l’aide de la « Qatar Charity » [48] mais aussi avec l’argent du contribuable français. La stratégie d’islamisation secrète menée en France, depuis plus de 30 ans, en phase avec l’agenda de conquête de la frérosalafiste internationale, est toujours en marche.
L’on constate désormais l’ampleur des réalisations et le poids que les frères musulmans ont atteint, à Paris et en province, sachant qu’en vérité, ils ne représentent qu’une petite poignée de quelques 1000 frères et sœurs, sur tout le territoire national, prêtant officiellement allégeance à l’idéologie d’Hassan Al-Banna. Si les statistiques données par l’UISEF en 1995 sont toujours bonnes, l’UOIF ne représente alors que moins de 0,2 ‰ de l’ensemble de la communauté de foi musulmane. Mais son poids est énormissime. Comprendre l’origine de ce poids et l’efficacité dont jouit l’UOIF en 2016, exige de se pencher, au moins, dans l’histoire de l’islamisation du campus universitaire des années 1996, vingt ans auparavant.
De même, pour anticiper le poids politique que cette structure islamiste aurait à l’horizon de 2036, dans vingt ans, il serait presque indispensable d’analyser les divers leviers humains, idéologiques, médiatiques, stratégiques, structurels, financiers, économiques, sociaux, politiques, géopolitiques, et autres, dont disposent l’UOIF et son réseau très étendu, visible et souterrain, et sur lesquels se base sa projection tamkiniste.
Si l’UOIF a atteint un tel niveau d’influence aujourd’hui, sachant qu’il y a vingt ans, elle n’avait presque aucun poids politique et que la gauche lui témoignait, en bloc, de l’hostilité persévérante. Que serait son niveau d’influence dans vingt ans, avec de telles structures hyper agissantes et le flot d’argent dont elle bénéficie, alors qu’une bonne partie des médias et de la classe politique, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, lui ouvre les bras et ferme les yeux délibérément sur ses agissements insoutenables, menaçant sérieusement la paix sociale et le cadre républicain et laïque ? Réponse dans vingt ans : Si la République est toujours debout !
Mohamed LOUIZI
* « Islamisation » dans mon propos est simplement l’usage d’un concept idéologique frériste sur lequel se base toute la construction du projet islamiste, selon les standards des frères musulmans. Le think tank international des frères, l’IIIT, installé aux USA depuis 1981, fait de ce concept l’axe central de sa politique éditoriale. Je ne pourrais dresser la liste exhaustive des titres de livres autour du concept de « l’islamisation ». Ce terme est utilisé à tout va pour montrer une direction à l’opposé de la « laïcisation » (comme cadre normatif et juridique au niveau de l’Etat) et à la « sécularisation » (comme approche philosophique de ce pourrait être la présence des religions au niveau de la Société). Les frères développent des approches sur : »l’islamisation de la connaissance », « l’islamisation de l’art », « l’islamisation de la finance », « l’islamisation des lois ». https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2008-2-page-121…
[6] Pour comprendre ce projet, je recommande la lecture de mon essai autobiographique Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans, retour éclairé vers un islam apolitique (Michalon Editions – Janvier 2016)
[15] FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organisations) a été créée en juin 1996 à l’ancien siège social de la FOIE, à Leicester en Grande-Bretagne. Son nouveau siège se trouve rue Archimède, au centre de Bruxelles.
[16] Association des Etudiants Islamique de France créée en 1963 par l’indien Muhammad Hamidoullah (1908 – 2002), le premier traducteur musulman du Coran en langue française.
[17] Avec l’IJTP (Association Islamique des Etudiantes Pakistanaises)
[18] Avec l’ACEM (Association Culturelle des Etudiants Mauritaniens)
[27] Slogan issu d’un tract électoral distribué par l’UISEF-Lille des années 1990.
[28] L’objet des statuts officiels, déposés à la préfecture du Nord, de la Grande Mosquée de Lille (GML) et de la Ligue Islamique du Nord (LIN), fédérant la mosquée de Lille-Sud et le Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq précisent comme mission de créer des établissements scolaires et des hôpitaux privés.
[44] Hamas est l’abréviation en langue arabe correspondant au MSP : Mouvement de la Société pour la Paix, crée en décembre 1990 par le frère Mahfoud Nahnah.
La Ligue des musulmans de Belgique (LMB) a été placée sur la liste des organisations terroristes par les Emirats Arabes Unis.
La Ligue des musulmans de Belgique coorganise la Foire musulmane à Bruxelles. A l’automne 2015, le journaliste palestinien Salama Attaala avait été passé à tabac lors de son tournage à la Foire. (ICI) Suite à son placement sur la liste des organisations terroristes, la Ligue des musulmans de Belgique avait protesté : « On n’a jamais eu de projet aux Emirats. Nous n’avons jamais écrit de communiqué sur les Emirats. Nous sommes à 99 % des Belges d’origine marocaine et nous n’avons rien à voir avec l’Egypte ». Une réponse qui n’a rien avoir avec le sujet, puisque la liste des Emirats comporte les organisations qui frayent avec l’islam politique.
En 2012, Denis Ducarme, parlementaire, s’était inquiété de la présence à la Foire de Bruxelles d’Ahmed Jaballah et Issam Al Bachir qui, selon lui, « n’hésitent pas à promouvoir les attentats-suicides ». Suite à celle déclaration, Denis Ducarme a été victime d’une violente campagne. La presse belge avait alors reproduit le communiqué de la Ligue des musulmans de Belgique qui expliquait qu’aucun des deux hommes ne s’était vu interdire de territoire.
En 2013, Marwan Muhammad intervient à la Foire musulmane à Bruxelles pour le CCIF : Collectif Contre l’Islamophobie en France.
Tareq Al Suwaidan, l’un des leader des Frères Musulmans Koweïtiens, était annoncé en 2014 à la Foire de Bruxelles. Conférencier international gagnant, selon Forbes, 1 million de dollars par an, proche de l’ancien vice-premier ministre malais Anwar Ibrahim et de Saïd Ramadan Al Boutih, il est aussi coutumier de déclarations antisémites. Charles Michels et le ministère de l’Intérieur annonce qu’il n’est pas le bienvenu sur le territoire Belge. Tareq Al Suwaidan répliquera sur sa sa page Facebook en déclarant qu’il s’agit d’une décision « sous la pression du lobby sioniste ».
Titulaire d’un Doctorat en Physique Médicale de la Faculté de Médecine de Lausanne, Abbas Aroua est selon sa biographie « un expert algérien réputé des droits de l’homme, de la résolution des conflits et du dialogue entre les civilisations. »
Abbas Aroua est intervenu sur Al Jazeera pour donner sa version de la guerre civile en Algérie lors d’une « enquête exclusive ».
Les services algériens accusent régulièrement Abbas Aroua d’être un des fondateurs du FIS, ce qu’il nie.
« Je n’ai jamais fait partie du FIS, ni comme candidat et encore moins comme membre fondateur. J’ai quitté l’Algérie en 1984, à l’époque du parti unique, pour aller poursuivre mes études universitaires. Ce n’est pas pour autant que je me priverai de rappeler que ce parti a gagné les premières et seules élections libres et transparentes en Algérie depuis l’indépendance et à ce jour. » (Droit de réponse à Chourouk, 9 mai 2011)
Lorsque l’AKP gagne les élections de 2007, Abas Aroua publie un texte très relayé, une sorte de mise en garde faite aux militaires turcs : « Peuple turc, sois intelligent »
Les socialistes algériens ont sorti leurs troupes à la rue pour prévenir contre le danger que représentent les « intégristes » pour l’Algérie, des intellos nourris par le pouvoir et des barons de la centrale syndicale se sont rassemblés pour la sauvegarde de la république. La hiérarchie militaire a répondu présente pour « faire barrage au péril vert ». Le second tour des élections n’aura pas lieu. Cet acte a-t-il sauvé l’Algérie ? Hélas non. Ce fut la « première violence » qui allait ouvrir les portes de l’enfer de la violence et de la contre-violence qui durera plus d’une décennie et dont le bilan, je ne me lasserai pas de le réitérer – la répétition ayant des vertus pédagogiques –, est de près d’un quart de million de victimes, des dizaines de milliers de torturés, des milliers de disparus, des centaines de milliers de déplacés et d’exilés et des dizaines de milliards de dollars de dégâts matériels. (Oumma, 23 juillet 2007)
Un peu plus tard, alors que s’annoncent des millions de manifestants ont demandé le départ de Morsi et des Frères musulmans, Abbas Aroua commente :
L’appel du général putschiste égyptien Abdul Fatah al-Sissi, mercredi, à toute la population égyptienne de sortir aujourd’hui dans les villes et les provinces dans le but de lui donner un mandat pour faire face à « la violence et le terrorisme » est un acte irresponsable et qui peut conduire l’Egypte à une guerre fratricide, sachant que la coalition contre le coup d’Etat avait appelé il y a plusieurs jours à des manifestations aujourd’hui justement. Recourir à une telle pratique défie les règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit qui définissent les institutions et les modalités régulant le processus démocratique. (Vue de Cordoue, Blog en partenariat avec la Tribune de Genève, 26 juillet 2013)
La Mosquée El Fath, à Saint Dizier se réclame de la Mosquée de Paris.
Pourtant plusieurs éléments plaident pour un rapprochement avec les Frères musulmans.
En 2015, la mosquée El Fath organisait un voyage en bus pour aller au Congrès de l’UOIF au Bourget.
Pour la Saint Valentin, le compte Facebook de la Mosquée diffusait un texte interdisant toute célébration de la fête des amoureux.
Il n’est pas permis de participer à la fête de l’amour (…) il s’agit de s’occuper de futilités contraires à la voie des anciens pieux prédécesseurs. Il n’est pas permis d’observer en ce jour un des rites marquant la célébration de la fête, qu’il s’agisse de repas, de boisson ou du port d’une tenue, d’échange de cadeaux ou autres. Le musulman doit rester fier dans sa religion, et éviter de répondre inconsciemment à tout appel.
Un autre post suggère qu’il faut choisir entre l’amour du Coran et l’amour de la musique.
Azzedine Gaci est membre de BE de l’UOIF chargé du dialogue inter-religieux.
Arrivé en France en 1986 pour terminer ses études, il est enseignant-chercheur à l’École supérieure de chimie-physique-électronique de Lyon.
Il est recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne, et a toujours fait du dialogue inter-religieux, un moyen d’apaisement. Il a longtemps déclaré être indépendant, jusqu’à être nommé au bureau de l’UOIF.
Azzedine Gaci a fait partie des leader religieux qui ont appelé à manifester lors de la Manif pour tous.
« Il est important de montrer que l’on partage les inquiétudes des autres sur un texte qui va déstructurer la famille et avoir des conséquences sur les équilibres de la société » (Blog de Stéphanie Le Bars)
Lors des attentats de janvier 2015, il insiste pour que tous, croyants et non croyants soient présents lors de la manifestation du 11 janvier. Pour Azzedine Gaci, les attentats sont un cap, une « remise en cause de la paix sociale ».